‹ La Mode et le ChienChapitre 26 sur 29 · RS CT ER UT · texte numérisé non relu

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Le Berger de Brie.

Ce chien de berger est un chien de compagnie idéal, LE mais sa vogue était gênée par les soins que nécessite la longueur de son poil. Son pelage laineux le rendait abso- É lument insensible aux intempéries. Mais pour imposer la race, en tant que chien d'agrément, la sélection a fait disparaître la texture laineuse. Ainsi le poil à moins de tendance à se feutrer et à s'emmêler. Toutefois cette commodité a été acquise au détriment de la résistance organique.

Le Setter an glais.

Dans la variété de robe dite «.bleue », deux grands juges anglais : MM. Rossignen et le capitaine G.F. Bolam ont réussi à influencer les amateurs : il ne faut plus de grandes taches. Pourtant les grandes taches ne manquent

pas d'esthétique, elles donnent même une curieuse et

plaisante expression. Qu'on ne recherche pas les man-.

teaux sombres passe encore, mais qu'on exige l'absence de taches ! C’est la force de la vogue qui agit, et l’amateur ne verra primer en Exposition que des sujets de type imposé par elle.

Dans la variété de robe « liver » l’effet plutôt néfaste | de la mode porte sur l’œil. L’œil clair est jugé sévèrement. Ce n’est pourtant pas un défaut, mais on veut un œil foncé avec cette robe. C'est une affaire d'appréciation suggestive, de goûts personnels, qui ne devraient pas avoir cours en Zootechnie.

“Fa phobie du Setter blue à grandes. taches, du Setter-

25 liver à à œil j jaune clair, risque de causer de gros ravages au

Setter anglais, car ce n’est pas avec ‘le souci de caprices

stériles qu’on améliore les races.

Le Pékinois. à

La c«coloromanie » a joué un grand rôle, un rôle exagéré, dans la robe du Pékinois. Toutes les couleurs sont admises primitivement, mais la fantaisie a voulu délimiter nettement les taches. C’est ainsi qu’on apprécie | ‘beaucoup les sujets noirs dont les régions inférieures du

COrpS, et les membres sont blancs « afin de représenter ‘un nuage noir sur la neige ». De même on recherche ceux dont la tête porte sur la ligne médiane, se terminant en pointe. sur le front, une tache blanche « qui symbolise la

clochette d'argent entre les sourcils de Bouddha »,

caprices qui n’ont aucune valeur zootechnique.

Le © Yorshire-terrier.

Ce chien qui était autrefois un chasseur, a depuis longtemps perdu ses qualités sportives. Actuellement c’est un chien d'agrément. La robe est la beauté essentielle de ce petit chien, et la mode aidant, l’exagération s’est emparée de ce caractère. Le Yorshire-terrier se présente avec un manteau de poils penñdants de chaque côté du corps jusqu’au sol, et de longs poils à la tête

retombant sur les yeux, la face et le nez, pour arriver à

terre. Muni d’une telle fourrure, il en est encombré.

Ses pattes, complètement invisibles, sous le manteau

de poils, s’éenchevêtrent dans les mêches, s s’entravent

aux ‘allures vives.

LÉ jeunes chiens n’ont pas droit à l'exercice. De bonne heure, ils sont isolés les uns des autres, car leurs : jeux embrouillent les poils de façon inextricable. | Chez les adultes l'esclavage se poursuit. Les pieds ; sont en permanence enfermés dans de petites bottes de cuir souple et lavable, pour empêcher que d’intempestifs grattages ñe viennent déranger l’ordonnance de la robe. S'il leur est interdit de se gratter, ces chiens ne peuvent pas non plus manger à leur guise : d’abord les os à ronger, les aliments gras ou huileux, susceptibles de souiller les poils de la tête sont exclus de leur aHimentation, ensuite il est d’usage, pendant le repas, d’affubler les Yorkshire-terriers d’un bonnet et de rubans qui pro7 tègent et fixent les flots qui tombent de chaque côté de la face. | Pauvres chiens ! Autrefois, sportifs alertes, devenus de véritables poupées, d’une beauté artificielle, à la robe fragile, victimes de la mode, et esclaves des soins aga-

çants de coquettes oisives.

Modifications exagérées des aptitudes Grâce à la diversité de leur format, et à leur remar-

quable faculté d’éducation, les chiens ont su s’adapter

à des utilisations multiples. Les races sont plus ou moins

De | spécialisées, certaines ont un rôle bien défini, tels les he É chiens de chasse et les chiens de berger. Mais lorsqu” une race vient à être à la mode, on ne ce $ ‘inquiète que de son agrément, on oublie son utilité. Nous verrons tout à l'heure comment la fantaisie et le De | snobisme influent sur l'interprétation du standard et délaissent les sujets de travail, au profit de chiens à la ; silhouette affinée et déchus.

| ee j re chien de Berger S Brie.

Il a des aptitudes déterminées. Iest avanttouf chien

Ne F2 = de berger. Quelques éleveurs, inspirés par la mode, ont. 2%. voulu, à tort, faire de lui un chien de luxe et chercher J'agréable au dépens de l’utile. De berger, il est devenu villageois : c’est un déraciné. Vivre en appartement et sortir pour une courte promenade chaque jour, est son

triste sort, alors ‘que placé dans les conditions naturelles

à son développement, il acquiérait le plein épanouisse-

ment de toutes les parties de son corps, par l’exercice.

La mode a fait bon marché de ces inconvénients et nous

a gratifiés de chiens incapables d’être bergers, tout au

plus aptes à s’allonger sur des coussins.

Le Setter anglais.

Comment un Setter est-il vraiment magnifique ? . Est-ce assis sur un fauteuil, vautré sur des coussins, ou lorsqu'il accompagne, avec un air d’ennui, la dernière

toilette de Madame ? Non, c’est dans les champs, en

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