DÉVELOPPEMENT DES MÉNINGES
Les enveloppes du cerveau dérivent des lames céphaliques du mésoderme. — On distingue de bonne heure une couclie externe très vasculaire qui répond à la pie-mère et une couche externe à texture plus serrée répondant à la dure-mère. — La cavité de l'arachnoïde se montre primitivement sous forme de fentes multiples qui se produisent à la face profonde de la dure-mère et confluent peu à peu en un eâpace unique. — Des phénomènes analogues se passent dans les lames protovertébrales au niveau du rachis de l'embryon et aboutissent à la formation de la pie-mère et de la dure-mère.
L'arachnoïde provient donc d'une fissuration du feuillet moyen. Au sein du tissu conjonctif embryonnaire qui existe entre l'arc neural et le névraxe se développe un espace analogue à celui de la cavité viscérale de l'arc viscéral. — Tantôt cet espace reste cloisonné par des faisceaux connectifs délicats, tantôt prend secondairement la forme d'une séreuse analogue à celle constituée par la cavité viscérale : c'est la séreuse arachnoïdienne ou séreuse de l'arc neural.
Les changements de forme de l'encéphale dans le cours du développement entraînent à leur suite la capsule dure-mérienne qui est alors très molle et malléable, de façon à produire les différents replis de cette membrane. La faux du cerveau, la tente du cervelet n'ont pas d'autre origine. Quant à la pénétration de la pie-mère dans les centres nerveux, elle est le résultat de la végétation vasculaire, ou plutôt du développement des vésicules cérébrales autour des vaisseaux qui sont peu à peu environnés par la substance nerveuse. C'est de cette façon que la pie-mère semble avoir pénétré dans les ventricules du cerveau (voy. p. 42 et 43).
Suivant la plupart des embryologistes, les prolongements de la dure-mère se formeraient sur place : c'est ainsi que la faux du cerveau de l'adulte représenterait la portion médiane et sus-calleuse de la faux primitive transformée en tissu fibreux (Ddrsy, Mihal- Kovics, Kôlliker). La tente du cervelet provient également de la transformation fibreuse du repli du plafond crânien qui s'engage sous la forme d'une cloison transversale entre la troisième et la quatrième vésicule cérébrale et vient sur le côté se continuer avec le pilier antérieur de la base du crâne. La faux primitive, qui comprend tout le tissu mésodermique d'où dériveront les trois méninges, fournit encore la toile choroïdienne supérieure. Elle est en effet partagée en deux quand le corps calleux et le septum lucidum, avec le fornix, se forment par soudure des hémisphères. Kollmann et LœwE, cependant, admettent que les cloisons fibreuses définitives sont des expansions de la dure-mère pariétale, qui ne pénètrent que secondairement dans les lames de tissu conjonctif lâche des méninges embryonnaires, et non pas le résultat de la différenciation d'une partie des cloisons mésodermiques primitives qui viennent s'interposer entre les diverses vésicules cérébrales en voie d'évolution. Quoi qu'il en soit, ces transformations sont achevées à la fin du quatrième mois delà vie intra-utérine chez l'homme. A cette époque, la faux du cerveau, la tente du cervelet et la pic-mère sont bien développées. L'arachnoïde seule n'apparaît que plus tardivement.
Chez les Poissons il n'y a que deux membranes, la dure-nièrc et la pie-mère. Celle dernière correspond en même temps à l'arachnoïde qui ne s'est pas encore différenciée, mais qui sortira de la membrane vasculaire qui entoure le cerveau, c'esl-à-diro do la piemère. Cette diflérenciation résulte de ce (|uc dans les points oii se produisent des dépressions à la surface de l'encépiialc, la membrane vasculaire se divise en deux lames, l'une protonde qui reste fixée à l'encéphale (pie-mère), l'autre superficielle qui passe au-dessus des dépressions à la manière d'un pont (arachnoïde).