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k lienne a continué d’être une race de ae ‘Car: elle a été l'objet des soins de princes, d’empereurs et de rois.
A Mentoue, au xv® siècle, à la Cour des Gonzagues, les femmes élégantes les plus raffinées recherchaient beaucoup ce chien très décoratif, dont elles faisaient dans leurs appartements, le compagnon privilégié. Le Titien l’a immortalisé en l’exquis et affectueux animal qui, d’un geste gracieux de la patte, appelle les caresses de son maître, Alphonse Ier d’Este. Ce prince
offrit un Maltais à Philippe IL, le très catholique roi d’Espagne, qui lui écrivit que c’était le plus royal cadeau que l’on puisse faire. .
Au siècle suivant la fougueuse Catherine de Russie donnait ses soins à un élevage de Bichons de Malte, dont un couple partageait la couche impériale. avec, il est vrai, des favoris d’un autre ordre, mais si ceux-ci changeaient fréquemment, ceux-là avaient le privilège de garder pour eux l’affection constante et inaltérable de la souveraine. On les appelait couramment en Russie, « Chiens italiens ».
| Cette vogue ne pouvait pas moins faire que s’étendre à la France. Scarron dédia un de ses romans comiques au Petit Bichon de sa sœur, qu’il aimait “beaucoup, Ajoutons pour mémoire que cette dédicace disparut de la seconde édition : Scarron brouillé avec sa famille eut ‘a méchanceté de mettre parmi les errata de la première édition, au lieu de : « La chienne de ma sœur », lisez :
Ma chienne de sœûr ».
hu
Mme de uit obtint un évêché pour un. Abbé
malin qui avait su lui procurer un Bichon, le joyau rêvé à cette époque de toutes les dames de la Cour royale de France, et le peintre François Hubert Drouais fit le.
portrait d’une grande dame tenant un Maltais sur ses :
genoux comme le montre une gravure de Léopold Fla-
meng.
Le Bichon de la Havane. — Cette autre variété est
encore appelée : « Caniche soyeux de la Havane », et fut -
sous le Second Empire le chien de dame préféré des élé-
gantes. C’est Nattier, qui, cette fois, a fixé à jamais le souvenir du Havanais dans le portrait de Madame Adélaïde.
Mais si ces Bichons firent fureur, ils sont bien peu
connus à l’heure actuelle. Ces jolis petits chiens dont la riche fourrure d’un blanc éclatant ressemble à une boule de soie se font très rares en France. Peut-être sont-ils d’une opulence un peu désuèête pour nos temps modernes.
Et Buffon pourrait avoir écrit hier ce qu’il écrivait en
1755 : « Les Bichons ont été fort à la mode il y a quel-.
ques années, mais à présent on n’en voit presque plus. On les à quittés sans doute à cause de la malpropreté qui est inséparable des chiens à poil long, car on ne pouvait tondre ceux-ci sans leur ôter leur principal agrément. Il en est resté si peu que je n'ai pu en trouver
aucun pour le faire dessiner ».
rue
Le Caniche. e
C’est un chien bien français d’origine et de caractère,
il compte parmi les mieux connus du grand public. Il fut l’ objet d’un véritable engouement, il yaune cinquantaine d'années. Il devait sa vogue à sa tendresse émouvante, son dévouement, son incorruptible fidélité. I] la devait aussi à sa merveilleuse intelligence, sa docilité, sa mémoire, qui en faisaient le plus apte de tous les chiens à apprendre ce que le caprice de l’homme pouvait Jui suggérer : il a été longtemps le préféré des dresseurs de chiens savants, le chein de cirque par excellence. Les peintres les plus fameux l’ont figuré à plusieurs reprises, Rembrandt et Goya notamment. Il était aussi autrefois le véritable chien de l’aveugle ; il tendait la sébille de plomb à la pitié des passants. Puis l’aristocratie s’éprit de cette race, le- «Tout Paris »l’a recherchée pour son esprit et sa grâce.
Eh bien, malgré tous ses dons, tous ses partisans, le caniche a connu un abandon presque total. Il semble toutefois qu'après cette période d’éclipse, il intéresse à nouveau de nombreux amateurs. Ce renouveau de prospérité tient à la fantaisie amusante de sa tonte qui lui donne une physionomie propre et compassée. Déjà 41 y a deux ans, Melle Mistinguett, paraissait avec un Caniche blanc sur la scène des Folies Bergères dans une Revue, Paris en Folie. La présence de ce Caniche aux
côtés de l'artiste ne peut que nous réjouir car il faut
de
reconnaître que la mode canine est un peu lancée par
nos artistes. Si donc les reines de la mode veulent bien
aider les éleveurs, le Caniche sera le chien préféré de nos
| élégantes et elles n’auront pas tort. | Le)
Cette étude de la vogue des différentes races de chiens
nous prouve de façon irréfutable que la mode n’est point
œuvre de conservation. C’est elle, et elle seule, qui vieillit | ou supprime, qui transforme ou rajeunit les races canines ; : des espèces se perdent ou plutôt s’oubliént sans raison apparente ; telle époque voit fleurir une véritable armée de chiens d’une race à laquelle on ne pensait plus depuis de nombreuses années, et puis, petit à petit, la vogue diminue, la race se raréfie, disparaît et si elle ne s’éteint pas complètement, tombe dans l’oubli général. Ainsivont
les choses, et c’est la loi commune.