TOILETTES
Figure z. — Nous avons donné dans le numéro 21, année 1893, un patron de pantalon long et dans le numéro 50 de la même année un patron de pèlerine à capuchon, dont nos lectrices pourront s'inspirer pour tailler le pantalon et la pèlerine que représente notre modèle.
La. chemise de flanelle rentrée dans le pantalon se fait de deux façons : soit avec col marin en flanelle ou en toile et plastron plat ; soit, comme une chemise d'homme, boutonnée au milieu du devant, avec col rabattu, avec cravate régate passant sous le col et nouée devant. La flanelle blanche est le tissu le plus généralement employé pour ces chemises : on peut aussi les confectionner en flanelle à raies rouges, bleues ou blanches, fond bleu, blanc ou rouge ; ce sera plus fantaisie et moins salissant.
Matériaux : 80 centimètres de serge, 80 centimètres de satinette pour le pantalon ; 2 mètres de flanelle pour la chemise, 1 m. 80 de molleton ou de drap pour le capuchon.
Figure a. — Cette robe peut être faite en batiste ou en crépon de coton de toutes teintes. Elle est simplement froncée dans l’encolure et sera très facile à blanchir, car elle a pour toute garniture un volant froncé bordé de dentelle, qui entoure les emmanchures et l'encolure. Si l'on n'aime pas la forme américaine, il suffira de mettre sous les bras, un peu au-dessus de la taille, une ceinture en ruban ou en étoffe pareille à la robe. On pourra aussi orner le bas de la jupe d'un joli point de fantaisie en soie lavable de teinte assortie à l'étoffe.
Matériaux : 2 m. 50 de batiste, z m. 50 de dentelle en 3 centimètres.
Figure 3. — Ce genre de costume est toujours seyant pour les petits garçons. On peut le faire en velours ou en drap vert russe, bleu marin, noir, mordoré ou beige.
Le pantalon bouffant est serré au-dessus du genou par un caoutchouc.
La blouse entièrement doublée s'agrafe ou se boutonne sur le côté ; deux barrettes fixées à la hauteur de la toile retiennent la ceinture de cuir ; les manches sont montées en fronces sur un poignet fermé par de petits boutons recouverts d’étoffe.
Matériaux : 5 mètres de velours, 1 m. 25 de surah, 6 mètres de doublure en petite largeur.
Figure 4. — La jupe non doublée, montée en fronces sur l'empiècement, est garnie dans le bas d'une bande de guipure que l'on remplacera économiquement par trois petits plis couchés. La jonction de la jupe et de l’empiècement est dissimulée par la berthe-fichu qui retombe en épaulette sur la manche et se termine au milieu du devant, sous un chou en ruban de satin. Si l’étoffe dont on confectionne la robe est légère : crépon ou mousseline de laine par exemple, la berthe pourra être prise en double ; dans l’autre cas, on devra la laisser simple ou ne la doubler que d'une petite faille ou de brésilienne.
Matériaux : 3 mètres de lainage en 1 m. 10, 50 centimètres de guipure en 25 centimètres pour l'empiècement, 3 mètres de guipure en 12 centimètres pour la jupe et les poignets, 1 mètre de ruban de satin n° 9, 2 mètres de doublure en petite largeur pour la berthe, l'empiècement et les manches.
Figure 6. — Toute étoffe légère : crépon, voile de laine, foulard, ou mousseline de soie, conviendra pour la confection de cette robe. Le corsage est pareil devant et dans le dos ; il s’agrafe sur l’épaule et sous le bras. La ruche de l'encolure ne sied pas aux personnes qui ont le cou court, mais on pourra la remplacer par un col drapé semblable à la ceinture.
La jupe, entièrement plissée, est montée sur la ceinture de la même façon qu’une jupe paysanne.
On la met par-dessus une seconde jupe en faille, non plissée, de longueur
égale à la première jupe, mais complètement séparée de celle-ci. Cette seconde jupe a ainsi l'avantage de pouvoir servir pour plusieurs robes.
Matériaux : 23 mètres de crépon non plissé, 12 mètres de soie pour la doublure, 40 centimètres de velours en biais.
Figure 7. — Cette robe convient pour fillette de cinq à dix ans.
On peut la copier en lainage ou bien, pour l'été, en zéphir ou en batiste et la garnir d’entre-deux au lieu de galon. La jupe légèrement biaisée dans le haut a environ, pour une enfant de cinq ans, I m. 80 d’ampleur dans le bas.
Notre modèle n’est pa»
doublé, mais si l'étoffe était trop légère ou transparente, une doublure:
de jaconas serait nécessaire.
La blouse, fendue de chaque côté, est serrée à la taille par une ceinture en galon. Elle est froncée devant, dans 1 encolure, et s'attache au moyen d'agrafes, cousues, du côté gauche, sous une patte recouverte de galon.
Matériaux : 3 m. 50 de lainage en 1 m. 10,
7 mètres de galon en 4 centimètres.
Figure 8. — Notre modèle peut être exécuté en soie noire unie ou brochée, ou bien en lainage fantaisie laine et soie. Le dos du corsage est froncé à la taille sur la doublure ajustée et le devant presque entièrement recouvert par le plastron de drap brodé de jais, qui se termine en pointe dans la ceinture. La jupe doublée, est coupée à petits lés ; elle est ornée, dans le bas, d'une bande de drap abricot de 30 centimètres de haut, voilée par trois franges de jais superposées..
Matériaux : 13 mètres de soie, autant de doublure en petite largeur, 2 mètres de drap abricot, 13 mètres de frange de jais en 10 centimètres de haut pour la garniture de la jupe.
Figure iz. — Cette robe est une élégante toilette de jeune femme. La jupe, montée à plis creux derrière, est ajustée devant par des pinces. Elle est garnie dans le bas d’un volant de dentelle de 25 à 30 centimètres de haut, dont la tête est dissimulée sous un autre petit volant, en étoffe pareille à la robe. Le corsage, simplement froncé à la Vierge, devant, sur la doublure ajustée, s'agrafe sur l'épaule et sous le bras ; l'étoffe du dos est coupée de façon que les raies se rencontrent en chevrons. Le petit collet mobile se compose d’un volant de dentelle pareil à celui de la jupe et monté sur une sorte de col châle en moire. Ce vêtement complète le costume, mais on peut le mettre avec d'autres robes.
Notre modèle pourra être copié en crépon de laine, en voile ou en toile de Vichy à rayures ou à petits carreaux. La dentelle de la jupe et du collet sera économiquement remplacée par un volant en étoffe pareille à la robe et la toilette, simple et facile à porter, conviendra alors aussi bien à une jeune fille qu'à une jeune femme pour la campagne ou la plage.
Matériaux : 14 mètres de soie, 7 mètres de dentelle en 25 centimètres, 30 centimètres de moire, 35 centimètres de velours en biais, 13 mètres de doublure en petite largeur.
Figure za. — Cette robe convient à une fillette de trois à dix ans ; elle peut être confectionnée en lainage, en crépon de coton, en zéphir, etc., garnie d'entre-deux ou de ruban ; le bas de la jupe sera orné de piqûres, de points de fantaisie ou de la même garniture que la pèlerine. Mme d’O. donne dans le Supplément de ce numéro les explications nécessaires à l'exécution de ce costume.
Matériaux : Deux hauteurs de lainage en 1 m. 10 ou 1 m. 20, plus 1 m. 25 pour l'empiècement et les manches, z m. 25 à 1 m. 50 de dentelle pour la berthe.
Figure zj. — Le boléro peut être fait en moire ou en soie côtelée et se porter avec une jupe en même étoffe ou en soie dépareillée ; on pourra aussi le mettre avec une jupe en lainage, mais de couleur claire comme l'indique notre légende, car la veste de soie est trop habillée pour aller avec un lainage de teinte moyenne : bleu marine ou mordoré, par exemple.
La chemisette, froncée dans l’encolure et à la taille sur la doublure ajustée, s’agrafe devant sous le coquillé qui part du col. On la fera en soie de fantaisie, en foulard imprimé, en éolienne, etc.
La jupe, tailée avec tablier devant, est montée en plis creux derrière ; si elle est en soie, on la coupera à petits lés, mais elle sera toujours montée de la môme façon.
La veste, doublée de faille, est ornée de revers de moire qui se prolongent dans le dos en un large col châle.
Matériaux : 4 mètres de crépon en z m. 20, 4 mètres de veloutine, 80 centimètres de moire, 50 centimètres de crêpe brodé en 60 centimètres, Z2 mètres de faille pour la doublure, 4 ou 6 boutons.
Figure Z4 . — Notre modèle était en crépon de coton, mais on pourra le copier en crépon de laine ou en alpaca.
La jupe, montée à la paysanne et non doublée, était simplement ornée dans le bas d’un ourlet de Z5 à 20 centimètres de haut.
Le corsage, froncé autour de l'empiècement à plis lingerie, était rentré dans la jupe et garni d'une berthe entourant l’empiècement, disposée en épaulette sur la manche.
La ceinture mobile se composait d’un biais de 5 centimètres de large en étoffe pareille à la robe, sur lequel était cousue la basque.
On pourra supprimer cette basque et remplacer la ceinture plate par un ruban ou un biais d’étoffe drapé, se terminant derrière par un chou ou par deux petites têtes froncées.
Matériaux : 6 mètres de crépon de coton, 2 m. 50 d’entre-deux en 5 centimètres, 2 m. 50 de satinette pour doubler le corsage.
Figure 27. — Ce costume sera commode pour les voyages et la campagne.
La jupe, doublée, est montée devant en un pli creux, large d'environ 50 centimètres très plat, de façon à ne pas s’évaser en godet dans le bas, comme ceux du dos.
La jaquette, doublée de petite faille ou de brésilienne, est taillée à godets.
Elle est ajustée derrière, flottante et ouverte devant, et garnie d'un large col châle prolongé en revers, que l'on pourra recouvrir de moire ou de soie côtelée.
On choisira pour confectionner ce costume un lainage mélangé ; neigeuse ou autre, ou bien un petit drap. Les teintes mastic, beige, gris, cachou? seront préférables.
Matériaux : 7 mètres de lainage en z m. 20, Z5 mètres de doublure en petite largeur, 50 centimètres de mousseline de soie en 60 centimètres, 60 centimètres de dentelle en 25 centimètres.
Figure zç. — Cette robe convient pour fillette de quatorze à seize ans et peut être faite en lainage ou en foulard imprimé. La jupe de notre modèle, taillée à petits lés et montée en fronces, était ornée, dans le bas, d'un volant de tulle brodé de z 2 à z 5 centimètres de haut ; cette garniture, à notre avis un peu lourde et pas très jeune fille, sera avantageusement remplacée par deux petits volants froncés en étoffe pareille à la robe, ou par des rouleautés en bengaline semblable aux revers du corsage. Celui-ci, complètement ajusté, est orné d'un large col châle prolongé devant en deux revers, croisés l'un sur l'autre. Le côté droit s’agrafe sur le côté gauche depuis le nœud de ruban jusqu’au bas du corsage. Les revers pourront être en moire ou en même étoffe que la robe, bordés ou non de tulle brodé.
Matériaux : 6 mètres de lainage en z m. zo, 3 mètres de tulle en zs centimètres, 2 m. 50 de tulle en zo centimètres, 70 centimètres de bengaline, 3 mètres de ruban de satin n° 9, 10 mètres de doublure en petite largeur.
LA GRAPHOLOGIE (Suite)
De la Bonté
E tincelle — qui porte si bien son pseudonyme — vous a cité dans une de ses causeries un vers de Mme Desbordes-Valmore que je prendrai pour épigraphe de cette étude :
Une chère écriture est un portrait vivant
Cette pensée n’est-elle pas digne d’un graphologue ? Cependant lorsque le délicat poète qu’on vient de faire sortir de l’oubli, la traça, le mot était aussi inconnu que la chose :
Une chère écriture est un portrait vivant
•Combien ces paroles sont vraies!
Ne l’avez-vous pas éprouvé en dépouillant votre courrier, rien qu’à la vue d’une écriture aimée?
Ces jambages ne sont-ils pas la reproduction exacte, môme physique, de celui ou de celle qui vous écrit? En recevant des lettres d’inconnus, ne vous est-il pas arrivé de ressentir au seul aspect de leurs pattes de mouche cette mystérieuse impression qu’on appelle sympathie ou antipathie?
Pour cela, il n’est nul besoin de science graphologique. ■C’est une sorte de sentiment instinctif que le graphologue se charge de justifier et d’expliquer.
Notre étude aujourd’hui se concentrera sur les écritures •sympathiques où nous relèverons tous les signes de la •bonté.
La bonté — cette vertu des vertus — ne se reconnaît
Fig. 18.
Fig. 19.
D ODE de crépon de laine bleu-lavande garnie de tulle brodé. Revers collet en bengaline lavande bordé d’un volant de tulle brodé. Nœud de satin lavande.
pas à un signe unique, car elle est la résultante d’une réunion de qualités.
Avec notre maître, Crépieux-Jamin, nous classerons les hommes en « absorbants et en rayonnants ».
Ce joli mot de « rayonnant »
fait image. Ne vous semble-t-il pas voir ces astres bienfaisants dont les rayons apportent avec la lumière la joie et la fécondité.
Un des premiers éléments de la bonté, c’est la douceur. Or, rien n’étant plus logique que la graphologie, nous trouvons que si les angles indi- Fig. 19 bis.
quent la dureté,
les courbes sont le signe de la douceur. Cependant la douceur locale seule ne suffirait pas à établir la bonté, car il y a des gens doux dans la forme qui sont absolument égoïstes dans le fond.
Vous savez déjà qu’un trait isolé n’indique que la tendance.
C’est la répétition de ce signe qui précise la réalité d’un
caractère. Les signes graphiques de la dou- ^ ceur sont l’m et l’n faits p IG | comme desu; nous al¬
lons vous en donner
un exemple dans la figure n° I.
L’m majuscule nous annonce une nature aristocratique et dévouée. Vous remarquerez que le mot « Mademoiselle » est séparé en trois groupes bien distincts (Mad-emois-elle). Dans le premier groupe nous constatons l’absence de toutes fioritures dans l’m majuscule, ce qui indique la simplicité dans la distinction, le troisième jambage parfaitement lié à la lettre qui le suit, ce qui dénote un caractère facile, bienveillant et dévoué; nous voyons en- p IG suite Va et le d largement ouverts par le haut, ce qui annonce une nature loyale, franche et un grand besoin d’expansion; le second groupe nous donne l’exemple que nous cherchons, c’est-à-dire les trois jambages de l’m faits comme un u: nous y voyons en plus que l’o, à l’inverse de Va , est fermé, ce qui prouve que, malgré son besoin d’expansion, le scripteur renferme ses sentiments en lui-
'éltUJL.
Fig. III.
môme ; l’s, plus haute que les autres lettres, nous signale une imagination gracieuse; Ve final, presque gladiolé, nous révèle un esprit fin et délicat; le long trait qui termine le mot indique la générosité du cœur.
N’oublions pas de vous rappeler que les mots coupés en
Fig. III bis.
groupes sont l’indice d’un esprit équilibré et de la variété dans les facultés. Quant à la syllabe an, elle vous fera comprendre que, le scripteur écrivant toujours scs jambages de m comme des u , et ouvrant toujours largement ses a ,
nous devons, sans hésiter, en conclure que nous sommes en présence d'un spécimen de la plus franche bonté.
La nature humaine a des variétés innombrables :
aussi la figure II vous montre la douceur plutôt que la bonté, et la figure III, la bonté sans douceur.
Dans ce dernier exemple la massue de l’m majus- ^ig. J 9 tcr -
cule nous révèle une résolution virile, et les deux mots « toujours et disposition », par la manière dont le t est barré, nous mon¬
trent la violence unie à la bonté.
Le mot a remerciments » réunit à la fois les jambages en u (bonté) et la formidable barre de t (violence).
R. de Salberg.
M suivre.)