LA BRUYÈRE
La Beauté conventionnelle est le fruit de la mode, c’est pourquoi nous développons cette action générale dûe à la vogue, avant d'étudier chaque mode canine séparément. |
Qui dit appréciation, dit jugement. C’est un acte décisif, qui clot une délibération antérieure ; il suppose l'examen de certaines idées et leur comparaison préalable.
Pour apprécier un chien, il faut donc étudier les fac-
teurs reconnus depuis longtemps, comme ayant une
ces. termes EN toutes choses, la mesure et la propor-
| grosse. influence sur rl valeur dé L anima] ; ‘discerner les
3 entre eux, avant de conclure. De ces facteurs, il en existe
Rte à l° infini, certains sont accessoires, d' autres sont inéluctables et parmi eux, l’ adaptation organique.
Le adaptation organique où. conformation, se traduit
| exigences de la mode — etc "est Jà notre sujet. — Ce
sont trois conditions , que Cornevin a bien définies et
: nelle .
La boue esthétique est celle dont Platon parlait en
tion constituent la beauté ». Elle résulte de la perfec- É tion des détails et de l’harmonieux. ordonnancement de
fe ensemble. Elle. procure à l’observateur séduit un vif
sentiment. de plaisir.
La beauté d’ adaptation, C ‘est la: bonté. Le Pius eau
chien étant le mieux adapté à à sa fin propre.
Mais le beau ne se confond pas toujours avec 1h Tère
La splendeur des formes n’entraîne pas la supériorité
fonctionnelle : un basset n’est pas beau, mais il est utile,
pour. la chasse dans les fourrés. A + Ea beauté esthétique distincte de la bonté onchine nelle varie donc ; en effet, bien que le beau provoque les
mêmes mouvements de l’âme chez le plus ignorant chez
beautés et, les défauts ‘de chacun, | puis. lés comparer
par des beautés. Par. sa conformation, un. chien doit
er flatter l'œil, montrer ses aptitudes et répondre aux :
qu'il a groupées sous les vocables respectifs de > beauté. *
ue beauté d adaptation et beauté convention-
comme le plus raffiné des hommes, s son. expression varie : à
| Vinfini. La “beauté esthétique se: modèle sur les choses 2
. qui nous entoufent. Elle reflète les visions qui nous envi- z ? ronnent ; seulement elle les embellit. En animaliculture, | À è o, comme dans les arts, chaque peuple, chaque époque a à “5 ; son modèle, et c 'est là que Ja beauté esthétique rejoint $ "
Cd À né À 1 LES ne 2 e
" à beauté conventionnelle. FR MER 2
. Celle-ci a pris ‘une importance, capitale fee F rappré- 5 £ a du chien. Nous citions La Bruyère, en tête de | ce passage. Eh bien ! oui, pour le chien comme pour tout,
Ja beauté n ‘est pas une, absolue, mais elle est essentiel-
lement. variable. Ce qui est beau c 'est ce qui est à la
mode, nous en donnerons quelques exemples. — Le de Carlin est un chien vilain, un petit monstre, cela n'em- pêche pas qu ‘il ait été à plusieurs reprises à la mode, Si
| bien qu’ on peut penser que ses admiratrices r adoraient
| pour ses mérites et ses beautés cachés. De. même les.
: Terriers anglais : ils sont très à la mode chez nous. En
tète de cette diffusion, arrive le Fox-terrier à poil dur,
puis le Scottish-terrier, enfin le Cairn-terrier. Cet en-.
gouement ne vient pas de l'esthétique douteuse de ces
chiens, mais de leur beauté conventionnelle, La preuve en est, que le West-Highland-white-terrier, d’une réelle beauté et d’une rare distinction, est moins répandu, et ne paraît pas être prêt de conquérir la faveur populaire, Autre exemple : le Pékinois a une ‘silhouette si originale qu’elle donne lieu à des appréciations contradic-
toires ; et du point de vue de l’esthétique pure, on a le
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droit de ne pas lui accorder la préférence. Pis encore, le Bull-dog n’a rien de séduisant : sa face ridée, son crâne sillonné de plis profonds, ses lignes brèves, son allure toute inesthétique forment un ensemble à l’aspect massif et caricatural ; toutefois cette race ést très prisée des Anglais, qui tiennent à honneur de conserver le plus populaire de leurs chiens, sans doute parce qu’il apparaît comme un produit de leur humour !
Bref, la mode impose ses caprices à la production canine comme à toutes les œuvres humaines, et ses
arrêts ne souffrent point de discussions.