Ventricules latéraux
Les ventricules latéraux, grands ventricules, ventricules supérieurs (fîg. 141 et 142) sont deux grandes cavités creusées dans les hémisphères du cerveau, séparés du ventricule moyen par le trigone, et celui du cAté droit de celui du côté gauche par le seplum lucidum, — mais conuuuniquant néanmoins ensemble el par l'intermédiaire du troisième ventricule par les trous de Monro. Ils- représentent le reste de la cavité des vésicules hémisphériques de l'embryon.
On peut les considérer comme formant un canal curviligne, canal circumpédonculaire, qui embrasse les pédoncules cérébraux et les gros ganglions de la base du cerveau qui leur font suite, c'est-à-dire les corps opto-striés. Ils
CONFORMATION INTÉRIÉUnE DU CERVEAU
sont limités par deux parois, l'une supérieure, l'autre inférieure ; deux bords, l'un interne, l'autre externe, et présentent trois prolongements, l'un antérieur, corne frontale, l'autre postérieur, corne occipitale, et le dernier inférieur, corne sphénoidale. L'endroit où se rencontrent les trois cornes porte le nom de portion commune, ou de carrefour du ventricule. Il siège à la partie postérieure de la couche optique.
Paroi supérieure. — La paroi supérieure ou voûte des ventricules latéraux est formée par la face inférieure du corps calleux.
Fig. 142. -Moule des cavités venlriculaires obtenu en coulant du plâtre par le trou de Magendie
(VU de face). ^
1. lame terniinale (vulve) ; 2. aqueduc de Sylvius ; 3. corne frontale du ventricule latéral ; 4 corne sphénoidale ou temporale ; 5, corne occipitale ; 6. carrefour du ventricule latéral- III ventricule moyen (3' ventricule); IV. quatrième ventricule.
fnrmr°n ~ ''""^^''^^''^ ^u plancher est essentiellement
lormee par les ganglions centraux des hémisphères cérébraux. On y trouve
viSr/''""' ; r eris-rougeàtre antéro-ex terne en forme de
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m 4Vf m^f'^^^= ^'r^ ^"'"'^ '^•^'^'^^^"■^ triangulaire suDérleurf'i' i ^ n' '• ^^"'^"^ (P^''''« de la face
supérieure seulement) qui présente eu avant une sorte de petit mamelon
corpus album subrotondum (Vi.usskxs) tuberculum «m.rt ' (Vicq n Azva)
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
En dedans de la couche optique le plancher venlriculaire est conslilué par la face supérieure du Irigone cérébral.
Entre le corps strié et la couche optique existe un sillon oblique d'avant en arrière et de dedans en dehors et arqué sur lui-même, sillon inlermédiaire ou opto-strié, qui loge un Iractus blanchâtre d'une nature complexe. Il contient en allant de la superficie à la profondeur : 1° un petit ruban blanchâtre, lame cornée, stria cornéa (32, fig. 140), formée par un épaississemcnl de l'épithélium épendymaire doublé de quelques libres nerveuses ; 2° la reine du corps slrié (33, fig. 140), qui chemine au-dessous de la lame cornée, reçoit des affluents du corps strié et, finalement, traverse le trou de Monro pour se jeter dans les veines de Galien; 3" un nouveau ruban blanchâtre, bandelette semi-circulaire, tœnia semi-circularis (34, fig. 140, 12, 22, fig. 150) qui, de l'extrémité antérieure de la couche optique, se porte vers l'extrémité antérieure de la corne sphénoïdale, après avoir embrassé, comme dans une demiceinture, le pied de la couronne rayonnante de Reil. Le Iractus logé dans le sillon opto-strié doit être considéré comme un faisceau blanc qui contient dans son épaisseur la veine du corps strié.
Fig. 143. — Moule des cavités ventriculaires (vu de côté). 1, corne frontale du ventricule latéral; 2. empreinte du sillon opto-strié; 3, corne occipitale ; 4 corne eraporale; 5, carrefour venlriculaire; 6. ventricule moyen ; 7. quatrième ventricule ; s' canal central de la moelle épinière; 9. vulve; 10. recessus opticus ; 11. Infundibulum du 3' ventricule : 12, trou de Monro; 13. commissure moyenne; 14. empreinte du corps godronne ; 15, anus.
Les fibres qui le composent naîtraient, selon Luvs, du ganglion olfactif de la couche optique, et selon Meynert, de la tôle du noyau caudé. - Schwalbe, au conlrau-e. lui assigne pour origine le pilier du Irigone et le fond de la partie antérieure de la corne frontale - Ce qu'il y a de certain, c'est que le tœnia semi-circulans (12, 22, lig. loO) se recourbe en arrière avec la queue du noyau caudé, l'abandonne alors pour suivre le plafond de la corne sphénoïdale (9. fig. 146. B) et se termine dans le noyau amygda . en qui occupe l'extrémité du lobe temporal et n'est qu'une dépendance de la circonvolution
L^rœnTse^mi-circulaire n'est donc qu'une voie d'irradiation cortlco-oplique propre au
lobule de fhippocampe, comme le Irigone. c„nArin„rP Sur le plancher du ventricule, nous trouvons encore, reposant sur la lace supériem^ de la couche optique, le bord externe du Irigone et les plexus choroKles du venl cule latéral qui s'étendent des trous de Monro jusque dans la corne si3hénoidale et ne «on qu «ne expansion de la toile choroïdicnne. - Ces plexus (9. lig. 141) pénètrent dans les ventucules
CONFORMATION INTIÎIUEUUE DU CERVEAU
latéraux par la fenlc que forme le l)ord exlerne du Irigone en venaut s'appliquer sur la couche opllque correspondante, mais 11 est ù remarquer que la paroi ventriculaire ne présente pas de solution de continuité à ce niveau. — La fente que nous venons d'indiquer répond en effet, à la scissure ([ue le prolongement de la faux primitive se creuse sur la face interne des hémisphères, dont les parois sont refoulées ainsi et considérablement amincies (réduites à l'épithélium épendymaire), mais non délruiles. — On comprend dès lors que les plexus choroïdes des ventricules latéraux (jui ne sont qu'un lacis de capilldires pelotonnés et formant dans leur ensemble un tractus rou^eùtre et granuleux, ne soient pas en réalité dans la cavité des ventricules bien qu'ils reposent sur leur pl.incher : ils sont seulement invaginés dans cette cavité dont les sépare une couche épithéiiale de recouvrement de nature épendymaire, adhérente d'une part au bord externe du trigone et de l'autre à la couche optique près du sillon opto-strié.
Fig, m. — Coupe sagittale médiane de l'encéphale (Photogravure).
1, chiasma optique et infundibulum ; 2, bandelette olfactive; 3, tubercule maraillaire ; 4, commi.ssure blanche antérieure ; B. genou du corps calleux ; 6, 0. soie de porc qui passe à travers le troudeMonro; 7, cavité du ventricule latéral gauche dans le fond duquel on voit le corps strié (noyau caudé) ; 8, voûte cérébrale; 9. plexus choroïdes du ventricule latéral; 10. couche optique; 11, glande pinéale; 12, bourrelet du corps calleux; 13, scissure occipitale interne ; li, tubercules quadrijuraeaux ; IS. quatrième ventricule; 16, cervelet; 17, pont de Varole ; 18, bulbe rachidien.
Bord interne. — Il est formé en avant par le seplum lucidum où il représente une véritable face, et en arrière par l'union sur la litrne médiane du corps calleux et du trigone.
Bord externe. — 11 résulte de la rencontre et de l'union de la paroi supérieure (corps calleux) et de la paroi inférieure (libres divergentes du corps strié).
Corne frontale. - Elle se présente sous la forme d une dépression plus ou moins profonde selon les sujets, dépression formée par la concavité du genou du corps calleux qui circonscrit en avant la tète du noyau caudé (3, lig^ 142; 1, fig. 143; H, fig. 150). Elle s'abaisse en avant, et chez l'embryon elle communique avec la cavité du lobe olfactif..
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
Corne occipitale (I). — Lo prolongenienL occipital, curnc occipitale, catiU digitale ou ancyroïde (3, fig. 143; 5, fig. 142; 5, lig. 145; cp, lig. 148; 21, ûg. lliO) part de la cavité du ventricule latéral au niveau du bourrelet du corps calleux (angle postérieur du carrefour ventriculaire), et s'enfonce directement en arrière dans l'épaisseur du lobe occipital, sous la forme d'une cavité en doigt de gant légèrement courbée sur elle-même en dedans.
Ce prolongement représente une cavité prismatique et triangulaire. On lui décrit : une face supéro-externe formée par la partie postérieure de la corne occipitale du corps calleux ou forceps major; une face inférieure, légèrement bombée par suite de la saillie d'un faisceau blanc longitudinal, fasciculus tongitudinalis inferior de Burdacb, qui fait partie de la masse blanche qui constitue le lobe occipital et forme le plancher de la cavité ancyroïde ; — une face interne qui présente une saillie blanche conoïde,
Fig. 148. — Coupe longitudinale verticale à travers l'hémisphère gauche, montrant le ventricule
latéral avec ses trois cornes.
1, 2, portions intra et extra-ventricnlaires du corps strié séparées par 3, capsule interne; 4, origine de la corne frontale; 5, corne occipitale; 6, ergot de Morand; 1, corne sphénoidale; 8. corne d'Ammon ; 9, plexus choroïdes ; 10, coupe du corps calleux ; 11, commissure antérieure' 12, lobe frontal ; 13, lobe sphénoidal ; 14, lobe occipital ; IS, fond de la scissure de Sylvius.
de volume variable selon les sujets, et qui fait défaut chez quelques-uns (Wenzel, Longet, etc.), ergot de Morand, calcar avis, petit hippocampe (6, fig. 145; 7, fig. 146; A, vk, fig. 148). — Celte saillie correspond à une région de la surface de l'hémisphère fortement déprimée par la scissure calcarine, mais ce n'est pas une circonvolution retournée comme on a l'habitude de le dire. — Sa face inférieure se confond avec la paroi de la corne sphénoïdale et sa base se continue avec le bourrelet du corps calleux et l'origine de la corne d'Ammon. — Hkni.e décrit au-dessus d'elle un deuxième renflement longitudinal, qui existe en effet chez certains sujets, bullms cornu posterius, qui ne serait autre chose que la saillie du forceps major du corps calleux dans la cavité digitale.
(1) La corne occipitale est spéciale à l'Hoiiimei aux Singes, aux Phoques, aux Marsouins.
CONFORMATION INTÉniEtIRE JÏU CERVEAU
Corne sphénoïdale. — Le plus considérable des prolongements du ventricule latéral, la corne sphénoïdale, temporale ou réiléchie (4, fig. 142 et 14:i; 7, t(g. 143), se détache de celui-ci au même niveau que la corne occipitale, c'est-à-dire au niveau du carrefour, mais se recourbe aussitôt en bas pour pénétrer dans le lobe sphéuoïdal qu'elle parcourt en s'enroulant pour ainsi dire autour du pédoncule cérébral correspondant qu'elle embrasse par son bord interne. Aplatie de haut en bas et incurvée sur elle-même en dedans, on lui décrit deux faces ou parois, deux bords et deux extrémités.
Fig. 146. — Coupe horizontale des hémisphères du cerveau.
A. — Coupe horizontale passant par la commissure blanche antérieure (coupe vue d'en haut). — 1, genou du corps calleux ; 2, cloison transparente; 3, pilier antérieur de la voûte; i, ventricule moyen ; S. bourrelet du corps calleux ; 6, pilier postérieur de la voûte ; 7. ergot de Morand; 8, cavité de la corne occipitale du ventricule latéral ; 9, queue du noyaîi caudé ;
10. avant-mur, 11. capsule interne; 12, capsule externe ; 13, commissure blanche antérieure ;
11, noyau lenticulaire du corps strié; 13. bras antérieur de la capsule interne; 16. tête dû noyau caudé ; 17. corne frontale du ventricule latéral.
B. - Coupe horizontale du lobe temporo-occipital pour dégager la paroi supérieure du ventricule
latéral (l'hémisphère est renversé). - 1. chiasma optique et glande pituitaire ; 2. espace interpedonculaire; 3. pédoncule cérébral coupé en travers; I, bourrelet du corps calleux ■ 5, corps bordant coupé en travers ; 6, lapis de Rcil ; 7. corps genouillé interne ; 8. corps genouillé externe ;0. tœnia semi-circulaire; 10, queue du noyau caudé ; 11. bandoletle optique; 12 noyau amygdalien ; 13. espace perforé antérieur; li. racine blanche externe du nerf olfactif; 15, lobule orbitaire ; 16. bulbe olfactif; 17. centre ovale de l'hémisphère
La paroi supérieure (6, fig. 146), légèrement concave, est formée par le prolongement sphénoïdal du corps calleux ou tapctum (tapis de Reil).
CONFOnMATION INTlîniIÎURE DU CKRVEAU
On y voit de dehors en dedans : l'exlréinilé réllécbie du noyau caudé (10, fig. 14&, B), la partie spliénoïdale du tœnia semi-circularis (9, fig. 146, IJ), la partie inférieure de la couclie opiique doublée du pédoncule cérébral et de la bandelette optique allant se perdre à ce niveau dans les corps genouillés (3, 7, 8, fig. 140, B).
La paroi inférieure est voilée par les plexus choroïdes. — Elle présente trois formations curvilignes et concentriques, qui sont de dehors en dedans : 1° la corne d'Amman, 2° le corps bordant, 3° le corps (jodroiiné.
Fig. 147.— Coupe horizonlale du lobe temporal pour découvrir la formation ammonique après renversement en arrière du lobe temporal (Photogravure).
1, bandelette olfactive; 2, espace perforé latéral; 3, tubercule mamillaire ; 4, fenle de Bichat (partie latérale); 8, coupe du pédoncule cérébral préséntant le locus niger, le noyau rouge, l'aqueduc de Sylvius et les noyaux gris des éminences bigéminées ; 6, fascia cinerea remontant autour du bourrelet du corps calleux ; 7, bourrelet du corps calleux ; 8, corne d'Ammon ; 9, corps bordant; 10, cavité du ventricule latéral (carrefour); 11. pulvinar de la couche opiique; 12. corps genouillés; 13, locus niger; 14, bandelette opiique; 1£, glande pituitaire ; 16. tête du noyau caudé ; 17, corne frontale du ventricule laléral ; 18. centre ovale de l'hémisphère.
1° La corne d'Ammon, pied d'hippocampe, grand hippocampe, corne de bélier (8, flg. 145 et 146, et am, lig. 148), est une grosse saillie blanche cylindroïde qui décrit une courbe senii annulaire à concavité tournée en dedans. Elle se termine en avant par une extrémité épaissie et élargie présentant trois à quatre bosselures séparées par des sillons. — Cette disposition, qui rappelle vaguement l'aspect d'une griffe d'animal, a valu à la corne d'Ammon le nom de pied d'hippocampe. Sa longueur mesure de 4 à o cent.
Libre par sa face supérieure qui fait saillie dans la cavité du ventricule, alteus, elle est recouverte par une lame blanche (|ui provient de
CONFORMATION INTliaiEUmî DU CERVEAU
l'épanouissement d'une partie du pilier postérieur du trigone ; — adhérente par sa face inférieure, elle fait corps avec la circonvolution de l'hippocampe qui lui forme une sorte de lit, subiculum de la corne d'Ammon. — Son bord externe s'unit au prolongement spliénoïdal du corps calleux (tapis) ; — son bord interne est bordé par la bandelette de l'hippocampe et loge dans sa concavité, le çorps godronné. Son extrémité antérieure se continue au niveau du crochet (uncus) avec la circonvolution de l'hippocampe, et son extrémité postérieure avec la base de l'ergot de Morand et le bourrelet du corps calleux.
Fig. 118.- Corps oplo-striiis, vus d'en liaat, et corne d'Ammon après ablation du corps calleux et du fornix.
bk, part e antérieure du corps calleux ; cd, corne frontale du ventricule latéral ; st, noyau caudé du corps strié ■ se lœnm sentl-c.rculaire ; th, couche optique; cm, ventricule moyen; z, glande piuéale; fx' pilier postérieur illn , Z""" ." !" °'=«'P'""« ventricule latéral; vk, ergot de Morand; cl, corne
temporale du ventricule latéral; am, corne d'Ammon. , , uo
La corne d'Ammon n'est autre ciiose qu'une circonvolution (circonvolution de l'hippocampe) dont la partie blanche fait saillie sur le plancher du ventricule latéral (;j, lig. 149). Le subiculum est remarquable par le puissant développement de ses grandes cellules pyramitlales. Comme le corps godronné, il appartient aux centres olfnclifs.
On a assez fréquemment signalé la sclérose ou Talrophie de la corne d'Ammon dans
CONl'OnMATION INTÉRIKIJRE DU CEHVKAU
l'épilepsie, mais la corne d'Ammon n'est pas le siège exclusif de la sclérose chez les ^'pilepliqucs (Cn. Féré, Epilepsies et ('■pilepliqites, 1890, p. 441). Dans la démence stérile, Beliakokk y a noté une prédominance des lésions scléreuses, et Chvostkk l'a rencontrée considérablement atrophiée dans un cas de paralysie agitante. Chez les aliénés j'ai constaté qu'elle était soument très atrophiée.
Fig. 149. — Plancher du ventricule latéral gauche.
1 , écorce grise de l'hémisphère ; 2, centre ovale de l'hémisphère; 3, noyau amygdalien ; 4, cavité, du ventricule ; 5, corne d'Ammon ; 6, pied d'hippocampe ; "7. corps godronné ; 8. corps bordant; 9, circonvolution de l'hippocampe; 10. ergot de Morand. *
2° Corps bordant. — Le long du bord concave de la corne d'Amniou, on trouve une lamelle blanciie qui en suit la courbure, c'est le corps bordant, corps bordé, corps frangé, bandelette ou tania de rhijrpocampe, funbria (9, lig. 147; 8, fig. 149; 23', fig. 150). — Cette bandelette représente le prolongement du pilier postérieur du trigone avec lequel elle se continue par son extrémité supérieure ; par son extrémité inférieure elle se perd dans le crocbet de l'iiippocanqje. — Son bord externe .se continue avec le revêtement blanc de la corne d'Ammon ; son bord interne, légèrement concave et entièrement libre, répond à la partie latérale de la fente de Bicliat. A la face inférieure du corps calleux les deux corps bordants ou piliers postérieurs du trigone, qui vont bientôt s'unir pour constituer la bandelette géminée (corps du trigone); s'envoient réciproquement les libres blanches transversales qui contribuent à former la lyre.
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
3° Corps (jodronnè. — En soulevant le corps bordant, on aperçoit auclsssous et eu arrière de lui, une autre bandelette de couleur grise, située comme la précédente dans la courbure de la corne d'Ammon ; c'est le corps godronné, corps denti\ fascia denlata (7, lig. 149). Son bord externe adhère à la concavité de la corne d'Ammon ; son bord interne, concave et libre, présente une série de douze à quinze petites éctiancrures qui lui donnent un aspect festonné, d'où le nom qu'on lui a donné de corps godronné. Sa face inférieure est séparée de la circonvolution de l'hippocampe par un sillon très étroit et profond, le siUo7i de l'hippocampe lig. loi). — Son extrémité antérieure se continue avec le revêtement cortical du crochet de
Fig, 150. — Schème d'une coupe sagittale de l'hémisphère pour montrer la forme du ventricule
latéral et la formation ammoiiienne.
1, oovps calleux; 8, genou, et 3, bourrelet du corps calleux ; 4, tuhercule mamillaire; 5. espace perforé antérieur; S' couche optique; 6, bandelette olfactive ; 6' calotte du pédoncule; 1, commissure blanche antérieure ; 8, pilier antérieur du trigone coupé en travers ; 9, tœniaî tectœ; 10, tête du noyau caudé ; 11, cavité de la corne frontale du ventricule latéral (en noir) ; 12, tœnia seini-circulaire ; 13, trou de Monro ; 14, sillon de Monro ; 15. flèche engagée dans l'anus ; 16, frein de la glande pinéale ; 17, commissure blanche postérieure ; 18. glande pinéale; 19. pulvinar de la couche optique; 20, fascia cinerea; 21, corne occipitale du ventricule latéral ; 22, tœnia semi-circulare ; 23. corne temporale du ventricule latéral • 23'. corps bordant; 24. noyau rouge ; 2S, locus niger ; 28, pied du pédoncule cérébral ; 27, fascia dentata; 28, bandelette de Giacomini ou du crochet de l'hippocampe; T t. T 6, quatrième et cinquième circonvolution temporale.
l'hippocampe, après s'être dégagée du sillon qui sépare la circonvolulion de l'hippocampe de son crochet et après être remontée sur la face interne du crochet sous la forme d'une bandelette lisse de couleur cendrée, handelette du crochet (28, llg. 1.^50, :t, fig. loi), ainsi que l'a bien spécifié Giacomini 1884). Le corps godronné est remarquable par ses grandes cellules pyramidales radiées, mais surtout par une bande de cellules ovoïdes avec d énormes noyaux que l'on a appelée le strate nucléaire.
CONFORMATION INTlilUlCUlUC DU CBRVICAU
En arrière, le corps godronn^ change un peu d'aspect. Avant d'arriver au bourrelet du corps calleux, il est moins ondulé, moins bosselé et s'éloigne du corps bordant. A ce moment il change de nom, et on l'appelle fascia ciwrea (O, lig. 147, 20, lig. lliO, et 10, lig. 151). Sous cette forme il monte obliquement en haut et en arrière pour atteindre le splénium du corps calleux, contourne ce splénium et, arrivé ainsi sur la lace' supérieure du corps calleux, il se continue avec les tractus longitudinaux ou nerfs de Lancisi et les tœniœ tcctœ (9,9, lig. lÎjO, 12, fig. 151). Au moment où il s'éloigne du corps bordant, il reste séparé
Fig. 151. — Face interne de l'hémisphère droit du cerveau de l'homme, sommet du lobe temporal ; 2. crochet de l'hippocampe; 3. bandelette du crochet ou bandelette de Giacomini; 4. circonvolution de l'hippocampe (TO); 5. sillon de 1 h.ppocampe ; 6. circonvolution godronnée ou fascia dentata (circonvolution limbique); 7, corps bordant (pil.er postérieur du trigone cérébral) ; 8. cavité ventriculaire ; 9, 10, fascia cinera (circoavolut.on souscalleuse) ; 11. bourrelet du corps calleux (splénium); 12, tractus long.tudmal de Lanc.si (portion sûs-ckueuse de circonvolution godronnée ou limbique) ; 13. gyrus forn.catus (c.rconvol£n drcorps calleux); U. genou du corps calleux ; 18. champ olfactif; IC. comm.ssore blanche antérieure ; 17, trou de Monro ; 17' coupe du pédoncule cérébral.
de la circonvolution de l'hippocampe par un petit espace où on voit assez souvent trois ou quatre petites saillies irrégulières qui, étudiées dans ces derniers temps par Mathias Duval, Zukehkandl, Rkt/.ius et Giacomini paraissent être des circonvolutions sous-calleuses rudimenta.res (9, tig. l;.l), homologues aux circonvolutions sous-calleuses si développées chez certains
Mammifères. ^ , -i „„t
Le plus souvent le triangle sous-calleux reste lisse. Selon Brissaud il est
composé par les fibres du trigone qui vont former l'alveus.
CONFORMATrON INTKRIEUnE DU CERVEAU
Par les traclus de Lancisi, les corps godronnés descendent dans les pédoncules du corps calleux, c'esl-à-diro dans le champ olfactif, pour aller se continuer avec les orif^ines du nerf olfactif, notamment la bandelette diagonale (Tholaud) cl la racine olfactive interne (Foville, Mkvnkut). On conçoit maintenant que l'on ait regardé la circonvolution ammonique et la circonvolution godronnée comme les centres corticaux de l'olfaction, puisque la circonvolution de l'iiippocampe ou ammonique va se continuer avec celle du corps calleux, et la circonvolution godronnée avec les tractus de Lancisi ou circonvolution sous-limbique, constituée par de la substance grise traversée par des fibres blanches, disposition structurale qui lui donne l'aspect réticulé. — La circonvolution godronnée (fascia dentata et tractus de Lancisi) paraît donc être, chez rilomme, une circonvolution olfactive en voie d'atrophie.
La fascia dentala est plus ou moins développée ; parfois très apparente, d'autres fois complètement cachée dans le sillon de l'hippocampe.
La fascia cinerea, très réduite d'ordinaire, dans l'espèce humaine, peut dans certains cas, reprendre beaucoup de son importance en présentant un volume et une surface tourmentée, très godronnée, que Tarin et Vicq-d'Azyr avaient déjà remarqués. Or, comme chez les Mammifères inférieurs aux Primates, comme nous l'avons vu (Voy. Bôle, Le lobe limhique chez l'Homme et chez les Mammifères (Thèse de Lille, 1893), et comme Retzius, Zuc-
KERKANDL, GlACOMINI, TeNCHINI et NeGBINI l'ont
Indiqué aussi, ce corps est représenté par une petite circonvolution coudée sous le splénium du corps calleux (circonvolution sous-calleuse) qui s'unit d'un côté au fascia dentata et se continue de l'autre avec les Ueniœ ieclœ, on voit de suite la valeur de cette formation pour déceler la valeur morphologique du corps godronné et ses rapports avec le lobe limbique de P. Broca. L'exagéralion de la fascia cinerea et de ses éminences n'est donc qu'un rapprochement atavislique avec le cerveau des Mammifères ordinaires.
La fascia dentala peut faire défaut chez les Microcéphales ; c'est ce qu'a observé MiERjEiwsKi en 1872. ^ ""oci>c
Fig. 1S2. — Coupe liansversale de la région ammonique.
Ci, cavité ventriculaii'e ; r, éi oroe grise da la circonvolution de l'Iiippocampe ; H, circonvolution de l'hippocampe recouvorto de la substance réticulaire blanche ; fd, circonvolution godronnée ; sl.alvéusde la corne d'Ammon ; H, corps bordant.
I nous reste enfin à faire mention d'une émineuce accessoire et inconstante s.tuee sur le plancher de la corne sphénoïdale au-dessus et en dehors de la corne d Ammon, awissart de Malacarne, éminence collatérale de Meckel « cmoir. rf« p^ed cmppoca>npe de Vicq d'Azyr, résultat de la pénétration et du relief de la quatrième temporale dans la corne temporale.
Pour bien comprendre la disposition réciproque de la corne d'Ammon, du corps bordant vol-Uon delh.ppocamp, que «,«al„s aulcurs .ppel,.„, 6 ce niveau .ubu'Ji'm Tl.
Debicrre. — 18.
CONFORMATION INTÉUIlîUni-: DU ClîRVEAU
corne d'Ainmon (7, lig. VS.i) ; — 3» que le corps godronné (fd, lig. 1!i2, el5, fig. 153), à son tour, csl une dépendance de celle substance grise, se conlinuant d'une pari par la fascia denîala, cl de l'aulre avec la fnxcia cinereci; — 4» que la circonvoluUon de l'hippocampe est lapissôe, à sa face inlerne par une lame blanche (lame blanche externe ou subslance blanche rcHiciilaire d'Arnold) quL s'enfonce dans la substance grise de la corne d'Amnion (subiculum) en s'cnroulanl sur ellermômc en S italique (3, lig. 153) et en s'eflilant de plus en plus jusqu'au moment où elle disparaît (lame nucléaire enroxUée) : celle lame médullaire circonvolulée se continue donc avec la substancia
Fig. 1S3. - Coupe ti-an versale de la région aramonique da cerveau de l'homme (figure en partie schématique).
1 substance médullaire de la circonvolution de l'hippocampe (T 5) ; 2, circonvolution Je n;iPP°- • ampe 3 "uîstance réticulaire blanche d'Arnold ; 4 sillon de '^^^^'^Z^^nr^^e Tt^^ godronnée;C. corps bordant; 7,stratnm radialum la cu.con.volutmn godronnée 8^s^ Lanulosura • <J s ratum radiatum de la circonvolution de l'hippocampe ; 10, couche de pet tes truSé;" ;es = il strarum lacunosum ; 1-2. eouci^e de grandes -Hu.es py,.m.da es s . um radiatum); 13. sillon cortical (ST4)-, U. alveus de la corne d A.T,mon , ^^.^ '^^'1";^ ™ latéral ; 10, plexus choroïdes des ventricules ; n et 18, paro> interne am.nc.e et re.oulee de la cavité ventriculaire; 19 corps genouillés.
relicularis alba de la circonvolution de l'hippocampe (3, .'.g 'f:J^^;i^ZmZ Dorlion -rise de la corde d'Atn.uon.on trouve une lame blanche arquée ( amc blancne ^:Z:Zle nucléaire), plus ou n.olns apparente selon ^-"^^^^^^'^X^^ ^ lame blanche moyenne de l'écorce du cerveau; - b" que ^ ^"^^'^'^j^^^';^^ delacorned'Ammon et du corps bordant se contmue vec la ^^^f^'^uTd't^^^^^^^ centre ovale de môme que la substance grise du corps godronné, de la coine d Ammon Tdeîa chtnvolution d'e l'hippocan,pe forme une seule et n,ème couche qu. se rattache à l'écorce grise des hémisphères.
CONFORMATION INTl'cRIEURE DU CERVEAU
Après cette exposition, la signification morphologique de la formation ammonienne devient facile à trouver. Avec Mathias Doval, nous devons admettre ici deux circonvolutions, l'une supérieure, rudimenlaire, la circonvolution godronnde (B, fig. i;53), l'autre inférieure, la circonvolulion de l'hippocampe (2, flg. 153). Enlre les deux, il y a un sillon comme dans le reste de l'écorce, où un sillon sépare toujours deux circonvolutions voisines, C'est la fissure de l'hippocampe, ou sillon d'Ammon (4, fîg. 1S3), dont la présence détermine la saillie ventriculaire appelée corne d'Ammon. Au niveau du bourrelet du corps calleux, la circonvolution de l'Iiippocampe se continue avec la circonvolution du corps calleux pour constituer avec elle le lobe limbique, et la circonvolution godronnée se continue avec les tractus de Lancisi pour former avec eux une circonvolulion inira ou sous-linibique, qu'il serait peut-être même plus vrai de regarder comme la vraie circonvolution limbique, puisque c'est elle qui borde le limbe de l'hémisphère. (Voy. Mathus Duval, f.a corne d'Ammon (Arch. de Neurologie iSSS,); — G. Golgi, Rech. sur l'histologie des centres nerveux (Arch. ital. de Biologie, p. 103, t. IV, 1883); G. Giacomini, Fascia denlaladii grand hippocampe (Arch. ilal. de Biologie, p. 1, 205, 396, t. V, 1884); Trolard, Arc/i. de Neurologie, p. 183, 1891.— Bole, Thèse citée, 1893).
Fis. liii.
Structure de la circonvolution hippocampique (Figures en partie schématiques).
A.Eléments de la circonvolulion de l'hippocampe: 1. couche de fibres nerveuses (alvéus) • -2 couche des cellules étoilees; 3. couche des grandes cellules pyramidales ; 4. siratutn laciniosum et stratum lacunosum; 5. svbstaniia reticularis alba. - B. Eléments du stratum eranulosum de la circonvolulion godronnée vus en place - et C. un de ces éléments Isolé
Le bord externe de la corne sphénoïdale est formé par la réunion des parois supérieure et inférieure; il décrit une courbe parallèle à la brancbe externe de la scissure de sylvius.
Le bord interne forme la partie latérale de la fente cérébrale de IMchat limitée en haut par la face inférieure de Ja couche optique, en bas par là c.rconvo ulion de l'hippocampe. - Celte fente laisse pénétrer dans le ventricule latéral les plexus choroïdes, qui restent coi fïés d'une lame d'épilbélium
^ca^'i^ v! • "«^ ^^^^^^ ^ proprement parler, dans
la caute veulr.culaire (1.5, lig, 153, et 22, lig. 155). - Cet épithélium s'insère en haut sur l'extrémité réiléchie du tœnia semi-circularis eu bas T m e crête longitudinale que présente le corps bordant (Schwalbe). - 11 s'en ni!
CONFORMATION INTtniEURE DU CERVEAU
qu'une partie de ce dernier et tout le corps godronné sont réellement en dehors des cavités venlriculaires.
L'extrémité antérieure de la corne sphénoïdale est un cul-de-sac qui se termine à 20 millimètres environ du sommet du lobe sphénoïdal, c'est-à-dire qu'elle répond à la partie antérieure de la fente de Bichat et qu'elle est très rapprochée de la scissure de Sylvius. — On y voit un petit renflement qui répond au noyau amygdalien, situé dans la pointe du lobe temporal (12, fig. 146, 24, fig. 172) et dépendance de l'écorce qui forme l'espace perforé latéral.
L'exirémité postérieure s'ouvre dans le carrefour du ventricule ou point de réunion des trois cornes.
La contracture précoce des hémiplégiques, a-l-on dit, pourrail-ôlre la conséquence des épanehemenls iulra-vcnlriculaires aussi bien que le résultat d'héniorrhagies méningées. Mais si les épanehemenls séreux, sanguins ou purulents venlriculaires, survenant brusquement ou étant d'emblée très abondants, s'accompagnent de phénomènes convulsifs, cela tient à l'irritation de la capsule interne par la compression brusque des parois venlriculaires (CoTTY, Thèse de Paris, 1879). A\issi les épanehemenls peu abondants ou lentement développés ne s'accompagnenl-ils pas de phénomènes convulsifs.
L'épendyme pourrait devenir le siège de l'innammalion (Bartbez et Rilliet); dans la paralysie générale, elle présente souvent des épaississemenls, des granulations, (DucHET, Magnan, etc.).
Dans l'hydrocéphalie congénitale, les ventricules du cerveau, sont énormément agrandis, et les hémisphères sont transformés en une sorte de poche à paroi mince. Dans ces cas. les trous de Monro sont assez grands pour laisser passer le doigt. Chez les vieillards, les ventricules latéraux sont plus grands que chez l'adulte. Je les ai trouvés très élargis à plusieurs reprises sur des cerveaux daliénés.
Dans ces derniers temps, on a proposé de pratiquer la cranieclomie et le drainage des cavités venlriculaires dans l'hydrocéphalie congénitale.
y EpENDYME et liquide VENTRICULAIRE.
Les cavités du cerveau sont revêtues par une membrane mince et lisse à laquelle on a donné le nom d'épendyme. Celte membrane a une surface adhérente qui repose sur la paroi des ventricules et une surface libre qui répond à leur cavité. Partout continue à elle-même, elle passe des ventricules latéraux dans le ventricule moyen en franchissant les trous de Monro et du ventricule moyen dans le quatrième ventricule en suivant le canal de l'aqueduc de Sylvius. Du quatrième ventricule elle passe dans le canal central de la moelle. L'épendyme forme ainsi une cavité close qui ne communique avec les espaces sous-arachnoïdiens que par le trou de Magendie et les trouS de Luschka. - Aussi s'explique-t-on que la. cavité des ventricules cérébraux renferme un li(|uide séreux et transparent, analogue au liquide cephalo-
racliidien. , . , ,
Mais ce liquide ventriculaire est à peine assez abondant pour lub.éiui les parois des ventricules à l'état normal. Il ne devient abondant que dans les cas pathologiques, notamment dans l'hydrocéphalie.
CONFORMATION INTÉHIEUnE DU CERVEAU
7. — Pie-mère interne, toile choroïdienne et plexus choroïdes.
La toile choroïdienne du ventricule ventricules latéraux sont formés par cérébrale dans l'intérieure des cavités
moyen et les plexus choroïdes des une invagination de la pie-mère ventriculaires, pie-mère inlerne.
Fig, 18b. — Disposition de la pie-mère intérieure dans le 3« ventricule et les ventricules latéraux (coupe frontale du cerveau passant par le chiasraa optique)-
1, I. écorce cérébrale; 2. 2, centre blanc de l'hémisphère ; 3, chiasma optique; 4. couche optique; 0. ventricule moyen ; C, corps calleux ; 7, 7. tête du noyau caudé du corps strié ; 8, veine striée . 9, a, 9, noyau lenticulaire du corps strié avec ses trois segments ; 10, capsule interne ; II. lobule' de Tinsula; 12. avant-mur; 13. capsule externe; 14. artère de l'hémorrhagie cérébrale, artère striée externe ou artère de Charcot; I!i, commissure blanche antérieure; 10. artère striée; 17, épendyme du 3' ventricule ; 18. freins de la glande pinéale ; 19. feuillet viscéral ou épithélium choroldien de l'épendyme du ventricule latéral, et 20, son feuillet pariétal ; 21. cavité du ventricule latéral ; 22, plexus choroïdes des ventricules latéraux ; 23, toile choroïdienne du ventricule; 2i, plexus choroïdes du 3" ventricule ; 23, voûte cérébrale.
Cette invagination de la pie-mère externe se fait par la fente cérébrale de Bichat. Avant de suivre ce prolongement intérieur de la pie-mère, il est donc nécessaire de bien connaître les voies de pénétration.
a. Fente de Bichat. - Si I on examine un cerveau renverse, on trouve
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
à sa base une grande fente en forme de fer à cheval, à concavité dirigée en avant : c'est la grande fente cérébrale île Hicliat fî5, lig. 163). — Cette fente s'étend d'une scissure de Sylvius à l'autre, en contournant les pédoncules cérébraux et en passant au-dessous du bourrelet du corps calleux. — Sa partie moyenne ou médiane (7, fig. 163) est limitée en haut par ce bourrelet, et en bas par la face supérieure de l'isthme de l'encéphale qui supporte les tubercules qiiadrijumeaux. — Ses parties latérales sont également limitées, en haut, par la face inférieure des pédoncules cérébraux et des couches optiques, en bas par la circonvolution de l'hippocampe. — La partie médiane de la fente résulte du mode de développement du corps calleux qui s'est avancé d'avant en arrière, de façon à recouvrir toute la toile choroïdienne ; — les parties latérales ne sont qu'un segment de la grande scissure choroïdienne, la fente marginale d'AEBv (voy. Développement du cerveau). — C'est par cette fente que se fait la pénétration de la pie-mère interne, mais ce n'est qu'en faisant abstraction de l'épithélium épendymaire que l'on peut dire que la fente de Bichat donne accès dans les cavités ventriculaires, nous l'avons dit déjà.
c, c, trigone coupé et renversé ; d, d, toile choroïdienne ou vélum interpositum; b, corps s (noyau caudé) ; a, corne frontale ; g, corne occipitale; e, corne spliénoïdale ; f, grand bip campe (corne d'Ammon; h, petit hippocampe (ergot de Morand).
b. — Toile choroïdienne. — La toile choroïdienne (23, fig. 155, d, d, fig. 136, 1, fig. 157, 9, lig. 158), est un repli de la pie-mère qui, parvenue au niveau' du bourrelet du corps calleux, s'engage sous ce bourrelet et arrive ainsi à la lace inférieure du trigone. De forme triangulaire comme ce dernier, elle présente : une face, supérieure qui est recouverte par le trigone auquel elle adhère par quelques tractus vasculaires ; une face inférieure qui passe en pont sur la base du troisième ventricule, dont elle forme la paroi supérieure, tout en restant séparée du ventricule par la membrane épendymaire et repose par ses parties latérales sur la face supérieure des couches optiques.
Fig. 136. — Ventricules latéraux.
CONFORMATION INTlCniEURE DU CERVKAU
En examinant cette face sous l'eau ou par transparence, on voit qu'elle est parcourue de ciiaciue rMé de la ligne niodiane par deux traînées de granulations rougeàtres accolc'cs l'une à l'autre et composées de capillaires pelotonnées : ce sont les plexus choroïdes du ventricule moxjen (7, tig. 138). Kn avant, chacun d'eux se recourbe et franchit le trou de Monro correspondant pour se continuer avec les plexus choroïdes du ventricide latéral ; en arrière, ils convergent l'un vers l'autre au niveau de la glande pinéale (3, tig. 157).
(Le trigone est renversé en arrière avec la toile choroidienne).
1, trigone sectionné et rejeté en arrière avec la toile clioroïdienne, pour découvrir le troisième ventricule; 2, veines de Galion; 3, glande pinéale; i, pédoncules antérieurs de la glande pinéale ; 5, commissure postérieure du cerveau ; 6, commissure antérieure ; 7, coupe des piliers antérieurs du trigone; 8, troisième ventricule; 9. commissure moyenne ou grise; 10, noyau caudé du corps strié; 11, couche op'tique ; 12, tœnia semi-circularis ; 13, 14. 15, coupe des circonvolutions de l'insula de Reil; IG, noyau caudé du corps strié; 17. insertion du corps calleux sur le centre.
, Le sommet de la toile se Wfurque et va se continuer de chaque côté avec les plexus choroïdes des ventricules laléraux à travers les Irons de Monro.
La base occupe la partie médiane de la fenle de Bichat; à ce niveau, les deux feuillets de la toile s'écartent et enveloppent la glande pinéale, puis se continisent, le supérieur avec la pie-mère cérébrale, l'inférieur avec la pie-mère cérébelleuse.
Les bords latéraux de la toile choroïdienne répondent au bord externe du tngone et sont garnis de pelotons vasculaires, les plexus choroïdes des ventricules latéraux (i, lig. I.ÏS).
CONFORMATION INTERIEURE DU CERVEAU
La loilo choroïdiennc, étant une, dépenilancc de la pic-mère, on a la structure. Comme elle, elle est formée par un pli do celte dernière, c'est dire (pi'ellc, conipoi'te un feuillet supérieur qui tapisse la face inférieure du l.rigone cl un feuillet inférieur qui recouvre la lame épendymaire qui constitue le plafond du ventricule moyen. Ces deux feuillets s'écartent l'un de l'autre au niveau de la base de la toile ; le supérieur se continue avec a pie-mère cérébrale, l'inférieur avec la pie-mère cérébelleuse. Entre les deux, on trouve une couche de tissu cellulaire lâche (23, fig. 155) provenant du tissu sous-arachnoïdien, au sein duquel cheminent les artères qui proviennent des cérébelleuses supérieures, des cérébrales postérieures et des artères choroïdiennes, et les veines qui se concentrent en deux troncs, les veines de Galien. (8, flg. 158).
Fig. 158. — Toile choroïdienne du troisième yentricule et plexus choroïdes des ventricules
latéraux.
1, cloison transparente; 2, noyau caudé du corps strié; 3, pilier antérieur du trigone coupé; 4, plexus choroïdes ; S, strie cornée à travers laquelle s'échappent les rameaux de la veine striée ; 6, couche optique ; 7, plexus choroïdes de la toile ; 8. veines choroïdiennes se réunissant en arrière pour former la veine de Galien ; 9, toile choroïdienne ; 10. corps bordant coupé en travers ; 11, tubercules quadrijumeaux. (Les plexus choroïdes sont en rouge).
c. Plexus choroïdes des ventricules latéraux.— Ce sont deux cordons vasculaires rougeâtres situés sur les bords latéraux du trigone, où ils se conliuuent avec les bords de la toile choro'idienne (22, flg. 185, et 7, lig. 158). Ils proviennent de la pie-mère, qui s'introduit dans la corne sphénoidale du ventricule latéral par les côtés de la lente de Bichat. Situés sur le plancher des ventricules, les plexus choroïdes montent vers le trou de Monro en suivant la corne d'Ammon, puis les bords latéraux du trigone, trajet dans lequel ils décrivent une sorte d'anse qui embrasse par sa cavité l'extrémité postérieure de la couche optique et traversent les trous de Monro pour se continuer avec les plexus choroïdes du troisième ventricule. Ils ont donc un pied dans la corne sphenoïdale et l'autre dans la corne frontale.
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
La toile choroïdienne est une membrane celliilo-vasculaire formée par de très fines artérioles venues dos cérébrales postérieures et des cérébelleuses supérieures. Ses veinules proviennent: 1° des veinules de la portion réfléchie du corps calleux et du septum lucidum; — 2» de la veine du corps strié; — 3° de la veine du plexus choroïde du ventricule latéral ; — 4" do la veine du trigone et de la couche optique ; — 5" des veines de la corne d'Ammon et de l'ergot de Morand : toutes ces veines se rendent dans les veines de Galien. Celles-ci, nées de chaque côté (au niveau des trous de Monro) des veines des plexus choroïdes des ventricules latéraux, se réunissent vers la partie postérieure de la toile en un seul tronc (8, fig. 158), qui passe au-dessus de la glande pinéale et va se jeter dans le sinus droit.
Les plexus choroïdes sont formés par des prolongements villeux de la pie-mère. Leur stroma est composé de tissu connectif englobant un réseau de cafiillaires unciformes. — Les plexus choroïdes, comme la toile choroïdienne, du reste, sont tapissés par un épithélium (cilié chez l'embryon), qui les sépare complètement de la cavité des ventricules; c'est la membrane épendymaire. — On peut donc répéter avec Mathias Duval que ces cordons vasculaires passent, non par les trous de Monro, mais à côté d'eux.