II. — Conformation intérieure de la moelle épinière
La texture de la moelle ne peut être étudiée qu'au moyen de coupes transversales. Ces coupes montrent que la moelle est composée, dans toute son étendue, de deux substances, l'une corticale, la substance bkviche, l'autre centrale, la .mhstnnre grise.
(1) Dantk HEnrKLi.i. Le sillon intermédiaire antérieur de la moelle épiJiihc dans la 4" année de la vie (Arcli. liai, do IMol. p. 3b4, l. XIII, fasc. II, 1890).
La substance blanche est située à la périphérie et environne de toutes parts la substance grise, sauf dans le fond du sillon médian postérieur ; clic constitue les cordons que nous avons délimités à la surface de la moelle, et qui régnent dans la longueur de cet organe sous la forme de colonnes blanches parallèles.
La substance grise forme, dans chaque moitié de la moelle, une colonne longitudinale dont la coupe transversale représente assez bien la forme d'un croissant lunaire, à concavité externe.
Ce croissant est terminé par deux extrémités renflées. L'antérieure porte le nom de corne antérieure, la postérieure celui de corne postérieure. Les deux croissants gauche et droit sont reliés l'un à l'autre par leur convexité, à l'aide d'une bande transversale de substance grise que l'on peut voir au fond du sillon médian postérieur, mais qui reste séparée du sillon médian antérieur par un pont de substance blanche qui unit l'un à l'autre les deux cordons antérieurs. Cette bande, commissure grise, est percée en son centre d'un canal, le canal épendymaire, canal central de la moelle, qui règne le long de l'axe de la moelle, et qui est accompagné de chaque c6lé par une veine centrale, veines centrales de la moelle.
Dans toutes les coupes, la substance grise est vaguement représentée au centre de la substance blanche sous l'aspect d'un H, ou mieux peut-être sous celui de deux ailes d'oiseau réunies par une barre transversale. Elle forme, au centre de la moelle, une colonne cannelée, dans les cannelures de laquelle viennent se placer les cordons blancs.
La moelle épinière a une constitution à peu près semblable dans toute son étendue, comme on peut s'en rendre compte sur une série de coupes transversales pratiquées à diverses hauteurs. Sur toutes les coupes, on voit que les deicx moitiés de la moelle sont séparées, en avant et en arrière, par les sillons médians antérieur et postérieur; qu'elles sont unies, au fond du sillon médian antérieur par la commissure blanche; qu'elles sont réunies dans le fond du sillon médian postérieur par la commissure grise, qui s'adosse, en avant, à la commissure blanche; que le centre de la commissure grise est percé d'un trou, trou qui n'est que la coupe du canal central de la moelle ou canal épendymaire.
Les mêmes coupes de la moelle nous apprennent encore ([ue la substance grise et la substance blanche ne sont pas également réparties dans loule la longueur de la moelle, et que la colonne de substance grise n a pas non plus exactement la même forme dans toute son élcnduc (1, 2, 3, lig. 41). La coupe oITre, en enel, tantôt l'image de deux croissants unis par leur convexité à l'aide d'une barre transversale; tantôt celle d'un X; ailleurs l'image de deux C adossés par leur dos. La colonne de substance grise est plus épaisse dans la région cervicale et la région lond)aire que dan.s la région thoracique. La couche de substance blanche est également plus épaisse au niveau des renflements
Fig. 41. — Trois coupes transversales de moelle pour montrer la disposition relative de la substance grise dans les diverses régions.
1, renflement cervical ; 2, région dorsale ; 3, renflement lombaire.
60 CENTRES NERVEUX
cervical et dorso-lombaire. — Au niveau du cône terminal, la substance blanche ne constitue plus qu'une lame enveloppant la substance grise. — Dans les régions cervicale et lombaire, les cornes antérieures se font remarquer par leur volume ; vers le renflement dorso-lombaire, les cornes postérieures augmentent de grosseur. Mais, quelles que soient ces modifications, la coupe de la substance grise n'en présente pas moins, dans tous les cas, ses deux croissants et sa commissure grise centrale. L'extrémité antérieure des croissants est renflée, c'est la corne antérieure ; l'extrémité postérieure est plus efTilée et se rapproche davantage de la surface de la moelle, c'est la corne postérieure (1).
Toutefois, la forme de ces cornes n'est pas celle d'une pointe, mais bien celle d'un renflement supporté par une portion plus ou moins rétrécie. Le renflement porte le nom de tête de la corne; la portion rétrécie, celui de col de la corne.
La tête de la corne postérieure est remarquable en ce qu'elle est coiflée d'une calotte de substance névroglique presque amorphe (en forme d'U sur une coupe), à laquelle on a donné le nom de substance gélatineuse de Rolande.
Dans la moelle cervicale inférieure et thoracique supérieure, la portion la plus latérale de la corne antérieure s'accuse d'une façon spéciale, jusqu'à constituer un prolongement particulier qu'on appelle corne latérale, tractus intermédio-latéral de Clarke. Entre les cornes antérieure et postérieure, enfin, la substance grise n'est pas nettement limitée; elle pénètre dans un réseau de trabécules et de filaments gris qui s'enfoncent profondément dans la substance blanche : ce sont les prolongements réticulés de" Lenhossek,. le processus reticularis ou formation spongieuse ou réticulée de Deiiers (16, fig. 43).
La région cervicale est encore caractérisée par la présence à la base de la corne postérieure du faisceau de fibres qu'on a appelé le faisceau longitudinal de la substance grise (f. respiratoire de Krause).
L'examen des coupes de moelle, à l'œil nu, montre que la corne antérieure n'arrive pas jusqu'à la surface de l'organe. 11 résulte de cette disposition que toute la substance blanche qui entoure la corne antérieure, et qui s'étend du sillon médian antérieur à la corne postérieure, est indivise. Elle semble ne former qu'un cordon homogène, le cordon antéro-latéral. En arrière, au contraire, la corne postérieure sépare nettement le cordon précédent du cordon postérieur, portion de substance blanche comprise entre le sillon médian postérieur et la corne postérieure. Dans la région cervicale, ce cordon postérieur est nettement divisé en deux cordons secondaires par le sillon intcnnédiaire postérieur qui sépare le cordon de Goll appliqué contre le sillon médian postérieur, du cordon postérieur fondamental ou cordon de Burdach, qui, lui, s'appuie contre la corne postérieure.
(1) 11 va sans dire que ce n'est là qu'une image de la seclion transversale des deiix colonnes grises qui régnent le long de la'moelle sous la forme d'épaisses X^;:an versa e elles-mêmes en gouttière à concavité externe, de môme que «.S^'^^f ''^"^/^^^^^^^^
doit, être regardée comme un long ruban transversal qui court également le long de la moelle.
Je donne dans le tableau ci-dessous la supeiTicie des trois cordons et de la substance grise pour une moitié de la moelle à diverses liautcurs d'après Stilling.
Au niveau de l'origine des racines de la
Cord. a mill. c.
Les 3 cord.
mill. c.
Corne ant.
Corne post.
Subst.
gr-
moelle tout entift"
il. 20