La Mode Pratique 3:(17) 129-136
concurrence à la nacre teintée, comme nouveauté; la plupart du temps, les boules, les oves, les olives de cristal opalisé sont enveloppées d’applications ajourées d’or ou d’argent.
Enfin on fait encore dans ce même esprit des poignées en émail de couleur claire, bleu, rose,
vert-céladon, etc., étoilées d’or. J’aime beaucoup les poignées en forme d’anneaux faits d’un serpent enroulé, en or mat ou en argent oxydé, c’est léger, facile à porter, sans prétention, et d’un prix beaucoup plus abordable que les poignées de nacre teintée ou de cristal opalisé. Quelquefois ces petits serpents d’or s’enroulent sur un manche rustique en bois naturel.
A côté de ces fantaisies on fabrique toujours des manches classiques en or mat ou en vieil argent de formes simples, dans le style Louis XV.
Tous ces genres de manches peuvent convenir aux ombrelles aussi bien qu’aux en-tout-cas, cependant on préfère généralement pour celles-ci les manches en bois naturel tout à fait simples. Ce qui fait l’élégance et la valeur d’une ombrelle, c’est l’étoffe dont elle est recouverte, la manière dont sont disposées les garnitures qui l’enjolivent.
Les manches de genêt, genêt naturel clair, genêt teinté, genêt flambé, sont solides, légers et très variés d’aspect, on est étonné en voyant des t douzaines de manches tous differents comme couleur, comme disposition de nœuds et de veines, comme forme de poignée, d’apprendre que tous ces manches sont faits du même bois.
Cette aptitude à recevoir les préparations les plus diverses permet d’utiliser le genêt aussi bien pour les ombrelles élégantes et claires que pour les ombrelles de campagne, tout à fait rustiques, et pour les ombrelles foncées.
Les bois de frêne et le merisier sont également utilisés ; sur les manches en bois de laurier on monte des poignées rapportées, en métal, en nacre, en émail, etc.
La moire a tant de succès qu’on devait forcément songer à l’employer pour recouvrir des ombrelles. J’ai vu hier de charmants modèles dans ce genre, les uns tout unis en moire blanche ou garnie de volants de mousseline de soie, avec gros nœud en ruban de moire blanche au manche de genêt; d’autres en moire ciel, maïs, rose, etc., montés de la même manière, d’autres en moire noire rehaussée d’applications de guipure rousse, ou bien encore garnie de dentelle d’Angleterre appliquée sur des volants de tulle noir. Lamoire antique glacée est encore plus nouvelle que la moire unie, on la monte sur manche de bois naturel ou sur manche de laurier * à poignée de nacre teintée assortie à la moire.
On fabrique des mousselines de soie glacées qui garnissent très joliment ces ombrelles, quand par bonheur on trouve un coloris exactement assorti au coloris de la moire; mais cette rencontre est assez rare pour qu’on ne la tente guère, aussi la plupart des ombrelles de moire nacrée sont-elles simples. La même raison fait remplacer dans ce cas le gros nœud de ruban qui garnit le manche des ombrelles de soie unie, par une cordelière à pompons.
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