LORIE
Le corps long, les jambes torses, le Teckel ne paraît
pas estropié, ni massif, ni incapable de se mouvoir. Les D Anglais depuis plusieurs années modifient exagérément ces caractères pour rendre le Teckel plus original. Sous
ces influences les éleveurs ont allongé les oreilles et le
5 corps déjà si long, et donné une préférence aux jambes
très torses ; c’est le chien «tour de cou» du caricaturiste
Caran d’Ache. Avec une telle anatomie, comment ce chien serait-il utilisable pour la chasse au terrier ? Il PE é est incapable de suivre un renard dans des galeries. Les 1 fantaisistes, une fois encore, ont lancé une race, Massacré
le type et du même coup supprimé ses aptitudes.
“EE Samoa
Cétte race est encore > mal connue parce que sa vogue
est récente. C est. pourquoi on présente. avec la dénomination de Samoyède des chiens qui n’en sont pas. Pour-
tant les Norvégiens, les Danois et les Finlandais, ont 5
établi le standard de ce chien. Malgré cela les exposants,
par snobisme, présentent des grands Loulous pour des cn
Samoyèdes. Ils différent pourtant par. bien des caractères : le Samoyède est plus grand, ila le museau plus | large, les lèvres plus épaisses, les yeux obliques et expressifs, les oreilles dont le poil donne la sensation de velours, larges à la base, arrondies à la pointe ; la fourrure à poil d’ours est moins couchée que chez le grand | Loulou, et elle est plus fournie à la queue. Ilest temps que cessent ces abus, conséquence de la vogue des chiens du
grand Nord.
L’Epagneul japonais.
Le portrait-type de l'Epagneul japonais dit :« Leur taille varie considérablement, mais les plus petits sont les meilleurs ». Et plus loin : « Le museau est très court, des yeux au nez ». La mode de ces chiens a entraîné avec elle des transformations outrées. Les éleveurs Nippons, passionnés comme tous les Japonais des choses minuscules, plantes, arbres, animaux, ont cherché à produire des chiens très petits, au museau très court.
Is arrêtent la croissance des animaux par l’usage du
No
saki, extrait spiritueux et pour obtenir la forme du
7 museau, ils ont recoux urs à des moyens tion parfois
tortionnaires. ‘Ils usent d’ un subterfuge, qui consiste
dans l'adaptation de toute une série de ‘masques en
feuilles de plomb, et, quand ils donnent à manger aux
jeunes chiens, ce sont des grains de riz, sur le fond d’une assiette plate. Ces exagérations ne sont-elles pas aussi flagrantes que cruelles ?
Les Fox-terriers.
Le grand succès que connaissent les Fox-terriers, leur est nuisible. Sous l'influence de la mode, les deux variétés l’une à poil lisse, l’autre à poil rude, n’ont pas évolué de la même façon ; ñéanmoins, primitivement, ces deux variétés correspondaient aux prescriptions d’un même standard. Des différences portant sur certaines caractéris-
| tiques se sont progressivement accusées, et actuellement les deux variétés n’ont pas la même conformation,
La variété qui a la plus grande vogue, est celle à poil < rude, par suite c’est elle qui subit le plus de modifications osées ; et si la caricature a pour heureux effet de la répandre, elle est aussi la cause directe de bien des méfaits. Pour tous les profanes, devenus des adeptes du poil rude, et pour d’autres aussi, mal avertis des choses de l’élevage, et des précisions du standard de la race, c'est la caricature du Fox-terrier à poil dur qui devient le type idéal.
Récemment, alors que nous assurions le remplace-
Fabre a ce 7
te SPA, 24
ment d’un confrère, une jeune fille, tentée par l'aspect | du Fox-terrier à poil dur, se montrait désireuse d’acquérir un sujet de cette curieuse race, et nous consultait au sujet d’un élevage renommé, auquel elle voulait s’adresser. Elle ignorait même l'appellation exacte de Foxterrier à poil rude et pour-bien se faire comprendre, nous :
disait : « Voyons ! Vous savez bien ! Un « Ric » qui a
S de grosses pattes, une grosse tête et un petit corps ».
Ce sont là des précisions admirables, caractères essentiels de la race pour les amateurs d’occasion ! Tout le reste ne sera jamais pour eux que d’insignifiants détails. Lee | | ee Lo Pourquoi des membrès énormes ? Pour satisfaire évidemment à la caricature, pour avoir un chien. en bois. La conséquence est ‘pourtant considérable : diminution de la rapidité et de la souplesse, au profit de la solidité. Mais ce n’est pas tout : pour que le profil des membres antérieurs se continue nettement jusqu’au sol, le pied est réduit, amenuisé, et les amateurs recherchent les sujets à petits pieds antérieurs. Ils oublient que le Fox-terrier est un animal de chasse, qui travaille en | grattant le sol, en rejetant la terre, et voici qu'ils le dotent pour cet ouvrage de pieds minuscules. — Non contents de modifier la forme pour accuser l’impression de colonnes rigides, dégagée par les membres, les éleveurs modifient également les aplombs. Le chien le meilleur est celui qui est perché sur la pointe de ses pieds
minuscules, debout sur ses ongles. Aplomb défectueux,
qui fatigue le chien, mais ii ‘importe... ils sont conformes à la mode |
Etla tête ! ! C’est surtout sur cette partie du Fox-terrier
à poil rude que se sont escrimés les caricaturistes, et
que le-snobisme a pris l'humour pour la vérité. La tête
dont l'apparence rectangulaire était si particulière, a
été déformée de façon extravagante, et les amateurs recherchent le museau long, car plus la tête est longue, plus on la trouve à la mode ; à ce point que |’ équilibre entre sa longueur et la longueur. du corps est détruit. On préfère même les sujets. d’ un poil très abondant à la tête, parce qu ‘alors, par une épilation opportune, il est. facile de donner à celle-ci la forme NSRUenene et AE longueur considérée comme parfaite.
En s’attachant aux caractères des membres et de la
tête, les producteurs oublient le corps et ce sont des
sujets tantôt levrettés et grêles, tantôt trapus et massifs,
qu'ils obtiennent. Ils dédaignent et dépassent largement les ‘indications du standard, transforment graduellement le type et en affaiblissent la musculature. Alors qu ‘ils auraient dû laisser au Fox-terrier à poil rude son. caractère original et plaisant, et se garder de lui faire perdre son harmonie, sans laquelle il n’est guère qu’une.
sorte de monstre dépourvu de charme.
Le Toy-terrier.
Le type miniature du Toy-terrier, devint sous la
reine Victoria d’un engouement considérable. En prin-
cipe, il pèse moins de Hot klogrammes, mais Ja: mode
exigeait des sujets de plus en plus réduits; et ce fut
l'inévitable exagération. Une sélection | nés LUS
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aboutit à la production d’un animal gringalet : c’est là à: > ; ; 3 ST ' but SEAT RS h
un exemple frappant de la dégénérescence d’un type canin due en entier à la fantaisie, recherchant un animal "PSS
minuscule, devenu par sa faute délicat, fragile, grêle et. A
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chétif. ù YÉ
Le Carlin.
Vers 1850 l'intérêt que lui portaient les amateurs
était tel qu’il y avait de bien curieuses discussions sur
certains détails de sa conformation. On affirmait sérieusement que la queue du mâle devait être déve à droite et celle de la femelle à gauche. On accordait une grande attention au grain de beauté de la joue qui devait porter exactement trois poils longs et noirs. Autant de CARRE
tères empreints d’exagération, de stupidité et de ridicule.
Le Pékinois.
La fantaisie des amateurs de Pékinois s'attache à la
conformation des membres. Que deviennent les aplombs
dans l'appréciation des allures ? Ils disparaissent. Le
transport des membres, en dehors et en dedans de la ligne d’aplomb, les pieds se croisant et s’écartant, n’a aucune importance. Certains, en outre, sont pleins d’admiration pour la démarche de « matelot ivre » de leurs favoris.
Et ce n’est pas tout : des éleveurs anglais s’efforcent
d' Fi des Pékinois sélectionnés dans le nanisme. Ils
obtiennent des chiens minuscules, mais dégénérés, en
les traitant à l'alcool. Et le danger c’est que l’éleveur
qui produit ces chiens par des procédés cruels, a du
se succès, se fait de la réclame et trouve des acheteurs.
ll ne devrait cependant pas y avoir de chiens marlyres
. et souffreteux dans un pays comme l'Angleterre où la
À “protection des animaux est régie par des lois sévères.
Modifications exagérées du système pileux
et du pelage
La Morphologie ne suffit pas. à définir un type ethnique, r abondance, la forme et la coloration des poils fournis-
sent d’utiles indications pour la distinction des races.
a est des races canines à poil court et à poil long, à
poil lisse et à poil rude. La sélection, au gré de la fan-
| taisie, est trop souvent intervenue pour ‘accentuer à
“4 ‘excès Ja longueur des poils chez certains chiens jusqu’à
Fee obtenir de véritables fourrures. Elle a exagéré aussi
J F importance de la couleur du pelage, les éleveurs se sont É ingéniés à obtenir telle ou telle nuance pour la méttre à la mode. Cette rigueur dans la recherche de la coloration,
c’est ce qu’on appelle la « coloromanie ». Les races de
chiens ont, én conséquence, souffert de cette coloromanie.
Nous en donnor.s quelques exemples. Comme quoi, une - fois de plus, la fantaisie et la mode entraînent des déter-
‘minations invraisemblables et inadmissibles.
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