Glande pinéale
La glande pinéale, conarium, épiphyse (10, fig. 161), est un petit corps grisrougeàtre, en forme de pomme de pin, long de 8 à 10 millimètres, situé dans l'épaisseur de la toile clioroïdienne, qui forme à son niveau une sorte de gousset
Fig. 130. — Œil pinéal des Sauriens.
1, peau de la tête; 2, paroi du crâne ; 3, œil pinéal traversant le trou pariétal; i, pédoncule pinéal; 8, racine de ce pédoncule émergeant du cerveau; G, lobe olfactif; h, hémisphère du cerveau; cerveau intermédiaire (3e ventricule); op, lobes optiques ; c. cervelet; h. protubérance annulaire; m, moelle épinière; n. nerf oculo-moteur externe ; p, glande pitultaire
pour le contenir, entre le bourrelet du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux antérieurs, en avant du cervelet, en arrière du troisième ventricule
LTf '"T'-'r"" '''P''' ^'^"^ «^P«^« les deux éminences
nates, qui lui forme une sorte de lit, logette du conarium.
CONFORMATION INïÉIUlDUlUî PU CILHVEAU
La position de la glande pinéale chez l'Homme s'cxplkiUp par siille du refoulement en arrière elen lias qu'elle sul)it de la pari des hémisphères cérébraux qui s'avancent progressivement d'avant en arrière pour rrcuu' rlr les cerveaux antérieur, moyen et pos lérieur.
Libre par son soiiiiiicl, elle est réunie à l'eiicéphale (paroi poslérieun; du troisième ventricule) par sa hase, d'où partent trois prolongements de chaque cùté, pédoncules de la glande pinéale, divisés en antérieurs, postérieurs et transversaux.
■ Fig. 100. — Structure de 1 œil pinoal de Hatteria.
A, Coupe de l'œil pinéal; p, peau représentant une cornée ; C, C. paroi du crâne; cr, cristallin;
V, cavité de l'œil ; 1. réline; 2. choroïde; 3. tissu libreux repré.sentant une sclérotique et en
continuité avec la dure-mère; n, pédoncule de l'œil pinéal. B Eléments de la rétine ; 1 , couche des bâtonnets ; 2. couche des grains de bâtonnets ; 3, couche
moléculaire; 4. couche des éléments coniques et fusiforraes ; 5, 6, couche des libres nerveuses.
Les pédoncules antérieurs on supérieurs, freins, rênes, habenœ, de la glande pinéale (4, fig. 157) sont deux petits cordons blancs qui se portent en avant, en longeant l'angle supéro-interne des couches optiques, pour aller se perdre dans les piliers du Irigoue après avoir limité la lèvre postérieure du trou de Monro.
Les pédoncules poslérieurs ou inférieurs descendent en bas et en dehors au devant de la commissure blanche postérieure et. se perdent dans la partie la plus reculée de la lace interne des couches optiques.
Les pédoncules Wansmrsœiu: ou moyens (voy. lig. 179) se portent transversalement en dehors, au-dessus de la commissure blanche postérieure, pour se terminer dans les couches optiques.
Jusque dans ces derniers temps, la nal.u-e de la glande pinéale, dans laquelle Descartes avait placé le siège de l'ùrae, était restée i.-c .nnue. - On admettait naguèi^ encore qu elle
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
était composée d'une écorco de substance grise et d'une partie centrale formée d'un mélange de tissu connectif, de vaisseaux, de follicules clos, de flhrcs nerveuses en continuité avec celles des pédoncules, et de concrétions calcaires.
Aujourd'hui, nous savons que chez tous les Vertébrés la glande pinéale est le résultat d'une évagination du plafond de la vésicule cérébrale intermédiaire (Voy. Développement DU CEHVEAu), et qu'clIc est uu œil avorté (troisième œil des Vertébrés).
En effet, on retrouve cet médian chez les larves d'Ascidies et chez les Pyrosomes adultes; — chez les Sauriens, il acquiert la valeur d'un véritable œil analogue à celui des Mollusques céphalopores, c'est-à-dire que la paroi antérieure de la vésicule oculaire, remplie d'un liquide hyalin, se différencie en un cristallin et (pie le reste de son étendue sert à la perception de la lumière, comme le ferait une rétine, dont elle a, d'ailleurs, la constitution élémenlaire. — Chez Hatleria, Anguis fragilis, Lacerla vivipara, etc., l'œil pariétal comprend une cornée (p, lig. 160), un cristallin (cr, fig. 160) et une' réline (1,2, fig. 160) avec quatre couches bi;;n nettes. Véritable œil, cet organe est relié au cerveau par un pédicule comparable au nerf optique (n, fig. 160) et vient se loger sous la peau du crâne en pass.mt à travers un trou pariétal (très développé chez certains Reptiles fossiles, tels que l'ichthyosaure, le Plésiosaure, le Noiliosaure, le Labyrynthodonte), chez les Sauriens. Chez les Amphibiens, cette communication se trouve déjà interrompue pendant la période embryonnaire, par suite de 1 oblitération du trou pariétal, et chez les Oiseaux et les Mammifères il demeure dans le crâne. — Mais si l'on considère que Ion trouve un Irou pariéLal chez les Stcgocéphales iniléo- -oî'ç ites, ainsi que chez les vrais Sauriens fossiles ; que, do plus, chez l'ylniracosaitrMS ramiceps il n'était pas recouvert par la peau, mais s'ouvrait librement à l'extérieur comme les orbites, on est conduit à penser qu'il existait jadis un œil pariétal bien développé chez les ancêtres des Amphibiens actuels.
Chez les Lacertiliens, et en particulier chez Halteria, on peut décrire les couches suivantes a la rétine de l'œil pinéal : 1» une couche de bâtonnets (1, lig. 160 B) tapissant la TT tr^'^^n uu noyau à leur base) ; 2» une couche cellulaire interne
hg. 160) ; 3" une couche moléculaire intermédiaire (3, lig. 160) ; 4" une couche cellulaire externe (4, fig. 160); 5" une couche de libres nerveuses allant se continuer avec celles du nerf optique pinéal [o, fig. 160).
La glande pinéale est donc morphologiquement un œil atrophié, en pleine ré<rression constitué chez l'houime adulte par un corpuscule de nature épithéliale, éléraent's névrogliques, d api-es Cionini (1886), envahi par des travées conjonctives très vasculaires cloisonnantes a éléments dégénérés, rappelant les glandes vasculaires sanguines, et infiltré de concrétions calcaires dites acervules.On a noté l'absence de la glande pinéale chez les idiots • je 1 a. vue faire défaut chez un fou ; son hypertrophie a été constatée (IIenhot) dans le mvxœdeme. (Voy. De Vahicnv, Rev. scient., 2b décembre 1886 ; - c„. Jvu., Lll. scient I J^orrf 2 série p. M, 1887 ; A. Pevtouueau, La glande pinéale cl le roù a' 'd,. Xertebres (Thèse de Bordeaux, 1887); - B....n., La NatJ,-e, 21 mai 1887 ; -TZ.TorZ Reck. sur l^ décelop. de l épipkyse (Arch. de Biologie belges, 1^8. p 7^7 - H. STHAHE et E. MAu n., Dévelop. de rœil pariétal (Arch. f. Anat. 1888 • - M ^.uvs DU.VAL, Sur l'œil pariétal (Soc. de Biologie, 1889). ' "'-^^"'-^s
Parfois, la glande pinéale est creusée d'une petite cavité centrale, reccssus pinealis de MmA,.Kow,cz, correspondant au diverticule embryonnaire du cerveau inl n M
donne naissance a cette glande. Celte cavité est remplie d'un liquide laclesconi ^
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