ORIGINE DES NERFS BULBO-I’ROTUBÉRANTIELS
Ici, j’ajouterai seulement que tout centre ou noyau de nerf crânien est aussi en relation avec l’extérieur par ses racines périphériques, et avec le cerveau par ses fibres centrales. Ces dernières sortent du noyau gris d’origine, et toutes sont croisées à l’exception peut-être du nerf pathétique qui paraît subir une décussation totale de ses libres efférentes. Nous verrons bientôt l’origine des racines cérébrales des nerfs bulbo-protubérantiels, retenons seulement pour l’instant l’importance de cet entrecroisement des racines des nerfs crâniens pour expliquer les paralysies alternes (p. 131) dans les affections de la protubérance.
Fig. 85. — Coupe sagittale schémaitque de l’isthme de l’encéphale, du bulbe, du cervelet et du cerveau. Noyaux bulbo-protubérantiels et noyaux de l’aqueduc.
C, C, corps calleux ; 1, tubercule mamillaire ; 2, glande pituitaire ; 2’, pilier antérieur de la voûte ; 3, chiasma optique; 4, trou de Monro ; 5, commissure blanche antérieure; C, couche optique (face interne sur laquelle on voit au centre l’insertion de la commissure grise) ; 7, septum lucidum; 8, coupe de la bandelette géminée gauche; 9, voûte à quatre piliers ; 10, toile choroïdienne du 3e ventricule ; 11, frein de la glande pinéale ; 12, cavité du ventricule latéral droit ; 13, coupe du pilier postérieur de la voûte ; 14, glande pinéale ; 14’, commissure blanche postérieure ; 15, tubercules quadrijumeaux; 16, aqueduc de Sylvius, 17, valvule de Vieussens ; 18, quatrième ventricule ; 19, trou de Magendie ; 20, noyau de l’hypoglosse ; 21, noyau moteur du spinal ; 22, noyau moteur du pneumogastrique ; 23, noyau moteur du glosso-pharyngien (les noyaux sensitifs de ces trois nerfs sont en regard de chacun des noyaux moteurs, sur le plancher du quatrième ventricule (en jaune) ; 24, noyau propre du facial; 23, noyau commun au moteur oculaire externe et au facial ; III, nerf moteur oculaire commun avec ses six noyaux sur le plancher de l’aqueduc de Sylvius ; IV, noyau du pathétique ; V, nerf trijumeau avec son noyau moteur (en rouge) et son noyau sensitif (en jaune); IV, nerf oculomoteur externe ; VII, nerf facial. (Les noyaux ganglionnaires moteurs sont en rouge, les sensitifs en jaune).
Cependant, comme pour la moelle épinière, on doit faire ici aussi certaines restrictions et admettre que les voies habituelles de transit entre le bulbe et le cerveau peuvent en cas d’obstacle être remplacées par d’autres, et en outre, qu’on peut encore observer des paralysies directes, même quand l'interruption des conducteurs siège au-dessus de l’entrecroisement des cordons de la moelle, en vertu d’inhibitions croisées dans les commissures cérébrales (Buown-Séquard).
Debierre. — 11.
CENTRES NERVEUX
Dans l’étude des origines des nerfs crâniens, nous irons de la partie postérieure à la partie antérieure du névraxe, c’est-à-dire de la moelle épinière vers l’encéphale. C’est l’ordre le plus logique à suivre, nous semble-t-il, puisque comme le crâne qui n’est que la différenciation de la partie supérieure de la colonne vertébrale, l’encéphale n’est que la différenciation de la partie supérieure de la moelle épinière. Le dernier nerf crânien, c’està-dire le plus inférieur ou 12“ paire, deviendra ainsi le premier.
1. Nerf grand hypoglosse (12e paire). — L 'origine réelle du grand hypoglosse se fait dans un noyau allongé, appelé parfois noyau de Stüling , qui occupe le plancher du 4e ventricule où il longe le sillon médian et où il correspond à l’aile blanche interne. Étendu des premières barbes du calamus jusqu’au dessous de l’olive, ce noyau est composé de grosses cellules multipolaires et représente la base de la corne antérieure de la moelle (H, lig. 83, 20, fig. 86, et 5, 4, fig. 86).
Fig. 80. — Coupe transversale du bulbe rachidien à sa partie moyenne (d’après Mathias Duval).
Origine du grand hypoglosse.
1, 1, cordon antérieur ; 2, 2, 3, 3, cordon postérieur ; 4, 4, reste de la tête de la corne antérieure de la moelle ; 5, 6. base des cornes antérieure et postérieure de la moelle ; 12, nerf grand hypoglosse ; N, M, nerf pneumogastrique; O, O. olive flanquée à droite et il gauche des corps juxta-olivaires interne et externe; b, tête de la corne postérieure; a, substance gélatineuse deRolando (racine bulbaire du trijumeau).
Mathias Duval a décrit à ce nerf un noyau accessoire , placé en avant du premier et représenté par une partie de la tête de la corne antérieure (4, fig. 86).
Nées de ces deux noyaux, les racines de l’hypoglosse se portent en avant et en dehors, en passant entre le réseau central et le réseau latéral du bulbe, puis entre l’olive et le corps paraolivaire interne, et par 10 ou 12 filets, émergent comme les filets radiculaires moteurs des nerfs rachidiens au niveau du sillon collatéral antérieur, entre la pyramide antérieure du bulbe et l’olive ( origine apparente J.
Meyer (de Bonn) a signalé chez certains animaux (bœuf, chien, porc, etc.) une racine postérieure qui semble sortir du corps resliforme et apparaît à l’extérieur au niveau du sillon collatéral postérieur. Cette racine que Vulpian, H. Chiarugi, etc., ont rencontrée aussi