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Granulations méningiennes ou glandes de Pagchioni

Les granulations méningiennes bien décrites par Pacchioni le premier, d’où le nom de corpuscules, corps ou glandes de Pacchioni sous lequel ou les désigne encore, sont des grains jaunâtres, plus ou moins volumineux, isolés ou réunis en grappes sessiles ou pédiculées, qu’on rencontre à la face interne de la dure-mère, parfois dans son épaisseur ou faisant saillie à sa surface, ou dans les lacs sanguins ou les sinus où elles font hernie après avoir éraillé la dure-mère. On en trouve toujours le long du sinus longitudinal supérieur, à l’extrémité antérieure du sinus droit, au niveau de la scissure de Sylvius.

On a émis un grand nombre d’opinions sur la nature de ces granulations. Elles ont été considérées tour à tour comme des globules graisseux, des glandes, des ganglions lymphatiques, des grains semblables à ceux des plexus choroïdes.

Ces corps qui n’existent pas chez le fœtus, commencent à paraître chez l’enfant, aug-

(1) Tillaux, Anatomie topographique, 2* éd. 1879, p. 52.

(2) Cl. Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux

t« 1, p. ijUo.

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mentent avec le progrès de l’âge et sont remarquablement développés chez le vieillard. Situés d’abord dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien, ils éraillent les parois de la dure-mère, pénètrent dans l'épaisseur de cette membrane, la traversent même et entrent souvent dans le sinus longitudinal supérieur et les lacs sanguins. Lorsqu il son! très développés, ils font saillie à la face externe de la dure-mère, se mélangent à des bouquets de veinules et se creusent dans l’épaisseur des parois du crâne des cavités irrégulières qui peuvent même aboutir à la perforation complète (1). Ces érosions sont presque caractéristiques des pariétaux des vieillards. Leur corps est coiffé de l'arachnoïde viscérale et de la dure-mère y compris le feuillet pariétal de l'arachnoïde, de telle sorte qu elles sont comme enveloppées dans un petit sac séreux qui n’est qu’une dépendance de la cavité arachnoïdienne (4, fig. 39).

II III lV

Fig. 39. — Schème de la formation des granulations de Pacchioni.

1, paroi du crâne; 2, dure-mère; 3. lac sanguin; 4, cavité de l’arachnoïde; 3, tissu cellulaire sous-arachnoïdien; 6. pie-mère; 7, écorce cérébrale; 8, granulation de Pacchioni. La duremère et la pie-mère sont en bleu, le tissu sous-arachnoïdien est en jaune, les lacs sanguins en noir.

Les granulations méningiennes sont formées d'un stroma du tissu conjonctif jeune, parsemé de granulations calcaires. Les uns (Faivre) estiment que leur point de départ est dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien (opinion exacte), d’autres qu’elles proviennent de la pie-mère ou même de la dure-mère. Lusciika les regarde comme des franges arachnoïdiennes analogues à celles des séreuses. — Leur pénétration par les veines et leur mélange avec ces vaisseaux sont considérés comme secondaires par Sappey. Dans tous les cas elles sont infiltrées d’une lymphe qui communique avec le liquide céphalo-rachidien et peut s’écouler dans la cavité veineuse (?) qui renferme la granulation (Axel Key et Retzius, Kollmann). Mais on peut contester que cela ait lieu normalement. C’est probablement là l’effet de la pression artificielle employée pendant l’injection.

(1) Ces corps sont le point de départ des tumeurs fongueuses ou fongus de la duremère.

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