‹ La Moabite: drameChapitre 93 sur 97 · DEUXIÈME HOMME DU PEUPLE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME HOMME DU PEUPLE

Un traître, un meurtrier.

ENOCH

Écoutons Misaëi, Ce meurtre est inventé peut-être.

M ISAEL.

Xi est réel.

J'ai tué dans Hélias un farouche sectaire Absurdement crédule, aveuglément austère, Par qui tous les instincts du peuple étaient haïs.

PUAREG.

Tu mens!.

MiftiAM.

Il ment! Mon père est mort pour son pays Kozur.

Ce lâche assassinat s'est fait en ma présence. Hélias qu'il a tué prenait votre déiense, Il voulait vous soustraire à ses honteux projets, Par quoi Moab eût eu des Hébreux pour sujets. Car ce fut longtemps là sa première pensée; La route qu'il suivait, c'est moi qui l'ai tracé

Et ses impiétés, ses crimes, ses forfaits,

C'est, déchaîné par moi, pour moi qu'il les a &its.

RESPHA.

Mais TOUS qui l'accusez...

KOZfiT.

Je m'accuse moi-même. Je suis l'impureté, le meurtre, le blasphème. Et lui, fùt-il parjure, apostat, égorgeur.

Tant qu'il était l'amour il était le bonheur. Mais c'en est fait, l'amour n'est plus, je vous le livre ; C'en est fini d'aimer, délivrez-moi de vivre, Et que votre justice unisse à mon destin Cette perversité pire que mon instinct.

RESPHA.

Va, va, poursuis ton œuvre, achève ta victime. Dicte son châtiment, toi qui dictas son crime. Que te font mes sanglots, mes plaintes, mon éfih)i? Il doit mourir celui qui ne vit plus pour toi !

SAHMGAR.

Silence, mère. Et toi, hors d'ici, Moabite !

(On entraîne Kozby, mais avant d'être hors da temple, elle se retourne et jette à Hisaêl ce dernier défi).

KOZBT.

Tu l'as creusé l'abîme où je te précipite I

(Sort Kozby entraînée par les léyites.)

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