ACTE CINQUIÈME
ENOCH, désignant Pliareg.
Et c'est ce renégat qui les entraîne tous !
Ce renégat, bandit, n'a renié que vous.
La juste liberté qu'Hélias eût fait éclore
Nous saurons quelque jour ramener son aurore,
Mais ici, la Patrie elle-même est en jeu.
Sauve Israël, Sammgar! Un Dieu, rends leur un Dieu.
SAHMGAR.
Leurs yeux se sont ouverts, leurs mains se sont tendues. Ils ont crié vers toi du fond de leur terreur. Et toi dont les regards percent les étendues, Voyant leurs yeux ouverts, voyant leurs mains tendues Tu les as retirés du gouffre de l'erreur.
HISAEL.
Ah ! vous en revenez à cette loi de crainte, A ce Dieu d'Israël présent dans l'arche sainte! Tant mieux I Car j'ai d<^ quoi le renverser d'un coup Ce faux Dieu que Phareg veut remettre debout. Oui je vais l'écraser cet éternel obstacle!
Il est là, n'est-ce pas, présent au tabernacle? Et la loi de Moïse a pour premier arrêt Que quiconque y suivrait le grand-prêtre mourrait ? £h bien ! entre au Saint-Lieu, Sammgar, je vais t'y suivre. De l'athée ou du Dieu voyons qui va survivre ! Oui, quand la vision devrait m'en foudroyer, *'ais-le-raoi voir ce Dieu que tu leur fais prier !
SAM M 6 A R, épouTanté et se voilAUt le visage de ses mains.
Ohl non!
ENOCH
Le prêtre a peur.
SAUMGAR.
Oh! ce n'est pas le prêtre
MISAEL.
Ni ma chair ni mon sang tu ne dois rien connaître.
Je suis cet insensé, je suis ce criminel
Qui veut d'un œil hardi démasquer l'Éternel.
Mais s'il n'est rien dessous le voile que je lève,
Si je ne vois pas Dieu, si- Dieu n'est qu'an vain rêve...
SAUMGAR.
Tais-toi, blasphémateur !
UISAEL«
Ah I c'est que justement Est-ce lui qui blasphème ou si c'est Dieu qui ment?
VOIX de la foule.
Oui, l'épreuve ! l'épreuve I Entrez au tabernacle.
MISAEL.
Eh bien ! les entends-tu réclamer leur miracle ?
Allons, sauveur des lois, confonds-moi, prouve-leur
Que, quand l'homme voit Dieu, c'est bien l'homme qui meurt.