‹ La Moabite: drameChapitre 91 sur 97 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

SAMMGAR.

Moi, prendre garde à moi ! La loi qui s'efTraierait ne serait plus la loi ; Vous pouvez l'arracher de ma main impuissante, La faire taire avec ma voix agonisante, La noyer dans mon sang, la lapider en moi, Mais eussiez-vous commis l'acte que je prévoi, Qu'auront détruit vos coups? qu'auront brisé vos pierres? Les lois pour qui l'on meurt revivent tout entières! L'humanité se lève en les reconnaissant.

Le bien reste éternel, le crime est un passant.

misâel.

Le crime, c'est d'avoir faussé la vie humaine. Le crime, c'est la Foi créatrice de haine.

En qui sont incarnés masqués, d'un nom hautain, Tous ces vieux préjugés qui font mentir l'instinct.

SAUMGAR.

Mais ces vieux préjugés, ainsi que tu les nommes, Qu'ont-ils fait que garder l'homme contre les hommes.

MISAEL.

Utile ou non jadis, le mensonge a vieilli, Et personne n'est plus pour l'Éternel,

s A M M 6 AR, montranl le ciel.

Que fui-

PHAREG, à Hisaël.

Nous ne te suivrons pas si tu tiens ce langage.

Déserte qui voudra, qui voudra se dégage.

Les sectateurs d'Hélias n'ont rien à faire ici.

ENOCH, à Phareg.

Parce qu'il a trahi, veux-tu trahir aussi?

PHAREG.

Qu'Hélies trahisse ou non, son tnot d'ordre était sage Libre en Dieu !

UISAEL.

Liberté trop près de l'esclavage.

Pour moi les libertés qu'il me faut ici-bas....

SAUMGAR.

Ton crime est avéré, ne le proclame pas.

Prêtres, juges, anciens, et toi peuple en démence, Vous tous qui m'écoutez, écoutez sa sentence : Au nom du Dieu vivant, présent dans le Saint-Lieu, Banni ! qu'il soit banni ! l'Hébreu n'est plus Hébreu.

MISAEL.

Au nom des droits de tous que Sammgar seul s'adjuge, Déchu! qu'il soit déchu! Le juge n'est plus juge.

(Bruit et mouyement du peuple.)

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