‹ La moelle épinière et l'encéphale [electronic resource]Chapitre 33 sur 57 · L. fr. L. p. L. occ. L. lemp · texte numérisé non relu

L. fr. L. p. L. occ. L. lemp

Cerveau de Gauss 40.8 20,7 17,4 20,0

» d'un manouvrier 38,3 21,4 17 3 21,2

Ces chiffres démontrent : 1» que la surface cachée de l'écorce (flancs des circonvolutions) représente environ les deux tiers de la surface totale, et la surface libre des circonvolutions le tiers seulement; — 20 que l'écorce occupe une surface plus étendue chez l'homme instruit que chez le paysan.

P. Broca, de son côté, en évaluant le rapport quantitatil de ces lobes, est arrivé à peu près aux mêmes résultats sur ce sujet que Bischoff. Il a trouvé pour moyenne de 358 sujets :

Hommes Femmes

Lobes frontal 47t gr. 408 gr.

— temporal et pariétal ensemble 521 — 442

- occipital - 9^ -

Dans des recherches plus récentes G. Chiarugi a fourni de son côté les chiffres suivants :

Cerveau gauelie Cerveau droit

Longueur de la courbe sagittale 200 miU. 190 mUl.

Le lobe frontal est représenté par 100 100 ^

Le lobe pariétal — Z 53 —

Le lobe occipital — J^q " -iqk

Longueur de la demi-circonférence horizontale . 218 — 195 ^

Le lobe frontal est estimé à • ~ HK —

Le lobe pariéto-occipital 12o —

Enfin A. Conti, essayant d'évaluer en 1884 l'épaisseur de l'écorce, a trouvé que l'écorce augmente graduellement d'épaisseur de la pointe du lobe fi-ontal à la scissure de Rolando, oscillant dans cette étendue, entre un mmimum de 22 mill. et un maximum de 33 millimètres, et quelle diminue graduellement depuis la scissure de Rolando jusqu'à la pointe du obe occipital avec un maximum de 33 mill. et un minimum de 16 mill. Mais il faut 'savoir que l'épaisseur de la substance grise corticale du cerveau varie suivant les âges et suivant les sujets, et même chez un sujet donne d un point à un autre.

Structure des circonvolutions cérébrales.

Si l'on examine une circonvolution du cerveau sur une coupe per nd c^ a r^ à son trajet, on voit qu'elle est formée de deux parties une P«'l>« « constituée par de la substance blanche; une partie ^

de la substance grise. La première est une dépendance du centre ovale, et.

CERVEAU

comme ce dernier, est formée par des fibres à myéline; la substance grise constitue dans son ensemble ce que nous avons appelé l'écorce ou manteau des hémisphères.

Cette couche grise n'est pas homogène, mais se présente, comme Baillarger l'a nettement indiqué depuis longtemps, de zones alternativement claires et foncées. Ces zones sont au nombre de six et elles se superposent dans l'ordre suivant de la surface à la profondeur : 1° une couche claire très mince (environ d/2 millimètre) que l'on appelle la slrie blanche externe (1" couche) et qui s'épaissit notablement sur la circonvolution de l'hippocampe; 2" une couche grise et mince, couche des petites cellules pyramidales (2° couche) ; 3° une nouvelle couche claire, strie blanche moyenne ou strie de Vicq-d'Azyr (3° couche); 4° une nouvelle couche foncée, de couleur jaune ou rouillée, d'environ 1 millim. d'épaisseur, couche des grandes cellules pyramidales (4° couche) ; 5° une dernière couche claire, très mince, slrie blanche interne ou strie de Baillarger (o' couche) ; 6°, une dernière couche foncée, jaunâtre, épaisse d'à peu près 1 millim., couche des cellules fusiformes (6° couche), qui appuie sur la substance blanche ou médullaire de la circonvolution (Voy. fig. 126).

Fig. 126. — Structure des circonvolutions.

A. Slruclure générale. -l. strie blanche exierne ; 2. strie grise externe (petites cellules pyrani.da es: 3,str,e blanche moyenne (strie de Vicq-d'Azyr) ; 4. strie grise moyenne (grandes cellules pyramidales) ; S. strie blanche interne (strie de Baillarger) ; 6. strie grise interne (cellules fusiforraes) ; 7, substance blanche ou médullaire.

B. S^^ccUire spéciale (lobe occipital). - strie grise externe ; 2. strie blanche moyenne + strie blanche interne et stne grise moyenne très amoindrie (ruban rayé de Vicq-d'Azyr) ; 3 slrie griseinterne;4, substance médullaire. , o, suie

La substance grise des circonvolutions est constituée, comme toute substance grise des centres nerveux, par des cellules nerveuses, des libres nerveuses du tissu nevroghque et des vaisseaux sanguins.

Les cellules nerveuses ont des formes variables. Les unes sont polyédriques r sti ,r '^««»^«"P «nt une forme pyramidale presque caractél

et uTnrln f prolongements protoplasmiques ramiliés depuis 0 T"' fi!f VUramidales varient en volume

cX//..lV;'; ^^"^ ^-^-0'^ divisées en petites

cellules pyramidales et en grandes cellules pyramidales ou cellules gantes

CERVEAU

Selon Hktz.ccs dernières seraient localisées dans les zones motrices de l'écorce; mais les recherches de Golgi (1883) ont montré qu'on pouvait aussi les rencontrer dans d'autres régions, le lobe occipital notamment.

La cellule nerveuse de l'écorce comporte : 1" un corps cellulaire strié en long et farci de granulations pigmentaires auxquelles est due la couleur grise de l'écorce ; 2» un noyau ovoïde et volumineux; 3° des prolongements protoplasmiques ramifiés qui semblent constituer par leurs entrelacements une sorte de réseau nerveux ; 4° un prolongement non ramilié, qui semble représenter le prolongement de Deiters et se continuer (Koscheavnikoff) avec le cylindre-axe des fibres blanches sous-jacentes.

Les cellules pyramidales sont orientées de telle façon que leur extrémité efiilée ou queue regarde vers la périphérie et leur base vers la profondeur où elle détache le prolongement non ramifié, prolongement basai de MeyneiH, qu'on peut homologuer au prolongement de Deiters ordinaire aux cellules nerveuses. Les fibres que l'on trouve dans l'écorce sont des fibrilles nerveuses, des cylindres-axes et des fibres à myéline analogues à celles du centre ovale : fibres et cellules nerveuses sont cimentées pour ainsi dire par la névroglie.

Pour constituer les six couches de l'écorce, voilà comment s'associent ces éléments.

1) La strie blanche externe est formée de névroglie et de fibres à myéline disposées en nappes ; 2) la deuxième couche est essentiellement formée par les petites cellules pyramidales ; 3) la strie blanche moyenne est surtout constituée par un plexus de fibres blanches entrecroisées en tous sens ; 4) la quatrième couche est formée par les grandes cellules pyramidales ; 5) la strie blanche interne est constituée par de petites cellules irrégulières et des faisceaux de fibres blanches ; 6) la strie grise profonde ou sixième couche est constituée enfin par les cellules fusiformes. L'agencement de ces éléments gris (cellules) et blancs (fibres) en zones donne lieu aux stries alternativement blanches et grises de l'écorce. Ainsi trois stries blanches formées par ces fibres nerveuses et trois couches grises constituées par les cellules. Dans les diverses couches, les éléments nerveux sont soutenus par la névroglie, et les six couches sont toutes parcourues par les prolongements ramifiés des éléments cellulaires des couches voisines.

Ramon y Cajal {Sur la slruclure de l'écorce cérébrale, La Cellule, VII, 1891) a montré que la couche la plus superficielle contient fies cellules à plusieurs prolongements cylindre-axiles. Toutes les fibres s'y terminent par des arborisations libres et inlercellulaires. Comme dans la moelle, on rencontre dans l'écorce cérébrale des cyhndres-axes qui, arrivés dans la substance blanche, s'y divisent en Y ou en T.

Tel est le type général de la structure de l'écorce du cerveau. Mais il y a certaines particularités qu'il nous faut brièvement indiquer.

Les cellules pyramidales géantes se rencontreraient specialemen dans les zones psycho-motrices (B-n-z), où elles se groupent par nids (Lewis Clarkk). De grosses cellules fusiformes se voient surtout dans écorce le l'insula. Dans le lobe occipital, la couche moyenne des grandes cellules elant très réduite, il arrive que les deux stries blanches moyenne et interne paraissent confondues, et forment dès lors une raie blanche épaisse, ruban rayé de

CERVEAU

Vicq-cl'Azyr (2, fig. 120, B) bien visible entre les deux bandes grises interne et externe, de telle façon que là l'écorce paraît n'être formée que de trois strates superposés.

Fig. 127. - Structure de fécorce du cerveau (grossissement 65 d.. Meynert). A. - 1 couche de petits corpuscules, spécialement de nature névroglique; 2, couche de Detites cel uies pyramidales ; 3. couche de grosses cellules pyramidales : 4^o;che deTe its cS pus u es irregul ers occupée dans certaines régions par des ce««/« ,.<a,,L oucle de corpuscules fusiformes; ra. couche blanche ou médullaire. couche de

B. - Grosse cellule pyramidale isolée ou cellule géante (Charcol). a, corps de la cellule ; b. son prolongement basilaire ; c, fibres blanches de la circonvolution.

couche blanche, Valveus de la corne d'Ammon ; 2) une couche grise

Debierrc. — 16.

CERVEAU

représonlanl la circouvolulion de l'iiippocampe {slratwn convolulum,subkulum); 3) uue lame blanche inlennédlairo {lamina meduUaris circonvolula) ; 4) une couciie grise profonde, le corps oodronml Vaioeus qui se continue avec la substance blanche de la circonvolution do l'hippocampe et le corps bordant, a la valeur de la couche médullaire de toute circonvolution (Voy. Corne d'ÂMMON).

Le slmlum convoHlim se continue avec la substance grise de, la îi' circonvolution temporale. Seulement, au lieu d'y rencontrer nos six couches des autres régions, nous n'en rencontrons que trois. De plus, les cellules pyramidales s'y allongent énormément, . et leur base restant fixée près de l'alveus il en résulte un aspect strié de la partie moyenne du slratum convolutum qui lui a fait donner le nom de slratum racliaium. De plus la queue de ces cellules émet un certain nombre de prolongements proloplasmiques rameux qui a valu à cette zone de la circonvolution le nom de straium laciniosicm. ■

La lamina medullaris circonvolula est constituée, par des flbres nerveuses qui émanent des cellules- de la circonvolution de l'hippocampe.

La circonvolution godronnée est constituée par des séries de cellules ovoïdes dont les prolongements protoplasmiques se détachent et se dirigent en se ramiliant vers la circonvolution de l'hippocampe, où ds vont se perdre dans les Obres de l'alveus et du corps bordant. Le prolongement de Deiters se détache du pôle opposé de la cellule, ce qui donne à cet élément l'aspect d'une poire qui aurait une longue queue touffue (Voy. Corps godronne).

La couche corticale de substance grise n'existe pas chez tous les Vertébrés (Téléosléens, Ganoïdes); ce n'est que dans les groupes supérieurs que les cellules nerveuses viennent se grouper dans la /.oue palléale pour constituer celte couche. Il n'y a pas, sous ce rapport, de série évolutive continue depuis les lormes intérieures jusqu'aux plus élevées. H existe de grandes lacunes à cet égard enire les Poissons et les Amphibiens, ainsi qu entre ces derniers et les Reptiles (Ed.nger). C'est chez les Reptiles qu on rencontre pour la Preimeie ois une véritable écorce cérébrale constituée par plusieurs couches et caractérisée par des cellules pyramidales. Cependant, Ovarzum (1890), conformément à lopinion de H.s, a démontré que l'écorce s'ébauche déjà chez les Ainplubiens.

Applications pathologiques. - Les cellules nerveuses des t;^^;;^ CPpUbics de diverses altérations, dégénérescence atrophique, colo.de, g'^'-^"^^sr nuleuse vacuolaire, etc. Celte dernière se rencontre dans la paralysie générale la

lieu à des phénomènes variables suivant leur siège. «référence les ciroon-

Les diverses formes iV encéphalite chronique alTectenl de prtk ence as volu ion D n? ,n péri-encéphabque chronique di.Iuse les ^^^^^^^"^^ t dilatés et infiltrés de cellules lymphoïdes. et ^'^^ l^^^T^^^^^^^ e

dégénérescence graisseuse ou plgmentaire. Les c.rconvolut.ous peuvent aussi

CEnvEAU 243

siège de diverses scléroses localisées, dilTiises, en plaques, et de tumeurs, telles que : gliomes, sarcomes névrogliques on angiolitiques, tubercules, gommes, kystes, ancvrysmes, tumeurs parasitaires. Daus l'utroplile sénile il y a dégénérescence granulograisseuse et piguienlaire des éléments cellulaires et diminution des fibres nerveuses, ainsi qu'alliérome des vaisseaux sanguins (Kostjuhin, Beijakokf, etc.). La sclérose corticale est commune dans la démence épileptique (CnA&LiN)et la démence sénile (Pii;nnKT). Les tumeurs sont caractérisées cliniquement par de l'bypéresthésie, de l'anesthésie, des convulsions (fréquent), des parésies, des troubles moteurs oculaires (strabisme, pt'osis, négalité des pupilles), des vertiges, du coma, des attaques apoplectiformes. Mais ces phénomènes. Variables du reste avec le siège de la fumeur, peuvent ne pas se montrer si la tumeur se développe lentement.

Les lésions de l'écorce qui déterminent des troubles les plus localisés sont les lésions destructives, suite de nécrobiose (ramollissements). Ces troubles sont ou bien des paralysies croisées s'il s'agit d'une destruction d'un centre moleur cortical, ou bien des convulsions croisées dans le cas d'irritation de ce même centre. Mais si une lésion localisée peut déterminer la paralysie ou la convulsion parallèle d'un groupe musculaire, il n'en demeure pas moins certain que cette lésion donne lieu en même temps à uiî affaiblissement de l'ensemble des fonctions motrices et sensitives. C'est ainsi que si les phénomènes locaux paralyti(|ues ou convufsifs consécutifs à une lésion corticale localisée prouvent une cerlaine indépendance fonctionnelle des diverses régions, la possibilité de la généralisation des phénomènes fonctionnels prouve non moins la solidarité qui unit les différentes parties de l'encéphale entre elles. C'est là une fédération d'organes qui concourent à un même but, et l'un d'eux ne peut souffrir sans que les autres s'en ressentent du même coup. - Une faible excitation de certains centres donne lieu à des mouvements croisés seulement; une excitation plus forte provoque des mouvements bilatéraux L est amsi que se généralisent les convulsions dans l'épilepsie Jacksonnienne

Cette solidarité rend compte qu'il peuf s'établir des suppléances fonctionnelles entre les parties d'un même hémisphère ou entre les parties homologues des deux hémisphères soi immédialemenl -après, soit après un temps plus ou moins long après la lésion. Du' seu fait qu une lésion limitée de l'écorce aboutit à la dégénérescence descendante systématique (par suppression du centre trophique) d'un groupe de fibres nerveuses qu'on

localisa.^r'' , T " ''P'"^' ^""^'^ "'"''1'^. doctrine des

localisations cérébrales ne resle-l-elle pas démontrée? Or ces. faits sont aujourd'hui non>breux, et I on connaît bien (Kos,,ewnikoi.-., Cu.rco. et Mak.e, KAn:.i.K e P ck e c ) b sclérose systématique des cordons latéraux de la moelle s'accompagnant de dténé 4 cence du centre ovale et de la région psycho-motrice de l'écorce dt.eneies-

Nous ajouterons que la dégénération descendante secondaire |,ar suppression des cel iules Irophlques corticales (ganglions corticaux) ne se produit pas ' r r^^^ m^^^^^^ omme chez l'nomme; chez quelques-uns elle peut môme faire céfau ,, ne farZc pa conclure que, parce qu'un animal à qui on a enlevé une rondelle d'é o.ce ér brale sans qu.l survienne de raralysie correspondanle. les localisations céX'les ne son?

r Sir ;;::TrLï-~™^

CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU

§ III. — Conformation intérieure du cerveau.

Maintenant que nous connaissons la surface extérieure du cerveau et ses circonvolutions sur lesquelles du reste nous reviendrons encore a propos de la question des localisations cérébrales, il nous iaut pénétrer plus prolllnent dans cet organe et en étudier l'a-hitecturo. Il nous fau appren^ dre à connaître les rouages de cette machine si con>plexe , il nous lau en p endre les pièces une à une, comme on prend les pièces d'une n.ach ne îes unes après les autres quand on la démoule, alin de nous fauuhariser, a" c la construction des parties et de l'ensemble de ce merveilleux

utme inférieure du cefveau (plancl.er du ventricule -OJ-) et la lame commissurale supérieure (corps calleux) réunissent ' ^^l^Jj^'^^'^^JZ moitiés du cerveau. Mais ces deux lames ne sont pas appliquées 1 une sur ?aù e • eîles la ssent entre elles sur la ligne médiane un espace ou étage dont le; pai^i latérales sont formées par des masses ganglionnaires pro- ?onl appe ées couches optiques : cet espace, c'est le ventricule moyen

(22 ng 128),établissentcependantuuecommunicat.onentreIevenuicu j un compte très exact a 1 aide u un cei

frontales et sagittales. i., milinue une coupe horizontale

Si avec un couteau à cerveau tenu ^^^ ^'^^n au-dessus du corps

du cerveau reposant sur sa base a un ^^^/^ » ° , , hémisphère

calleux, ou obtient une surface de ^^^^^^^^^ L siuueuse : c'est une surface ovalaire blanche, entourée d une mdme^^^^ centres sont

\e cenlre ovale de Viai-d'Azyr. En avant et en a '«^ séparés l'un de l'autre par la scissure inlerhémisphéuque.

CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU

Lorsqu'on pratique la section juste au-dessus du corps calleux, on obtient une surface de section analogue dans chaque moitié du cerveau, mais les deux ovalaircs sont réunis transversalement l'un à l'autre parle corps calleux : c'est là le centre ocak de Vieussens (lig. 131).

En continuant les coupes de haut en bas, on tombe successivement sur le corps calletix, la cloison transparente, le trigone cérébral, la toile choroidienne et la glande pinéale, le ventricule moyen sur la ligne médiane, et latéralement les ventricules laléraicx et les corps opto-striés.

Page 1