ACCROISSEMENT DE LA VALEUR PÉCUNIAIRE DES SUJETS A LA MODE
Précédemment nous disions de la mode, cet éternel contraire de la raison et du bon sens, qu’elle ne possède aucune loi, cependant elle a une règle générale : l’individu qui répond à ses fantaisies, acquiert une valeur pécuniaire artificielle et fictive, peut-être éphémère, toujours considérable.
En 1869, à l'Exposition de la Royal Agriculture
RS PAR ee
Society, à Londres, un Skye-terrier fut évalué à un prix plus que modeste : 1.500 livres sterling, soit 37.500 frs. 2 de l’époque. ; | | : Il y a trente ans, alors que le Saint-Bernard était à la mode, un Américain paya un sujet un prix fabuleux : 19.000 dollars, soit 98.466 francs. [Les beaux Pékinois atteignent des prix très élevés, plusieurs centaines de
mille francs, en Angleterre, du moins pour certains reproducteurs. De même l’évolution de la valeur des Fox-terriers montre qu’elle est en fonction de la mode.
Dès 1885, les Fox-terriers à poil lisse eurent un vif succès.
Certains sujets se vendaient fort cher, puis la vulgarisa-
tion entraîna l’avilissement des prix et à l'heure actuelle,
> “ c’est la défaveur. Chose curieuse : à mesure qu’on se détournait du Fox-terrier à poil lisse, le Fox-terrier à
poil rude prenait le dessus. Les sujets de cette race atteignent de nos jours des prix élevés; en raison de ces
prix ce chien n’est guère exposé à se vülgariser, et il restera longtemps à la mode. Il est à remarquer en effet
que dès qu'une race de chien a acquis une vogue extraordinaire, elle ne la conserve pas indéfiniment. Le chien
qui est popularisé perd la faveur du public raffiné,
il est prêt de son déclin en dépit parfois d’incontestables | qualités. Cette défaveur est due aux riches amateurs, toujours épris de curiosités coûteuses, qui se détournent
. de lui, pour en lancer un autre.