LE SALON
N ous avons donné dans les articles d’économie domestique des numéros 5 et 6 de cette année des conseils détaillés pour le choix des tentures murales d’un
salon.
Afin de rendre ce choix encore plus facile aux lectrices de la Mode Pratique , nous décrirons ici les divers genres d’étoffes et de papiers, en indiquant leur prix, leurs coloris, etc. — On verra, par ces renseignements, combien il est facile de transformer à peu de frais l’aspect d’une pièce, et combien l’on a tort de reculer devant une dépense minime (i 5 à 20 francs) pour assurer la parfaite harmonie d’un ameublement, pour faire d’un salon ou d’une chambre, parfois triste et sombre, une pièce nette,tsaine et agréable.
Nous aurions voulu commencer par la description des papiers , mais les modèles nouveaux de ce genre ne sont prêts que vers la fin de décembre ou les premiers jours de janvier. Nous nous occuperons donc des étoffes auparavant.
Nous dirons d’abord — pour éviter des répétitions inutiles — % quc toutes les étoffes d’ameublement, sauf les tissus de coton, ont i m. 3 o de large. Elles se divisent en cinq groupes principaux :
Les tissus tout soie;
Les tissus fil et soie ;
Les tissus coton et soie;
Les tissus faits de fibres végétales, jute, ramie, phormium ;
Les tissus de coton.
On fait également des tissus laine et soie, ou des tissus tout laine, mais nous les déconseillons pour tentures murales à cause de la facilité avec laquelle les mites s’y mettraient. Nous déconseillons aussi les tentures de velours ou de peluche de lin, qui auraient l’inconvénient de conserver la poussière et d’être d’un effet lourd, absorbant, étouffant.
Les tissus de coton , peu coûteux et presque tous jolis, sont par conséquent très pratiques. C’est donc de ceux-ci que nous nous occuperons d’abord.
On les fait, unis , pèkinés , brochés , ou imprimés.
Parmi les tissus unis , nous trouvons la toile à voile (depuis i fr. 75 le mètre en 1 m. 3 o de large) qui se fait en toutes nuances; les teintes, écrue, vieux bleu, vieux rose,
vert-amande, rouge ancien très éteint, sont, à notre avis, les plus jolies.
Le d e Tours (depuis 2 fr. 75 le mètre en 1 m. 3 o), à trame de coton, dont la chaîne (en jute) est ronde, serrée, en relief, un peu comme celle de l’ottoman, sera plus joli que la toile à voile; il est d’un effet à la fois soyeux et mat.
Cet effet soyeux est encore augmenté lorsqu’on double le tissu avec un des molletons de coton , dont nous parlerons plus loin.
Nous n’indiquerons Yandrinople (depuis 65 centimes en 80 centimètres, ou depuis 95 centimes en 1 m. 25 ), que pour mémoire.
On a tellement abusé de ce tissu qu’il est devenu un peu banal, un peu commun.
De plus, il a le désavantage — comme toutes les tentures rouges
— d’absorber la lumière et de rendre, par conséquent, l’éclairage de la pièce difficile et dispendieux.
Il est, en outre, fatigant pour la vue. Cet inconvénient disparaît quand les murs sont ensuite presque entièrement couverts par les meubles, les tableaux, les gravures, les panneaux, etc., il constitue alors un joli « fond » sur lequel cadres et tableaux se « détachent » bien.
Nous lui préférons cependant, môme dans ce cas, une des satinettes d'ameublement , appelées tour à tour « satin français », « sergentine », «égyptienne», etc., que l’on emploie aussi pour doublures de rideaux. — Ces satinettes se font depuis 75 centimes le mètre en 1 m. 3 o, mais cette qualité est trop ordinaire, et — ainsi que nous l’avons fait pour l’andrinople — nous n’indiquerons que les prix permettant d’avoir un tissu de bonne qualité.
On trouvera des satinettes à 1 fr. o 5 , 1 fr. 25 et i fr. 75 le mètre en 1 m. 3 o de large; ou à 85 centimes en 85 centimètres de large, faites avec un « apprêt laine » qui leur donne un aspect satiné , tandis que les qualités de prix trop inférieurs sont cylindrées et ont l’aspect sec et glacé de la percale.
Les satinettes se font en toutes nuances; elles existent aussi en soie et en coton. Nous décrirons celles-ci avec les tissus de ce genre, car leur prix devient tout de suite beaucoup plus élevé.
— Nous trouvons juste par contre de classer les satinettes brochées avec les satinettes unies, tant les petites palmes ton sur ton, qui constituent le broché sont peu apparentes; cette étoffe coûte 1 fr. 45 le mètre en 1 mètre de large; les coloris neutres, maïs, vieux bleu, vieux rose, chamois, vert-amande, etc., seront à préférer aux coloris foncés, presque toujours un peu durs de ton.
On fait aussi des satinettes imprimées de moirures d’un assez gentil effet, mais les impressions risquent de ne pas être durables.
Simonne.
(A suivre.)
Théâtre de la Renaissance : Gismonda. — Robe de velours tose semée de lis d'or; bas de jupe brodé ; empiècement et manches galonnés d'un lacet d’or semé de pierreries (toilette portée par Mme Sarah Bernhardt).