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ORIGINES DES NERFS BULBO-PROTUBÉRANTIELS

chez l'Homme, porte un petit ganglion sur son trajet. Dès lors on peut admettre que le grand hypoglosse est conformé suivant le type propre des nerfs spinaux; et de fait chez les Vertébrés inférieurs (Dipneustes) le grand hypoglosse est une paire rachidienne complète, la première, et sa racine dorsale porte un ganglion (Iversen) comme on l’observe encore jusque chez les Mammifères pendant la période embryonnaire, et exceptionnellement dans l’espèce humaine. On peut donc considérer le grand hypoglosse comme une paire rachidienne spécialisée pour les mouvements de la parole, et dont les rapports avec les autres nerfs crâniens ne sont pas primordiaux, mais acquis. Dans cette conception, sa racine postérieure pourrait être considérée comme une anomalie réversive.

C’est en perdant sa racine postérieure que le grand hypoglosse se serait définitivement séparé des nerfs rachidiens. — Nous verrons enfin plus tard qu’il représente plusieurs nerfs métamériques. — Quant à sa racine cérébrale nous verrons qu’il la tire de la partie inférieure de la circonvolution frontale ascendante.

D. Roch (Arch. fur Anatomie, 1887) a cherché à prouver que les noyaux rouges de Stilling fournissaient des fibres à l’hypoglosse, et Schoeder van der Kolk accordait à ce nerf des racines olivaires. Les noyaux de chaque nerf communiquent l’un avec l’autre par des fibres commissurales transversales.

Fig. 87. — Schème de l’origine des nerfs spinal, vague glosso - pharyngien et intermédiaire de Wrisberg.

2. Nerf spinal (11* paire). — Le nerf spinal ou accessoire de Willis naît à la fois de la moelle cervicale et du bulbe. Les racines médullaires prennent leur origine dans des grandes cellules appartenant à la corne latérale, puis à la corne antérieure, depuis le sixième nerf cervical jusque dans le bulbe (Dees, Roller, Darckschewich, etc.). Les racines bulbaires sortent de deux noyaux, l’un moteur qui fait suite à la tête de la corne antérieure (11, fig. 87), l’autre sensitif, situé sur les côtés du plancher du quatrième ventricule, au niveau du bec du calamus, et représentant la base de la corne postérieure de la moelle (12, tig. 87). Les racines bulbaires, au nombre de 4 ou S, traversent en ligne courbe la formation réticulée, et se portant en arrière émergent dans le sillon collatéral postérieur du bulbe au-dessous du pneumogastrique ( origine apparente). Ces racines forment la branche interne du spinal.

Les racines médullaires, au nombre de 6 à 7, émergent de la moelle entre les racines antérieures et postérieures, en arrière du ligament dentelé ( origine apparente). Ces lilets radiculaires constituent la branche externe du nerf (Cl.

Bernard).

Assez fréquemment ils s'anastomosent avec les racines postérieures des deux premières paires cervicales, et exceptionnellement, comme pour l’hypoglosse, on a observé que des racines postérieures avec ganglions rudimentaires venaient s’adjoindre au tronc du nerf (Meyf.r, Vulpian), ce qui fait que ce nerf encore a des caractères spinaux non douteux. Certains auteurs considèrent cependant que le nerf spinal est un nerf exclusivement moteur, d’où ce nerf n’aurait il normalement qu’un seul noyau, le noyau

C, raphé du bulbe ; 1, intermédiaire ; 2.

glosso - pha ryngien;3, vague ;4, spinal ; S, noyau de l’intermédiaire ; 6, noyau sensitif du glosso - pha r y n g i e n ; 7, noyau sensitif du vague ; 8.

noyau sensitif du spinal ; 9, noyau moteur duglosso-pharyngien ; 10 , noyau moteur du vague; 11, noyau moteur du spinal ; 12, noyau médullaire du spinal.

CENTRES NERVEUX

moteur, qui se prolonge de la moelle dans le bulbe en dehors du noyau de l’hypoglosse et jusqu’à l’origine motrice du nerf vague.

3. Nerf pneumo-gastrique (10° paire). — Le nerf pneumo- gastrique ou nerf vague est un nerf mixte, beaucoup plus étendu chez les Vertébrés inférieurs, chez lesquels il englobe le glosso-pharyngien et le spinal. C’est donc une spécialisation d’un complexus nerveux. Ce n’est qu’à partir des Reptiles que le nerf vague devient distinct du spinal. — Son origine réelle est double, motrice et sensitive. Les racines sensitives prennent leur origine dans la colonne grise des nerfs mixtes, située sur le plancher du quatrième ventricule au-dessousde l’aile grise ou cendrée (10, fig. 83, et 6, tig. 86).

Fig. 88. — Coupe transversale du bulbe à sa partie supérieure (Mathias Duval). — Origine du nerf auditif, du facial et de l’oculo-moteur externe.

a, plancher du 4e ventricule (base de la corne postérieure: noyau de l'acoustique) ; b, raphé ; c, tête de la corne postérieure ; f, tête de la corne antérieure, noyau du facial ; g, genou du facial ; n, base de la corne antérieure (noyau de l’oculo-moteur externe) ; 1, 1, pyramides ; 2, 2, 3, 3, rubans de Reil ; 6, nerf oculo-moteur externe ; 7, nerf facial ; 8, nerf auditif, avec 8’ sa racine interne, et 8” sa racine externe.

colonne fragmentée, qui représente la base de la corne postérieure de la moelle épinière. Les racines motrices (4, fig. 86), sortent de noyaux à grosses cellules étoilées, situés profondément dans les parties antéro latérales du bulbe où ils représentent la tête de la corne antérieure de la moelle et où ils forment une longue colonne qui descend jusque dans la moelle ( bandelette solitaire de Stilling, faisceau respiratoire ) où l’on suppose que cette colonne communique avec les racines du nerf phrénique pour associer les organes sensitifs et moteurs de la respiration. — Entin, certains auteurs ont admis que par une de ses racines, le nerf vague est en connexion avec le cervelet; mais d’autres, Roller entr’autres, regardent cette racine comme appartenant à l’acoustique. Les racines motrices se portent en arrière, et par un trajet curviligne rejoignent les racines sensitives; le tronc commun longeant alors le réseau latéral va sortir dans le sillon collatéral sous la forme de plusieurs filets que l’on voit entre le glosso-pharyngien et le spinal forigine apparentej.

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