TOUSSENEL
Le plus grand des unies affirme ainsi que le chien a été mêlé à la vie de l’homme avec le commencement du monde. Dés la plus haute antiquité, les peuples, les peuples pasteurs les premiers, ont professé un véritable culte pour le chien. Chez les Grecs, et chez les Romains, les grandes. dames apportaient elles-mêmes leurs soins à leurs favoris’ À Rome, le petit chien aimé, « le Catellus », partageait la couche de son maître, ou
. tout au moins, reposait dans le même appartement.
sous le lit d'une élégante, e de la dolente Arethuse, de.
Properce, écrit à Lycotas absent | que HS Tout son
: plaisir depuis que Vesper ramène pour elle des nuits Re
amères, est x écouter Jes abois plaintifs de sa petite” ee
chienne qui occupe : en sa couche la place. de époux
Il y eût même des nurses canines, des dome tiques
affectés au service des chiens ; de nombreuses nserip- a
Ÿ tions ‘tumulaires du. minister catellarum, servus a Ccura . ae
catella, relevées par Muratori, Lipse, Doris, | Cédiués ; à 2 a
certifient la réalité de cette fonction. Au dire d’ Athénée, | ta
les Sybarites partageaient leur cœur entre les. singes ot
les petits chiens de Malte : klados melitaios (rejeton de
Malte) qui ne les quittaient jamais. APR,
Depuis, le chien à continué à être le familier dé nos. |
demeures, le témoin de notre vie de chaque jour. — EE Le
partage notre affection ; le chien admis au milieu de nos
maisons, accapare, à la fois nos soins, notre temps et
notre a amitié. Rien d’ étonnant à ce qu'il ait pris un déve-
loppement que n “ont connu aucun des autres passe-
; temps modernes. De nos jours, il fait pRTUE du logis, a
sa vaisselle, ses menus, son lit, et même ses habits. La
mode lui a donné une place si importante dans nos
maisons, dans nos gynécées mêmes, que l’on doit comp
ter avec lui. Ainsi, associé à l’homme, il est le premier :
à subir l'influence des capricés de la nature humaine. Mais, il y à encore à cela une autre raison : il est l’ani-
mal qui vit le plus près de l’homme. Le cheval à qui :
à son écurie, tandis que .
l'or ôte son | MOTS, retourne à
e considérable . homme possède de modi-
dE fier à | son gré ,S ‘organisation des animaux. Un proverbe “
espagnol dit bien € T el maître, tel chien . En effet, “2
ion du chien “est la nôtre, puisque nous la jure
onnons nous-mêrnes. Le chien a été dressé à la garde
Le ; des troupeaux par les bergers, à la recherche du gibier :
5 A par les chasseurs, puis il fut “employé à la défense des vi
us habitations, au sauvetage à la mer et à la montagne,
à la guerre même. Mais dès qu’il eut envisagé l'utilité,
38 homme songea à son caprice, et le chien, après avoir
“satisfait à mille besoins, satisfait aux mille fantaisies de
L la mode et du luxe. Le voici der du salon et du boudoir,
+ ff: a réduit tout son être, et s est fait miniature de lui-
a même pour pénétrer dans le manchon des marquises, PR se su le: hamac des créoles. Les races sont croisées, ses | variétés multipliées, ses particularités insignifiantes
Æ sélectionnées parce que les amateurs les trouvent es 2 Po étranges, ou ne C’est ce que Darwin a fot ii ee bien observé : CN m'avait paru autrefois probable, À Æ ditsil, que si les ns anciens ou même à demi CIVIlisés avaient pu s’occuper de l'amélioration des animaux les plus utiles, quant aux points essentiels, ils 1e
- devaient avoir négligé les caractères insignifiants, mais
dans x ae entier : +! : partout ‘ae ob M 5 us Bee Rte
ds # ee : a-toil été chedté . ‘tous a pays, à à à toutes les époq ques. e "N° ’est- -ce point la. mythologie égyptienne qui co fait | ve \diné tête de chien le Dieu Osiris ? N'est- -ce point. Je 7 se chien: qui était le compagnon de Diane et des Dieux Larres
qui, | quoique aveugle reconnut son maître. Les monu- ÈS
A Ancien Testament indique le chien de Tobie, ments. de l’art “chrétien primitif nous montrent le Bon Ù as Se Pasteur. accompagné d'un chien. Ulysse de retour à . Itaque, retrouve son. chien, Argus, qui le. reconnu .& Dans le moment, le chien d'Ulysse accomplit sa des-
tinée et mourut de joie asp revu son maître vingt
‘ans après son départ », Fa Alexandre le Grand fit Cons :
à truire une ville en l'honneur d’un chien mort; l'Empe- LE . reur Adrien, en mémoire de sa chienne décédée, ordonna
dé grands banquets le jour des funérailles. Le Roi Charles XII de Suède fit enterrer solennellement son
chien et composer pour lui des épitaphes. Le roi Henri IV, \ { * L x NT À 5 L : à \ le modéle des souverains françäis, envoya son chien préféré, nommé Fanor, à Dieppe, pour y prendre des Le
bains de mer, et il disait très sérieusement : «Qui m’ayme,
ayme mon Chien ». — Byron avait un chien Terre-Neuve, …
: que pui ssant,, " eut ne auprès de lui ces buste compagnons, ces consolateurs muets, mais combien 5 éloquents, : des découragements et des. rancœurs.
: Ne voit-on pas, à “Asnières, près | de Paris, un cimetière
“où reposent dans leur niche dernière, bon nombre de
mn. chiens estimés de leurs maîtres ? — Les chiens d’ ‘hommes pi ie ; se “et de femmes célèbres : Henri Bataille, Gyp, Edmond “ Rostand, Saint- -Saëns, et Réjane, ont des épitaphes AS — libellées sous la forme d’adieux émouvants, qu’on pour-
rait croire > adressés par un homme à sa femme ou à son
ÿ amie.
Se Le Ces faits. nous ont à qu raatrétés comme de nos ACER nue jours, le chien tient une grande place dans la vie privée ; Fos que les sentiments d”° affection de l’homme pour le chien
*E datent de loin. LE? amour qu il a pour lui est la cause du
soin qu il met à choisir son compagnon, il veut que rien one vienne diminuer leur amitié. Il n’attache pas d’im- = portance à la mode pour l achat de tout autre animal, mais pour l’ acquisition d’un futur ami, d’un compagnon, il lui veut toutes les qualités, sans oublier bien entendu, celle qd’ être d’ une race en vogue. À plus forte raison si “ (o est. une dame, elle s’en voudrait de ne pas suivre la
mode, elle la suit pour : son chien, cette poupée vivante, Fabre: it: 3
Pal
at son à amour-propre, parce qui il et son +
TA 'Erémient, FRA un ie e "est «l'originalité et surtout LES
la nouveauté. Mme de Sévigné nous en donne la les Bichons étaient alors ne la mode, ‘Mme de
description qu elle en fait dans : une retire. à Mme de
SR à DA
Grignan, sous la forme significative et brève de son style : « Un petit chien tout parfumé, d’une beauté extraordinaire, des oreilles, des soies, une haleine douce, petit comme Sylphide, blondin comme un blondin…. il s’appelle Fidèle ». Telle est bien la vanité de l’amateur qui s’entiche du chien dernier genre; pour lui, il n’y a pas d'intérêt à avoir un chien d’une race peu répandue, à posséder une rareté ; il ne veut pas d’un chien dont tout le monde ignore les caractéristiques et l’origine ; ce qu'il veut, c’est le chien dont il dira par exemple : « C’est un Scottish-terrier. Il est très à la mode, il a un père plusieurs fois champion ». Il sera satisfait, son amourpropre sera flatté, bien plus, s’il obtient un premier prix à une exposition dans la classe la plus nombreuse, puisque c’est celle qui tient la vogue, il nous semble l’entendre dire : « Il a obtenu un premier prix, il est parfait, et tout à fait conforme au type actuel ». Ainsi donc il est incontestable que le chien subit la mode parce que la
mode a le don de plaire et même de séduire.