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PARIS. — LIBRAIRIE HACHETTE ET C

La Mode

finesse, la sobriété, le charme de ce ton, que pour ma part j’apprécie fort, on pourra prendre un cuir havane, très séduisant avec le chiffre en or, et moins fragile que les gris clairs.

La forme plate, qu’on appelle porte-monnaie officier, est préférée à toute autre pour le maroquin écrasé; la nouveauté consiste dans les proportions que l’on donne au rectangle figuré par le porte-monnaie fermé : c’était l’hiver dernier encore, six à huit centimètres de haut sur dix à douze de long, c’est maintenant cinq à huit de haut sur douze à dix-huit de long.

Le genre bourse, de diverses grandeurs, plaît surtout en cuir-velours souple.

Quelquefois dans un coin du portecartes est découpée une petite ouverture ronde qui laisse voir le cadran d’une montre disposée dans une pochette intérieure; d autres fois on préfère ménager dans le manchon une petite pochette " solidement fermée, pourvue d’une ouverture circulaire qui permette d’apercevoir le cadran de la montre, mais placée de façon que ce cadran soit visible seulement pour la personne qui tient le manchon. C’est commode, cependant les jeunes femmes préfèrent porter leur montre en décoration , c'està-dire fixée à gauche de leur corsage ou de leur vêtement, sur la poitrine. Nécessairement il faut pour cela que la montre soit fort petite, autant que possible très jolie ou du moins d’un genre très fantaisie, le petit nœud bijouterie qui dissimule l’épingle de broche au moyen de laquelle on attache la montre, doit être assorti à celle-ci. On en fait beaucoup en or émaillé uni ou rehaussé de perles, d'un chiffre en or, etc.; d’autres sont en or rouge avec chiffre en or vert ; d’autres en acier ou en argent oxydé uni ou avec chiffre en or.

Je ne vois à cette manière de porter sa montre qu’un seul inconvénient, mais il est capital : c’est qu’on ne peut s’inquiéter de l’heure sans que tout le monde s’en aperçoive.

S’il estdifficile de consulter une montre-décoration cela devient tout à fait impossible quand il s’agit d’une montre-broche. Ne trouvez-vous pas un peu ridicule cette mode de porter, d’une façon qui le rend inutile,

un objet de pure utilité? Ce petit fait, l’importance attachée ainsi, au détriment de ce qui est commode, à ce qui se voit, au côté orne-

TOILETTES DE VISITES {Suite)

N ous avons vu comment 011 peut égayer une très simple toilette de visites au moyen de quelques accessoires coquettement chiffonnés : petit boa fleuri et floconné de dentelles, manchon fantaisie, chapeau seyant et bien nouveau; pour compléter ces indications nous parlerons aujourd’hui de quelques menus objets qui sont soumis à l’influence de la mode bien qu’ils ne se rattachent qu’indirectement au costume féminin; tels sont, par exemple, le porte-monnaie, le porte-cartes, la montre, etc. Les semaines qui précèdent le jour de l’an sont précisément le moment où apparaissent toutes les fantaisies nouvelles dans ce genre; bibelots assez peu nécessaires pour qu’on ose les offrir, assez utiles pour qu’on ait du plaisir à les recevoir. Beaucoup de ces créations, nous n’avons pas besoin de le dire, sont d’un goût médiocre, mais quelquesunes sont assez heureuses et celles-là obtiennent un succès du jour au lendemain; c’est ainsi que cette année les porte-monnaie et les porte-cartes en maroquin écrasé ou en cuir-velours nuance argent, grisperle ou nickel remplacent les porte-monnaie et les porte-cartes en cuir blanc qui faisaient fureur l’an dernier à pareille époque. Sur ces tons gris légers à peine teintés, un chiffre d’un joli dessin en argen mat, poli ou oxydé, fait un charmant eff et, mais nous n’aimons pas les ornements de même métal qui rehaussent souvent l’un des coins des objets en maroquinerie. Si l’on n’a pas de goût pour le gris, malgré la

p IG It Chapeau en mélusine vert-myrte ; draperie en mousseline de soie crème ; pou] de plumes et aigrette fantaisie piqués dans un chou de velours. (Modèle de Mme Meunier. 20 , rue du 4-Sept.)

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Fig.

Fig. 4. — Toque de velours miroir ophélia avec bord en paille de feutre noire semée de clous de jais; aigrette colonel noire piquée sur le côté dans un pompon de plumes de velours. (Modèle de Mme Meunier, 20, rue du Quatre-Septembre.)

T/ESTE en velours vert-fusain garnie de vison , manches en drap fusain. (Avec patron.) Jupe de même drap ornée d’une bande et de queues de vison ; toque drapée garnie de plumes.

exemple, une broche qui ferme un col, une longue épingle qui fixe le chapeau, de petites épingles qui retiennent les brides, une mince chaîne à laquelle est suspendu le manchon ou la face à main, etc., puis les boucles d’oreille courtes, dites dormeuses , et les boutons d’oreille. On peut garder ses bagues sous le gant puisqu’elles ne se voient pas, mais quand elles sont ornées de pierres volumineuses c’est assez gênant. A-t-on l’habitude de porter un ou des bracelets? On les cache de même sous le gant, car il est tout à fait démodé et de mauvais goût de faire étalage des bijoux que l’on possède; en revanche les accessoires utiles à la toilette d’une femme, épingles, agrafes, etc., sont souvent de vrais bijoux, ils ont non seulement un caractère de recherche et d’élégance, mais quelquefois aussi une valeur: on peut attacher par exemple son manchon avec un ruban de moire terminé à ses extrémités par les deux parties d’une agrafe ancienne du travail le plus rare et le plus précieux, pourvu que cette agrafe ne soit pas voyante.

Certaines pommes de parapluie sont aussi des bijoux; même le petit caoutchouc qui tient le parapluie roulé est retenu par une agrafe d’or ou de vieil argent formant un joli chiffre ajouré. Quelques personnes portent le petit sac-ridicule, qui contient le porte-monnaie, le mouchoir et le porte-cartes, accroché à la ceinture comme un éventail au moyen d’un court ruban de moire terminé par des agrafes de vieil argent. Nous

ferme est en batiste, tantôt orné simplement d’un ourlet à jour avec chiffre brodé, tantôt rehaussé de coins ajourés, d’autres fois encore enjolivé d’un étroit entre-deux de Valenciennes et d’une dentelle basse assortie.

On met, pour faire des visites en cette saison, des gants de nuance claire, gris-perle, blancs ou biscuit ; ces nuances vont à peu près avec tout : mes lectrices se créent donc des embarras inutiles en hésitant longuement et finalement en m’écrivant pour décider quelle nuance de gants elles doivent adopter avec une robe brune, bleue, verte, violette, etc. Voilà un paragraphe qui me privera de beaucoup de lettres et je le regrette à plus d’un point de vue ; mais si sensible que je sois à la bienveillante confiance de nos lectrices, je ne peux cependant leur laisser supposer que j’ai résolu une question difficile quand j’ai indiqué la nuance d’une paire de gants.

La peau de Suède ou le chevreau sont également en faveur, mais la premièregante plus finement, le second se nettoie mieux et supporte plusieurs nettoyages sans en conserver la trace.

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