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COMMENT ON HABILLE LES PETITES FILLES

O n peut habiller les petites filles de tant de manières différentes qu’il faudrait un volume pour les décrire toutes ; nous simplifierons notre tâche en songeant surtout à nos jeunes lectrices économes qui s’occupent d’habiller elles-mêmes leurs enfants ou les font habiller à la maison. Le premier conseil que nous leur donnerons est de se préoccuper d’abord de la qualité de l’étoffe; les enfants passent au grand air la plus grande partie de leurs journées, et si l’on choisit des tissus de nuance délicate, achetés très bon marché, il est rare qu’on n’ait pas à se repentir de ces acquisitions, d’apparence flatteuse, que le soleil et la pluie ne tardent pas à détériorer.

Il faut aussi pouvoir enlever les taches que les enfants les plus soigneux évitent difficilement; les tissus mélangés, beige et blanc, bleu et blanc, gris et blanc, offrent souvent plus de garantie sous ce rapport que les étoffes unies. On trouve cependant des cheviotes et des vigognes bleu marine ou mordoré qui sont garanties comme teintes.

Quant aux tissus de fantaisie, il vaut mieux les acheter dans des maisons spéciales, où l’on peut savoir d’avance quelles sont les couleurs solides et choisir en toute sûreté.

Les robes de forme américaine sont toujours très en faveur; peutêtre leur vogue tient-elle à ce qu’elles laissent aux enfants toute liberté de mouvement? Je ne parle pas, bien entendu, des robes longues, touchant le sol, qui les empêchent de marcher, mais de celles qu’on arrête à la bottine et dont il est facile de diminuer la longueur lorsqu’on le désire. Ces robes sont plissées à plis couchés, à plis creux simples ou doubles, partant de l’encolure ou des épaules, ou

montés à un empiècement; elles sont généralement fixées sur un corsage plat en doublure, qui ne tient qu’à l’encolure, aux coutures d’épaule et aux emmanchures. Au bas de cette doublure se pose le fond de jupe destiné à soutenir l’ampleur de la robe; on le supprime lorsqu’on double celle-ci.

Les garnitures sont très variées; on borde les empiècements de dentelle plus ou moins froncée, de guipure à dents posée à plat sur un volant d’étoffe plissée ; on les remplace quelquefois par des cols en étoffe semblable à celle de la robe, ornés de dentelle ou de guipure; cette disposition a un avantage, elle permet de modifier facilement l’aspect de la robe, en remplaçant le col en étoffe par un coi de lingerie fait de broderie et de mousseline, ou de plusieurs bouillonnés de mousseline séparés par des jours, et terminés par une broderie très légère.

D’autres robes sont garnies de berthes rondes

croisant devant en fichu et se nouant derrière, de revers, de volants taillés en rond. Lorsqu’on n’adopte pas la robe américaine dont il est facile de modifier la forme en la serrant à la taille par une ceinture, on fait un corsage un peu plus ajusté, au bas duquel on monte la jupe en disposant l’ampleur en fronces, ou en gros plis creux; ceux-ci sont surtout en vogue cette année pour les enfants comme pour les grandes personnes. Les jupes cloches n’ont jamais été très adoptées pour les enfants; nous en avons vu cependant quelques jolis modèles; mais ce n’est qu’une exception.

Quant aux corsages différents des jupes, nous sommes obligée de constater qu'ils sont rarement seyantspourlesfillettes qui ontmoinsde huit àdixans; à

cet âge les hanches ne sont pas développées, de sorte que la jupe, qui n’est pas retenue, v% tend à tomber à

droite et à gauche; on y remédie en la fixant au corsage par des crochets et des portes dissimulés sous laceinturedecuir; c’est un arrangement commode pour utiliser les vieilles robes.

Lorsqu’on habille les enfants d’une manière élégante, rien n'empêche de conserver la robe américaine jusqu’à dix ou douze ans, quelquefois même au delà ; mais il faut que le type de l’enfant s’y prête; les longs cheveux bouclés sont indispensables, et la toilette doit être très soignée. Les étoffes communes ne sont pas admises, et la moindre faute de goût doit être évitée. Généralement vers sept ou huit ans, quelquefois même plus tôt, on adapte la robe à un corsage un peu plus ajusté. La jupe ne se garnit guère dans le bas, à moins qu’on n’y fasse des piqûres ou des plis; ceuxci permettent de rallonger facilement la robe lorsqu’il s’agit d’un tissu de teinte solide ; la jupe se

Fig. r

(COSTUME pour petit garçon ^ de 4 à 10 ans y pantalon long en serge bleue, chemise de flanelle blanche avec col marin en toile bleue, pèlerine en molleton.

Fig. 3.

DOBE pour petite fille de 1 à /^OSTUME pour petit garçon de ^ 3 ans, batiste rose avec col - ^ 3 à 6 ans, blouse russe et lerettc et emmanchures de même culotte en velours anglais brun batiste, garnies d'une petite doré, manches bouffantes en sudentelle Médicis,capote blanche. rah assorti. Chapeau Jean-Bart. %

Fig. 4.

D OBE pour petite fille de 4 à 10 ans, blouse américaine, manches bouffantes et berthefichii en lainage fantaisie vieux bleu et beige. Chapeau cloche.

fixe au corsage qui ferme dans le dos.

Quelle que soit la forme de robe adoptée, les manches sont presque toujours les mêmes, et se composent d’un bouffant Récamier et d’un poignet plat; on ne fait presque pas de manches d’une, seule pièce aux robes d’enfants jusqu’à six ou sept ans.

Les robes habillées se font cette année en taffetas à carreaux ou à petits

dessins de fantaisie, ou en étoffe légère, crépon, mousseline à pois garnie de Valenciennes, etc.; nous en avons vu deux jolis modèles:

le premier était en taffetas à carreaux vert et blanc rosé-, la jupe assez ample était ornée dans le bas

Fig.

Jl/TANTEAU sans manches, pour petite fille de 2 à 5 ans, drap %èphir mastic, collet de velours mousse clair recouvert d’une collerette de guipure crème, ruche fraise.

Fig

coup d’enfants sont ainsi élevés bras et jambes nus; ce système qui a l’avantage de les aguerrir contre les rhumes et les refroidissements donne de très bons résultats quand on peut laisser les enfants dans une température à peu près égale; il n’est guère pratique en hiver quand on n’a pas de calorifère et je n’oserais conseiller de l’adopter lorsque l’enfant est encore trop petit pour s’agiter et seréchauffer lui-même.

La seconde des robes dont nous parlions tout à l’heure était en mousseline à pois roses, garnie d’un empiècement composé d’entredeux de Valenciennes alternés avec des petits plis de mousseline unie ; une berthe froncée, ornée d’un entredeux et d’une Valenciennes, formait toute la garniture de cette toilette très

simple, facile à exécuter, et peu coûteuse, si on remplace la Valenciennes par une dentelle au fuseau très fine, ou par une jolie imitation.

Les crépons rayés ou à fleurs imprimées font de charmantes toilettes; il suffit d’une ceinture et de quelques nœuds de ruban pour les rendre très élégantes; malheureusement ces tissus ne se blanchissent pas bien, et on est obligé de les confier au teinturier, ce qui n’est pas économique.

Nous n’avons rien dit encore des manteaux : la vareuse ne subit guère de modifications pour les tout petits; on la taille toujours

Fig. io.

DOBE de féphir à rayu - V res bleues et blanches pour petite fille de 2 à 8 ans. Blouse américaine garnie d’entre-deux incrustés en dentelle torchon.

Fig. 7.

DOBE de petite fille en lainage imprimé pond blanc à dessins gris. Galons mohair blancs bordés de points d’épine en cordonnet gris. Mancheron fendu sur l’épaule. Blouse russe fendue sur la hanche.

Fig. 8.

D OBE de soie à côtes noire. Plastron ei poignets de drap abricot brodé de jais .

Bande de drap abricot voilée de franges de cordonnet noires mêlées de jais au bas de la jupe. Chapeau de fine paille de ri% noire.

par trois plis de 2 ou 3 centimètres de largeur; elle était disposée en plis creux assez rapprochés les uns des autres, et très profonds dans le dos et sur les côtés; la jonction du corsage et de la jupe se dissimulait sous une ceinture de moire antique cerise.

L’empiècement du corsage, en mousseline de soie crème bouillonnée à très petits bouillons, se terminait par un volant de taffetas plissé à plis fins, et recouvert d’une dentelle à pointes tissée en rond, posée bien à plat sur le volant, et assortie exactei ment comme M teinte à la mous-

l seline de soie

crème.

Les manches étaient

Fig.

DOBE de crépon noisette plissé accordéon, garnie de guiv pure ocre, ceinture et col de velours miroir vert-laitue ; petite ruche double en mousseline de soie crème bordée de guipure autour du cou. Paillasson cloche en paille noire.

DOBE de bengaline bleu ^ amiral pour jeune fille de j 4 à j 8 ans, grand col de guipure bise avec petits composées d’un nœuds de velours amiral.

volumineux

bouffant recouvrant le haut vent encore du bras; ceux-ci étaient à poignets, pus depuis le coude. Beau- Les chapeaux

droite et croisée devant avec un col rabattu ou des revers; parfois, le dos est large â la taille, et cette ampleur se maintient par une patte d’étoffe semblable au tissu de la jaquette, retenue par deux boutons. D’autres fois on fait la jaquette droite, montante, croisée à un seul rang de boutons, avec un ou deux collets plats comme les collets i83o, ne formant aucun godet.

Pour les fillettes de neuf à quinze ans, ce genre de vêtement a été modifié suivant la mode actuelle, presque toutes les basques sont à godets derrière.

Lamanchetailleur est assez ample pour que les man- . „ ches de robes y soient à l’aise ; les bébés sont les seuls qui conserl’ancienne manche

n ont pas

DOBE de soie pékinée blanche et noire, volant de ^ guipure crème au bas de la jupe. Petit collet berthe en guipure crème monté sur un col de moire noire. Nœud cravate en tulle blanc. Ceinture de velours .

Mi lyfiode

Mratlçuô

tfievu& dô la* ^unilky

changé de forme d’une manière très sensible depuis l'année dernière;les plus commodes au point de vue

du soleil sont ceux qui dérivent du type cloche avecles bords plus ou moins grands, la calotte plus ou moins haute, ronde ou pointue, et l’inévitable nœud en moire tail¬

lée à la pièce et frangée à même l’étoffé; la façon dont le nœud est chiffonné fait tout le cachet de ces chapeaux, il n’est pas difficile de les bien réussir sans être une modiste de profession, pourvu que l’on ait un métrage suffisant d’étoffe ; on ne peut guère en employer moins d’un mètre. Les nuances préférées pour la paille sont les teintes claires depuis le jaune couleur de blé très mûr jusqu’au vieil or et au mordoré.

Les grosses pailles sont toujours en faveur; on fait aussi beaucoup de pailles mélan-

Fig. 12.

DOBE pour petite fille de 3 à 8 ans ^ en étoffe à petits caiTeaux mastic et blanc; col en drap mastic garni de guipure ; ceinture de ruban.

(Voir la description p. 229, col. 1.)

Fig. 14.

DOBE de crépon de coton vieux bleu garnie d'entre-deux v crème, corsage à empiècement plissé garni d'une berthe ondulée , ceinture en étoffe pareille à la robe, col de guipure.

gées de plusieurs teintes; toutes les formes de capotes continuent à se porter; elles sont très seyantes pour les enfants, mais peut-être un peu trop chaudes en été. Nous faisons une exception pour les capotes anglaises en nansouk blanc, bleu, rose, ornées de broderie, très légères et qui complètent si bien la petite robe de même étoffe.

Les damiers bleus et blancs, roses et blancs, héliotrope et

iffliil .si:;. « LiAutito.» JWa. m, 1 1 i i ! I ,

Fig. i 5 .

blancs en toile de Vichy, zéphir ou crépon, sont très en vogue et méritent bien leur faveur : on ne les fait guère qu’en nuances bon teint, elles sont donc très faciles à laver, se repassent bien; enfin elles nous semblent tout à fait précieuses pour habiller les enfants gentiment à peu de frais et sans qu’on soit obligé de renouveler constamment leur toilette.

Fig. i 3 .

DOBE de crépon laine et soie ophélia, avec veste de velou - Une noire ornée de revers de moire. Boutons bijouterie en acier taillé ou en strass. Devant de crêpe brodé blanc .

(Modèle de Mme Moslard, 96, rue Saint-Lazare.)

Fig. 17.

D OBE de lainage anglais mélangé, gris, rose et vert d'un ^ ton d'ensemble très neutre, jupe droite, jaquette longue ouverte sur un plastron de mousseline de soie beurre .

(Mixièle de Mme Moslard, 96, rue Saint-Lazare.)

Les chaussure.; noires ne sont guère admises avec ces robes légères; on préfère le cuir jaune ou la peay de daim grise qui a l’avantage de se nettoyer parfaitement, mais dont l’aspect assez terne ne plaît pas à tout le monde. Les chaussettes noires, ou grises avec les bottines de cette même teinte sont l’uniforme; on n’en voit presque pas de teintes claires, sauf pour les tout petits enfants.

Nous n’avons pas parlé de la lingerie parce qu’elle ne change pas de forme ; nos lectrices en trouveront plusieurs modèles avec patron dans ce numéro ; nous dirons seulement, pour répondre à quelques récentes questions, que les pantalons de fillettes se font toujours à bracelets et les chemises à coulisse ou boutonnées sur l’épaule. Les jupons blancs sont beaucoup plus jolis que les jupons de couleur tant que les petites filles portent des robes courtes; on les fixe à un petit corsage, ou bien on les maintient au corset par des boutons ou des bretelles

Fig. 16.

D OBE pour petite fille de 3 à 8 ans ** en étoffe à petits carreaux mastic et blanc, col en drap mastic garni de guipure; ceinture de r iban.

(Autre aspect de la figure 12.)

J2is cMode 3/ut/çuô

quand l’enfant n’a pas les hanches assez développées pour les soutenir; ils sont généralement montés en fronces tout autour de la taille, surtout quand ils doivent être portés avec des robes de forme américaine.

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