‹ La moelle épinière et l'encéphale [electronic resource]Chapitre 24 sur 57 · AQUEDUC DE SYLVIUS · texte numérisé non relu

AQUEDUC DE SYLVIUS

l'autre cependant, dans des recherches récentes, en arrivent tous deux à conclure que les trous de Magendie et de Luschka sont bien des orifices normaux, des sortes d'éraillures de la toile choroïdienne et de la membrane du toit qu'elle soutient, et par lesquels les cavités ventriculaircs et le canal épendymaire de la moelle peuvent communiquer avec la cavité sous-arachuoïdienne.

Nous avons dit que Mouret, dans des recherches plus récentes encore (1891), prétend avoir vu un liquide coloré introduit dans le troisième ventricule sortir par le trou de Magendie qui apparaît dès lors «large et bien ouvert», mais après un examen minutieux et multiplié de cette région de l'encéphale, je me range de plus en plus à l'opinion de mon maître éminent, le Prof. MATmAs Ddval, à savoir que le trou de Magendie n'est qu'un espace aminci et fenètré de l'angle inférieur du toit du quatrième ventricule, analogue aux espaces fenétrés du grand épiploon.

Art. VI. — Aqueduc de Sylvius.

Un canal de un centimètre et demi de long, creusé au dessous des tubercules quadrijumeaux, fait communiquer le quatrième ventricule avec le troisième ou ventricule des couches optiques (2, fig. 84, 16, fig. 85 et 13, fig. 74). — Ce canal, qui dérive de la vésicule cérébrale moyenne, c'est le canal de Sylvius, déjà connu malgré son nom, de Galien et Arantius.

Ses parois sont formées : en haut par la valvule de Vieussens, les tubercules quadrijumeaux et la commissure blanche postérieure, au-dessous de laquelle se voit l'orifice supérieur (amis) de l'aqueduc ; - en bas par la région de la calotte des pédoncules cérébraux. - Son plancher est sillonné par la continuation du sillon médian du quatrième ventricule et ses parois sont constituées par de la substance grise, continuation de celle de la moelle épinière, où l'on remarque des amas ganglionnaires qui donnent origine aux fibres de divers nerfs crâniens (III, IV, fig. 85).

Art. VII. — Origines des nerfs bulbo-protubérantiels. Les masses grises qui prolongent les cornes antérieures de la moelle

Pvrtmidau; V" '''''' décussation des cordons

Z2nZ; 2 T '''''' P^«^°°^^ ^°"te l'étendue

du plancher du quatrième ventricule, de chaque côté du raphé et v forme e an,as connus sous le nom de noyau de l'hypoglosse (sous r;iîe blan he

em.nenlia teres), noyau du moteur oculaire commun et noaau du nnZ tique de chaque côté de l'aqueduc (Voy. fig 83 et 85) ^ ^

La tète de la corne antérieure, coupée et fragmentée par le passage des fibres

j^QQ CENTRES NERVEUX

arciforraes, forme ce que l'on connaît depuis les travaux de Stilling, Clauke, KôLLiKEu J Dean, sous le nom de noyau antéro-latéral. Ce noyau, cest le noyau' moteur des neris mixtes (21, 22 et 23, iig. 815) ; par ses parties les nlus internes, il représente le noyau antérieur ou accessoire de l hypoglosse, plus haut le noyau propre ou inférieur du facial (24, f.g. 85) et en pleine motubérance, le noyau masticateur ou moteur du trijumeau (V, fig. 8a). ^ Les Tass s gris s de la corne postérieure de la moelle prolongées dans le bu be forment à leur tour, les noyaux scnsiPifs des nerfs Uulbo-protuUerantiels 'Après avoir fourni en arrière les deux excroissances appelées noyau Tc rdon de Goll et noyau du cordon de Burdach, la l^ase de la corne post Heure constitue les noyau. sensiPi^ des nerfs m^tes (glo^^-P^-^^S meumo-astrique et spinal), et au-dessus de ces noyaux une nappe grise ^r^" rienS le cenle bùu^c^e de la racine interne de haut elle forme un des noyaux sensitifs du tri]umeau (Voy. flg. 83). La tete de cett co ne saillante sous les olives sous le nom de tubercule cendre d RoLdo monte jusque dans la protubérance et forme la racme bulbaire ou ascendante du trijumeau (portion sensitive).

P«nnl les douze paires de nerIs crânieas, dix ont leur point de départ, nous venons H. l vo r dans a substance grise du système médullaire qui s'est prolongée dans le fnlie eH; prliérrnce sous L forme des quatre colonnes sensitives et motrices que

ceux qui sont destinés au mouvement naissent ^es proio . prolongements de la moelle, tandis que ceux qui ^^'^'^^'l^'K^Zt^^ qui existe

buibo-protubérantiels des cornes poslerieu es de la moelle. Mais ^^^^ ^

entre les nerfs rachidiens et ^^J^Zn^ ^ rl^^^^^ - -f

racines s'unissent mtime.men en ^ Jc^^; /J^^^ ^^^sales ou sensitives et les racines

mixte, tandis que dans les nerfs J°;^°;'/^;\^^^^^^^ f^^ment des nerfs, soit exclusiveventrales ou motrices restent généralement ^^P^^^^^ ^^"^^^^^ nerfs crâniens repré- „,ent moteurs, soit exclu jvement sens.^^^^^ esqTell^^^^ et pos-

sentent des P^^-^-^l^tt^^^^^^^^^^^ ^«^^^ '^^^ ^^^^^^

térieures demeurent b^l^ituellement isoie sensibilité pure. Encore, à lui seul,

être à leur origine des '^^-^^'^'^^^'.^'''^^^^^^^ paire rachidienne puis-

le grand hypoglosse i-P-^'^'^^«-^^\'^°;;„„\Vn ;uT s'a racine postérieure. L'existence de qu'il présente, dans certains ^^f^^^^^^^^^^f ^.ir^t^onfirmer Texistence d'au moins ces dix paires de nerfs à caractère ^' J.^^^.^i^^^ ^e la contraction des méta- •

neuf vertèbres crâniennes P-"!^;-^^' '^^^^f « ' onï concentrées en deux groupes, l'un mères cépbaliques que ces P™. J^/^^^'^^Vn^

formée par une série de .^""^^f . amènent à la moelle les impressions exlè-

spinal a des conducteurs P^'^^!*^ ^"^^ .^"J^J.t'u aux muscles la réaction motrice rfeures (nerfs sensitifs ou centripètes J^^J^;' f '^^^^^aux qui vont ou viennent de (nerfs moteurs ou «^«•^^rifuges) et d s conduct u^ 1^^ ^^^^^.^.^^^^ ^^^^^

'-''^T::^^^!^~-^^^^^ voies sensitives et motrices nous é"oJ nous les étudierons en leur temps et Ueu.

ORIGINE DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

Ici, j'ajouterai seulement que tout centre ou noyau de nerf crânien est aussi en relation avec l'extérieur par ses racines périphériques, et avec le cerveau par ses fibres centrales. Ces dernières sortent du noyau gris d'origine, et toutes sont croisées à l'exception peut-être du nerf pathétique qui paraît subir une décussation totale de ses libres eflérentes. Nous verrons bientôt l'origine des i-acines cérébrales des nerfs bulbo-protubérantiels, retenons seulement pour l'instant l'importance de cet entrecroisement des racines des nerfs crâniens pour expliquer les paralysies alternes (p. 131) dans les affections de la protubérance.

Fig. 85. - Coupe sagittale schémaitque de l'isthme de l'encéphale, du bulbe, du cervelet et du cerveau. Noyaux bulbo-protubérantiels et noyaux de l'aqueduc.

C, C. corps calleux ; 1, tubercule mamillaire ; 2, glande piluitaire ; 2'. pilier antérieur de la voûte • 3. chiasma optique; 4, trou de Monro ; 5. commissure blanche antérieure; 6, couche optique (face interne sur laquelle on voit au centre l'insertion de la commissure grise)'; 7, septum lucidum; 8, coupe de la bandelette géminée gauche; 9. voûte à quatre piliers ; 10. toile choroldienne du 3e ventricule; 11, frein de la glande pinéale ; 12, cavité du ventricule 'latéral droit • 13, coupe du pilier postérieur de la voûte ; 14. glande pinéale ; 14'. commissure blanche postérieure ; 15. tubercules quadrijumeaux; 16. aqueduc de Sylvius, 17. valvule de Vieussens • 18, quatrième ventricule ; 19. trou de Magendie ; 20, noyau de l'hypoglosse ; 21. noyau moteur du spmal ; 22. noyau moteur du pneumogastrique : 23. noyau moteur du glosso-pharyngien (les Doyaux sensitifs de ces trois nerfs sont en regard de chacun des noyaux moteurs sur le plancher du quatrième ventricule (en jaune) ; 24, noyau propre du facial; 85. noyau commun au moteur oculaire externe et au facial ; III, nerf moteur oculaire commun avec ses six noyaux sur le plancher de l'aqueduc de Sylvius ; IV, noyau du pathétique ; V, nerf trijumeau avec son noyau moteur (en rouge) et son noyau sensitif (en jaune); IV. nerf oculo moteur externe ; VII. nerf facial. (Les noyaux ganglionnaires moteurs sont en rouge, les sensitifs en

Cependant, comme pour la moelle épinlère, on doit faire ici aussi certaines restrictious et adme tre que les voies habituelles de transit entre le bulbe et le cerveau peuvent en cas d obstacle être remplacées par d'autres, et en outre, qu'on peut encore observer des oaralysies directes, même quand l'interruption des conducteurs siège au-dessus de l'entrecroi-

, 'n'""'^""'/' cnnhibitions croisées dans les commissures

cérébrales (Buown-Séquard). v-^uimibsures

Debierre. — 11.

CENTRES NERVEUX

Dans rélucle des origines dos nerfs crâniens, nous irons de la partie postérieure à la partie antérieure du névraxe, c'esl-ii-dire de la moelle épinière vers l'encéphale. C'est l'ordre le plus logique à suivre, nous semble-l-il, puisque comme le crâne qui n'est que la dilTérencialion de la partie supérieure de la colonne vertébrale, l'encéphale n'est que la différenciation de la partie supérieure de la moelle épinière. Le dernier nerf crânien, c'està-dire le plus inférieur ou 12" paire, deviendra ainsi le premier.

1 Neuf grand hypoglosse (12- paire). - L'origine réelle du grand hypoglosse se fait dans un noyau allongé, appelé parfois noyau de Stillmg, qm occupe le plancher du 4" ventricule où il longe le sillon médian et ou il correspond à l'aile blanche interne. Étendu des premières barbes du calamus jusqu'au dessous de l'olive, ce noyau est composé de grosses cellules multipolaires et représente la base de la corne antérieure de la moelle (H, lig. 83,20, fig.85,et5, 4, fig. 86).

Fis 80 -Coupe transversale du bulbe rachidier, à sa partie moyenne (d'après Mathias Duval).

^' ' Origine du grand hypoglosse.

1 1 Pordon antérieur - 2 2. 3. 3. cordon postérieur; 4. i, reste de la tête de la corne anté- '-rZ^lefZZ] i e! b;se des cornes.ntéHeure et P-f e :t= .^^^^^^^^^^^^^ aratifl hvnoslosse • N, M. nerf pneumogastrique ; 0, 0. oUve llanquee a aioue « IT^TS^-oi-^^^^^ externe; b. tête de la corne postérieure; a. substance

gélatineuse de Rolande (racine bulbaire du tnjameau).

Mathias Duval a décrit à ce nerf un noyau accessoire, placé en avant du premier et représenté par une partie de la tète de la corne antérieure

^"^'Nfes^de ces deux noyaux, les racines de l'hypoglosse Portent en avanf et en dehors, en passant entre le réseau central et le r seau la ei. du bulbe puis entre l'olive et le corps paraoUvaire interne, et par 10 ou 12 mets émergent comme les filets radiculaires moteurs des nerfs rach dfens au niveau du sillon collatéral antérieur, entre la pyramide antérieure du bulbe et l'olive ^origine apparentej.

M.v.a (de Bonn) a signalé chez -tains anin.at:.(b^f; ^.ien p^^ postérieure qui semble sortir du corps resUform e app a^ extér. ^^^^^^^ sillon collatéral postérieur. Cette racine que Vulpian, H. Cn.AnuGi, etc.,

ORIGINES DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

chez rilomme, porte un petit ganglion sur son trajet. Dès lors on peut admettre que le grand liypoglosse est conformé suivant le type propre des nerfs spinaux; et de fait étiez les Vertébrés inférieurs (Dipneustes) le grand hypoglosse est une paire rachidienne complète, la première, et sa racine dorsale porte un ganglion (Iversen) comme on l'observe encore jusque chez les Mammifères pendant la période embryonnaire, et exceptionnellement dans l'espèce humaine. On peut donc considérer le grand hypoglosse comme une paire rachidienne spécialisée pour les mouvements de la parole, et dont les rapports avec les autres nerfs crâniens ne sont pas primordiaux, mais acquis. Dans cette conception, sa racine postérieure pourrait être considérée comme une anomalie réversive.

C'est en perdant sa racine postérieure que le grand hypoglosse se serait définitivement séparé des nerfs rachidiens. — Nous verrons enfin plus tard qu'il représente plusieurs nerfs métamériques. — Quant à sa racine cérébrale nous verrons qu'il la tire de la partie inférieure de la circonvolution frontale ascendante.

D. RocH {Ârch. fur Ànatomie, 1887) a cherché à prouver que les noyaux rouges de Stilling fournissaient des fibres à l'hypoglosse, et ScHOEDER VAN DER KoLK accordait à ce nerf des racines olivâtres. Les noyaux de chaque nerf communiquent l'un avec l'autre par des fibres commissurales transversales.

Fig. 87. - Schème de l'origine des nerfs spinal, vague glosso - pharyngien et intermédiaire de Wrisberg.

2. Nerf spinal (If paire). — Le nerf spinal ou accessoire de Willis naît à la fois de la moelle cervicale et du bulbe. Les racines médullaires prennent leur origine dans des grandes cellules appartenant à la corne latérale, puis à la corne antérieure, depuis le sixième nerf cervical jusque dans le bulbe (Dees, Roller, Darckschewich, etc.). Les racines bulbaires sortent de deux noyaux, l'un 7noteur qui fait suite à la tête de la corne antérieure (11, fig. 87), l'autre sensitif, situé sur les côtés du plancher du quatrième ventricule, au niveau du bec du calamus, et représentant la base de la corne postérieure de la moelle (12, fig. 87). Les racines bulbaires, au nombre de 4 ou 5, traversent en ligne courbe la formation réticulée, et se portant en arrière émergent dans le sillon collatéral postérieur du bulbe au-dessous du pneumogastrique (origine apparente). Ces racines forment la branche interne du spinal Les racines médullaires, au nombre de 6 à 7, émergent de la moelle entre les racines antérieures et postérieures en arrière du ligament dentelé (origine apparente). Ces filets radiculaires constituent la branche externe du nerf (Cl Bernard).

Assez fréquemment ils s'anastomosent avec les racines postérieures des deux premières paires cervicales, et exceptionnellement, comme pour l'hypoglosse, on a observé que des racines postérieures avec ganglions rudimentaires venaient s'adjoindre au tronc du nerf (Mever, Yulpian), ce qui lait que ce nerf encore a des caractères spinaux non douteux

moteur, dou ce nerf n'aurait-il normalement qu'un seul noyau, le no^

C, raphé du bulbe ; 1, intermédiaire ; 2.

glosso - pha ryngien; 3, vague; 4. spinal ; S, noyau de l'intermédiaire ; 6. noyau sensitif du glosso - pha ryngien; 7, noyau sensitif du vague ; 8, noyau sensitif du spinal ; 9, noyau moteur duglosso-pharyngien ; 10, noyau moteur du vague; 11, noyau moteur du spinal ; 14, noyau médullaire du spinal.

Certains au.

CENTRliS NERVEUX

moteur, qui se prolonge de la moelle dans le bulbe en dehors du noyau de l'hypoglosse et jusqu'à l'origine motrice du nerl vague.

3. Nerf pneumo-gastrique (10' paire). - Le nerf pneumo-gastrique ou nerf vague est un nerf mixte, beaucoup plus étendu chez les Vertébrés inférieurs, chez lesquels il englobe le glosso-pharyngien et le spinal. C'est donc une spécialisation d'un complexus nerveux. Ce n'est qu'à partir des Reptiles que le nerf vague devient distinct du spinal. - Son origine réelle est double, motrice et sensitive. Les racines sensitives prennent leur origine dans la colonne grise des nerfs mixtes, située sur le plancher du quatrième ventricule au-dessous de l'aile grise ou cendrée (10, flg. 83, et 6, Og. 86).

Fig 88. - Coupe transversale du bulbe à sa partie supérieure (Mathias Duval). - Origine du

nerf auditif, du facial et de l'oculo-moteur externe, a Dlancher du i" ventricule (base de la corne postérieure : noyau de racoustique) ; b. raphé ; ' ! t Îe de la corne postérieure ; f. tête de la corne antérieure, noyau >^/--' = ^^f-^/ ' f;cial ; n, base de la corne antérieure (noyau de roculo-moteur externe) ; 1, 1. PJ. "^J; ? 3 3. rubans de Reil ; 6, nerf oculo-moteur externe ; 7. nerf facial : 8. nerf auditif, avec 8 sa ' racine interne, et 8" sa racine externe.

colonne fragmentée, qui représente la base de la corne postérieure de la n oe le p nière Le's racJslotrL (4, flg. 86), sortent de noyaux à g^-^^^^ ^^«^ "'«^ Sées situés profondément dans les parties antéro- latérales du bulbe ou ir eTrésentent fa tête de la corne antérieure de la moelle et où ils forment une onrue colonne qui descend jusque dans la moelle (bandelette soMaire de smZg^faisceau\espiratoire) où l'on suppose que cette -lonne commm^ avec les racines du nerf phrénique pour associer les -f ^^^"^'^ f "^^^^^ de la respiration. - Enfin, certains auteurs ont admis que .^«^^ racines, le nerf vague est en connexion avec le cervelet ^^J^^ RO.LER entr'autres, regardent cette racine comme «PP«^'^ f ^ ^ / .^^ Les racines motrices se portent en arrière, et par ^^^J'^j' '}'^^^^^^^ rejoignent les racines sensitives; le tronc ««"^'"""^«"^'^'^t trieurs S la oral va sortir dans le sillon collatéral sous la J,^ "'^^^^J;, J

que l'on voit entre le glosso-pharyngien et le spinal fonginc apparente^

ORIGINE DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

Dans la période embryonnaire, la région occipitale présente une disposition métamérique analogue à colle du tronc, aussi bien au point de vue des somites (4 à i ) qu'à celui des nerfs occipitaux. On peut donc dire que la région occipitale est un fragment du tronc qui s'est fusionné avec ce qui reste en avant.

Fig. 89. — Origines du nerf acoustique (en partie d'après Edinger)

», vermis supérieur du cervelet ; 2. noyau du toit de Stilling ; 3, olive du cervelet ; 4, noyau de Deiters; B, protubérance annulaire ; 6, racine cérébelleuse de l'acoustique ; 6' noyau interne ou dorsal de l'acoustique ; 7, noyau externe ou ventral de lacouslique ; 8. corps restiforme ; 9. racine antérieure ou externe de l'acoustique ; 10, sa racine postérieure ou interne ; 11, olive protubérantielle; 12, faisceau central de la calotte de Bechterew; 13. noyau du facial; li, racine ascendante du trijumeau; 15, noyau de l'oculo-nioteur externe; 16. noyau dorsal de l'auditif- 17, faisceau longitudinal postérieur du bulbe ; VIII. nerf auditif.

Le nerf vague est compris à son origine dans le segment occipital. C'est le nerf des derniers arcs branchiaux ; il porte un ganglion branchial. La racine du nerf vague doit être considérée comme semblable à une racine dorsale spinale, avec cette différence qu'elle est composée de plusieurs nerfs métamériques dont les métamères (occipitales) sont mainte nant disparus. Au contraire, l'accessoire de Willis rentre dans le système des racines spmales antérieures cervicales et occipitales, l'hypoglosse de son côté étant constitué par la réunion de plusieurs racines ventrales occipitales, mais accompagnées déracines dorsales rudimentaires(l).

4. - Nerf olosso-pharyngien (9' paire). - Nerf mixte comme le pneumogastrique dont il partage les origines, le glosso-pfmryngien natt de deux noyau.x, 1 un moteur (23, «g. 8b), qui représente la lèle de la corne antérieure de la

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moelle dans les parties autéro-lalérales du bulbe, l'autre sensitif (9, lig. 83), situé sur les côtés du raphé du quatrième ventricule, au niveau de la partie supérieure de l'aile grise, et répondant à la continuation dans le bulbe de la corne postérieure de la moelle (colonne des nerfs mixtes). Ce noyau est recouvert par le noyau interne ou principal de l'acoustique. Les libres radiculaires motrices suivent un trajet récurrent pour se joindre aux fibres sensitives. Unies ensemble les deux sortes de fibres traversent le bulbe entre le faisceau latéral et le corps restiforme et émergent au niveau du sillon collatéral postérieur du bulbe forigine apparentej en avant du corps restiforme, entre le nerf vague et le nerf auditif.

5. Nerf acoustique (8' paire). — Les origines de l'acoustique sont multiples. On lui a décrit 3 noyaux ou foyers : 1° Un noyau interne ou postérieur, gros renflement, composé d'un grand nombre de petites cellules, qui s'étale sur le plancher du 4' ventricule au niveau de l'aile blanche externe, et représente à ce niveau la colonne sensitive postérieure (a, Bg. 88, 8, fig. 83, 'e, fig. 89). —2° Un noyau externe ou antérieur situé tout à fait en avant, près de la partie antérieure du corps restiforme (8', fig. 88). — 3° Un noyau latéral ou tubercule acoustique (7, fig. 89), situé à la partie externe du corps restiforme au point où il se coude pour monter dans le cervelet. Ce noyau se poursuit jusque dans l'écorce du cervelet. Certains auteurs considèrent en outre le noyau de Deiters (4, fig. 89), qui monte de l'olive vers le corps restiforme, comme un centre acoustique (1).

Ce sont là les origines directes du nerf auditif, mais ce nerf a d'autres relations encore imparfaitement connues. Outre ses connexions cérébrales communes à tous les nerfs crâniens ou rachidiens, il est en communication avec le cervelet (6, fig. 89) par un filet (branche vestibulaire et ampuUaire de l'acoustique) qui suit le pédoncule cérébelleux inférieur et se rend aux noyaux du toit {faisceau sensoriel d'EniNGEn), et avec le lobe temporal du cerveau par des fibres qui suivent les rubans de Reil, traversent les tubercules quadrijumeaux postérieurs, les corps genouillés internes, et la couronne rayonnante. Mathias Duval, Monakow, Flechsig, Boehterew, Baginsky et Spitzka nous ont tracé le parcours et les étapes encepha iques de ce nerf. Il est en rapport, en outre, avec l'olive protubérantielle e avec le noyau de l'oculo-moteur externe, connexions remarquables et importantes dans la question de l'équilibration, car l'olive reçoit un faisceau cérébelleux (11, 13, 15, fig. 89). - Son centre cérébral siège dans 1 eco ce temporale; c'est le foyer de la mémoire auditive verbale - Qum qu il en soit le nerf acoustique est constitué par l'accolement de deux i-acines distinctes : 1» une racine interne (8', fig. 88), encore appelée parfois antérieure ou profonde, qui sort du noyau interne, et peut-être aussi du noyau de Deiters, ainsi que du noyau cérébelleux, et va constituer j^f^/^;^^^^^^^^ bulaire du nerf (Forel, Becrterew), qui joue un rôle importa, dans léqui Ubre du corps ; - 2- une racine externe (8", fig. 88), aussi appelée postérieure

(,)L.SAUA(4rc/. ital. demologie ^ ^^-^^ ^f^,^ ^'^^^^ le noyau dorsal et le noyau de Oecht'^-"J°''X^^ tuber. fibres du nerf acoustique. 11 ne considère comme tels que le nojau v«

cule latéral de Stiéda.

ORIGINE DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

OU superficielle, qui naît du tubercule acoustique et du noyau antérieur, contourne le corps restiforme, et devient la branche cochléaire du nerf acoustique. Ces deux racines réunies émergent du bulbe au niveau de la fossette latérale (origine apparente du nerf auditif), en dehors du nerf facial.

Quant aux barbes du calamus ou stries acoustiques, elles ne sont plus considérées comme allant directement se rendre dans le tronc du nerf auditif, mais comme des libres commissurales croisées qui unissent les racines acoustiques des côtés opposés, ou bien le noyau interne ou latéral des deux côtés.

Fig. 90. - Disseclion schématique du bulbe et de la protubérance pour montrer les origines du facial et de l'acoustique. (Imilé de Henle et de Mathias Duval).

1. pyramide pos'érieure du bulbe; 1', tige de calamus; 2. pédoncule cérébelleux inférieur sectionne; 2'. corps restiforme; 3. aile blanche externe; 4, aile grise ; 5. aile blanche interne ; C. saillie du fasciculus teres; 7, baguette harmonique; 8. noyau commun au facial et a 1 oculo-moteur externe; 9. pédoncule cérébelleux moyen: 10, pédoncule cérébelleux supérieur; lO-, pédoncule cérébral et Ruban de Reil;ll. faisceaux pyramidaux sectionnés- 12. noyau du trijumeau; VIT, nerf facial avec ses deux noyaux ; VIII. nerf auditif avec ses deux racines elles stries acoustiques (barbes du calamus).

6. Nerf facial (T paire). - Le facial naît de deux noyaux. L'un, nouais propre ou inférieur, situé dans le champ du réseau latéral du bulbe sur le prolongement de la colonne motrice des nerfs mixtes, est composé de grosses cellules multipolaires et fait suite à la corne antérieure de la •>'ocl e (7, hg. 83, 24, lig. 85 et f, lig. 88) ; l'autre, noyau commun au facial et à

e nhnT T T^"" est situé sur

et remôï 1. ^'^^^''''i^'^ ^" P^'^t <I»i correspond à Veminentia terc, ei lepiestnte la base de la corne antérieure de la moelle. Toutefois les

CENTRES NERVEUX

observations pathologiques (Gowkrs, Déjerine) et l'expérimentation (Guddf.n), semblent infirmer l'opinion de ceux qui aduicttent dans le noyau du moteur oculaire externe, un noyau accessoire ou secondaire pour le lacial.

Quoi qu'il en soit, du noyau propre ou principal, les fibres radiculaires du lacial se portent en dedans et en arrière, vers le sillon médian du plancher ; là, ils rencontrent un noyau qui lait saillie sur le plancher, au niveau de Veminmtia teres, le noyau du moteur oculaire externe, contourne ce noyau en formant une anse appelée genou du facial, fasciculus teres, puis se porte en avant et en dehors, passe entre le trijumeau et le noyau propre, et vient émerger dans la fossette latérale du bulbe, au-dessus de l'acoustique (origine apparente). Le nerf facial décrit donc une boucle dans l'épaisseur du bulbe, mais une boucle contournée en pas de vis en vertu de laquelle le nerf émerge à 2 mill. plus haut que son foyer d'origine (VII, flg. 85 et 90)..

Le facial est ua neri mixte cliez les Vertébrés inférieurs. Cliez les Poissons il se fusionne avec le trijumeau. Dans les autres classes de Vertébrés, ces deux nerfs présentent encore de nombreuses anastomoses. Mais cliez les Mammifères il est à son point de départ exclusivement moteur.

A la description du facial se rattache celle du nerf intermédiaire de Wrisberg qui se confond avec le facial dans son trajet périphérique et devient très vraisemblablement la source de la corde du tympan (Cl. Bernard) L'origine de l'intermédiaire de Wrisberg est encore discutée. Cusco et BiscHOFF le regardaient comme la racine sensitive du facial, qui serait devenu de la sorte un nerf mixte; Longet voulait y voir l'origine du petit pétreux superficiel, partant l'origine de la racine motrice du ganglion optique. ... . -, i„„„„ Plus récemment Pierret l'a considéré comme originaire de la colonne intermédiaire de la moelle, qui se prolongerait ainsi jusque dans le bulbe, colonne qu'il considère, je le rappelle, comme l'origine du grand sym- Tathique Mais des recherches de Mathus Duva. et Spixska, U semble plus probable que l'intermédiaire de Wrisberg est une racine erratique du glosso pharyngien qui prend naissance dans l'extrémité supérieure de la Ene gr se des neds mixtes (5, fig. 87). Le glosso-pharyngien deviendrait ainsi îe seul nerf sensoriel et vaso-moteur de toute la langue. Quoi qu i en soit rinterm^diaire de Wrisberg émerge du bulbe entre ^^^^^^^^Z^^^^^ (origine apparente) et accompagne ce dernier jusque dans 1 aqueduc de Fallope où il se perd dans le ganglion géniculé.

7 Nerf moteur oculaire externe (6' paire). - Voculo-moteur externe nerfZlcens ln d'un noyau à petites cellules ^^<^^^^^^;^^lJZn^ nlancher de la partie moyenne du 4= ventricule, au niveau de 1 emmentia tnX^Z^^e il donne Lu. Ce noyau se ^f^^^^^J^^ renflée des cordons longitudinaux du plancher le noyau interne de l'acoustique, dans la ligne ^''^.f:^'^"^^^^,^ hypoglosse, et correspond à la base de la ^^^^ V N

ou colonne motrice postérieure (d, iig. 83, 2.), lig. 83, et n, u^. o

ORIGINE DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

de ce loyer, les lilets radiculaires traversent directement d'arrière en avant toute l'épaisseur de la partie supérieure du bulbe pour aller se réunir et émerger du sillon bulbo-prolubérantiel,. immédiatement au-dessus des pyramides (orifiine apparente) sous la forme du nerf oculo-moleur exferne. — Dans l'épaisseur de la protubérance les deux oculo-moteurs sont en connexion l'un avec l'autre par des fibres entrecroisées (Mathias Duval et Laborde), disposition qui assure l'association du mouvement des yeux dans le regard latéral. De plus au niveau des tubercules quadrijumeaux postérieurs, il se fait un échange de libres qui unissent l'oculo-moteur commun et le pathétique d'un côté avec l'oculo-moteur externe du côté opposé, ce qui assure l'association des mouvements combinés des yeux.

Fig. 91. — Coupe transversale de la protubérance et du A' ventricule. — Origines du trijumeau.

a, a, fibres transversales de la protubérance ; b, plancher du i' ventricule (base de la corne postérieure) ; c, noyau moteur du trijumeau (tète de la corne antérieure); t, tète da la corne postérieure (origine de la raciiie sensitive du trijumeau) ; p, péioncule cérébelleux supérieur; v, valvule de Vieussens 1, pyramide; 4, 4, nerf pathétique ; 5, grosse racine ou racine sensitive, et 5'. petite racine ou racine motrice du trijumeau.

un

8. Nerf trijumeau (5« paire). - Le nerf trijumeau ou trifacial est nerf mixte qui prend naissance par deux racines dans un noyau sensilif et un noyau moteur. La racine sensitive ou grosse racine commence dès le tubercule cendré de Rolando. Son noyau d'origine n'est autre que la tête de la corne postérieure de la moelle (t, fig. 91) qui monte sous le plancher du 4' ventricule sous la forme d'une colonne continue et solitaire (5", fig. 83, V, flg. 85), jusqu'à atteindre le locus cœruleus. C'est là la racine infèrie^lre, bulbaire, ascendante ou sensitive du trijumeau, qui, au niveau du locus cœruleus, se ramasse sur elle-m(Mne, et se dirige en avant et en dehors pour venir émerger du pont de Varole en avant du pédoncule cérébelleux moyen sous la forme de la grosse racine du nerf.

A cette racine, s'ajoute une autre petite racine, racine motrice ou nerf mnsticateur, qui provient d'un noyau à grosses cellules et à grosses libres place en dedans du noyau sensilif sur le prolongement du noyau propre du facial, sur le prolongement de la colonne motrice antérieure qui

CENTRES NERVEUX

représente, on se le rappelle, la tôle de la corne antérieure de la moelle. Ce noyau termine cette corne, il siège sous le locus cœruleus, dans la région moyenne de la protubérance, et près de l'orifice inférieur de l'aqueduc de Sylvius (o', fig. 83, V, lig. 85 et c, fig. 91). De ce point, les fibres radiculaires marchent à la rencontre des libres sensitives et s'unissent à elles pour émerger de la protubérance sur le côté interne de la grosse racine, tout en conservant leur indépendance {origine apparente de la petite racine).

Fig. 9î. - Coupe transversale des pédoncules cérébraux. - Origine des nerfs pathétique

et oculo-moteur commun.

1. tubercules quadrijumeaux ; 2. aqueduc de Sylvius; 3. "e^f oculo-moteur commun avec son noyau d'origine, 3', dans la paroi de l'aqueduc ; 4, nerf pathétique naissant dans la même colonne grise que l'oculo-moleur ; 4'. noyau rouge ; 5. ruban do Reil ; 6. locus n.ger ; 7. pied du pédoncule.

Une troisième racine, racine descendante, qu'on suit des tubercules quadrijumeaux supérieurs au locus cœruleus, le long des côtés de l'aqueduc de Sylvius, vient se joindre à la petite racine (5, fig. 83). On suppose qu'elle contient les nerfs trophiques et vaso-moteurs. Enfin, signalons que l'on a admis des connexions entre la grosse racine du trijumeau et les noyaux du nerf vague, du nerf facial et des trois nerfs moteurs de œ.l Nous avons mentionné de plus ses relations probables avec le cervelet et ses racines cérébrales proviennent du pied de la circonvolution frontale ascendante.

9 Nerf pathétique (4" paire). - Le pathétique ou nerf trochlrateur^ lire son origine d'un noyau jaunâtre situé sous l'aqueduc de Sylvius au niveau de la ligne de séparation des tubercules testes et nates (4, I g 83, n Z 8o et 3' fig 92) Ses fibres se portent en haut en contournant 1 aqueduc,

'ave sent 'les pédoncules cérébelleux supérieurs et s'entrecroisent a^^c cel es du c^té opposé dans l'épaisseur de la valvule de V.eussens (H l.g. 69 et /4 avanVd'Sger de chaque côté du frein de la valvule (ongme apparent r ne,- ) immédiatemen; en arrière des tubercules quadrijumeaux, c est-adire à la face supérieure de l'isthme de l'encéphale.

10 NERK MOTEUR OCULAIRE COMMUN. - L'originc dc V oculo-moteur com-

ORIGINE DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

mun se fait dans un noyau allongé, continu en arrière avec celui du pathétique et développé dans les régions antéro-lalérales de la substance grise de l'aqueduc (3, fig. 83). Composé de cellules multipolaires jaunâtres, ce noyau est formé de plusieurs noyaux secondaires que l'expérimentation et la pathologie ont dissociés. C'est ainsi que Hensen et Walckers, en particulier, ont réparti comme suit les centres suivants de haut en bas : 1° noyau du muscle ciliaire (centre de l'accommodation), et du sphincter de la pupille ; 2° noyau du droit interne ; 3° du droit supérieur ; 4° du releveur ; 5° du droit supérieur; 6° du petit oblique qui confine au noyau du grand oblique ou noyau du pathétique (voy. III, flg. 85).

Darkschewich de son côté {Arcli. f. Anal., 1889) a décrit deux portions au noyau d'origine de l'oculo-moteur, une supérieure, l'autre inférieure; et récemment Geiiuchten {Bull, de l'Acad. Roy. de Belgique, 1892) a montré qu'il y a entrecroisement des racines de l'oculo-moteur, les fibres entrecroisées provenant à la fois de la partie ventrale et de la partie dorsale du noyau d'origine. Avec ces noyaux viennent aussi entrer en relation des fibres du faisceau longitudinal postérieur ou faisceau des muscles de l'oeil.

Nées de ce point, les fibres de l'oculo-moteur se portent en avant, traversent en lignes courbes le noyau rouge, puis se rassemblent en 8 ou 12 filets qui émergent de la face interne du pédoncule cérébral correspondant (origine apparente) dans l'espace interpédonculaire (7, fig. 53, et III, fig. 85).

Le moteur oculaire commun est uni aux autres neris de l'œil pour assurer la synergie des mouvements du globe. Les voies coramissurales qui unissent les trois nerfs de l'œil entre eux sont représentées par les fibres du faisceau longitudinal postérieur du bulbe, qui naît dans cet organe aux dépens du réseau central, longe le sillon médian du plancher, adossé à celui du côté opposé et entrecroisé avec lui. Mathias Duval a décrit les fibres croisées qui unissent le noyau du moteur oculaire externe aux noyaux du moteur oculaire commun (ce qui rend compte de la synergie du muscle droit externe d'un côté avec le droit interne du côté opposé) et du pathétique. Perlia, de son côté, a montré que l'oculo-moteur est à la fois homonyme et croisé, car il tire ses origines à la fois de certains noyaux du même côté et d'autres noyaux du côté opposé. De plus l'oculo-moteur commun est en relation avec les tubercules quadrijumeaux antérieurs, avec 1rs fibres optiques qui lui arrivent par la commissure postérieure, avec la racine sensltive du trijumeau (Mevnert), ce qui expliquerait la sensibilité de ce nerf dès son origine, peut-être aussi avec le noyau du nerf spinal qui préside à la rotation de la tête, associée elle-même aux mouvements de latéralité des yeux.

Sans entrer ici dans la question de l'origine embryonnaire des racines des nerfs, — question que nous étudierons un peu plus loin, - je dirai néanmoins ici qu'on peut admettre comme démontré aujourd'liui que les racines ventrales ou motrices des nerfs bulbo-protubéranliels (les 10 dernières paires des nerfs crâniens) comme les racines ventrales ou motrices des nerfs rachidiens naissent comme des prolongements des cellules ventrales de la plaque médullaire, tandis que les racines dorsales ou sensillves des nerfs bulbo-protubéranliels aussi bien que les racines homodynames des nerfs rachidiens proviennent des cordons ganglionnaires avant la fermeture du canal neural Dou 11 s'ensuit que les racines dorsales des nerfs aussi bien que les ganglions qui y sont annexés, sont des produits directs de l'ecloderme et que leurs connexions avec le tube neural n est que secondaire.

Il résulte de là que toutes les fibres sensillves, à trajet centripète, ont leur origine,

CENTRES NERVEUX

non pas dans les noyaux gris ou ganglionnaires de la moelle allongée, mais dans les ganglions annexés aux racines dorsales des nerfs crâniens. C'est ainsi qu»* A. Kokluker {Anat. Anzeiger, n"» 14, 15, 1891) admet que les fibres sensilives des 10', 9', 7' et îi' paires crâniennes, de môme que celles de l'acoustique, naissent dans leurs ganglions respectifs, ganglions jugulaire pour la 10* paire, pétreux pour la 9', géniculé pour la T, ganglion de Casser pour la 5% ganglions vestibulaire et limacéen pour la 8' paire. Ces ganglions en effet, naissent à la face dorsale de la plaque médullaire dans la région céphalique, de la môme manière que les ganglions rachidiens naissent au niveau du tronc. Les noyaux bulbaires considérés jusqu'ici comme les noyaux d'origine des fibres sensitives de ces nerfs, n'en sont que les noyaux terminaux (His, Kôlliker). Dans ces noyaux les fibr3s sensitives se termineraient par de Qnes arborisations qui entourent en corbeille les cellules ganglionnaires sans les pénétrer, comme les racines sensitives de la moelle épiiiière le font dans cet organe.

Au contraire, les fibres motrices des nerfs crâniens naissent dans les cellules ganglionnaires des noyaux bulbo-protubérantiels, comme le font les fibres motrices dans la moelle. Comme dans ces noyaux se terminent en outre : 1° des fibres des faisceaux pyramidaux; S» des fibres sensitives des trajets centripètes, le mécanisme des mouvements réflexes ou volontaires s'entrevoit de suite et s'explique facilement.

Ainsi l'anatomie fine a démontré dans ces derniers temps les trajets nerveux que la physiologie avait prévus depuis longtemps, et a confirmé la loi physiologique des doubles racines de Magendie-Bell, même pour les nerfs crâniens.

Article VIII.

Considérations générales.

Le cerveau est un organe considérable et d'une importance majeure qui occupe la boîte crânienne. C'est un organe des plus complexes, une machine de précision aux rouages nombreux dont le jeu produit un travail qui engendre la pensée ; c'est un atelier où d'invisibles et silencieux ouvriers transforment l'impression en sensation ; où celle-ci donne naissance à la conscience, à l'idée, au jugement, à la volonté ; c'est un laboratoire où se distillent les sentiments et les passions, asile mystérieux de l'intelligence dans les profondeurs duquel le métaphysicien a relégué son « àme » immatérielle qui plane sur la « vile » matière, pour parler le langage de 1 orthodoxie, comme dans les estampes et les fresques des Maîtres de la Renaissance, le Jéhovah de la Bible plane sur le monde. Ce n'est donc pas sans respect que nous pénétrerons dans ce « sanctuaire » pour en scruter la construction et le mécanisme.

Le cerveau auquel aboutissent les pédoncules cérébraux, a la forme d un ovoïde à grosse extrémité postérieure, allongé dans les dolichycéphales accourci et arrondi dans les brachycéphales, c'est-à-dire qu'il varie selon les types crâniens, et que l'on peut déterminer un indice cérébral analogue a I indice cephalique. II occupe toute la cavité du crâne sauf les fosses occipitales inférieures et la gouttière basilaire qui sont réservées pour og le cervelet, la protubérance annulaire et le bulbe raciiidien

son poiSs!''" ' '^'^^ '^'^ dimensions," sa densité et

même d^Ta'boÎrr ~ "^"^ 1!'"'°'''"' cerveau, variant avec la forme même de la boîte crânienne, offrent peu d'intérêt. Elles ont été étudiées .

CERVEAU

par Calori, Passeï, Chiarugi, etc. - On pciil, admellre comme moyenne très générale :

Hommes Femmes

Longueur 1C4 mill. ICO mill.

Largeur 137 » 131 »

Hauteur 120 » H» »

Circonf. Iioriz 493 » 477 »

Courbe sagitt 238 » 237 »

Dolicocéphales Brachycéphales

Longueur 164 mill. 160 mill.

Largeur 126 » 135 »

Hauteur .116 » H"? »

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