NETTOYAGES ET ENTRETIEN DE LA CUISINE
L es nettoyages de cuisine sont, si je puis employer cette expression, de plusieurs degrés . i° le nettoyage journalier, qui doit avoir lieu chaque soir; 2 0 celui de chaque semaine généralement fixé au samedi; 3° enfin, les deux grands nettoyages du commencement et de la fin de l’hiver.
Posons d’abord en principe que la première condition de la réelle propreté est de salir le moins possible. Une cuisinière soigneuse emploiera la moitié moins de temps, et usera la moitié moins de linge, pour le même travail, qu’une cuisinière désordonnée et malpropre.
Les ustensiles qui servent à faire la cuisine, de même que la vaisselle de la salle à manger, doivent être lavés après chaque repas, et sous aucun prétexte il ne faut permettre que la desserte du déjeuner attende celle du dîner, pour être lavée. Les tasses, pots au lait, théières, chocolatières du premier déjeuner doivent être rincés immédiatement; c’est l’affaire de quelques minutes lorsque ces ustensiles sont encore chauds. 11 suffit d’y passer un peu d’eau chaude et de les rincer à l’eau froide. Les débris de lait, de pain, etc., restés au fond des tasses, s’enlèvent alors très facilement, tandis
Fig. 8.
f^HAPEAU de dentelle noire laitonnée, ruban de moire noire posé en torsade et faisant nœud devant, ^ boucle d'acier. Têtes de plumes d'autruche noires, roses rubis retenant la dentelle derrière.
(Modèle de Mme Meunier, 20, rue du 4-Septembre.)
D ans la vie ordinaire, vous qui voulez chanter, évitez les cris, les éclats de rire, la lecture à haute voix; fuyez la poussière, l’humidité, le vent. Au moindre refroidissement, gardez la chambre et cessez de parler. N’hésitez pas à consulter un médecin dès que votre voix est altérée et que vous ressentez des douleurs dans la gorge.
Et souvenez-vous que l’important est d’avoir la certitude moralequ'on est en bon état : l’inquiétude, même non légitime, compromet les moyens de l'artiste. Sachez aussi que le plus souvent c'est à l’état de santé générale défectueuse que sont ducs les modifications du timbre, la déperdition de la force de la voix. Elle peut devenir rauque, voilée, fausse même, sans que les cordes vocales soient atteintes. Le supplice le plus fréquent des chanteurs, appelé communément « chats », est causé soit par l'irritation des muscles du pharynx, produite justement par le surmenage, irritation qui se propage jusqu’au larynx et congestionne la membrane qui le tapisse. 11 se produit alors secrétion de mucosités dont l’expectoration rend de nouveau la voix claire, jusqu’à ce que le toussottement de plus en plus fréquent gêne le travail au point de décourager tout à fait le chanteur.
Les granulations seront aisément supprimées avec le secours d’un spécialiste. Surtout que l’estomac soit en bon état; des digestions faciles, auxquelles on ne pense pas.
Les tempéraments nerveux sont les plus résistants. Les lymphatiques, ayant moins de force, sont plus exposés aux
que si on les laisse sécher, il faut, pour les enlever, un séjour prolongé dans l’eau chaude.
Dans les maisons où il y a deux domestiques, la cuisinière, n’ayant pas à s’occuper des chambres, a très vite fait ce petit lavage, avant d’aller au marché. Là où le travail en entier repose sur une seule bonne, elle peut cependant trouver quinze minutes pour cela, avant de faire les chambres à coucher. Je dis quinze minutes, parce que je sais par expérience que ce temps suffit pour rincer les ustensiles d’un ménage de cinq ou six personnes.
11 est inutile d’éponger cette vaisselle aussitôt lavée, on mouillerait pour cela plus de torchons qu’il ne faut : il suffit d’aboucher les tasses et soucoupes sur l’égouttoir. Il est bon d’étendre sur le bois un torchon plié à deux ou trois doubles, afin de garantir la fragilité de la porcelaine contre les heurtements possibles. L’essuyage se fera en surveillant la cuisson du second déjeuner.
La cuisinière ne doit jamais rien jeter à terre, sur le carreau de sa cuisine. Quand elle épluche des légumes, des pommes de terre, des marrons, des fruits, elle doit mettre sur son tablier de cuisine un torchon grossier en toile à laver, sur lequel sont déposées toutes les épluchures, qui de là sont jetées dans la boîte à ordures. Quand elle vide un poisson, une volaille, le torchon ne suffit pas, il laisserait passer les matières un peu liquides qu’on enlève de l’intérieur de l’animal ; il faut mettre sur le torchon deux épaisseurs de fort papier, sur lequel on dépose les intérieurs de volaille ou de poisson. Ensuite on referme ce papier par les quatre coins, et on le dépose dans la boîte à ordures. La boîte à ordures a besoin de quelques soins, sans lesquels elle serait très vite hors de service. Il faut la laver au moins tous les deux jours, et afin qu’aucun débris ne s’attache aux parois, il est bon, chaque matin, avant d’y rien déposer, d’en garnir le fond et le tour, avec un vieux journal plié à double. Le soir, on enlève ce papier qui contient tous les débris de la journée, on le jette dans la caisse commune à tous les locataires, et la boîte n’est pas salie.
Les cendres retirées des fourneaux sont déposées au fond de la boîte. Certaines cuisinières jettent pêle-mêle dans leur boîte les épluchures de légumes, de fruits, d’os, les vieilles graisses, vieux papiers, etc., si bien qu’à la fin de la journée il se forme un véritable amoncellement de détritus, qui souvent débordent de la caisse. Chaque chose doit être réduite à son plus petit volume, et enfermée dans un mqrceau de papier à part. Il y a deux avantages à cette façon de procéder: i° l’aspect de la boîte ne sera pas repoussant, et n’exhalera aucune mauvaise odeur (or, dans les appartements où il n’existe pas de cabinet de débarras, on est obligé de garder cet ustensile dans la cuisine); 2 ° on facilite aussi les recherches des malheureux qui chaque matin fouillent dans les tas d’ordures pour y découvrir des restes d’aliments utilisables.
Je n’ai jamais pu voir sans indignation des os encore garnis de viande, des graisses, des restes de légumes, mêlés à des cendres, à des balayures, etc., etne pouvant plus ainsi servir à rien. Que de malheureux on aiderait à vivre, rien qu’avec ce qu’on laisse perdre!
Je viens de parler de la cendre qui reste dans les cheminées après l'extinction des feux. Cette cendre est toujours mélangée d’une forte quantité de petits charbons ou escarbilles contenant encore des matières combustibles. Dans les maisons privilégiées, où les petites économies peuvent être négligées, il n’y a pas à s’occuper de ce genre de débris; mais lorsqu’un budget restreint, où le combustible est une des fortes dépenses, oblige à surveiller toute dépense inutile, il y a une notable économie à se servir des escarbilles. La cuisinière doit donc passer les cendres au travers d’une grille, et recueillir tous les charbons restants. On les brûle, mélangés avec du charbon neuf. Cette opération du passage des cendres doit toujours être faite dans la cour ou sur un balcon; si on la faisait à la cuisine, la poussière s’étalerait sur les murs, les ustensiles, et pénétrerait jusque dans les buffets.
Cette digression m’a entraînée un peu loin. Je reviens à mon sujet : les nettoyages de cuisine.
Après que la vaisselle du second déjeuner est lavée et remise en ordre, la cuisinière doit passer sur les tables, tablettes et buffets, une brosse ou une éponge imbibée d’une eau de cristaux de soude. Quant au sol, il suffit d’une toile à laver mouillée, pour enlever les taches de graisse inévitables après la préparation du repas.
Il faut aussi essuyer les boîtes, cafetières, etc., qui garnissent la cheminée, et enfin brosser et laver la pierre d’évier.
Les bassines ou terrines dans lesquelles on lave la vaisselle, exigent, après chaque fois qu’on s’en est servi, un lavage dans une eau fortement carbonatée. L’eau même très chaude ne suffit pas pour les débarrasser des corps gras laissés par la vaisselle.
Le fourneau doit être recouvert d’un pâté de cendres mouillées, afin que le feu se conserve jusqu’au soir, sans dépense de combustible. Après l’avoir ainsi recouvert, on nettoie la plaque de dessus avec un chiffon mouillé, et imprégné de mine de plomb, et, s’il s’y trouve des épaisseurs de substances grasses, on les enlève avec un mauvais couteau.
Les chiffons, couteaux, brosses, qui servent à cet usage, sont dissimulés dans un des tiroirs inférieurs du fourneau. Si au, lieu de houille, on emploie le gaz, un nettoyage minutieux est encore plus nécessaire, pour éviter l’encrassement des conduits.
Dans les maisons où l’heure du déjeuner est fixée à midi, la cuisine peut être en ordre entre 2 heures et 2 heures 1/2 (à moins qu’il ne soit survenu des convives en surplus). La cuisinière aura donc chaque après-midi, deux grandes heures dont elle pourra disposer suivant les jours, pour les lavages, le repassage et le raccommodage du linge.
Dès 5 heures, les préparatifs du diner doivent commencer. Autant que possible il faut éviter de sortir pour les emplettes du dîner; c’est une perte de temps, et toutes les commissions doivent être faites le matin.
La cuisine ayant été bien rangée après le déjeuner, il restera moins de travail pour les nettoyages du soir. De
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même qu’à midi, aussitôt que le repas est desservi, il faut laver la vaisselle, la faire égoutter, l’cponger, nettoyer les fourneaux, et en outre laver en entier le carreau du sol. C’est un travail très vite fait, quand on sait s’y prendre, il faut employer une brosse de chiendent à long manche, que l’on plonge dans une bassine d’eau chaude carbonatée. On enlève à mesure l’eau sale avec une toile à laver, que l’on essore sur l’évier, et on rince avec de l’eau froide. Ce lavage du sol doit se faire avec peu d’eau; si l’on inonde la cuisine, il faut beaucoup plus de temps et de linge pour la sécher.
Les cuisinières pratiques se chaussent de sabots pour faire ce travail; de cette façon leur chaussure est préservée du contact de l’eau, et ne risque pas de salir les autres pièces de l’appartement. La toile à laver qui a absorbé l’eau du sol, est rincée sous la. fontaine, tordue et étendue sur
Composition de F. Fournery.
% ' % émaillée ou non. Ils doivent être nettoyés à fond toutes les fois qu'on s’en est servi. Ceux qui sont d’un usage peu fréquent sont rangés sur une étagère ou sur le fourneau; pour empêcher les taches de rouille très fréquentes sur la fonte, il suffit de frotter ces ustensiles avec un chiffon légèrement huilé, ou une couenne de lard. Si l’intérieur est émaillé, la rouille n’y prend pas. Quant aux casseroles de cuivre, il faut les laver d’abord, et ensuite y passer un chiffon mouillé d’eau de cuivre, afin d’attendre le frottage général des cuivres qui a lieu chaque semaine.
De même, pour les vitres, il suffit de les essuyer, des deux côtés, avec un torchon usé, légèrement humide, poiu enlever la poussière de chaque jour. — Un lavage de vitre par semaine doit suffire, à moins que la cuisine ne soit placée dans des conditions tout à fait défavorables. — L’intérieur des placards à vaisselle et à linge n’a besoin également que d’un nettoyage par semaine ; pour le garde-manger, il en faut deux, à cause du genre des substances qui y sont contenues, et de l’emploi continuel qu’on en fait. Il est impossible à une cuisinière de ne pas laisser tomber des fragments de beurre, de graisse, des gouttes d’huile, de bouillon, de lait, lorsque, parfois très pressée, elle puise dans son garde-manger; et si elle attendait huit jours pour enlever ces débris, l’aspect du garde-manger serait peu engageant. Il est inutile toutefois de laver les planches chaque jour, il suffit de changer les papiers qui les recouvrent, et d’essuyer tous les ustensiles. Le système de papiers recouvrant les planches du garde-manger est le plus employé par les cuisinières, je le trouve défectueux et laid d’aspect, il vaut mieux avoir des morceaux de toile cirée blanche, coupés à la mesure des rayons, qu’on nettoie rapidement en y passant une éponge. Mais ce qui est encore préférable, c’est de tailler en toile écrue des espèces de petites nappes dont on recouvre les planches. C’est une dépense très minime, vu le bas prix des toiles écrues, et cela dure indéfiniment. Avec deux toiles de rechange, on en a pour des années; si la cuisinière est soigneuse, il ne faut qu’une toile par semaine.
Le système de toiles recouvrant les rayons de tous les placards et armoires est propre et commode; l’intérieur des meubles ainsi arrangé prend un aspect confortable et ordonné. Chaque rayon doit avoir sa toile taillée sur mesure, avec un petit ourlet en surplus, et 2 centimètres de retour pour le devant du meuble. Un point russe en coton rouge transforme l’ourlet en broderie.
Pour les armoires à linge et les buffets de salle à manger, on peut ajouter une petite dentelle rouge ou écrue. Ces petits détails, qui paraissent insignifiants, sont cependant de ceux qui transforment un intérieur vulgaire en intérieur soigné.
La toile de basse qualité, se retirant toujours au premier lavage, il faut donner aux petites nappes 2 centimètres de plus dans tous les sens que la mesure définitive.
Les nettoyages de semaine, plus complets que ceux de tous les jours, exigent plus de temps; la cuisinière doit donc les commencer dès le matin : ainsi elle peut frotter les cuivres en surveillant son déjeuner; à mesure que les ustensiles sont propres, elle doit les déposer dans une corbeille et les recouvrir d’un torchon. — Aussitôt que le déjeuner est desservi, il faut laver les vitres avec de l’eau tiède et un peu de vinaigre ou d’alcool. On commence par les carreaux supérieurs, et on les essuie à mesure sans attendre que tout soit lavé. Il faut des torchons spongieux, mais ne laissant pas de bourre sur la vitre. Quand les carreaux sont lavés, il faut passer l’éponge sur le cadre de la fenêtre à l’intérieur et à l’extérieur.
Ne jamais employer de carbonate pour les cadres, parce que la peinture serait enlevée.
Si les rideaux (qui ont été décrochés pendant le lavage) sont sales, on les remplace ; s ils peuvent encore servir, on se borne à secouer la poussière qui y est attachée. Il faut également laver la planche d’appui de la fenêtre. Ensuite on passe au nettoyage complet du garde-manger.
On enlève d’abord tout ce qui s’y trouve; pour éviter de heurter et casser les ustensiles de porcelaine ou de verre il faut les déposer sur la table. Les rayons du garde-manger doivent être lavés avec une brosse dure et de l’eau carbonatée assez chaude, il faut laver avec le moins d'eau possible; pendant que les planches se sèchent, on passe l’éponge sur les deux côtés des portes, sur les rainures, et on les essuie avec un torchon sec.
Ensuite on remet des toiles propres sur les rayons du garde-manger et on y replace tout ce qui avait été enlevé
msse 5 aV ° ir CSSUyé ChaqUC p0t ’ chac î ue terrine, chaque
une* corde, soit au-dessus du fourneau, soit en dehors de la Les placards à linge, les buffets à vaisselle doivent être fenêtre. nettoyés de la même façon, d’abord à l’intérieur, ensuite à
Le lavage de l’évier est le dernier de tous; on brosse la 1 extérieur, pierre avec du savon noir ou de l’eau carbonatée, et on y Les cheminées de cuisine sont ordinairement garnies fait couler l’eau du robinet, jusqu’à parfaite propreté. Il d unc quantité de boîtes en métal, de cafetières, de lamfaut enlever avec soin les corps solides, débris d’os, de lé- P es > ctc - H l aut pour les nettoyer convenablement déplacer gumes, de poisson, etc., qui pourraient obstruer le conduit tous ces ustensiles, les nettoyer, et ne les remettre qu'après de l’évier; faute de cette précaution, les matières organiques, avoii- essuye les parois et la planche de la cheminée, en se décomposant, exhalent une odeur fétide. Il suffit par- Les boites de métal ont besoin d’un frottage spécial avec fois pour dégager le tuyau d’y introduire une mince ba- une poudre quelconque. Il existe d’innombrables variétés de guette ou un fil de fer souple; mais si l’engorgement est ces poudres à métaux, soit pour le fer-blanc, soit pour le complet, il faut avoir recours au plombier, ce qui est à la cuivre, presque toutes sont d’un bon emploi, l’expérience fois ennuyeux et coûteux. Deux ou trois grains de haricots seule amène à connaître les plus économiques, secs qu’on laisse tomber dans le tuyau en les lavant, peu- Jc cr ? is rendre service aux maîtresses de maison oui vent en se gonflant amener l’inconvénient que je viens de tiennent a donner à leurs cuisines un extérieur aeréahh* à signaler. l’œil, en signalant ici l’existence de certaines boites de che-
Pour combattre les exhalaisons nauséabondes et assai- minées, très pratiques, et cependant peu connues. Ces boînir les conduits, il est bon d’y jeter, sinon chaque soir, au tes son ^ en fer-blanc de forme cylindrique • le couvercle moins tous les deux jours, une petite quantité (un demi- muni d’une poignée, s’enlève facilement ; une seconde ^ litre environ) d’eau dans laquelle on a fait dissoudre quel- gnée est placée sur le côté de la boîte, et dans le même ques grains de sulfate de fer, de zinc ou de cuivre; ces une petite ouverture vitrée, de 5 ou 6 centimètres / substances achetées chez un droguiste coûtent peu d’argent, permet de voir ce que contient la boîte, sans l’ouv ' « SUr ^ Avec un kilo ou deux, on en a pour fort longtemps. Pour conserver les sulfates à l’abri de l’air, on les enferme dans un bocal de verre ou de terre. C’est surtout en été et pendant les temps d’épidémie que cette précaution est utile.
En parlant de la vaisselle, j’ai oublié de mentionner les marmites, cocotes, daubières et autres ustensiles de fonte,
■{A suivre.)
Mme Seignobos.