‹ La Mode et le ChienChapitre 6 sur 29 · LA BRUYÈRE · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE

Du jour au lendemain, la mode rend célébre des races inconnues ; elle recherche ou elle rejette certaines formes corporelles ou maintes variétés de nuance et de robe. Elle ne possède aucune loi, mais si elle impose son velo dans le choix de telle ou telle race de chiens, c’est soït parce que ces races sont originales ou économiques, soit

parce qu’elles sont lancées par des personnages haut

placés. À ce e sujet, nous ne connaissons pas de m illeur

exemple que celui d’Alcibiade et de son chien : Alcibiade,

cet: enfant gâté ‘des Athéniens, qui devint eur mauvais : génie, ne pouvait supporter 1 idée de. ne pas être admiré : : ee ï. par les autrés. Il avait: tout pour lui : beauté, richesse, PAS

ÿ art oratoire, politique : il Jui fallait encore être le premier <

Fe en tout ; ‘il avait un chien d’ une taille et d’ ‘une beauté ns

bible. qu'il avait payé 70 mines (6. 874 francs or) :

il Jui coupa la queue qui était fort. belle. ses. amis le

blâment et Jui disent que tout le monde F fisüite à pro-

: pos de son chien : «C’est justement, dit- il, en riant, ce que

je veux. Je veux que les Athéniens jasent de cela, afin

de ne rien dire de pis he mon compte » | (Plutarque,

Vie d’ Alcibiade, traduction Talbot). Cette médisance se transforma vite en approbation, les Athéniens eurent un

véritable engouement pour les chiens à queue A

C’est qu'en effet Alcibiade était pour eux le roi de la

mode ; toutela] jeunesse élégante l’ admirait lorsque, por- ;

tant une robe rouge et des chaussures hautes à l’orientale,

il passait accompagné de son chien à la queue amputée.

Toutefois, il n’est pas que les grands de ce monde, pour mettre en vogue une race canine. Les peintres et surtout les animaliers font beaucoup, dans la propagation d’une mode. Au xve siècle, les animaliers s’exerçaient à la décoration des demeures princières, ils associaient leurs modèles à des scènés où le caractère personnel des chiens ou dés autres animaux, était négligé en

faveur de l’effet général, Alors que de nos jours les grands

Pit «lies exaltent le caractère individuel du chien, accusent.

À L Mar " A pe LE 12 ET 3 EE DES RON er Patte: Pr a MALE ES - es A — . M ER # À due Fe ; > a! v 1e x £ PQ g re

NE

A ensembles décoratifs n ‘étant plus recherchés, un a

les caractéristiques des races et. incitent les amateurs à GEe . Sie

ACER CEA

ee rechercher ces types qui ne tardent pas à être à à la mode :

te leurs œuvres. sont documentaires. C'est ainsi que ce

© délicieux CHA Se ce compétent humoriste M = ae Pol Rab, le créateur de « Ric. » et de « Rac » a fait plus

à pour la diffusion du Scottish-terrier que tous les clubs de

Fe terriers réunis ; ; il a fait connaître 1a'race partout. 45m Fe

“Outre les. peintres, les acteurs, les littérateurs même

jouent un rôle dans la montée des diverses races succes-

sivement à la mode. Par une documentation zootechs nique, aussi serrée que possible, par des faits historiques, nous essaierons de montrer comment les principales races ‘de’ chiens ont évolué sous l'influence de la mode, com- | ment, après avoir connu la faveur populaire, elles se perdent ou plutôt s’oublient sans raison apparente. Ces fluctuations se font sentir, non seulement sur les chiens de compagnie, d’ agrément, mais encore sur les chiens de chasse, de bergers, de garde ; en effet, « tous les chiens sont des chiens d'agrément », comme l’a si

“hier ait MP: Mégnin. Nous commencerons par les __ chiens de garde et les chiens de berger.

d 2 ' y N A Eh 4 y Mes Î t L rt L TES SE

Page 1