COMMENT ON FAIT UN CHAPEAU
F. modèle de chapeau pour dame âgée (fig. 5 , 9 et 12) dont nous allons donner la description est encore du à l’aimable obligeance de Mme Meunier.
Le chapeau que nous avons vu était en velours violine (nuance intermédiaire tcnant*à la fois de l’aubergine et de l’héliotrope).
La garniture se composait d’abord de quatre petites tètes de plumes d’autruche noires, et de deux autres têtes droites, dites plumes prince de Galles parce qu’elles imitent les plumes représentées dans les armoiries de ce prince; puis de trois paves de jais, carrés chacun de 3 cent. 1/2, et enfin de petits sequins en gélatine noire retenus par des perles de jais et posés en bordure aux extrémités de la draperie de velours (voir figures 9 et 12).
11 sera facile, de modifier ces garnitures suivant son goût personnel ou suivant les matériaux dont on disposera déjà.
C’est ainsi que le chapeau même pourra être fait en velours de nuances diverses : vert-mousse, cuivre, raisin de Corinthe, rouge Phryné, violet cinéraire, ou bleu de Chine. — Un satin Liberty de mêmes teintes ou de nuance neutre (vert-amande ou héliotrope) conviendrait également. 11 sera possible enfin — s’il s’agit d’un chapeau simple — de prendre un joli drap souple.
Les têtes de plumes pourront aussi être d’une autre nuance, par exemple vert-amande ou aubergine pour un chapeau noir, ou maïs pour un chapeau mordoré, etc. Elles pourront également être remplacées par un nœud de ruban ou par une aigrette semblable au modèle (fig. 16) de ce numéro; un petit chou de ruban sera, dans ce cas, posé à la place des petites têtes de plumes que l’on voit sur le côté de la figure 12.
Les pavés de jais seront au besoin, ou supprimés, ou remplacés par de simples cabochons de jais; on pourra met¬
tre à la place des sequins en gélatine une petite frange de jais, mais cela alourdira un peu le chapeau.
Voici l’indication des matériaux nécessaires pour imiter exactement notre modèle :
i° Une forme en toile gommée, composée d’un Jond plat
(échancré en rond derrière),d’une première passe droite, et d’une deuxième passe en biais, légèrement évasée; ou 3 o centimètres de toile gommée si l’on veut préparer cette forme soimême ;
2 0 1 mètre de velours en 53 centimètres de large;
3° 1 cent de
sequins en gélatine, coûtant environ 2 francs le cent, et une « masse », environ douze douzaines, de petites perles de jais;
4 0 Trois pavés de jais, coûtant 2 fr. 5 o chacun, si on les prend rivés et à facettes taillées, comme ceux de notre modèle;
5 ° Quatre petites têtes de plume et deux plumes « prince de Galles»;
6° 2 mètres de ruban de velours noir n° 9 pour les brides et les pointes montrées sur la figure 9;
7 0 5 o centimètres de florence pour la coiffe.
Il sera bien préférable d’acheter une forme toute faite, dont le prix variera de 60 à 75 centimes. Si, pourtant, on aime mieux préparer cette forme soi-même, on pourra s’inspirer, pour cela, du patron de la capote Greenaway (fig. 4 et 9 du numéro 37), en échancrant le fond et en diminuant les deux passes. — Il faudra que la forme — achetée toute faite ou préparée soi-même — emboîte bien la tête, et que la passe de devant soit un peu évasée afin de ne pas aplatir les cheveux. Toutes les coutures ainsi que les contours extérieurs de cette forme devront être laitonnés.
On commencera par recouvrir le fond de la forme avec un morceau de velours taillé exactement d’après le patron de ce fond. Après cela, on disposera un biais de velours autour de la première passe (celle qui touche au fond de la forme) ; on pliera ce biais en double sur le bord qui touche le fond ; la figure 9 montre l’efict que produira ce biais plié en double, lorsqu’on aura disposé la draperie dessus.
On disposera ensuite un second biais plié en double autour de la deuxième passe , en ayant soin de rcmplier le bord du biais, à cheval sur le bord laitonné de la passe.
Puis on s’occupera de la draperie qui se fera avec environ 80 centimètres de velours, pliés en biais sur une largeur de i 5 centimètres; l’unc des pointes qui se trouveront en dehors du biais de i 5 centimètres sera abattue; l’autre sera conservée et servira à faire le sommet de la draperie.
Nous ne pouvons expliquer comment on disposera cette draperie sur les passes de la forme; nous 11e pouvons même dire si le côté de la pointe devra être posé de manière à se trouver, soit en avant, soit en arrière du chapeau, car cela dépendra uniquement du genre de physionomie. — Le mieux sera de s’exercer au préalable, avec une bande d’étoffe sans valeur, taillée ainsi que nous l’indiquons pour le velours. On disposera cette bande, d’abord la pointe en avant, en ajoutant les plumes pour bien juger de l’effet; on essaiera, et si l’on n’est pas entièrement satisfaite, on fera un nouvel essai en plaçant cette fois la pointe en arrière.
Les extrémités de la bande seront, dans les deux cas, rétrécies à l’aide de plis couchés, puis coupées droit ainsi que le montrent les figures 9 et 12. — L’ampleur du milieu de la draperie sera fixée par des épingles piquées de place en place.
Quand on se sera exercée ainsi une ou deux fois avec une étoffe quelconque, on prendra le velours et on le drapera aussi élégamment et aussi promptement que possible, sans le tirer, sans le «fatiguer», et en se servant toujours d’épingles.
On essaiera le chapeau et s’il «coiffe» bien, s’il encadre bien la physionomie, o i posera les brides.
Pour cela, 011 pliera le milieu des deux mètres de ruban, en trois, c’est-à-dire de façon que celui-ci n’ait plus que le tiers de sa largeur; on l’appliquera, ainsi plié, autour du fond de la forme (voir figure 9), et on le fera passer sous les plis de la draperie; 011 fixera la draperie et les brides toujours pliées par quelques points traversant le tout: forme, brides et draperie de velours. Les pointes que l’on voit sur la figure 9, seront formées, chacune, avec 1 5 centimètres de ruban coupés en demi-losange, serrés au milieu par un fil de laiton, et fixés au point de jonction des brides avec la draperie.
On posera une bordure de sequins retenus par des perles de jais, à chaque extrémité libre de la draperie retombant sur les cheveux (voir fig. 9 et 12), puis une même bordure de sequins autour de la draperie recouvrant un peu le fond du chapeau.
Les plumes et les pavés de jais seront fixés ensuite : un des pavés à gauche du chapeau près des plumes(voirfig. 12); les deux autres à droite, comme sur la figure 9.
On terminera en posant la coi Ile, composée d’un morceau taillé d’après le fond du chapeau, puis d’une bande droit fil fixée sur le bord de la seconde passe, ourlée de l’autre côté et fermée par une faveur passée dans cet ourlet.
Simonne.
Fig. i5. — Autre aspect des toilettes.
Figure 2. Figure i. Figure i3. Figure ig
COMMENT ON FORME UNE CUISINIÈRE Cuisson des Viandes
LE VEAU (Suite)
Poitrine en matelote. — Procéder encore de même pour commencer; mais au lieu de garnir la viande avec des choux ou des marrons, la faire simplement cuire dans une sauce matelote faite par moitié avec du bouillon et du vin, et ajouter comme garniture des champignons et des petits oignons.
Le vin rouge et le vin blanc sont employés à volonté. Une cuillerée de bon cognac ajouté vers le milieu de la cuisson relève le parfum de la sauce.
Servir avec des croûtons.
Poitrine à l'espagnole. — Toujours comme ci-dessus, faire roussir et cuire la poitrine dans un mélange de beurre et de graisse ; ensuite, verser sur la viande, au lieu d’une sauce rousse, une légère purée de tomates, dans laquelle on fait mijoter des morceaux d’aubergines cuits au beurre.
Cette recette purement méridionale donne un apprêt à la fois relevé, délicat, et économique (dans la saison où les aubergines sont abondantes).
Dans le midi on remplace le beurre par l’huile pour faire cuire les aubergines.