‹ La moelle épinière et l'encéphale [electronic resource]Chapitre 28 sur 57 · AUSTRALIENS · texte numérisé non relu

AUSTRALIENS

Conclusion: 1» Il y a un grand nombre d'hommes plus raPP^^^l^^l^ Anthropoïdes par le volume de leur cerveau qu ils ne ^^^Z"^^;^;^ hommes; 2» loin détendre vers l'égalité, les individus de même lace, chez les civilisés, tendent à se différencier de plus en plus.

6. Le cerveau dans ses relations avec l'espèce. - Le volume et le poids du cerveau augmentent d'une laçon générale au fur et a mesure que Ion s'élève dans la série animale. Alors que ce poids égale le 1/36 du poids du corps dans les races humaines, le 1/60" chez les Anthropoïdes, d descend à 1/18G» chez les Mammifères inférieurs «"^ P""^^^ ; ^p^ns dans les Oiseaux, à 1/1321- dans les Reptiles, et a I/0668 dans les Poissons (Leuret, Anat. comparée du système nerveux, t. I, p. 4.iy).

Mais il faut savoir qu'alors que ce rapport ^^^^ <=omme 1 2b chez le Ouistiti, il est de 140 chez le Lapin, 156 çhcz le Cha 20o chez le Renard 265 ch;z l'Ours, 305, chez le Chien, 3b chez ^^^f;^^',/;,,;^^; Cheval et 800 chez le Bœuf. - Ce caractère na donc pas la ^aieur a un

caractère sériaire. 1 ; „„; a 1p rerveau le

Si l'Homme n'est pas de tous les animaux Ta Raîeine

plus volumineux, car 11 est dépassé de ce côte par le f "^P^"^' J^^^/^™ il l'Eléphant, il est cependant celui qui a le cerveau p us ^«^«'^c fie relativeLnt au poids du ^.s. AJors que s ~ e^

X^aSn::;'":::Lf;'^':.tlrd^:Eléphant commel : m

ici ie ferai la remarque importante suivante pour 1\ Pl^ylo§^°'^ J"" cer::aJ^rV::téhrés ^n géi^r., ^'enc^^. ^ --ns^ — éteints du terrain éocène de l'Amorique du ^ohI M^^^^^^^^^ les Dinocéras, est remarquable par sa petitesse. Il prébenlo une resstm

CERVEAU

si frappante avec celui des Lacertiliens, que si on le séparait du squelette, on le prendrait certainement pour un encéphale de Lézard. ]Je même aussi les Odontornitbes crétacés, l'Hesperornis en téte, possédaient un cerveau si petit, que de ce côté, ils sont incomparablement plus rapprochés des Heptiles (Alligator) que de celui des Oiseaux actuels. Par leurs lobes olfactifs volumineu.x, tandis qu'ils sont très réduits chez les Oiseaux de nos jours, ces Oiseaux primitifs se rapprochaient également beaucoup des Reptiles.

7. Le cerveau dans ses rappoî'ts avec l'indice céphalique. — Les dolichocéphales ont-ils plus ou moins de cerveau que les brachycéphales? Autrement dit, le cerveau, qui suit à peu près (pas toujours) parallèlement le crâne dans sa forme, a-t-il plus de tendance à peser davantage lorsqu'il est allongé ou lorsqu'il est rond?

CALoni, et plus récemment Chiarugi, ont fourni des pesées où il est tenu compte de l'indice cérébral et d'après lesquelles le cerveau du brachycéphale serait plus lourd que celui du dolichocéphale.

Voici les chillres de Chiarugi :

Brachyc. Dolichoc.

Poids de l'encéphale 1200 1169

Poids des hémisphères 1047 lOlG

Mais TopiNARD, qui a aussi comparé, de son côté, ces deux types de cerveaux, alors qu'il trouvait sur 182 sujets une difléreuce de 27 gr. en faveur des brachycéphales, rencontrait sur 68 sujets $ une différence de 21 gr. en faveur des dolichocéphales.

MoRSELLi, plus récemment encore, dans ses études des cerveaux d'aliénés, concluait aussi que la forme du crâne ne semble pas influer sur le poids du cerveau, d'où la question n'est pas définitivement jugée.

8. Le cerveau dam ses relations avec l'intelligence. — Les variations individuelles dans le poids du cerveau sont considérables, puisque dans les tableaux de BiscnoFF et Broca, on trouve des écarts de 400 à 700 grammes. La part de l'âge et de la taille étant faite dans les évaluations, sous quelles influences se manifestent les variations qui persistent?

Si la taille du sujet influe sur le poids du cerveau, il ne paraît pas contestable que, comme pour les autres organes, l'activité fonctionnelle du cerveau influence son volume. L'élude du cerveau de l'Homme selon les classes de la Société, selon la culture intellectuelle des sujets, a montré en efïet que le poids du cerveau croissait avec le degré d'intelligence ou le quotient de travail cérébral fourni par l'Homme. Les pesées encéphaliques d'hommes célèbres confirment cette idée émise il y a longtemps déjà par Lélut et 1 ARCHAPPE. La liste de 34 sujets d'élite dressée par Broca donne un oxcéuant de 160 gr. sur le poids du cerveau ordinaire. Voici quelques-uns do ces poids dressés en série décroissante :

Tourgueniew Cuvicr . , .

2012 gr.

CERVEAU

Schiller nSii gr.

Goodsir 1630 »

De Morny '1;320 »

Agassiz Iîil2 »

Broca 1484 »

Dupuytren 1456 »

Dans les tableaux dressés par C. Bastian, on peut voir également que la proportion des cerveaux qui excèdent 1500 gr. . est, chez les hommes illustres, de plus de 20 pour 100, tandis que cette proportion n'est que de 4 à 6 pour 100 dans les classes inférieures de la société. Buoca, en comparant le poids des cerveaux des classes instruites avec celui des classes pauvres qui meurent à Saint-Antoine et à la Pitié, est arrivé à des conclusions analogues.

Les recherches de Vogt, Broca, etc., concernant la capacité crânienne des microcé- ' phales idiots et des races préhistoriques confirment celle loi. Celle-ci permet de dire que la capacité crânienne est plus grande dans les races supérieures; que celle de l'Homme dépasse de loO à 200 centimètres cubes celle de la Femme; que celle des Parisiens du xixe siècle dépasse celle des Mérovingiens du xa», celle des sépultures aristocratiques celles de la fosse commune, et qu'enfin chez les microcéphales idiots elle se rapproche de celle des Anthropoïdes.

D'où les questions de race et de taille mises de côté, il est peut-être permis de dire que la culture de l'esprit, la gymnastique intellectuelle, augmente le volume du cerveau tout en élevant les facultés de l'esprit. J'ajoute enfin que ces qualités sont héréditaires, et que l'hérédité de ce genre n'est que de l intelligence accumulée à létal potentiel dans le cerveau qui vient au monde. Le développement graduel et progressif de l'intelligence dans le temps ne peut avoir d'autre source.

Enfin, dans l'accroissement du cerveau sous l'action du travail cérébral, il semble que c'est surtout le lobe frontal qui prend la prédominance. Nous verrons que Wagner a mis ce fait en évidence en comparant respectivement la surface des lobes du cerveau de deux savants Gauss et Fucus, avec les surfaces des mêmes lobes chez l'artisan. - S. ^ iv.ut de son côté a montré que la surface du cerveau antérieur de l'Homme l'emporte toujours sur celle de la Femme, mais que celte différence est plus grande encore quand on compare l'Homme cultivé à la femme du peuple, ce qui confirme la règle posée plus haut.

Nous devons faire une restriction pour finir ce paragraphe. Le rapport du poids cérébral à l'intelligence n'est vrai que dans la généralité, et Broca a eu raison lorsqu il a dit - « Il ne peut venir à l'idée d'un homme éclairé de mesurer l'intelligence en mesurant le cerveau. » En effet, on a vu des personnes très ordinaires avoir un cerveau du poids de 1,800 grammes (Peacok) et même 1,900 grammes (Morr.s), et inversement des kommes très distingués avec de petits cerveaux. C'est ainsi que le <=«'7;;" anatomisle Tiedemann ne pesait que l,2o4 gr.. et que celui du grand ^--^ ^»

Défense nationale, Gambetta. n'excédait pas 1,2^6 grammes. - Cest que f^^J^^l ciation des rapports du cerveau avec l'intelligence on se heurte a Pl"«ieur inconnues^ En premier lieu l'encéphale n'est pas un organe simple, c.-est une en un grand nombre de leviers, à fonctions distinctes, et dans laque le, V^j f^' U est bien dillicile de faire les parts respectives des rouages «<'"^' 'f^', ' «j,^" intellectuels. Un cerveau d'homme vulgaire peut avoir avoir un g;-- ^^"''P™^^ des appareils moteurs. En second lieu, si la quantité de "^«^'^^ '^^'"^'^^"'^ ,f ^ d'innuencer le travail cérébral, qui n cntrevoil aussitôt que la '^'^^''^^^ substance est au moins aussi importante en pareille occurrence. " "«"^ f ™ donc, pour pouvoir apprécier la puissance intellectuelle d'un cerveau, savon nettement

CERVEAU

apprécier le degré d'organisation de ses éléments anatomiques. On a dit fort justement que ce n'est pas en pesant la rétine qu'on pourrait en déduire la puissance visuelle ou pliolo-sensible. On ne peut donc avec le seul poids du cerveau avoir la prétention d'apprécier la puissance intellectuelle d'un liomme. Mais 11 ne faut pas non plus oublier que le poids du cerveau croît, en général, dans l'espèce comme dans les races et dans les individus, avec le degré d'activité cérébrale et de culture intellectuelle.

9. Le cerveau des dégénérés, des èpileptiques, des aliénés, des malades et des criminels. — En regard des intelligences supérieures, il ne sera pas sans avantage, sans doute, de placer les intelligences pauvres ou perverties. Le poids moyen du cerveau de 22 idiots cf, a été de 1200 gr. (ïhurnam). et les microcéphales de Parchappe, Boyd, BnocA, Ecker, etc., avaient un cerveau qui varia en poids de 300 à 900 gr. Les asiles (Bicètre, la Salpétrière) donnent des cerveaux inférieurs de 60 à 80 gr. en poids à ceux des hôpitaux (St-Antoine, la Pitié), comme cela résulte des registres de Broca. D'autre part, on a observé des cerveaux d'un poids inférieur à 1000 gr. dans les races inférieures, telles que les Australiens, les Boschimans, ce qui est considéré comme au-dessous du minimum d'une organisation normale parmi les races européennes par les anthropologlstes. Le cerveau du Gorille pèse 500 gr.

Les èpileptiques, les aliénés, les criminels ont des cerveaux très divers, et c'est cette diversité même qui les caractérise (Thurnam). Il y a, parmi eux, peu de cerveaux moyens, la plupart sont au-dessous ou au-dessus. Le premier cas paraît être celui de la majorité des assassins (Lélut, Parchappe, Bischoff), le second celui de la plupart des èpileptiques.

MoRSELLi, dans des études récentes sur le cerveau des aliénés, a trouvé que chez les aliénés le poids moyen des annexes du cerveau (enveloppes et liquide céphalo-rachidien), estimé par Broca à 1)2 gr., soit 4 0/0 du poids du cerveau chez l'homme normal, était de 108 gr., c'est-à-dire de 8 0/0. Quant au cerveau luimême, il s'est constamment tenu inférieur au poids moyen du cerveau des hommes sains d'esprit. Le rapport cranio-cérébral, c'est-à-dire le rapport entre le poids net de l'encéphale et la capacité crânienne = 100, de cette catégorie d'hommes a confirmé la règle, car il s'est trouvé également plus faible que dans l'homme normal ordinaire, à ce point que le rapport indiqué par Manouvrier, soit 8/ 0/0, n'est plus, chez les fous, que de 83. En revanche, les aliénés ont souvent un indice céphalique exagéré, en regard du type crânien de la population à laquelle ils appartiennent.

Sur 18 guillotinés, comprenant les cas de Lelut, de Parch.\ppe, l'âge variant de 19 à 46 ans et en moyenne étant de 33 ans, le poids de l'encéphale varia de 1183 à 1596 gr., et fut en moyenne de 1350 gr- Campi, âge de 32 ans, avait un cerveau pesant 1350 gr. - Ce qui, comparé avec la moyenne correspondante de 1374 ou de 1386 de la courbe Broca- BiscHOFK, donne un déficit de 24 ou 36 grammes. J'ai trouvé sur les trois assassms décapités Baillet, Degroote et Çlaeys, les poids respectifs de 1250 1298 et 14/0 gr. L'hémisphère droit l'emportait de 4 gr. sur le gauche' chez Degroote, et chez Claeys de 14 gr.

pbalc est de 12/2, tous les cas étant au-dessous de la normale de cet

CERVEAU

observalcur. Ce qui amène à conclure que, toutes clioses égales (l'aillciirs, les criminels ont moins de cerveau que les non criminels.

BiscHOFf a pesé une autre série de cerveaux appartenant à des meurtriers et à des voleurs. La moyenne du poids qu'il trouva fut i;iG3 gr., — un peu moins de la moitié était au-dessus de la normale, dont 14 au-dessus de 1400 gr., sur lesquels 5 au-dessus de 1500 gr. La seule déduction que l'on puisse tirer de ces chiffres c'est que les criminels ont des cerveaux d'un poids très divers.

Broca a donné le poids de 20 criminels et suicidés. La moyenne de ces 20 sujets était de 144y gr., c'est-à-dire élevée; ceux qui voient dans les suicidés des esprits forts et énergiques ne manqueront de faire la remarque que ces résultats confirment leur opinion.

Bref, de tout cela on peut conclure que le poids du cerveau ne peut en rien nous édifier sur la valeur de la cérébralité du criminel. •

Enfin, l'encéphale comme le reste des organes, est affecté par les maladies chroniques. L'influence atrophique de ces dernières sur l'organe de la pensée n'est pas douteuse, et Foville et Broca ont bien fait ressortir ce point particulier de l'étude du cerveau.

En somme, la masse de l'encéphale est donc en général plus considérable chez l'adulte que chez le vieillard, chez l'homme que chez la femme, chez les hommes éminents que chez les hommes ordinaires, dans les races supérieures que dans les races inférieures de l'humanité; mais si les gros cerveaux caractérisent ci et là un homme de génie, assez fréquemment aussi ils appartiennent à des sujets anormaux, sinon pathologiques. C'est ce que l'on a exprimé sans peut-être s'en rendre bien compte, quand on a dit que le génie cotoye les frontières de la folie. Ce qui fait la supériorité d'un cerveau, ce n'est pas tant sa masse énorme, ni l'exubérance et l.e désordonné d'un coin de sa surface, mais le développement bien équilibré, l'harmonie du tout. La raison et le jugement qui donnent la mesure de la supériorité intellectuelle exigent une balance juste, ni lourde, ni folle. Le dicton vulgaire exprime peut-être cette vérité lorsqu'il dit : grosse tète, peu de sens.

10 Le cerveau gauche et le cerveau droit. - Asymétrie des hémisphères. - Bichat avait dit que la symétrie du cerveau de l'homme était un attribut de l'espèce humaine. Or, l'autopsie de ce grand honune ui-ineme prouva le contraire. Les registres de Broca prouven bien que les deux hémisphères ne sont presque jamais tout à lait semblables^ On y ht en efîet, que sur 244 sujets cT, 138 fois le droit posait davantage le gauche 105 ois et qu'il n'y avait égalité entre les deux qu'une fois. La d fie e^n^^^ moyenne que l'on a trouvée en faveur du côté droit lut de 2 giammes C'est également à cette conclusion que nous conduisent les recherches de GiACOMiNi, Gaguo et M..TTEI, Wagner, Thuunam droiteric

Ce résultat paraît être en contradiction avec la doctrine de d^oUene qui implique un hémisphère gauche prépondéi^nt ; mais si ^^P^^j rément les lobes de chaque hémisphère, on s'aperçoit Hue le bbej^^^nta gauche est plus court que le droit, et que ce n'est que ^ y^'^''^^^ des autres lobes qui fait pencher la balance eu faveur du côte d.o.t

CERVEAU

(Toi'inahd). Si l'on acccple cette doctrine, nous ne serions donc pas droitiers de tout le cerveau ("?).

Mais les difïérences sont trop peu accusées pourqu'on puisse fournir à ce sujet une conclusion absolue. En elïet, si les auteurs nommes ci-dessus ont trouvé l'hémisphère droit un peu plus lourd, Luvs et Boyd, au contraire, ont noté que c'est le gauche qui l'emporte en moyenne sur le droit. Dans les recherches plus récentes deTKNcniNr (1884), l'hémisphère gauche prévaut sur le droit et le droit sur le gauche d'une proportion presque égale; ils sont égaux dans le 1/4 des cas, et la diQérence de poids entre les deux varie de 4 à 7 gr.

Li'vs a avancé que chez les aliénés l'hémisphère droit élait généralement prépondérant, mais Morselli, Seppiu, etc., n'ont pas confirmé cette opinion. Ce qui est vrai, c'est que chez les fous, on rencontre un plus grand nombre de sujets chez lesquels existe une différence considérable de poids des deux hémisphères, cela comme conséquence des troubles de développement ou de lésions fœtales ou infantiles (Féré). Sur 248 cerveaux de femmes sans lésions macroscopiques, Féré n'en a trouvé que 4 appartenant à des sujets, dont deux étaient épileptiques, où il existait une différence de poids de 30 à 33 grammes entre les deux hémisphères. Comme chez ces sujets, il y avait un épaississement des méninges molles très prédominant du côté de l'hémisphère le moins lourd, FÉRÉ s'est demandé si l'épaississement de la méninge molle n'était pas la cause de l'imperfection du développement de l'hémisphère.

Chez les idiots, il y a fréquemment une asymétrie très notable des hémisphères, qui est le résultai, soit d'un arrêt de développement congénital, soit d'une encéphalite, ou péri-encéphalite fœtale ou infantile, soit encore d'une lésion nécrobiotique due à des oblitérations vasculaires. Ces lésions destructives en foyer peuvent aller assez loin pour permettre l'adossement de la membrane ventriculaire à la .pie-mère extérieure après disparition de la substance nerveuse intermédiaire, et la communication entre la cavité ventriculaire et les espaces sous-arachnoïdiens : c est là la porencéphalie (Heschl). Cette atrophie d'un hémisphère conduit à l'atrophie de la moitié correspondante du crâne, d'où l'asymétrie cérébrale détermine une asvmétrie crânienne. Il est vrai de dire aussi qu'à son tour une asymétrie crânienne due, .soit à un vice de développement congénital, soit à une lésion osseuse qui donne lieu à la soudure précoce d'une suture latérale conduit a une asymétrie cérébrale parallèle. Un décubitus défectueux une position vicieuse, peuvent également devenir dans le jeune âge, la cause d'une asymétrie crânienne et consécutivement d'une asvmétrie cérébrale Cest le cas des déformations crâniennes ethniques, et Rroca a pensé que le toi-Hcohs congénital peut amener un arrêt de développement dans une moitié du crâne en modifiant la circulation dans la carolide correspondante d ou une nutrition vicieuse des os du crâne de ce côté et une atropine consécutive. On puiserait de précieux arguments en faveur de cette théorie dans les travaux de Gudden sur l'atrOphie du crâne

CERVEAU

S I. — Conformation extkuieuiie du cerveau

Le cerveau doit être examiné clans sa œnfirjuralion extérieure et dans sa conformation intérieure. . , . , , . . ,,

Le cerveau se compose de deux moitiés symétriques, hémisphères, séparés 1 un de l'autre en avant, en arrière et en haut par une fente profonde, fente xnter-. hémisphérique, mais réunis au centre et en iDas, par des parties médianes, corps calleux commissures et plancher du troisième ventricule. - La symétrie des deux hémisphères n'est pas toujours parfaite, et celte asymétrie n'est pas une cause de déchéance intellectuelle. - Bichat, qui a soutenu cette opinion erronée, nous l'avons dit plus haut, a fourni lui-même la preuve du contraire, car son cerveau était précisément très asymétrique.

Fi" 93 — Surface latérale du cerveau, irvdel; 7. totale d« p,,..m.g»,l.l,u. ; 8, „,,Wb6.=.c. «mul.,,-. ; ». r.cb.di.n , 10.

Les hémisphères sonl séparés en lobes, lobules el cireonvolullons par des scissures eT'les sillons pro.ônds. - La raison d'élre cles c— -

rarSTeCr:n/a:="^^

considérable dans un espace donne, et c est un P''^"^"'^'' ' ché de celui qui donne lieu aux circonvolutions de . n c^ln ■

On considère au cerveau, une face supérieure ou toni^cx.e cl une ja /

ou base du cerveau

fn<.f> ni r<?pntp sur la lisne médiane un ■1» Fatk ';m>Knii.-URE r)U cKuvEAU. — t'Ctle lace pitsenic S.UI Kl .„„ i„

slllL ^-oirr»™*, ou M.r-M,nUpMn,.,c qu, divise le

CERVEAU

cerveau en deux moitiés latérales, hémispMres cêrél)rau.r, cerveau droit et cerveau gauche de Galien.

La scissure médiane, à direction antéro-postérieure sépare complètement les deux hémisphères en avant et en arrière, c'est-à-dire qu'elle se prolonge jusqu'à la face inférieure du cerveau, mais à la partie moyenne elle se termine sur une lame blanche qui unit les deux hémisphères, le corps calleux. Elle reçoit la faux du cerveau.

Les hémisphères sont situés de chaque côté de la scissure médiane. On peut les comparer à deux prismes triangulaires fusiformes. Chacun d'eux présente donc deux extrémités et trois faces : une extrémité antérieure ou frontale ; une extrémité postérieure ou occipitale, dont les noms sont tirés des rapports qu'elles affectent avec la boîte crânienne ; une face interne, plane, verticale, séparée de celle du côté opposé par la faux du cerveau, et excavée en gouttière le long du corps calleux, sinus ou ventricule du corps calleux; — une face externe, convexe, en rapport avec la voilte du crâne, et séparée de la face interne par le bord supérieur ou sagittal de l'hémisphère ; — une face inférieure qui fait partie de la base du cerveau et se trouve limitée par ce que l'on est convenu d'appeler le bord interne et le bord externe de l'hémisphère.

2' Face inférieure du cerveau. — La face inférieure du cerveau se moule sur la base du crâne ; — dans ses deux tiers antérieurs elle repose dans les fosses crâniennes antérieures et moyennes, et dans son tiers postérieur sur la tente du cervelet. — Elle est formée par la face inférieure des deux hémisphères du cerveau réunis ensemble par des parties blanches et grises, et doit être examinée successivement dans sa partie moyenne et dans ses parties latérales.

a. Région médiane de la face inférieure du cerveau. — En allant

d'avant en arrière, on trouve les parties suivantes :

1° L'extrémité antérieure de la grande scissure interhémisphérique (14 lig. 94), limitée en arrière par l'extrémité antérieure du corps calleux; - elle sépare l'une de l'autre les pointes des deux lobes frontaux et loge l'apophyse crista-galll et le sommet de la faux du cerveau.

2° L'extrémité antérieure du corps calleux que l'on voit en écartant les bords de la scissure interhémisphérique. En se repliant en bas et en arrière, ce corps forme une surface arrondie, genou du corps calleux, qui se termine en arrière par une portion rétrécie et triangulaire, bec du corps calletux, d'où partent de chaque côté deux lamelles blanches, pédoncules du corps calleux, qui vont se perdre en divergeant en arrière, dans l'extrémité interne de la scissure de bylvius. - Dans l'angle de séparation de ces pédoncules se voit une lamelle grise, lamelle grise sus-optique, racine grise des nerfs optiques

3» Le chiasma des nerfs optiques, sorte de reclangle allongé transversalement dont les angles anteneurs se continuent avec les nerfs optiques, et les angles

la gouttièie opt.que du sphénoïde, est formé par l'entrecroisement des bandelettes optiques, decussation telle qu'une partie des fibres de la bandelette optique gauche pa.sse dans le nerf optique droit et réciproquement (2, lig o'f En vant et ^ arrière de cet entrecroisement, il existe, en outre un sys ème d i.bres arciformes comn.issurales qui unissent les d;ux nerfs l'un à •aul.v

CERVEAU

et les doux bandelelles l'une à l'autre. A la partie postérieure, ces libres arciformes allant d'un corps genouillé à l'autre, constituent la commissure de Gudden l'ô, fig. 95). - Les bandelettes optiques (5, fig. O;! et 4, lig. 98) naissent d'une double éminence de la couche optique, les corps rjenouilles, (0 7 iig. 9:3, et 13, 14 lig. 98), ce sont deux lamelles qui se portent en avant et" en dedans en contournant les pédoncules cérébraux et s'accolent l'une à l'autre au devant du tuber cinéreum pour former le ohiasma.

Fig

94. - Surface inférieure du cerveau et origine apparente des nerfs crâniens.

f ifaMif. 9 nprfontiaue- 3 nerf moteur oculaire commun ; 4, nerf pathétique ; 5, nerf trijumeau ; '•''ttS'Ù^:^:S:^^^r.., nerf facia. -, 8. nerf auditif; 9. ^^-^^^^^^

fn :ru?; W etrlmenVd^s pyr^mid;!; .6. moeUe épini.re ; 2., cervelet; .8, verm.s :„fér eur 29, i;bule du pneumcgastriciue ; 30, circonvolution olfact.ve interne.

En renversant en arrière le chiasma optique, on aperçoit entre les pedonoules du corps « 1 eux que l'on met à jour par cette manœuvre un espace gri du corps C'il Ç"^ ^ j troisième ventricule, c'est la racme

:^r::;r;pS;Jri^- ' -menant un gangHon, oano^on

optique basai

T»c nh>.o« nnlinnes sont parliellcmcnl cnlrcrroiséos dans le Trajets optiques. - Les "l.^' p^;^^^^^ les AmphibJcns cl les

chiasma che.. les Mammifères; en lolalUé, ^'^J. lire.'n.„KscuEW.CH Oiseaux, c'est-à-dire chez les ainmaux qui oui la vision monotuian

CERVEAU

{Arch. f. Ophlhal. XXXVII, 1891) a démontré à nouveau un entrecroisement partiel des nerfs optiques dans le chiasraa, comme l'ont montré Singeu et Munzkr. L'opinion de Michel qui n'admet pas l'entrecroisement partiel, est donc ainsi encore une fois imfirmée (Voy. aussi Tsciiaussow, Traclus oplicus, Anat. Anzeiger, 1889).

Les bandclelles optiques relient les corps geuouillés au chiasma. Ces bandelettes sont constituées par trois faisceaux : l'un qui externe, contient les fibres directes ; le deuxième moyen, contenant les fibres croisées, c'est-à-dire provenant de l'œil du côté opposé ; le troisième interne, formé par les fibres de la commissure de Gudden (3, 4, o, fig. 95).

Fig. 93. — Trajet et origines optiques.

1, nerf optique; 2, chiasma optique; 3, 3. faisceau direct; 4, 4, faisceau croisé; S. commissure de Gudden; 5', bandelette optique; 6. corps gcnouillé externe; 7, corps genouillé interne; 8, pulvinar de la couclie optique; 9, tubercule qiiatrijumeau postérieur ; 10, tubercule quadrijumeau antérieur; 11. bras antérieur et externe des tubercules quadrijumeaux ; 12. bras postérieur et interne des tubercules quadrijumeaux.

Lorsqu'elles vont atteindre les corps genouillés, les bandelettes optiques se partagent en deux brandies que l'on appelle racines blanches du nerf optique, distinguées d après leur situation en racine interne et racine externe, encore que celle appellation consacre une erreur anatomique. En eflet, la racine externe (3, i, fig. 9o) qui se rend au corps genouillé externe, renferme à elle seule le faisceau optique direct et croisé, c est-à-dire toutes les flbres optiques, tandis que la racine interne (o, fig œ) qui se porte au corps genouillé interne, ne comporte que les fibres de l'arc de fiudden nullement affecté à la vision. Aussi alors que l'ablation des yeux conduit à la dégénéralion de la bandelette optique, y compris le corps genouillé externe et le tubercule quadr.jumeau antérieur, celte ablation reste-l-elle sans cITet sur la commissure de uuaaen, y compris le corps genouillé interne et le tubercule qua<lrijumeau postérieur ^bODDEN, Bechterew, etc.). Inversement, la destruction expérimentale du tubercule

CERVE\U

quadrijumeau anléi'ieur, y compris le corps gcnouillé externe, donne-l-elle lieu à l'abolilion de la vision, tandis que la destruction du tubercule quadrijumea^u postérieur, ne détermine que la dôgénération de l'arc de (iudden et aucun phénomène de cécité.

CiHVTioi.RT et SriLLiNG Ont décrit une troisième racine au nerf optique, racine inlerinédiaire, petite chez l'Homme et les Singes, volumineuse chez les Quadrupèdes, qui se porte aux tubercules nates.

Fig. 96. — Schéma imité de Séguin pour expliquer 1 hémianopsie.

r, rétine : v. fibres ontrec.-oisées du nerf optique ; x, fibres directes ; k, chiasma des "«''f^^P'^'^,' '

opliqJc : G, corps gcnoulUés externes ; Q, tubercules quadrijumeaux antérieurs ; R. ■ ^'d'^t'on^ W^^^^^^ Gratiole ; 0 lobo occipital (région du cunéus); F, nèche indiquant l'interruption ; Z. commissure de Gudden.

J-aioutè qu'à la partie interne des bandelettes optiques, viennent se juxtaposer aux libres de la commissure de Gudden, de grosses fibres qui constituent un faisceau, commissure de Meynerl, s'étendant du corps de Luys au tuber cinereum, et qui ne parait avoir aucun rapport avec l'appareil optique. • ., ->«t

Quoiqu'il en soit, arrivés au corps genouiUé, les faisceaux direct et croisé y penelren , les uns s'y arrêtent, les autres ne font que le traverser pour se rendre au pulvinar de la couche optïque (4, 8, fig. 95), où elles prennent i«rt à la constitution du slralmn ^onaU^^ la majeure partie des fibres gagnent le tubercule quadrijumeau antérieur, 1« «^V»; '^^^^^^^^^^ rieur de ce corps. Ce sont là les centres optiques inférieurs, relies aux "«yj»^ "^^^^^^^ moteurs de l'œfl et à la protubérance, au bulbe et au cervelet par les descendanles de SlilHng. (racines optique, protubérantielle, bulbaire et ^^'^r^';'^"^"^ • de plus, reliés aux centres s»p(?mwrs des hémisphères par un faisceau inadie qui passe

CERVEAU

par la partie toute postérieure de la capsule interne et constitue les irradiations optiques de Gratiolet ou faisceau optique inira-cérébral (R, fig. 96). Du tubercule quadrijumeau antérieur et du corps gcnouillé externe et du pulvinar, les fibres optiques vont, en eiïel, dans l'écorce occipitale (cuncus). Chaque lobe occipital (ccîître t;m/e/ cortical), recevant la bandelette de son côté, reçoit par cela même le faisceau direct et croisé (vx,Dg.96), et a dans sou domaine la portion temporale de sa rétine et la portion nasale de la i-étine opposée. On comprend, -dès lors, qu'une interruption quelconque (F, fig. 96), en arrière du chiasma (bandelette optique, corps genouillé externe, tubercules nates, pulvinal-, centre ovale occipital), de même qu'une lésion de l'écorce du lobe occipital, donnera lieu à une amblyopie latérale homonyme, hcmiopie ou hémianopsie, c'est-à-dire à l'abolition de la vision dans la moitié externe de la rétine du même côté et la moitié interne de l'autre rétine. Quant à Vamblyopie ou hémianopsie croisée, aucune explication suffisante n'en a encore été fournie, et les schémas qui ont été donnés à ce sujet par Charcot, Férè, Seguin, Grasset, ne reposent sur aucune base anatomique certaine.

La rencontre des deux racines, racine directe et racine croisée des nerfs optiques, se fait donc dans l'épaisseur du corps genouillé externe, du tubercule quadrijumeau antérieur et du pulvinar. De là, ces deux racines se rendent, soit dans la bandelette descendante bulbo-cérébelleuse, soit dans la bandelette irradiée cérébrale.

4° Losange central. — En arrière du chiasma est un espace losangique, losange central, circonscrit en avant par le chiasma et les parties attenantes des handelettes optiques, en arrière par deux grosses colonnes blanches, pédoncules ou cuisses du cerveau. — Dans cet espace on trouve, en allant d'avant en arrière :

a) Le iuber cinereum ou corps cendré, laine grise triangulaire et bombée en dôme, limitée en avant par le chiasma, en arrière par les tubercules mamillaires et de chaque côté par les bandelettes optiques (17, flg. 94). — 11 forme la partie la plus déclive du plancher du troisième ventricule et sur lui s'implante une tige conique, la tige pituitaire. — Celle-ci est un cordon grisâtre long d'environ o millimètres, implanté par sa base, infundihulum , (15', fig. 98) sur le dôme du tuber ciuéréum, et aboutissant par son sommet au corps pituitaire (16, fig. 94). — Elle est formée par une écorce fibro-vasculaire dépendant de la pie-mère, et par une lamelle enroulée de substance grise qui se continue avec celle du tuber cinéréum et par lui avec la substance grise qui ferme le sommet du troisième ventricule.

La tige pituitaire est creusée d'un canal évasé en haut où il communique avec le troisième ventricule et dont il peut être considéré comme le prolongement, plus étroit en bas, où il est assez souvent oblitéré. — Elle traverse le diaphragme de l'hypophyse et comme elle se brise ordinairement lorsqu'on enlève le cerveau, on trouve un pelit trou en son lieu d'insertion au centre du tuber cinereum.

Le corps ou glande pituitaire, glans pituitam excipiens de Vésale, hypophyse de Chaussier (h, fig. 97), est un corps ovoïde grisâtre d'envirou |4 millimètres de large sur 8 de long et 6 de haut, appcudu à la tige pituitaire et loge dans la selle turcique où il est maintenu par le repli pituitaire de la dure-mère, diaphragme de l'hypophyse, percé d'un trou à son centre par lequel passe la lige pituitaire. - 11 est formé de deux lobes sépares par une cloison transversale de tissu conjonctif. - Le lobe anté-

CERVEAU

rieur, d'une couk!>ur jaunâtre, esl le plus volumineux ; il paraît olîrir les caractères d'une glande vasculaire sanguine (Frey, K<Fij,iKEn, Cu. Robin, etc.) et dérive de l'épithéliuni pharyngien de la bourse de Hatlike. Le lobe postérieur, plus petit et grisâtre, contient des éléments nerveux au milieu d'une gangue névroglique.

Yig, 97. — Face inférieure ou base de l'encéphale.

I. bulbe olfactif; sr. sillon olfactif ,11, nerf optique -, sp. espace perforé latéral ; h JyP''P;7- '

cules n^amiUaires ; p. p. espace perforé postérieur ; hs, pedondules cérébraux III, «"^ ° . commun; H, circonvolution de Ih.ppocampe ; br. protubérance ^""'''''-^ ' "^J J^^^^^^^^^^ VI, nerf oculo-moleur externe ; Cb. cervelet ; te. lobule amygdaUen ; Mo, PJ-" bul'be racbidien ; O. lobe occipital du cerveau ; f l. '"'^"'e P™^;! "'i;: l^^^e ei

première, deuxième et troisième circonvolutions sphenoidales ; F', F-, ^ première,

troisième circonvolutions frontales.

Sur ce dernier seul, qui est creux dès le début et reste tel chez les vertébj^ inférieurs, vient s'insérer la lige pituitaire, comme le démontrent trts bien les coupes sagittales de la glande.

L hypophyse qui dérive du cerveau Inlermédiaire paraît 6tre le déjms 7; J^^^^

soriel (W...:u.KSHK.M). Houssay la considère comme un reste de branchie. Chez, l olyplere

CERVEAU

persiste dans la période posl-einbrycnnaire un canal liypopliysaire creusé dans l'os et dirigé vers la bouche (Waldschmid).

La grande piluitaire, — que Galien considérait comme une sorte d'éponge destinée à absorber la pituite, — peut être le siège de diverses productions pathologiques, kystes, tubercules, cancers, qui compriment le chiasma optique et les nerfs de l'œil à leur sortie du crâne, d'où une amblyopie double contrastant, au début, avec l'absence de signes ophthalmologiques (signe de Bernhardt), et une opbthalmopiégie avec absence de troubles de la sensibilité et de la motricité générales.

b) En arrière du tuber cinereum, entre lui et l'espace interpédonculaire, on voit deux tubercules arrondis et blancs, tubercules mamillaires incorpora candicantiaj (ce, fig. 97, et 13, fig. 98), adossés l'un à l'autre et implantés par leur base sur une lamelle de substance grise. — Leur écorce, seule partie blanche, est formée par les piliers antérieurs du trigone cérébral qui les embrassent dans une sorte de boucle (4, fig. 130) ; leur centre, constitué par de la matière grise, se continue avec la substance grise qui tapisse le troisième ventricule et reçoit un faisceau blanc, faisceau de Vicq d'Àzyr (8, fig. 134), qui vient du tubercule antérieur de la couche optique, et un autre faisceau, faisceau de la calotte, qui provient du plancher de l'aqueduc de Sjivius et du ruban de Reil.

Double chez l'Homme et le Singe, ces tubercules sont représentés par une saillie unique chez les autres Mammifères. Ils n'existent que chez les Mammifères et leur développement est lié à celui du trigone cérébral qui fait défaut aussi chez tous les vertébrés inférieurs.

— Ils sont formés de deux groupes de cellules dont les fonctions paraissent être distinctes : Un groupe interne qui reçoit le pilier antérieur du trigone et émet le faisceau de Vicq-d'Azyr qui monte dans le tubercule antérieur du Thalamus, et fait partie du système olfactif: — un groupe externe qui est rattaché au système spinal par un faisceau, faisceau du coj-ps inamillaire, visible extérieurement chez quelques animaux, enfoui chez l'Homme dans la substance grise du troisième ventricule et qu'on suit avec peine, à travers la calotte, jusque dans la région moyenne du pédoncule cérébral.

c) En arrière des tubercules mamillaires on trouve une dépression de forme triangulaire, à sommet dirigé en arrière vers la protubérance, et limitée à droite et a gauche par les pédoncules cérébraux, c'est l'espace interpédonculaire

- Il est de couleur grise et percé d'un grand nombre de trous vasculaires, d'où le nom qui lui a été donné (ïespace perforé postérieur (p. p. fig 97) ! Lorsque cet espace est déchiré, on voit à sa place un orifice qui mène dans le troisième ventricule dont la paroi inférieure a été ouverte. - Sur la partie médiane de l'espace interpédonculaire on aperçoit un sillon, et de chaque côte deux tractus blancs qui sont les origines des nerfs oculo-moteurs communs (III, fig. 97). - Ces tractus sont séparés des pédoncules cérébraux par une traînée de substance noire.

'^^ substance grise chez l'Homme, elle constitue un ganglion aanalion interpédonculaire, chez divers Mammifères. Gud„kn et Fohel ont d'ailleurs décr dan pècThl ' ^ -P-V'^^^-P^'l-culaire un petit amas de cellules nerveuses qui dan rt pece humaine, représente le rudiment du ganglion interpédonculaire. De c2tte substance

Debierre. — 13.

CERVEAU

grise part un faisceau ascendant qui se rend au ganglion de l'iiabenula situé sur le bord interne du llialanius et qui sert de centre tropliique à ce faisceau (Metnert).

5° Pédoncules cérébraux. — En arrière du losange central, on voit émerger de dessous le bord antérieur de la protubérance annulaire, deux gros cordons blancs, pédoncules cérébraux (hs, fig. 97), qui se portent en avant et en dehors en divergeant et pénètrent dans l'iiémisplière cérébral corres-

Fi. 98 - Face intérieure du cerveau : Pédoncules cérébraux, bourrelet du corps calleux, fente ^' de Bichat, corps genouiUés (photogravure).

nerf olfactif, terminé por le bulbe ol^ctif ; ^^P-^P-^^^^^lf-^ j^JJ^SSTœlleS: lelte optique sectionnée ; 5, noyau rouge dans l'épaisseur ^" P/f "^^^^^^^^^

circulaire; 7, pulvinar; 8, corne d'Ammon -^-^ ' f " eorps genoùiUé

l,ourrelet du corps calleux ; 12. corps bordant (pd.er posté em de ^ ^^^^Z'^^ 3-' ventricule interne ; l^.corps genouiUé externe ; interi>é.nis-

et mettre à nu le noyau amygdalien).

tation dos racines de l'oculo-n.oteur conunun '""^'iJ^'f'^^^^^^ pédoncules, et un orilice qui n'est «"^''^ ^'^««^^'"/J.; '^i;^^^^^^ Sylvius (13, Ug. 98). - Cette coupe permet de voir le reste des parties qui sieg

CEHVEAU

sur la régiou médiane de la base du cerveau, l'exlrémilé postérieure du corps calleux et la partie la plus reculée de la grande fente interhémisphérique.

6° Extrémité postérieure du corps calleux. — En arrière des pédoncules cérébraux, on aperçoit l'extrémité postérieure du corps calleux sous la forme d'un gros cordon blanc transversal, bourrelet du corps calleux, splmium qui s'enfonce latéralement dans les lobes postérieurs du cerveau (11, fig. 98).

7° Fmte de Bichat. — Le bourrelet du corps calleux forme la partie moyenne de la lèvre supérieure d'une large fente, grande fente cérébrale de Bichat (9, lig. 98), dont la lèvre inférieure est constituée au milieu par les tubercules quadrijumeaux, — Sur les côtés, la lèvre supérieure est constituée par les pédoncules cérébraux et la lèvre inférieure par le bord interne des hémisphères du cerveau, ou plus exactement par les circonvolutions qui forment ce bord interne et qu'on appelle la circonvolution de l'hippocampe. Dans son ensemble, cette fente présente la forme d'un fer à cheval ouvert en avant, embrassant les pédoncules cérébraux et les couches optiques, et s'étendant d'une vallée de Sylvius à l'autre. — Pour la bien voir, il convient, l'encéphale reposant sur sa convexité, de soulever le cervelet que l'on porte en même temps en avant. — Sa portion médiane donne passage à la toile choroïdienne qui pénètre dans le ventricule moyen. Les parties latérales laissent pénétrer la pie-mère, plexus choroïdes, dans les ventricules latéraux. Toutefois il est à remarquer que la toile et les plexus choroïdes n'entrent pas réellement dans les ventricules cérébraux, nous l'avons déjà dit, mais ne font que s'y invaginer.

8° Extrémité postérieure de la grande scissure médiane. — Beaucoup plus étendue que l'antérieure, l'extrémité postérieure de la scissure interhémisphérique est limitée en avant par le bourrelet du corps calleux et loge la base de la faux du cerveau (voy. fig. 98),

Commissures de Gudden et de Meynert. A la régiou médiane de la base du cerveau nous jouidrons l'élude des commissures de Gudden et de Meynert

Les dégenéralions e.Npérimentales ont démontré une chose assez singulière, c'est que le tiers postérieur envh-on du chlasma et des bandelettes optiques n'appartient pas au système optique (Gui,.,f.n), mnis constitue une commissure d'un nouvel ordre

La commissaire de Gudden (o, lig. 95) s'étend du corps genouillé interne d'un côté au corps genou.Ue mterne du côté opposé en suivant le bord interne des Dandeleltes optiques et le bord postérieur du d.iasma opti.|ue. C'est ce que l'on décrivait autrefois sous le nom de faisceau arqué postérieur du cliiasma. Par 1 -intermédiaire du corps genouillé n erne les fibres de la commissure de Gudden communiquent avec le tubercule .piadrijumeau postérieur. Or, si les tubercules quadrijumeaux antérieurs et les corps genou.lles externes sont les noyaux d'origine des fibres optiques (Guddkn, BKO.TEnrw

r en à fni'r'f '^s tubercules quadrijumeaux postérieurs n'on[

rien a faire avec 1 appareil de la vision.

nnisÏanT.rnT' -''' ^^'^""'^ juxtaposée à la commissure de Gudden. Elle prend D ûs l! f ' ^""«-"P»'l"°. "«"S le corps de Luys. d'après les recherche Tes

chiasma Là Hl!. ! , ."^'"^«'^"'^ °P"'I"«. ^o"' elle suit le bord interne jusqu'au cluasma. Là, elle s entrecroise avec celle du côté opposé et se termine dans la sJbsLice

CEIIVEAII

grise du luber cinereum, dans les cellules de la lame grise sus-optiques (ganglion optique basai), qui envoient des fibres au nerl optique (racine grise du nerf optique), ainsi que l'ont observé Metnert, Huguenin, et, plus récemment, Jacob MoNEdCER. La commissure de Meynert est étrangère au système optique.

b. Régions latérales de la face inférieure du cerveau. — Elles présentent d'avant en arrière :

Fig. 09. -

Face inférieure de lencéphale : espace perforé latéral, vallée de Sylvius, (photogravure).

I grande scissure interhémisphérique-, 1. circonvolution orbitaire interne; 2 nerf olfactif; 3 sc^Lure de Sylvius; 4. glande pituiiaire; B, tige pituitaire et tuber c.nereum -, 0. nerl o;uToTo ur commun; 7. pédoncule cérébral; 8, nerf trijumeau; 9, floculus; 10 pyram.de du buTb ; 11 sillon médian du bulbe et entrecroisement des pyramides; . groupe 11 acoustico-facial ; 14, nerf oculo-raoteur externe; 13. pont de Varole ;

r— 'op«, "'^ ...... s,.--

orWlalr.; A. .mygdate d. «er.elst; B, («me de B.ohat; C. cer.M.t, T-, crconvolut.on

de l'hippocampe.

1- La face inférieure du lobe antérieur ou frontal (Fi 1-2 K3 , lîg. 98, et 18 fis 99 de forme triangulaire à sommet mousse dirigé en avant coine to2l' l base tournée en arrière et répondant à la

cette face repose sur la fosse frontale et présente a sa partie citerne un sillon profond, le sillon olfactif o. orbitœire interne, qui reçoit une bandelette blanche, la bandelette olfactive (2, fig. 99).

Cette bandelette olfactive est prismatique et tnaugulaiie pour s adap er à la forme du sillon olfactif où elle se loge; elle est ren liée en massue à Îon ext^milé antérieure, et ce renflement d'un aspect gris rose porte le

CERVEAU

nom de bulbe olfactif (I, lig. 97) et repose dans la gouttière ethnioldale. Par sa face inférieure il donne naissance aux nerfs olfactifs.

2° L'extrémité inférieure de la scissure de Sylvius qui, en raison de sa largeur à ce niveau, prend le nom de vallée de Sylvius (17, fig. 99). C'est en ce point qu'est situé le confluent latéral. — Si l'on détruit l'arachnoïde qui passe comme un pont sur l'extrémité interne et inférieure de la scissure de Sylvius, et si l'on enlève ensuite la pie-mère qui la tapisse, on met à jour une surface quadrilatère blanchâtre et criblée de trous vasculaires ; c'est la substance perforée antérieure de Vicq-d'Azyr, le quadrilatère perforé de Foville, l'espace perforé latéral (98, fig. 2), qui se fusionne par sa partie profonde avec le corps strié.

Limité en avant par l'écartement des deux racines blanches du nerf olfactif, en arrière par la bandelette optique, en dedans par le chiasma et la racine grise des nerfs optiques, en dehors par le sommet du lobe sphénoïdal du cerveau, cet espace perforé est le résultat de l'arrachement des artérioles et des veinules qui pénètrent le cerveau pour se rendre dans les corps striés.

Cet espace, en raison de ses relations avec les racines du nerf olfactif, mérite le nom de carrefour olfactif. Il est en effet limité en avant et de chaque côté par les racines interne et externe de l'olfactif, et d'autre part, une bonne partie des racines moyennes de ce nerf se jettent dans sa propre substance (pyramide de Sœmmerrin-) La substance grise de l'espace perforé est donc l'origine de la racine grise de l'olfacUf elle se contmue souvent avec les tracfus de Lancisi et par eux avec le corps godronné' L'espace perforé est enfin traversé en diagonale par une bandelette blanche qu'on met à jour en raclant un peu la substance grise de l'espace ; c'est la bandelelte diagonale de Broca, que Vicq-d'Azyr considérait comme la continuation du pédoncule du corps calleux, mais qu'il est juste de prendre maintenant avec Brissaud, comme la continuation du pied du septum lucidum. - Cette bandelette, particulièrement développée chez les ammauxOsmatiques, va se perdre dans la cavité antérieure de la- circonvolution □e 1 hippocampe.

En arrière, la bandelette olfactive se divise en deux faisceaux : l'un externe racine Hanche externe, qui se porte obliquement vers l'origine de la scissure de S -IvTus et ^a se perdre dans la partie la plus antérieure de la circonvolution de l'hippocampe autre sterne racine blanche interne, qui se dirige obliquement vers le pédoSe co respondan du corps calleux, mais, non pas pour se fusionner avec lui ou alkr se perdre dans 1 extrémité antérieure de la circonvolution du corps calleux (lobe para hmbuiue , nr.^s pour aller se continuer avec les tractus de Lancisi qurappar iennent

Jhese de Lille, 1893.) Si on renverse cette bandelelte en arrière on conslalP AnHn qu'elle est reliée par sa base au lobe orbitaire par des fibres blanches Udï s rac^^^^^^^ nwyenne, racine grise des nerfs olfactifs, qui s'enfoncent prïqursïtôt dan^^^ substance du quadrilatère perforé, saillante à ce niveau sous la fo me dCe n^rami^

Snl . o :aî ' . Tr'''''Z] 1« commissure bl ne le e„

sont ces dem ère/fl^ ' m" P^'^---"' ^'-^ le lobe temporal. Ce

-^eco„po„;:m^^.:~=:^-^^^^^

CERVEAU

suite d'une, lésion unilatérale d'un liùmisphère. Mais après les recherches de Gudden et Ganser, il est peut-être dinicile de continuer à croire à ce chiasraa olfactif, parce que, à la suite' de destruction d'un bulbe olfactif, si la partie olfactive ou antérieure de la commissure s'atrophie des deux côtés, la portion lemporale do cette commissure reste

intacte. .. , i r • (a

Chez beaucoup de Vertébrés, y compris les Mammifères, cette partie de la face mférieure du cerveau qui correspond aux racines olfactives, se dispose en un lobe, lobe olfactif qui s'avance en avant et porte une cavité dans son épaisseur. La cavité des lobes olfactifs' communique avec la cavité des ventricules latéraux. Ces lobes, bien visibles jusqu'au cinquième mois chez le fœtus humain, disparaissent plus tard.

Chez les animaux à odorat très développé, animaux OsmaUques de Broca, comme les Carnassiers, le lobe olfactif, lobe piriforme, limité parla scissure limbique. est volumineux et la racine externe se continue avec la circonvolution de l'hippocampe ; chez les animaux à odorat peu développé, animaux Anosmaliques de Broca, comme les Cétacés, la circonvolution de l'hippocampe est beaucoup moins développée et il en est de même de la corne d'Ammon qui n'en est qu'une dépendance. Chez le Dauphin, cette corne est tout à fait rudimentaire; chez les Primates, les centres olfactifs sont envoie de régression.

Fig. 100. - Face- latérale de l'Encéphale : Scissure de Sylvius. ^ ,• u T i.,v„,io rin nii cniii-hp • i circonvolution pariétale ascendante ; o, cu-con-

», pLd u. I. J" clrconvolulion tonlalc ; U, lote <le M">"l»i acSil.iu., 1-, «non

parallèle.

Le lobe oVacti/- (bulbe olfactif de ranatomle humaine) a la «l-*-'^" ^^^^^^^jf^^^^^^ circonvolution cérébrale, ce qui ne nous étonnera pas si ^'^^^ -'^'^^l^^'^^^^^ olfactif se présente au début comme une évaginatlon du venlric il K al. 0^^ anm

WAUTEn, LocKAUu CL..nKE, BnocA, GOLG., et, G^^^^^^^^^ Geuocuten et MARTIN, CoN.L, ont étudié la structure du bulbe f'^'^ '^^^elo nG;"-,';^^ ilal. de Biologie, t. I, p. 454, 1882), on y trouve : i" une couche ^^'^e 'I^ l'^^^J^; nerveuses provenant des fibres nasales; 'i" une .^^'^^''^J.^'t^^ composée aussi de libres nerveuses blanches qui se jettent dans la bandeleii

CERVEAU

olfactive, et de quelques éléments cellulaires ; 3° d'une couche moyenne ou intermédiaire qui comprend une zone externe ou glomérulaire (glomérules olfactifs), une zone moyenne ou intermédiaire, composée de cellules fusifornies, et une zone interne constituée par une rangée de cellules géantes analogues aux cellules de Purkinje du cervelet. La couche moyenne du bulbe olfactif est donc essentiellement constituée par des cellules nerveuses qui semblent jouer le rôle d'un relai, d'un ganglion entre les flbres qui viennent de l'écorce cérébrale et celles qui vont à la muqueuse olfactive des fosses nasales. Le lobe olfactif fait partie du lobe limbique et- doit définitivement lui rester attaché (Voy. Van Gehuchten et Martin, La Cellule, VII, 1892; — Conil, J/em. de la société de Biologie, 1892).

Malgré la dégradation de l'appareil olfactif chez l'homme, cet appareil est encore considérable chez lui, ce qui explique la finesse de son flair olfactif. Trolard (De l'appareil nerveux central de l'ollaclion, Arch. de neurologie, t. XXII, p! 203, 1891) y fait rentrer la circonvolution godronnée, qui serait le noyau cortical de l'olfaction, les piliers du trigone, la bandelette cornée, le septu m lucidum et ses pédoncules ou bandelettes diagonales et un faisceau qu'il appelle arc rachidien, qui se rendrait de la bandelette diagonale à la protubérance.

3° La scissure de Sijlvius se porte en dehors et en haut en décrivant une courbe à concavité postérieure, et remonte ainsi sur la face externe de l'hémisphère où nous la retrouverons plus tard. Elle est masquée par l'arachnoïde qui passe en pont du lobe antérieur sur le lobe postérieur du cerveau; la pie-mère, au contraire, s'enfonce dans la scissure, qui loge aussi l'artère cérébrale moyenne.

4° En arrière de la scissure de Sylvius, on aperçoit une surface réniforme, face inférieure du lobe postérieur du cerveau, subdivisée généralement en lobe moyen ou sphénoïdal reposant dans la fosse cérébrale moyenne, et en lobe postérieur ou occipital qui repose sur la fente du cervelet (Voy. fig. 98). - Ce lobe embrasse, par son bord interne, le pédoncule cérébral correspondant et forme la lèvre externe de la partie latérale de la fente de Bichat. — 11 présente, comme le reste de la surface de l'hémisphère, une série de circonvolutions, circonvolutions- temporooccipitales, et se termine en avant par un sommet mousse, corne sphénoîdalc, et en arrière par une extrémité analogue, corne occipitale.

§■ fl. — Circonvolutions cérébrales

n.c?"! circonvolutions cérébrales, on désigne des replis épais, juxta-

Page 1