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La Mode Pratique 3:(47) 369-376

U ne bonne moitié des lettres qui sont adressées chaque jour à la Mode Pratique me demandent des conseils sur l’arrangement des jupes de l’année dernière.

On ne peut en province s’accoutumer à l’idée que la mode soit devenue si facile, si bonne personne; on a peine à croire qu’elle nous permette de porter deùx années de suite les mêmes toilettes sans les transformer. Il en est ainsi cependant, et, avant d’indiquer aux jeunes filles et aux jeunes femmes les moyens de renouveler l’aspect des robes de l’année dernière, nous avertirons les mères de famille économes que ces robes ne sont pas démodées, ou du moins ne doivent pas l’être si elles ont été bien laites.

Les jupes seront peut-être un peu étroites puisque l’ampleur de 4 m. 25 à 4 m. 5 o, qui était l’année dernière un maximum, est devenue un minimum cet hiver; on peut s’en contenter cependant : c’est encore la largeur adoptée pour les costumes-tailleur, et toutes les robes de laine qu’on veut porter surtout à pied dans la rue : il serait difficile et fatigant de relever une robe de 5 mètres de tour. En somme 5 o centimètres de plus ou de moins dans l’ampleur d’une jupe ne modifient pas très sensiblement son aspect ; les jupes de l’année dernière seront donc très portables ; celles qui datent de deux ans, qui ont été faites au commencement du règne de la forme cloche , ont de 4 à 6 mètres de tour, autant ou plus qu’il n’en faut; quant à celles qui ont trois ans — nous remontons au déluge elles pèchent non seulement par défaut d’ampleur, mais aussi par la coupe ; ce sont des jupes en parapluie biaisées derrière seulement, faites avec très peu d’étoffe, inutilisables en tant que jupes ; on en pourra faire, si elles sont encore fraîches, des robes d’enfant, des corsages de maison: si elles sont défraîchies, s’il s’agit de robes de laine, on y taillera des vêtements pour les pauvres, après les avoir nettoyées parfaitement au bois de Panama.

Enfin les jupes de soie, nettoyées d’après la recette que nous avons donnée dans le Supplément du numéro 42, seront mises de côté pour être employées comme doublure.

Il est donc peu vrai¬

semblable que l’on ait dans ses armoires une jupe à élargir, à moins qu’on n’appartienne à cette classe de femmes timorées qui sous prétexte de fuir l’excentricité, d’éviter les nouveautés et les fantaisies sujettes à se démoder, sont toujours de deux ou trois ans en arrière.

Les personnes qui ont ces principes interdisent, par exemple, à leur couturière de donner plus de 60 centimètres d’ampleur à leurs manches quand tout le monde porte des manches de 1 mètre de large; pour les jupes elles s’en tiennent à 3 mètres de tour quand la mode en prescrit 4; toujours sous prétexte de

modération...; et l’année suivante, la robe démodée reste la plupart du temps inutilisable.

Nous allons essayer de venir en aide à celles de nos lectrices, trop prudentes, mais bien intentionnées, qui se trouvent dans ce cas; la tâche est difficile cet hiver, les jupes unies étant surtout à la mode, il existe peu de jolies combinaisons qui puissent être utilisées pour les arrangements. Cependant on voit quelques jupes ouvertes sur des tabliers de velours ou de crépon plissé accordéon, d’autres sont fendues sur deux ou quatre quilles en velours orné ou recouvert de guipure, en drap repercé sur transparent de velours, en étoffe fantaisie,etc. Ces deux dispositions peuvent servir dans le cas qui nous occupe; mais il est nécessaire, pour obtenir un effet gracieux, que quilles ou tablier soient étroits du haut; si on les faisait trop larges à l’endroit où ils s’attachent sur la ceinture, ils feraient paraître la taille grosse; trop larges du bas, ces ornements ne seraient pas non plus jolis ; le tablier aura au maximum de 5 o à 70 centimètres de large, selon que la personne à laquelle la robe sera destinée est plus ou moins forte, la largeur des quilles ou panneaux de côté ne devra pas dépasser 3o à 35 centimètres dans le bas. Cette mesure laisse d’ailleurs une marge suffisante pour qu’on puisse mettre au point les jupes qui ont le plus besoin d’être élargies. Tantôt l’étoffe de la robe revient sur le lé ainsi rapporté, en formant une sorte de pli suffisamment creux, sous lequel on fait la couture; d’autres fois on supprime ce pli, les deux étoffes sont cousues ensemble à plat, et un cache-point de jais, un galon, un entre-deux, une bande étroite de fourrure ou un lien de ruban cache la couture. S’il s’agit d’un panneau d’étoffe fantaisie on peut aussi dissimuler le raccord sous une bande de velours drapée, interrompue par deux ou trois gros nœuds de velours taillé en biais et doublé de florence ; c’est à mon avis lourd et laid, cela n’a pas même le mérite d’être économique et pourtant parmi les rares garnitures qui ornent quelques jupes d’hiver, celleci est une des plus employées.

Si l’on Q’aime ni les quilles, ni les tabliers, on pourra élargir une jupe trop étroite en y ajoutant dans le bas une haute bande d’une autre étoffe de la robe (voir fig. 17 du numéro 44 et fig. 37 du Supplément 42), le bas de la jupe se trouvera alors remonté de toute la hauteur de la bande, on prolongera la ligne biaisée de chaque lé; l’ampleur sera augmentée de la différence de mesure qui existera entre le haut et le bas de la bande; on peut se rendre compte exactement de cette différence à l’avance en relevant le patron de l’ancienne jupe, et en ajoutant au bas de chaque lé une bande de 25 à 40centimètres de haut, sur laquelle on tracera au crayon les lignes marquant le prolongement des deux bords du lé. Le haut de la jupe sera re- * coupé et monté comme nous l’avons indiqué dans une récente causerie.

Ces bandes rapportées peuvent être en velours anglais, en velours fantaisie, en crépon dit boursouflé à gaufrages énormes, en lainage bouclé ou de jais , aigrette noire sortant d'un pompon de astrakiné, etc. Si 1 on veut ge bleu-marin , chemisette de surah rouge-tison. imiter la forme représen-

Jh fflode- S/ulique

tée par la figure 17 du numéro 44, on taillera la bande en plein biais, puis on la préparera et on la posera exactement de la même façon que les biais étroits qui garniraient nos robes l’année dernière; elle sera ainsi un peu en relief, appliquée sur l'étoffe de la jupe ; si au contraire un préfère s’inspirer de la figure 3 y du Supplément du numéro 42, la bande rapportée sera couturée à A plat avec la jupe, les petites ruches qui cernent //'■/ cette bande cacheront le raccord; on pourra les A/Ky a remplacer par d’étroites bandes de fourrure, du 1 , marabout, des entre-deux de plume d’autruche,

enfin par une garniture quelconque qui ait un 1peu de relief; mais si l’on n’a rien

de tout cela à utiliser , les petites -mj

ruches seront de beaucoup la com- (

Mm binaison la plus économique. ,11^' ~

Pour s’épargner la peine de () j 1 ', tous ces arran- . gements,on

pourrait être y

tentée de garnir /

d’une solide ar- jÆ

mature de ressorts ou de crin

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jupe, avec es- | poir d’obtenir rly* par ce moyen r ^

l’effet évasé, l’as- {( | jjjù

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jupes nouvelles : ce serait M j 1

une grosse er- jJ reur; si les ju- Ijlllv 1 pes de cet hiver V VJJ sont si évasées ! ' • • 1 |1( du bas c’est que les godets com- | mencent sur le côté, c’est que les coutures sont assez biaisées pour que l’étofle, p.late et tendue sur les hanches,

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semblaient d une ampleur incommode, démesurée, excessive, disgracieuse; nous étions d’autant moins disposées à accueillir d’emblée cette innovation qu’on nous la représentait comme /

un signe précurseur du retour de la crinoline. 1

Mais tout cela a changé :

nous sommes tout à 1 II LÀ fait rassurées au sujet fMlMi

de la crinoline car nous j!m) UÆ êL

avons vérifié, ce que ' i'ijjR RJ}

nous pouvions prévoir, que notre résistance '.'{WPl dl

est plus puissante que 'WfôÂ

la volonté des coutu- • riers; puis on s’est ha- âHw

bitué peu à peu aux /mljl

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toilettes élé- / MmJz A - '^4 V

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G. de B. / \j V sm j? \ WL ■

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