‹ La moelle épinière et l'encéphale [electronic resource]Chapitre 23 sur 57 · QUATRIÈME VENTRICULE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME VENTRICULE

à celle de la moelle, représente un losange (plancher du sinus rhomboïdal) formé par deux triangles qui seraient adossés par leur base. — Le triangle inférieur (calamus) appartient à la face postérieure du bulbe, le triangle supérieur à la face postérieure de la protubérance annulaire.

Sur la ligne médiane, le plancher du quatrième ventricule présente un léger sillon, tige du calamus, et de chaque côté plusieurs saillies rondes ou allongées, plus ou moins visibles, mais en général peu apparentes. — Ce sont, dans le triangle inférieur, et de dedans en dehors, c'est-à-dire de la tige du calamus vers le corps restiforme : 1° l'aile blanche interne (26, fig. 83) ; 2° l'aile grise (25, fig. 83) ; 3° l'aile blanche externe (10, fig. 55). Dans le triangle supérieur, on trouve : de chaque côté de la tige du calamus et près de la base du triangle, deux éminences arrondies, eminentia teres (13, fig. 83) ; plus haut, deux autres saillies, locus cœruleus (12, fig. 83). Chacune de ces saillies correspond à l'origine d'un nerf crânien. Sous le locus cœruleus, c'est l'origine de la petite racine du trijumeau ; — sous Veminentia teres, l'origine commune du facial et du moteur oculaire externe ;

— sous l'aile blanche interne, le grand hypoglosse ; — sous l'aile grise, les racines motrices des nerfs glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal ;

— sous l'aile blanche externe, une partie des fibres de l'acoustique et les fibres sensitives des nerfs mixtes (glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal). — L'aile blanche interne répond à un relief, funiculus teres ; l'aile grise à une dépression, fovea posterior. En dehors et un peu au-dessus de Veminentia teres existe aussi une légère dépression, fovea anterior, colorée en gris-bleuàtre, substantia ferruginea d'Arnold (Voy. fig. 83).

Au niveau de la partie moyenne du plancher du quatrième ventricule, enfin, on voit des stries blanches transversales en nombre variable, qui se portent en dehors en convergeant : ce sont les barbes du calamus, que l'on considère comme les racines postérieures du nerf auditif (g, fig. 54), mais que certains histologistes ont considérées comme des fibres commissurales entrecroisées entre les deux noyaux postérieurs opposés du nerf auditif. Quelques-unes ne se rendent pas au tronc de l'acoustique, mais se portent obliquement en haut et en dehors vers les pédoncules cérébelleux supérieurs. L'une d'elles, plus apparente, porte le nom de baguette harmonique de Bergmann (14, fig. 55). Entre les barbes du calamus, on voit des stries de substance grise, fasciolœ cinerœ d'Arnold, qui forment en convergeant vers les angles latéraux du ventricule, un petit renflement, le tœniola cinerea de Henle (26', fig. 83).

A quoi correspondent les diverses formations que nous venons de décrire? — Des coupes horizontales sériées du bulbe racbidien et de la protubérance annulaire permettent de répondre à celte question.

En pénétrant dans le bulbe, la substance grise d^î la moelle épinière s étale, nous l'avons vu, sur le plancher du quatricuie ventricule, et ses cornes se trouvent fragmentées en plusieurs tronçons par l'entrecroisement des pyramides.

Ainsi disposée, la substance grise, sous le plancher du quatrième ventricule, représente quatre colonnes longiludinalef irrégulières et discontinues, deu.x centrales et deux superflcielles (de chaque côté). '

La base de la corne antérieure forme une colonne superficielle, colonne super ftcielle mierne (19, flg. 65), qui longe de chaque côté la tige du calamus. - Cette colonne de nature motrice constitue quatre masses grises principales ou noyaux d'où émergent de

CENTRES NERVEUX

bas en haut: 1» l'hypoglosse (sous l'aile blanche interne) ; — 2» le moteur oculaire externe et le facial {eininenlia teres ou noyau commun de l'oculo-motour et du facial) ; — 3» plus haut, de chaque côté de l'orifice inférieur de l'aqueduc de Sylvius, les noyaux d'origine des nerfs oculo-moteur commun et pathétique (3 et 4, fig. 83).

La tête de la corne antèrUure forme une colonne interrompue par le passage des fibres arciformes et s'allonge sous la formé d'un noyau, colonne centrale anléro-interne (8, fig, 65), noyau antéro-latéral des auteurs, de nature motrice.

Cette colonne constitue quatre noyaux superposés qui sont de bas en haut : l» le noyau moteur des nerfs mixtes (sous l'aile grise) ; — 2» le noyau accessoire de l'hypoglosse; — 3" le noyau inférieur ou propre du facial; — 4» le noyau de la racine motrice du trijumeau (Voy. fig. 83 et 85) ou noyau masticateur, en pleine protubérance.

La base de la corne postérieure forme à son tour une colonne qui s'étend de chaque côté de la tige du calamus scriptorius, mais en dehors de la colonne constituée par la base de la corne aniérieure ; c'est la colonne superficielle externe, de nature sensitive (1, fig. 65). Elle forme les noyaux des nerfs suivants : 1° noyau sensitif des nerfs mixtes (8, 9, 10, fig. 83) et racine bulbaire, antérieure ou interne (8, fig. 83) de l'acoustique (sous l'aile blanche externe) ; 2» plus haut le noyau d'une partie des fibres sensitives du trijumeau (5, fig. 83).

La tête de la corne postérieure forme une colonne qui longe en dehors et en arrière la colonne que représente la tèle de la corne antérieure; c'est la colonne centrale anléroexlerne (18, fig. 65), de nature sensitive. Apparente à sa partie inférieure sous le nom de tubercule cendré de Rolando, elle forme dans la protubérance la racine bulbaire ou ascendante du trijumeau (5", fig. 83).

b) Paroi supérieure ou voute du 4' ventricule. — La paroi supérieure, voûte ou toit du 4' ventricule, comprend un segment antérieur et un segment postérieur.

Le segment antérieur dérive de la lame cérébelleuse (3, fig. 84). Il est formé par la valvule de Vieussens ou voile médullaire antérieur, uni de chaque côté aux pédoncules cérébelleux supérieurs.

Le triangle qui avoisine l'aqueduc de Sylvius porte le nom de tente du ventricule, et son sommet celui de fastigium (Reichert).

Le segment postérieur de la voûte dérive du plafond de l'arrière-cerveau (Voy. DÉVELOPPEMENT DU CERVEAu). - Il cst réduit chez l'adulte à un simple feuillet épithélial, membrana tectoria, qui tapisse la toile choroïdienne du quatrième ventricule. D'où lorsqu'on a enlevé cette toile, le ventricule se trouve ouvert. - Nous verrons absolument la même chose, relativement au toit du troisième ventricule. Cette membrane obturatrice fait suite au bord libre des valvules de Tarin (1), recouvre exactement le triangle bulbaire du 4» ventricule et s'implante sur les bords latéraux du triangle en se con muant avec la membrane épendymaire qui tapisse le plancher du quatrième ventricule Quelques segments de la voûte du quatrième ventricule s épaississent cependant et donnent naissance à deux lamelles de tissu nerveux, 1 obex ou verrou que nous connaissons et qui n'est qu'un petit pont jeté entre les deux pyramides postérieures au niveau de la pointe du calamus scr.ptonus et le tœnia ou ligula âu quatrième ventricule, sorte de traclus qui s insèrent de chaque côté sur les bords latéraux du quatrième vonlriculo, et se

(1) Dans certains cas. ce re,li de la valvule de Jarin cor,sU|^ue u^ nerveuse, .lui se continue avec l'épendyme qu. =>P/f^« J^^f^P^^^^, .Sv^ofembr^ est J^^r^âi^SSl^n^e^lï^sa^^i^^uSiriS

QUATRIÈMK VENTRICULE

continuent avec l'cpithélium des plexus choroïdes et le bord concave des valvules de Tarin. La mcmbraue obturatrice est recouverte par la luette du verniis, l'extrémité antérieure des amygdales, la face inférieure des valvules de Tarin qui, vu la minceur de la membrane obturatrice, semblent constituer à ce niveau le toit du quatrième ventricule.

c. Bords do quatrième ventricule. — Les bords supérieurs sont formés par l'union des pédoncules cérébelleux supérieurs avec la protubérance annulaire; — les bords inférieurs par l'union des corps restiformes avec le bulbe, bords complétés par cette lamelle qui s'étend du tœnia aux lobules tonsillaires du cervelet.

d. Angles du quatrième ventricule. — Les angles latéraux du sinus rhomboïdal, recessus latérales de Reichert, sont formés par deux diverticulums qui correspondent à la séparation et à l'écartement des trois pédoncules du cervelet. — L'ang-le antérieur ou supérieur correspond à l'union angulaire des deux pédoncules cérébelleux supérieurs. On y voit l'orifice inférieur de l'aqueduc de Sylvius, canal creusé sous les tubercules quadrijumeaux et faisant communiquer le quatrième avec le troisième ventricule. — L'angle inférieur répond à l'angle de séparation des deux corps restiformes et au bec du calamus. — On y voit l'orilice qui fait communiquer le quatrième ventricule avec le canal central de la moelle. — C'est aussi à ce niveau qu'on trouve une ouverture qui ferait communiquer le quatrième ventricule avec l'espace sous-arachnoïdien, le trou de Magendie (19, fig. 85).

e. Toile choroïdienne inférieure et plexus choroïdes du quatrième VENTRICULE. — La toUe choroïdienne inférieure (3, fig. 84) est formée par un repli de la pie-mère bulbaire qui descend du cervelet et s'enfonce dans le sinus rhomboïdal en tapissant le vermis inférieur, les amygdales et les valvules de Tarin (feuillet supérieur), puis se réfléchit en bas et en arrière à partir du bord concave des valvules de Tarin, pour couvrir comme un voile la voûte ou membrane obturante du segment bulbaire du ventricule (feuillet inférieur), et se continuer au niveau du bec du calamus avec la pie-mère de la moelle.

Quant aux plexus choroïdes, ce sont deux cordons rougeàtres formés de capillaires pelotonnés qui commencent l'un à côté de l'autre, par une extrémité très fine au sommet de la toile choroïdienne, puis' montent au-dessus du vermis pour diverger l'un de l'autre au niveau de la base de la toile (ligne de réflexion) et se porter sous forme de houppes vasculaires vers les angles latéraux du sinus rhomboïdal où ils s'enfoncent dans les diverticules du sinus jusque dans l'espace sous-arachnoïdien pour venir faire saillie au-dessous des lobules des pneumogastriques. Leur disposition générale rappelle la forme d'un T majuscule dont la base correspondrait à la base du triangle bulbaire.

Les avères de la toile et des plexus choroïdes proviennent de l'artère cérébelleuse postérieure et inférieure.

P^^.H,^''''" ? Magendie et trous de Luschka. - De notre description, il resuite que le quatrième ventricule est une cavité fermée de toutes parts.

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sauf en haut, où elle communique avec l'aqueduc de Sylvius, et en bas, où elle se conllnue avec le canal central de la moelle. Cette description serait inexacte cependant si nous ne mentionnions point l'existence de trois petits trous percés sur le toit du quatrième ventricule et par l'intermédiaire desquels cette cavité communique avec les espaces sous araclinoïdiens. — Soulevez le bulbe et écartez-le du cervelet et vous voyez au niveau du bec du calamus un trou irrégulier creusé dans la voûte du quatrième ventricule, toile choroîdienne et membrane obturante y compris : c'est le trou de Magendie, du nom de l'illustre physiologiste qui l'a découvert en 1842. — Pareillement, réclinez les lobules du pneumogastrique du cervelet et vous verrez aux angles latéraux du quatrième ventricule deux orifices irréguliers par lesquels encore la cavité du quatrième ventricule communique avec le tissu cellulaire sous-arachnoïdien : ce sont les trous de Luschka.

Fie 84. - Coupe sagittale du 4« ventricale passant sur le côté de la ligne médiane. - Toile

choroîdienne inférieure.

flaWule de Tari;; 8. plexus choroïdes et toile choroîdienne du 4e ventricule; C canal central de la moelle; 6' 6' membrane épendymaire.

Mais on a contesté l'existence de ces orifices. Théoriquement, le trou de Magendie ne doit

normal, d'autres analomisles. et parmi eux BunnACH, f^;";^'^"' i^^^J^^^^^^ ^ ,e

membrane obturante qui lui adhère intimement. - Marc Sbt dune part,

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