‹ La moelle épinière et l'encéphaleChapitre 25 sur 57 · AUSTRALIENS · texte numérisé non relu

AUSTRALIENS

1,200 à 1,300 ce

Conclusion : 1° Il y a un grand nombre d’hommes plus rapprochés des Anthropoïdes par le volume de leur cerveau qu’ils ne le sont d’autres hommes ; 2° loin de tendre vers l égalité, les individus de même race, chez les civilisés, tendent à se différencier de plus en plus.

(î. Le cerceau dans ses relations avec l'espèce. — Le volume et le poids du cerveau augmentent d’une façon générale au fur et à mesure que l’on s'élève dans la série animale. Alors que ce poids égale le l/36e du poids du corps dans les races humaines, le 1/60“ chez les Anthropoïdes, il

descend à 1/186® chez les Mammifères inférieurs aux Primates, à 1/212' dans les Oiseaux, à 1/1321' dans les Reptiles, et à 1/3668® dans les Poissons (Leuret, Anat. comparée du système nerveux, 1. I, p. 419).

Mais il faut savoir qu’alors que ce rapport est comme 1 : 28, chez le

Ouistiti, il est de 140 chez le Lapin, 136 chez le Chat, 203 chez le Renard, 263 chez l’Ours, 303, chez le Chien, 331 chez le Mouton, 700 chez le Cheval et 800 chez le Bœuf. — Ce caractère n’a donc pas la valeur d un caractère sériaire.

Si l’Homme n’est pas de tous les animaux celui qui a le cerveau le

plus volumineux, car il est dépassé de ce coté par le Dauphin, la Baleine et l’Eléphant, il est cependant celui qui a le cerveau le plus considérable relativement au poids du corps. Alors que son cerveau, en effet, ^st à son corps comme 1 : 36, celui du Dauphin est au poids du corps du même animal comme 1 : 66, et celui de l’Eléphant comme 1 : 300.

Ici je ferai la remarque importante suivante pour la phylogénie du cerveau des Vertébrés en général. L’encépbale de certains Mammifères éteints du terrain éocène de l’Amérique du Nord (Marsh), principalement les Dinocèras , est remarquable par sa petitesse. Il présente une ressemblance

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si frappante avec celui des Lacertiliens, que si on le séparait du squelette, on le prendrait certainement pour un encéphale de Lézard. De même aussi les Odontornithes crétacés, l’Hesperornis en tête, possédaient un cerveau si petit, que de ce côté, ils sont incomparablement plus rapprochés des Reptiles (Alligator) que de celui des Oiseaux actuels. Par leurs lottes olfactifs volumineux, tandis qu’ils sont très réduits chez les Oiseaux de nos jours, ces Oiseaux primitifs se rapprochaient également beaucoup des Reptiles.

7. Le cerveau dans ses rapports avec l’indice céphalique. — Les dolichocéphales ont-ils plus ou moins de cerveau que les brachycéphales? Autrement dit, le cerveau, qui suit à peu près (pas toujours) parallèlement le crâne dans sa forme, a-t-il plus de tendance à peser davantage lorsqu’il est allongé ou lorsqu’il est rond?

Calori, et plus récemment Chiakugi, ont fourni des pesées où il est tenu compte de l’indice cérébral et d’après lesquelles le cerveau du brachycéphale serait plus lourd que celui du dolichocéphale.

Voici les ch i tires de Chiarugi :

Bracbyc. Doliehoc.

Poids de l'encéphale 1200 1109

Poids des hémisphères 1047 1010

Mais Topinard, qui a aussi comparé, de son côté, ces deux types de cerveaux, alors qu’il trouvait sur 182 sujets o* une différence de 27 gr. en faveur des brachycéphales, rencontrait sur 08 sujets $ une ditlérence de 21 gr. en faveur des dolichocéphales.

Morselli, plus récemment encore, dans ses études des cerveaux d'aliénés, concluait aussi que la forme du crâne ne semble pas influer sur le poids du cerveau, d’où la question n’est pas définitivement jugée.

8. Le cerveau dans ses relations avec V intelligence . — Les variations individuelles dans le poids du cerveau sont considérables, puisque dans les tableaux de Rischoff et Rroca, on trouve des écarts de 400 à 700 grammes. La part de l’âge et de la taille étant faite dans les évaluations, sous quelles influences se manifestent les variations qui persistent?

Si la taille du sujet influe sur le poids du cerveau, il ne paraît pas contestable que, comme pour les autres organes, l’activité fonctionnelle du cerveau influence son volume. L’étude du cerveau de P Nom me selon les classes de la Société, selon la culture intellectuelle des sujets, a montré, en efTet, que le poids du cerveau croissait avec le degré d’intelligence ou le quotient de travail cérébral fourni par l’Homme. Les pesées encéphaliques d’hommeS célèbres confirment cette idée émise il y a longtemps déjà par Lélut et Parchappe. La liste de 34 sujets d’élite dressée par Rroca donne un excédant de HiO gr. sur le poids du cerveau ordinaire. Voici quelques-uns de ces poids dressés en série décroissante :

Tourgueniew Cuvier . . .

2012 gr.

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Schiller 1785 gr.

Goodsir 1630 »

De Morny 1520 »

Agassiz 1512 »

Broca 1484 »

Dupuytren 1456 »

Dans les tableaux dressés par G. Bastian, on peut voir également que la proportion des cerveaux qui excèdent 1500 gr. est, chez les hommes illustres, de plus de 20 pour 100, tandis que cette proportion n’est que de 4 à 6 pour 100 dans les classes inférieures de la société. Broca, en comparant le poids des cerveaux des classes instruites avec celui des classes pauvres qui meurent à Saint-Antoine et à la Pitié, est arrivé à des conclusions analogues.

Les recherches de Vogt, Broca, etc., concernant la capacité crânienne des microcéphales idiots et des races préhistoriques confirment cette loi. Celle-ci permet de dire que la capacité crânienne est plus grande dans les races supérieures ; que celle de l’Homme dépasse de 150 à 20U centimètres cubes celle de la Femme; que celle des Parisiens du xixe siècle dépasse celle des Mérovingiens du xn% celle des sépultures aristocratiques celles de la fosse commune, et qu’enfin chez les microcéphales idiots elle se rapproche de celle des Anthropoïdes.

D’où, les questions de race et de. taille mises de côté, il est peut-être permis de dire que la culture de l’esprit, la gymnastique intellectuelle, augmente le volume du cerveau tout en élevant les facultés de l'esprit. J’ajoute enfin que ces qualités sont héréditaires, et que l’hérédité de ce genre n’est que de l'intelligence accumulée à l’état potentiel dans le cerveau qui vient au monde. Le développement graduel et progressif de l'intelligence dans le temps ne peut avoir d’autre source.

Enfin, dans l’accroissement du cerveau sous l'action du travail cérébral, il semble que c’est surtout le lobe frontal qui prend la prédominance. Nous verrons que Wagner a mis ce fait en évidence en comparant respectivement la surface des lobes du cerveau de deux savants, Gauss et Fucus, avec les surfaces des mêmes lobes chez l'artisan. — S. Wight de son côté a montré que la surface du cerveau antérieur de l’Homme l’emporte toujours sur celle de la Femme, mais que cette différence est plus grande encore quand on compare l'Homme cultivé à la femme du peuple, ce qui confirme la règle posée plus haut.

Nous devons faire une restriction pour finir ce paragraphe. Le rapport du poids cérébral à l’intelligence n’est vrai que dans la généralité, et Broca a eu raison lorsqu’il a dit: « Il ne peut venir à l’idée d’un homme éclairé de mesurer l’intelligence en mesurant le cerveau. » En effet, on a vu des personnes très ordinaires avoir un cerveau du poids de 1,800 grammes (Peacok) et même 1,900 grammes (Morris), et inversement des hommes très distingués avec de petits cerveaux. C’est ainsi que le cerveau du grand anatomiste Tiedemann ne pesait que 1,254 gr., et que celui du grand lutteur de la Défense nationale, Gambetta, n’excédait pas 1,216 grammes. — C’est que dans l'appréciation des rapports du cerveau avec l’intelligence on se heurte à plusieurs inconnues. En premier lieu l’encéphale n’est pas un organe simple, c’est une machine divisée en un grand nombre de leviers, à fonctions distinctes, et dans laquelle, par suite, il est bien difficile de faire les parts respectives des rouages sensitifs, moteurs et intellectuels. Un cerveau d’homme vulgaire peut avoir avoir un grand développement des appareils moteurs. En second lieu, si la quantité de matière cérébrale est capable d’influencer le travail cérébral, qui n'entrevoit aussitôt que la qualité de la même substance est au moins aussi importante en pareille occurrence. Il nous faudrait donc, pour pouvoir apprécier la puissance intellectuelle d’un cerveau, savoir nettement

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apprécier le degré d’organisation de ses éléments anatomiques. On a dit fort justement que ce n'est pas en pesant la rétine qu'on pourrait en déduire la puissance visuelle ou photo-sensible. On ne peut donc avec le seul poids du cerveau avoir la prétention d’apprécier la puissance intellectuelle d’un homme. Mais il ne faut pas non plus oublier que le poids du cerveau croit, en général, dans l'espèce comme dans les races et dans les individus, avec le degré d'activité cérébrale et de culture intellectuelle.

9. Le cerveau des dégénérés , des épileptiques, des aliénés, des malades et des criminels. — En regard des intelligences supérieures, il ne sera pas sans avantage, sans doute, de placer les intelligences pauvres ou perverties. Le poids moyen du cerveau de 22 idiots çf, a été de 1200 gr. (Thurnam). et les microcéphales de Parchappe, Boyd, Broca, Ecker, etc., avaient un cerveau qui varia en poids de 300 à 900 gr. Les asiles (Bicêtre, la Salpétrière) donnent des cerveaux inférieurs de 00 à 80 gr. en poids à ceux des hôpitaux (St-Antoine, la Pitié), comme cela résulte des registres de Broca. D’autre part, on a observé des cerveaux d’un poids inférieur à 1000 gr. dans les races inférieures, telles que les Australiens, les Boschimans, ce qui est considéré comme au-dessous du minimum d’une organisation normale parmi les races européennes par les anthropologistes. Le cerveau du Gorille pèse 500 gr.

Les épileptiques, les aliénés, les criminels ont des cerveaux très divers, et c’est cette diversité même qui les caractérise (Thurnam). 11 y a, parmi eux, peu de cerveaux moyens, la plupart sont au-dessous ou au-dessus. Le premier cas parait être celui de la majorité des assassins (Lélut, Parchappe, Bischoff), le second celui de la plupart des épileptiques.

Morselli, dans des études récentes sur le cerveau des aliénés, a trouvé que chez les aliénés le poids moyen des annexes du cerveau (enveloppes et liquide céphalo-rachidien), estimé par Broca à 52 gr., soit 4 0/0 du poids du cerveau chez l’homme normal, était de 108 gr., c’est-à-dire de 8 0/0. Quant au cerveau luimême, il s’est constamment tenu inférieur au poids moyen du cerveau des hommes sains d’esprit. Le rapport cranio-cérébral, c’est-à-dire le rapport entre le poids net de l’encéphale et la capacité crânienne = 100, de cette catégorie d’hommes a confirmé la règle, car il s’est trouvé également plus faillie que dans l'homme normal ordinaire, à ce point quele rapport indiqué par Manouvrier, soit 87 0/0, n’est plus, chez les fous, que de 83. En revanche, les aliénés ont souvent un indice céphalique exagéré, en regard du type crânien de la population à laquelle ils appartiennent.

Sur 18 guillotinés, comprenant les cas de Lelut, de Parchappe, l’âge variant de 19 à 46 ans et en moyenne étant de 33 ans, le poids de l’encéphale varia de 1183 à 1596 gr., et fut en moyenne de 1350 gr- Campi, âgé de 32 ans, avait un cerveau pesant 1350 gr. — Ce qui, comparé avec la moyenne correspondante de 1374 ou de 1386 de la courbe Broca- Bischoff, donne un déficit de 24 ou 36 grammes. J’ai trouvé sur les trois assassins décapités Paillet, Degroote et Claeys, les poids respectifs de 1250, 1298 et 1470 gr. L’hémisphère droit l’emportait de 4 gr. sur le gauche chez Degroote, et chez Claeys de 14 gr.

Sur 16 autres assassins de Bischoff, la moyenne du poids de l’encéphale est de 1272, tous les cas étant au-dessous de la normale de cet

observateur. Ce qui amène à conclure que, toutes choses égales d’ailleurs, les criminels ont moins de cerveau que les non criminels.

Bischoff a pesé une autre série de cerveaux appartenant à des meurtriers et à des voleurs. La moyenne du poids qu’il trouva fut 1363 gr., — un peu moins de la moitié était au-dessus de la normale, dont 14 au-dessus de 1400 gr., sur lesquels 3 au-dessus de 1500 gr. La seule déduction que l’on puisse tirer de ces ehilïres c’est que les criminels ont des cerveaux d’un poids très divers.

Broca a donné le poids de 20 criminels et suicidés. La moyenne de ces 20 sujets était de 1445 gr., c’est-à-dire élevée; ceux qui voient dans les suicidés des esprits forts et énergiques ne manqueront de faire la remarque que ces résultats confirment leur opinion.

Bref, , de tout cela on peut conclure que le poids du cerveau ne peut en rien nous édifier sur la valeur de la cérébralité du criminel.

Enfin, l’encéphale comme le reste des organes, est affecté par les maladies chroniques. L’influence atrophique de ces dernières sur l’organe de la pensée n’est pas douteuse, et Foville et Broca ont bien fait ressortir ce point particulier de l’étude du cerveau.

En somme, la masse de l’encéphale est donc en général plus considérable chez l’adulte que chez le vieillard, chez l’homme que chez la femme, chez les hommes éminents que chez les hommes ordinaires, dans les races supérieures que dans les races inférieures de l’humanité; mais si les gros cerveaux caractérisent ci et là un homme de génie, assez fréquemment aussi ils appartiennent à des sujets anormaux, sinon pathologiques. C’est ce que l’on a exprimé sans peut-être s’en rendre bien compte, quand on a dit que le génie cotoye les frontières de la folie. Ce qui fait la supériorité d’un cerveau, ce n’est pas tant sa masse énorme, ni l’exubérance et le désordonné d’un coin de sa surface, mais le développement bien équilibré, l’harmonie du tout. La raison et le jugement qui donnent la mesure de la supériorité intellectuelle exigent une balance juste, ni lourde, ni folle. Le dicton vulgaire exprime peut-être cette vérité lorsqu’il dit : grosse tète, peu de sens.

10. Le cerveau gauche et le cerveau droit. — Asymétrie des hémisphères. — Bichat avait dit que la symétrie du cerveau de l’homme était un attribut de l’espèce humaine. Or, l’aulopsie de ce grand homme lui-même prouva le contraire. Les registres de Broca prouvent bien que les deux hémisphères ne sont presque jamais tout à fait semblables. On y lit en effet, que sur 244 sujets cT, 138 fois le droit pesait davantage, le gauche 105 fois et qu’il n’y avait égalité entre les deux qu’une fois. La différence moyenne que l’on a trouvée en faveur du côté droit fut de 2 grammes. C’est également à cette conclusion que nous conduisent les recherches de Giacomini, Gaglio et Mattéi, Wagner, Thurnam.

Ce résultat paraît être en contradiction avec la doctrine de la droiterie qui implique un hémisphère gauche prépondérant ; mais si l’on pèse séparément les lobes de chaque hémisphère, on s'aperçoit que le lobe frontal gauche est plus court que le droit, et que ce n’est que la prépondérance des autres lobes qui fait pencher la balance en faveur du côté droit

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(Topinard). Si l'on accepte cette doctrine, nous ne serions donc, pas droitiers de tout le cerveau (?).

Mais les différences sont trop peu accusées pourqu’on puisse fournir à ce sujet une conclusion absolue. En effet, si les auteurs nommés ci-dessus ont trouvé l’hémisphère droit un peu plus lourd, Luvs et Boyd, au contraire, ont noté que c’est le gauche qui l’emporte en moyenne sur le droit. Dans les recherches plus récentes deTKNcuiNi (1884), l’hémisphère gauche prévaut sur le droit et le droit sur le gauche d’une proportion presque égale; ils sont égaux dans le J/4 des cas, et la différence de poids entre les deux varie de 4 à 7 gr.

Luvs a avancé que chez les aliénés l’hémisphère droit élait généralement prépondérant, mais Morselli, Seppili, etc-., n’ont pas confirmé cette opinion. Ce qui est vrai, c’est que chez les fous, on rencontre un plus grand nombre de sujets chez lesquels existe une différence considérable de poids des deux hémisphères, cela comme conséquence des troubles de développement ou de lésions fœtales ou infantiles (Féré). Sur 248 cerveaux de femmes sans lésions macroscopiques, Féré n’en a trouvé que 4 appartenant à des sujets, dont deux étaient épileptiques, où il existait une différence de poids de 30 à 33 grammes entre les deux hémisphères. Comme chez ces sujets, il y avait un épaississement des méninges molles très prédominant du côté de l’hémisphère le moins lourd, Féré s’est demandé si l’épaississement de la méninge molle n’était pas la cause de l’imperfection du développement de l’hémisphère.

Chez les idiots, il y a fréquemment une asymétrie très notable des hémisphères, qui est le résultat, soit d’un arrêt de développement congénital, soit d’une encéphalite ou péri encéphalite fœtale ou infantile, soit encore d’une lésion nécrobiotique due à des oblitérations vasculaires. Ces lésions destructives en foyer peuvent aller assez loin pour permettre l'adossement de la membrane ventriculaire à la pie-mère extérieure après disparition de la substance nerveuse intermédiaire, et la communication entre la cavité ventriculaire et les espaces sous-arachnoïdiens : c est là la pore7ic>’phalie (Heschl). Cette atrophie d’un hémisphère conduit à l'atrophie de la moitié correspondante du crâne, d'où l’asymétrie cérébrale détermine une asymétrie crânienne. Il est vrai de dire aussi qu'à son tour une asymétrie crânienne due, soit à un vice de développement congénital, soit à une lésion osseuse qui donne lieu à la soudure précoce d’une suture latérale, conduit à une asymétrie cérébrale parallèle, l’n décubitus défectueux, une position vicieuse, peuvent également devenir dans le jeune âge, la cause d’une asymétrie crânienne et consécutivement d’une asymétrie cérébrale. C’est le cas des déformations crâniennes ethniques, et Broca a pensé que le torticolis congénital peut amener un arrêt de développement dans une moitié du crâne en modifiant la circulation dans la carotide correspondante, d’où une nutrition vicieuse des os du crâne de ce côté et une atrophie consécutive. On puiserait de précieux arguments en faveur de cette théorie dans les travaux de Güdden sur l'atrophie du crâne.

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§ I. — Conformation extérieure du cerveau

Le cerveau doit être examiné dans sa configuration extérieure et dans sa conformation intérieure.

Le cerveau se compose de deux moitiés symétriques, hémisphères, séparés l’un de l’autre en avant, en arrière et en haut par une fente profonde, fente interhèmisphèrique , mais réunis au centre et en bas, par des parties médianes, corps calleux , commissures et plancher du troisième ventricule. — La symétrie des deux hémisphères n’est pas toujours parfaite, et celte asymétrie n’est pas une cause de déchéance intellectuelle. — Liguât, qui a soutenu celte opinion erronée, nous l’avons dit plus haut, a fourni lui-même la preuve du contraire, car son cerveau était précisément très asymétrique.

Fig. 93. — Surface latérale du cerveau.

1, origine de la scissure de Sylvius ; 2, extrémité antérieure du lobe temporal, ou lobe de Sylvius ; 3, lobe antérieur ; 4, extrémité postérieure du lobe postérieur ; 5, cervelet ; 6, scissure moyenne du cervelet; 7, lobule du pneumogastrique ; 8, protubérance annulaire ; 9, bulbe rachidien ; 10, olive.

Les hémisphères sont séparés en lobes, lobules et circonvolutions par des scissures et des sillons profonds. — La raison d’être des circonvolutions paraît être dans le plissement obligatoire du cerveau en face de la boîte crânienne rigide, et dans le mode de rayonnement de l'expansion des libres pédonculaires. Elles ont pour résultat de permettre le logement à une masse nerveuse beaucoup plus considérable dans un espace donné, et c’est un phénomène qui peut être rapproché de celui qui donne lieu aux circonvolutions de l’intestin.

On considère au cerveau, une face supérieure ou convexe et une face inferieure ou base du cerveau.

1° Face supérieure du cerveau. — Cette face présente sur la ligne médiane un sillon profond, grande scissure médiane ou inter-hémisphérique qui divise le

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cerveau en deux moitiés latérales, hémisphères cérébraux, cerveau droit et cerveau gauche de Galien.

La scissure médiane, à direction antéro-postérieure sépare complètement les deux hémisphères en avant et en arrière, c’est-à-dire qu’elle se prolonge jusqu’à la face inférieure du cerveau, mais à la partie moyenne elle se termine sur une lame blanche qui unit les deux hémisphères, le corps calleux. Elle reçoit la faux du cerveau.

Les hémisphères sont situés de chaque côté de la scissure médiane. On peut les comparer à deux prismes triangulaires fusiformes. Chacun d’eux présente donc deux extrémités et trois faces : une extrémité antérieure ou frontale ; une extrémité postérieure ou occipitale, dont les noms sont tirés des rapports qu’elles affectent avec la boîte crânienne ; une face interne, plane, verticale, séparée de celle du côté opposé par la faux du cerveau, et excavée en gouttière le long du corps calleux, sinus ou ventricule du corps calleux ; — une face externe , convexe, en rapport avec la voûte du crâne, et séparée de la face interne par le bord supérieur ou sagittal de l’hémisphère ; — une face inférieure qui fait partie de la base du cerveau et se trouve limitée par ce que l’on est convenu d’appeler le bord interne et le bord externe de l’hémisphère.

2* Face inférieure du cerveau. — La face inférieure du cerveau se moule sur la base du crâne ; — dans ses deux tiers antérieurs elle repose dans les fosses crâniennes antérieures et moyennes, et dans son tiers postérieur sur la tente du cervelet. — Elle est formée par la face inférieure des deux hémisphères du cerveau réunis ensemble par des parties blanches et grises, et doit être examinée successivement dans sa partie moyenne et dans ses parties latérales.

a. Région médiane de la face inférieure du cerveau. — En allant d'avant en arrière, on trouve les parties suivantes :

1° L 'extrémité antérieure de la grande scissure inter hémisphérique (14 lig. 94), limitée en arrière par l’extrémité antérieure du corps calleux; — elle sépare l’une de l’autre les pointes des deux lobes frontaux et loge l’apophyse crista-galli et le sommet de la faux du cerveau.

2° L 'extrémité antérieure du corps calleux que l’on voit en écartant les bords de la scissure interhémisphérique. En se repliant en bas et en arrière, ce corps forme une surface arrondie, genou du corps calleux, qui se termine en arrière par une portion rétrécie et triangulaire, bec du corps calleux, d’où partent de chaque côté deux lamelles blanches, pédoncules du corps calleux, qui vont se perdre en divergeant en arrière, dans l’extrémité interne de la scissure de Sylvius. — Dans l’angle de séparation de ces pédoncules se voit une lamelle grise, lamelle grise sus-optique, racine grise des nerfs optiques.

3° Le chiasma des nerfs optiques, sorte de rectangle allongé transversalement, dont les angles antérieurs se continuent avec les nerfs optiques, et les angles postérieurs avec les bandelettes optiques (15, lig. 94). — Ce corps qui repose dans la gouttière optique du sphénoïde, est formé par l’entrecroisement des bandelettes optiques, décussation telle qu’une partie des libres de la bandelette optique gauche passe dans le nerf optique droit et réciproquement (2, lig. 95). En avant et en arrière de cet entrecroisement, il existe, en outre un système de libres arciformes commissurales qui unissent les deux nerfs l'un à l’autre,

et les deux bandelettes l’une à l’autre. A la partie postérieure, ces libres arciformes allant d’un corps genouillé à l’autre, constituent la commissure de Gudden (5, fig. 95). — Les bandelettes optiques (5, fîg. 95 et 4, lig. 98) naissent d’une double éminence de la couche optique, les corps genouillès , (6, 7, lig. 95, et 13, 14 lig. 98), ce sont deux lamelles qui se portent en avant et en dedans en contournant les pédoncules cérébraux et s’accolent l'une à l'autre au devant du tubcr cinéreum pour former le cbiasma.

Fig. 94. — Surface inférieure du cerveau el origine apparente des nerfs crâniens.

1, nerf olfactif; 2, nerf optique ; 3, nerf moteur oculaire commun ; 4, nerf pathétique ; 5, nerf trijumeau ; 6. nerf moteur oculaire externe; 7, nerf facial; 8, nerf auditif; 9, nerf glosso-pharyngien ; 10, nerf pneumogastrique; 11, nerf spinal; 12, nerf grand hypoglosse; 13, nerf de la première paire cervicale; 14, 14, scissure interhémisphérique; 15, chiasma des nerfs optiques; 16, infundibulum ; 17, tuber cinereura ; 18, quadrilatère perforé; 19, tubercules mamillaires; 20, espace perforé interpédonculaire ; 21, pédoncules du cerveau ; 22, protubérance annulaire ; 23, olive ; 24, pyramide antérieure ; 25, entre-croisement des pyramides ; 26, moelle épinière; 27, cervelet; 28, vermis inférieur ; 29, lobule du pneumogastrique ; 30, circonvolution olfactive interne.

En renversant en arrière le cbiasma optique, on aperçoit entre les pédoncules du corps calleux que l’on met à jour par cette manœuvre un espace gris triangulaire, qui fait partie du plancher du troisième ventricule , c’est la racine grise des nerfs optiques, la lame sus-optique , contenant un ganglion, ganglion optique basal.

Trajets optiques. — Les fibres optiques sont partiellement entrecroisées dans le chiasma chez les Mammifères; en totalité, chez les Poissons, les Amphibiens et les Oiseaux, c’est-à-dire chez les animaux qui ont la vision monoculaire. Darkschewich

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(Arch. f. Ophlhal. XXXVII, 1891) a démontré à nouveau un entrecroisement partiel des nerls optiques dans le chiasma, comme l’ont montré Singer et Münzer. L'opinion de Michel qui n'admet pas l'entrecroisement partiel, est donc ainsi encore une fois imfirmée (Voy. aussi Tschaussow, Traclus opticus, Anat. Anzeiger, 1889).

Les bandelettes optiques relient les corps genouillés au chiasma. Ces bandelettes sont constituées par trois faisceaux : l'un qui externe, contient les fibres directes ; le deuxième moyen, contenant les fibres croisées, c’est-à-dire provenant de l'œil du côté opposé ; le troisième interne, formé par les fibres de la commissure de Gudden (3, 4, 5, fig. 95).

1, nerf optique ; 2. chiasma optique; 3, 3, faisceau direct; 4. 4, faisceau croisé; a, commissure de Gudden; 5', bandelette optique; 6, corps genouillé externe; 7, corps genouillé interne; 8, pulvinar de la couche optique; 9, tubercule quatrijumeau postérieur ; 10, tubercule quadrijumeau antérieur; 11. bras antérieur et externe des tubercules quadrijumeaux; 12, bras postérieur et interne des tubercules quadrijumeaux.

Lorsqu’elles vont atteindre les corps genouillés, les bandelettes optiques se partagent en deux branches que l'on appelle racines blanches du nerf optique, distinguées d'après leur situation en racine interne et racine externe, encore que celte appellation consacre une erreur anatomique. En eflet, la racine externe (3, 4, fig. 95) qui se rend au corps genouillé externe, renferme à elle seule le faisceau optique direct et croisé, c’est-à-dire toutes les fibres optiques, tandis que la racine interne (5, fig. 95) qui se porte au corps genouillé interne, ne comporte que les fibres de l'arc de Gudden, nullement affecté à la vision. Aussi alors que l'ablation des yeux conduit à la dégénéralion de la bandelette optique, y compris le corps genouillé externe et le tubercule quadrijumeau antérieur, cette ablation reste-t-elle sans effet sur la commissure de Gudden, y compris le corps genouillé interne et le tubercule quadrijumeau postérieur (Gudden, Bechterew, etc.). Inversement, la destruction expérimentale du tubercule

Fig. 95. — Trajet et origines optiques.

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quadrijumeau antérieur, y compris le corps genouillé externe, donne-t-elle lieu à 1 abolition de la vision, tandis que la destruction du tubercule quadrijumeau postérieur ne détermine que la dégénération de l'arc de Gudden et aucun phénomène de cécité.

Gn.vTiot.ET et Stilling ont décrit une troisième racine au nerf optique, racine intermédiaire, petite chez l’IIomme et les Singes, volumineuse chez les Quadrupèdes, qui se porte aux tubercules nales.

Fig. 96. — Schéma imité de Séguin pour expliquer 1 hémianopsie.

r, rétine: v, fibres entrecroisées du nerf optique; x, fibres directes; k, chiasma des nerfs optiques; bo, bandelette optique; G, corps genouillés externes ; Q, tubercules quadrijumeaux antérieurs ; R, radiations optiques de Gratiolet; 0, lobe occipital (région du cunéus); F, flèche indiquant l'interruption; Z, commissure de Gudden.

J’ajoute qu’à la partie interne des bandelettes optiques, viennent se juxtaposer aux fibres de la commissure de Gudden, de grosses fibres qui constituent un faisceau, commissure de Meynerl, s’étendant du corps de Luys au tuber einereum, et qui ne paraît avoir aucun rapport avec l'appareil optique.

Quoiqu'il en soit, arrivés au corps genouillé, les faisceaux direct et croisé y pénètrent, les uns s’y arrêtent, les autres ne font que le traverser pour se rendre au pulvinar de la couche optique (4,8, fig. 95), où elles prennent part à la constitution du stratum zonale, mais la majeure partie des fibres gagnent le tubercule quadrijumeau antérieur, par le bras antérieur de ce corps. Ce sont là les centres optiques inférieurs, reliés aux noyaux des nerfs moteurs de l’œil et à la protubérance, au bulbe et au cervelet, par les racines profondes descendantes de Stilling, (racines optique, protubérantielle, bulbaire et cérébelleuse), et, de plus, reliés aux centres supérieurs des hémisphères par un faisceau irradié qui passe

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par la parlie toute postérieure de la capsule interne et constitue les irradiations optiques de Gratiolet ou faisceau optique intra-cérébral (R, fig. 96). Du tubercule quadrijumeau antérieur et du corps genouillé externe et du pulvinar, les fibres optiques vont, en elle!, dans l'écorce occipitale (cuneus). Chaque lobe occipital (centre visuel cortical), recevant la bandelette de son côté, reçoit par cela même le faisceau direct et croisé (vx,fig.96), et a dans son domaine la portion temporale de sa rétine et la portion nasale de la rétine opposée. On comprend, dès lors, qu'une interruption quelconque (F, fig. 9G), en arrière du chiasma (bandelette optique, corps genouillé externe, tubercules nates, pulvinar, centre ovale occipital), de même qu'une lésion de l'écorce du lobe occipital, donnera lieu à une amblyopie latérale homonyme, liémiopie ou hémianopsie, c'est-à-dire à l’abolition de la vision dans la moitié externe de la rétine du même côté et la moitié interne de l’autre rétine. Quant à Vambiyopie ou hémianopsie croisée, aucune explication suffisante n’en a encore été fournie, et les schémas qui ont été donnés à ce sujet par Charcot, Férè, Seguin, Grasset, ne reposent sur aucune base anatomique certaine.

La rencontre des deux racines, racine directe et racine croisée des nerfs optiques, se fait donc dans l’épaisseur du corps genouillé externe, du tubercule quadrijumeau antérieur et du pulvinar. De là, ces deux racines se rendent, soit dans la bandelette descendante bulbo-cérébelleuse, soit dans la bandelette irradiée cérébrale.

4° Losange central. — En arrière du chiasma est un espace losangique, losange central , circonscrit en avant par le chiasma et les parties attenantes des bandelettes optiques, en arrière par deux grosses colonnes blanches, pédoncules ou cuisses du cerceau. — Dans cet espace on trouve, en allant d’avant en arrière :

a) Le tuber cinereum ou corps cendré, lame grise triangulaire et bombée en dôme, limitée en avant par le chiasma, en arrière par les tubercules mamillaires et de chaque côté par les bandelettes optiques (17, lîg. 94). —

11 forme la partie la plus déclive du plancher du troisième ventricule et sur lui s’implante une tige conique, la tige pituitaire. — Celle-ci est un cordon grisâtre long d’environ ü millimètres, implanté par sa base, infundibulum , ( 1 5’, fig. 98) sur le dôme du tuber cinéréum, et aboutissant par son sommet au corps pituitaire (16, fig. 94). — Elle est formée par une écorce flbro-vasculaire dépendant de la pie-mère, et par une lamelle enroulée de substance grise qui se continue avec celle du tuber cinéréum et par lui avec la substance grise qui ferme le sommet du troisième ventricule.

La tige pituitaire est creusée d’un canal évasé en haut où il communique avec le troisième ventricule et dont il peut être considéré comme le prolongement, plus étroit en bas, où; il est assez souvent oblitéré. — Elle traverse le diaphragme de l’hypophyse et comme elle se brise ordinairement lorsqu’on enlève le cerveau, on trouve un pet it trou en son lieu d’insertion au centre du tuber cinereum.

Le corps ou glande pituitaire, glans pituitam excipiens de Yésale, hypophyse de Chaussier (h, fig. 97), est un corps ovoïde grisâtre d’environ

12 millimètres de large sur 8 de long et 6 de haut, appendu à la tige pituitaire et logé dans la selle turcique où il est maintenu par le repli pituitaire de la dure-mère, diaphragme de l’hypophyse, percé d’un trou à son centre par lequel passe la tige pituitaire. — 11 est formé de deux lobes séparés par une cloison transversale de tissu conjonctif. — Le lobe anté-

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rieur, d’une couleur jaunâtre, est le plus volumineux ; il parait offrir les caractères d'une glande vasculaire sanguine (Frey, Koelliker, Ch. Robin, etc.) et dérive de l’épithélium pharyngien de la bourse de Rathke. Le lobe postérieur, plus petit et grisâtre, contient des éléments nerveux au milieu d’une gangue névroglique.

Fig. 97. — Face inférieure ou base de l’encéphale.

J, bulbe olfactif; sr, sillon olfactif, II, nerf optique; sp, espace perforé latéral; h, hypophyse; cc, tubercules mamillaires ; p, p, espace perforé postérieur ; hs, pédondules cérébraux; III, nerf oculo-moteur commun; H, circonvolution de l hippocampe ; br, protubérance annulaire; V, nerf trijumeau; VI, nerf oculo-moteur externe ; Cb, cervelet ; te, lobule amygialien ; Mo, pyramides antérieures du bulbe rachidien ; O, lobe occipital du cerveau ; fl, lobule du pneumogastrique du cervelet ; T 1 , T- , T3, première, deuxième et troisième circonvolutions sphénoïdales; F1, F-, F^, première, deuxième et troisième circonvolutions frontales.

Sur ce dernier setd, qui est creux dès le début et reste tel chez les vertébrés inférieurs, vient s’insérer la lige pituitaire, comme le démontrent très bien les coupes sagittales de la glande.

L'hypophyse qui dérive du cerveau intermédiaire paraît être le débris d'un organe sensoriel (Wiedershkim). II oussay la considère comme un reste de branchie. Chez Polyptère

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persiste dans la période post-embryonnaire un canal hypophysaire creusé dans 1 os et dirigé vers la bouche (Waldschmid).

La grande pituitaire, — que Galien considérait comme une sorte d’éponge destinée à absorber la pituite, — peut être le siège de diverses productions pathologiques, kystes, tubercules, cancers, qui compriment le chiasma optique et les nerfs de l’œil à leur sortie du crâne, d’où une amblyopie double contrastant, au début, avec l’absence de signes ophthalmologiques (signe de Bernhardt), et une ophthalmoplégie avec absence de troubles de la sensibilité et de la motricité générales.

b) Eu arrière du tuber cinereuiu, entre lui et l’espace interpédonculaire, ou voit deux tubercules arrondis et blancs, tubercules mamillaires ( corpora candicantiaj (ce, tig. 97, et lü, lig. 98), adossés l’un à l’autre el implantés par leur base sur une lamelle de substance grise. — Leur écorce, seule partie blanche, est formée par les piliers antérieurs du trigone cérébral qui les embrassent dans une sorte de boucle (4, lig. 430) ; leur centre, constitué par de la matière grise, se continue avec la substance grise qui tapisse le troisième ventricule et reçoit un faisceau blanc, faisceau de Vicq d’Azyr (8, lig. 134), qui vient du tubercule antérieur de la couche optique, et un autre faisceau, faisceau de la calotte, qui provient du plancher de l’aqueduc de Sylvius el du ruban de Reil.

Double chez l’Homme et le Singe, ces tubercules sont représentés par une saillie unique chez les autres Mammifères. Ils n’existent que chez les Mammifères et leur développement est lié à celui du trigone cérébral qui fait défaut aussi chez tous les vertébrés inférieurs. — Ils sont formés de deux groupes de cellules dont les fonctions paraissent être distinctes : Un groupe interne qui reçoit le pilier antérieur du trigone el émet le faisceau de Vicq-d’Azyr qui monte dans le tubercule antérieur du Thalamus, et fait partie du système olfactif: — un groupe externe qui est rattaché au système spinal par un faisceau, faisceau du corps mainillaire, visible extérieurement chez quelques animaux, enfoui chez l’IIomme dans la substance grise du troisième ventricule et qu’on suit avec peine, à travers la calotte, jusque dans la région moyenne du pédoncule cérébral.

c) En arrière des tubercules mamillaires on trouve une dépression de forme triangulaire, à sommet dirigé en arrière vers la protubérance, et limitée à droite et à gauche par les pédoncules cérébraux, c’est l 'espace interpédonculaire. — 11 est de couleur grise et percé d’un grand nombre de trous vasculaires, d’où le nom qui lui a été donné d'espace perforé postérieur (p. p., lig. 97). — Lorsque cet espace est déchiré, on voit à sa place un orifice qui mène dans le troisième ventricule dont la paroi inférieure a été ouverte. — Sur la partie médiane de l’espace interpédonculaire on aperçoit un sillon, et de chaque coté deux tractus blancs qui sont les origines des nerfs oculo-moteurs communs (111, tig. 97). — Ces tractus sont séparés des pédoncules cérébraux par une traînée de substance noire.

Simple lame de substance grise chez l’Homme, elle constitue un ganglion, ganglion interpédonculaire, chez divers Mammifères. Gudden el Forel ont d'ailleurs décrit dans la paroi de l’espace interpédonculaire un petit amas de cellules nerveuses qui, dans l’espèce humaine, représente le rudiment du ganglion interpédonculaire. De cette substance

Debierre. — 13.

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grise part un faisceau ascendant qui se rend au ganglion de l’iiabenula situé sur le bord interne du thalamus et qui sert de centre trophique à ce faisceau (Meynert).

,i° Pédoncules cérébraux. — En arrière du losange central, on voit émerger de dessous le bord antérieur de la protubérance annulaire, deux gros cordons blancs, pédoncules cérébraux (hs, iig. 97), qui se portent en avant et en dehors en divergeant et pénètrent dans l’hémisphère cérébral corres-

Fig. 98. — Face intérieure du cerveau : Pédoncules cérébraux, bourrelet du corps calleux, fente

de Bichat, corps genouillés (photogravure).

4, nerf olfactif, terminé par le bulbe olfactif; 2, espace perforé latéral ; 3, noyau amygdalien ; 4, bandelette optique sectionnée ; 5, noyau rouge dans l’épaisseur du pédoncule cérébral ; 6, tœnia demicirculaire ; 7, pulvinar; 8, corne d'Ammon sectionnée ; 9, fente de Bichat; 10, glande pinéale ; 11, bourrelet du corps calleux ; 12, corps bordant (pilier postérieur de la voûte) ; 13, corps genouillé interne ; 14, corps genouillé externe ; 15, tubercules mamillaires ; 15’, infundibulum du 3"” ventricule ouvert par arrachement de la tige pituitaire ; 16, chiasma optique ; 17, grande scissure interhémisphérique (L’hémisphère gauche a subi une section horizontale pour dégager les corps genouillés et mettre à nu le noyau amygdalien).

pondant où ils se perdent. — Si vous coupez ces cordons en travers, vous retranchez du meme coup le cervelet et l’isthme du cerveau, et vous voyez sur la surface de section le locus niger , le noyau rouge de Stilling, l’implantation des racines de l’oculo-moteur commun sur le bord interne des pédoncules, et un orifice qui n’est autre chose que la coupe de l’aqueduc de Sylvius (5, iig. 98). — Cette coupe permet de voir le reste des parties qui siègent

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sur la région médiane de la base du cerveau, l’extrémité postérieure du corps calleux et la partie la plus reculée de la grande tente interhémisphérique.

6° Extrémité postérieure du corps calleux. — En arrière des pédoncules cérébraux, on aperçoit l’extrémité postérieure du corps calleux sous la forme d’un gros cordon blanc transversal, bourrelet du corps calleux , splénium qui s’enfonce latéralement dans les lobes postérieurs du cerveau (11, 11g. 98).

7° Fente de Uichat. — Le bourrelet du corps calleux forme la partie moyenne de la lèvre supérieure d’une large fente, grande fente cérébrale de Uichat (9, lig. 98), dont la lèvre inférieure est constituée au milieu par les tubercules quadrijumeaux. — Sur les côtés, la lèvre supérieure est constituée par les pédoncules cérébraux et la lèvre inférieure par le bord interne des hémisphères du cerveau, ou plus exactement par les circonvolutions qui forment ce bord interne et qu’on appelle la circonvolution de l’hippocampe^ Dans sou ensemble, cette fente présente la forme d’un fer à cheval ouvert en avant, embrassant les pédoncules cérébraux et les couches optiques, et s’étendant d’une vallée de Sylvius à l’autre. — Pour la bien voir, il convient, l’encéphale reposant sur sa convexité, de soulever le cervelet que l’on porte en même temps en avant. — Sa portion médiane donne passage à fa toile choroïdienne qui pénètre dans le ventricule moyen. Les parties latérales laissent pénétrer la pie-mère, plexus choroïdes, dans les ventricules latéraux. Toutefois il est à remarquer que la toile et les plexus choroïdes n’entrent pas réellement dans les ventricules cérébraux, nous l’avons déjà dit, mais ne font que s’y invaginer.

8° Extrémité postérieure de la grande scissure médiane. — Beaucoup plus étendue que l’antérieure, l’extrémité postérieure de la scissure interhémisphérique est limitée en avant par le bourrelet du corps calleux et loge la base de la faux du cerveau (voy. lig. 98).

Commissures de Gudden et de Meynert. — A la région médiane de la hase du cerveau nous joindrons l’étude des commissures de Gudden et de Meynert.

Les dégénérations expérimentales ont démontré une chose assez singulière, c’est que le tiers postérieur environ du chiasma et des bandelettes optiques n’appartient pas au système optique (Gudden), mais constitue une commissure d’un nouvel ordre.

La commissure de Gudden (5, lig. 95) s’étend du corps genouillé interne d’un côté au corps genouillé interne du côté opposé en suivant le bord interne des bandelettes optiques et le bord postérieur du chiasma optique. C’est ce que l'on décrivait autrefois sous le nom de faisceau arqué postérieur du chiasma. Par l'intermédiaire du corps genouillé interne les fibres de la commissure de Gudden communiquent avec le tubercule quadrijumeau postérieur. Or, si les tubercules quadrijumeaux antérieurs et les corps genouillés externes sont les noyaux d’origine des fibres optiques (Gudden, Bechterew, etc.), les corps genouillés internes et les tubercules quadrijumeaux postérieurs n’ont rien à faire avec l’appareil de la vision.

La commissure de Meynert est juxtaposée à la commissure de Gudden. Elle prend naissance dans la région sous-optique, dans le corps de Luys, d’après les recherches les plus récentes, descend de là dans le pédoncule cérébral, qu’elle traverse de haut en bas pour venir s’accoler à la bandelette optique, dont elle suit le bord interne jusqu’au chiasma. Là, elle s’entrecroise avec celle du côté opposé et se termine dans la substance

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grise du tuber cinereum, dans les cellules de la lame grise sus-optiques ( ganglion optique basal), qui envoient des fibres au nerf optique ( racine grise du nerf optique), ainsi que l’ont observé Meynert, IIuguenin, et, plus récemment., Jacob Honegger.

La commissure de Meynert est étrangère au système optique.

b. Régions latérales de la face inférieure du cerveau. — Elles présentent d’avant en arrière :

Fig. 99. — Face inférieure de l'encéphale : espace perforé latéral, vallée de Sylvius,

(photogravure).

I, f, grande scissure interhémisphérique ; 1, circonvolution orbitaire interne; 2, nerf olfactif; 3, scissure de Sylvius; 4, glande pituitaire; 5, tige pituitaire et tuber cinéreum ; G, nerf oculo-moteur commun; 7, pédoncule cérébral; 8, nerf trijumeau; 9, floculus; 10, pyramide du bulbe; 11, sillon médian du bulbe et entrecroisement des pyramides; 12, groupe pneumogastrique; 13, acoustico-facial; 14, nerf oculo-moteur externe; 13, pont de Varole; 16, bandelette optique ; 17, espace perforé latéral (champ olfactif, vallée de Sylvius) ; 18, lobule orbitaire; A, amygdale du cervelet; B, fente de Bichat; C, cervelet; Ta, circonvolution de l’hippocampe.

1° La face inférieure du lobe antérieur ou frontal (F1 F2 F3 , lig. 98, et 18, lig. 99) de forme triangulaire à sommet mousse dirigé en avant, corne frontale, à base tournée en arrière et répondant à la scissure de Sylvius ; cette face repose sur la fosse frontale et présente à sa partie interne un sillon profond, le sillon olfactif ou orbitaire interne, qui reçoit une bandelette blanche, la bandelette olfactive (2, lig. 99).

Celte bandelette olfactive est prismatique et triangulaire pour s'adapter à la forme du sillon olfactif où elle se loge ; elle est renflée en massue à son extrémité antérieure, et ce renflement d’un aspect gris rosé porte le

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nom de bulbe olfactif (I, lig. 97) et repose dans la gouttière ethmoïdale. Par sa face inférieure il donne naissance aux nerfs olfactifs.

2° L 'extrémité inférieure de la scissure cle Sylvius qui, en raison de sa largeur à ce niveau, prend le nom de vallée de Sylvius (17, lig. 99). C’est en ce point qu’est situé le confluent latéral. — Si l’on détruit l’arachnoïde qui passe comme un pont sur l’extrémité interne et inférieure de la scissure de Sylvius, et si l’on enlève ensuite la pie-mère qui la tapisse, on met à jour une surface quadrilatère blanchâtre et criblée de trous vasculaires ; c’est la substance perforée antérieure de Yicq-d’Azyr, le quadrilatère perforé de Foville, l 'espace perforé latéral (9K, lig. 2), qui se fusionne par sa partie profonde avec le corps strié.

Limité en avant par l’écartement des deux racines blanches du nerf olfactif, en arrière par la bandelette optique, en dedans par le chiasma et la racine grise des nerfs optiques, en dehors par le sommet du lobe sphénoïdal du cerveau, cet espace perforé est le résultat de l’arrachement des artérioles et des veinules qui pénètrent le cerveau pour se rendre dans les corps striés.

Cet espace, en raison de ses relations avec les racines du nerf olfactif, mérite le nom de carrefour olfactif. Il est en elïet limité en avant et de chaque côté par les racines interne et externe de l’ollactif, et d'autre part, une bonne partie des racines moyennes de ce nerf se jettent dans sa propre substance (pyramide de Sœmmerring). La substance grise de l’espace perforé est donc l’origine de la racine grise de l’olfactif, elle se continue souvent avec les traclus de Lancisi et par eux avec le corps godronné.

L’espace perforé est enfin traversé en diagonale par une bandelette blanche qu’on met à jour en raclant un peu la substance grise de l’espace ; c’est la bandelette diagonale de Broca, que Vicq-d’Azyr considérait comme la continuation du pédoncule du corps calleux, mais qu’il est juste de prendre maintenant avec Brissaud, comme la continuation du pied du septum lucidum. — Cette bandelette, particulièrement développée chez les animaux Osmatiques, va se perdre dans la cavité antérieure de la circonvolution de l’hippocampe.

En arrière, la bandelette olfactive se divise en deux faisceaux : l’un externe, racine blanche externe, qui se porte obliquement vers l’origine de la scissure de Sylvius et va se perdre dans la partie la plus antérieure de la circonvolution de l'hippocampe; l’autre interne, racine blanche interne, qui se dirige obliquement vers le pédoncule correspondant du corps calleux, mais, non pas pour se fusionner avec lui ou aller se perdre dans l'extrémité antérieure de la circonvolution du corps calleux ( lobe paralimbique), mais pour aller se continuer avec les tractus de Lancisi qui appartiennent au vrai lobe limbique (Voy. Bole. Le lobe limbique du cerveau des Mammifères. Thèse de Lille, 1893.) Si on renverse cette bandelette en arrière, on constate enfin qu’elle est reliée par sa base au lobe orbitaire par des fibres blanches irradiées, racine moyenne, racine grise des nerfs olfactifs, qui s'enfoncent presqu'aussilôt dans la substance du quadrilatère perforé, saillante à ce niveau sous la forme d'une pyramide, pyramide olfactive, pyramide de Sœmmerring (sp, fig. 97), et gagnent la tête du noyau caudé et la commissure blanche antérieure.

Les fibres de cette racine seraient de deux ordres : les unes, fibres en anses, réuniraient les nerfs olfactifs des deux côtés en passant par la commissure blanche antérieure; les autres, fibres entrecroisées, traverseraient également la commissure blanche en s’entrecroisant sur la ligne médiane, et de là se porteraient dans le lobe temporal. Ce sont ces dernières fibres qui constitueraient le chiasma olfactif admis par Mevnert. Du même coup on comprendrait les faits d'anosmie unitatérale et croisée, qui surviennent à la

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suite d’une lésion unilatérale d’un hémisphère. Mais après les recherches de Gudden et Ganser, il est peut-être diflicile de continuer à croire à ce chiasma olfactif, parce que, à la suite de destruction d’un bulbe olfactif, si la partie olfactive ou antérieure de la commissure s’atrophie des deux côtés, la portion temporale de cette commissure reste intacte.

Chez beaucoup de Vertébrés, y compris les Mammifères, cette partie de la face inférieure du cerveau qui correspond aux racines olfactives, se dispose en un lobe, lobe olfactif, qui s’avance en avant et porte une cavité dans son épaisseur. La cavité des lobes olfactifs communique avec la cavité des ventricules latéraux. Ces lobes, bien visibles jusqu’au cinquième mois chez le fœtus humain, disparaissent plus tard.

Chez les animaux à odorat très développé, animaux Osmotiques de Broca, comme les Carnassiers, le lobe olfactif, lobe piriforme, limité par la scissure limbique, est volumineux et la racine externe se continue avec la circonvolution de l’hippocampe ; chez les animaux à odorat peu développé, animaux Anosmaliques de Broca, comme les Cétacés» la circonvolution de l’hippocampe est beaucoup moins développée et il en est de même de la corne d’Ammon qui n’en est qu'une dépendance. Chez le Dauphin, cette corne est tout, à fait rudimentaire; chez les Primates, les centres olfactifs sont envoie de régression.

Fig. 100. — Face latérale de l’Encéphale ; Scissure de Sylvius.

1, cervelet; 2, pli courbe; 3, lobule du pli courbe ; i, circonvolution pariétale ascendante ; o, circonvolution frontale ascendante; 6, scissure de Rolando ; 7, deuxième frontale; 8, sillon prérolandique ; 9, pied de la 3e circonvolution frontale; 10, lobe de l’insula; 11, scissure de Sylvius; 12, sillon parallèle.

Le lobe olfactif (bulbe olfactif de l’anatomie humaine) a la structure d’une véritable circonvolution cérébrale, ce qui ne nous étonnera pas si nous nous rappelons que le lobe olfactif se présente au début comme une évagination du ventricule latéral. Owjannikow, Walter, Lockard Clarke, Broca, Golgi, et, plus récemment Ramon y Cajal, Van Gehuchten et Martin, Conil, ont étudié la structure du bulbe olfactif. Selon Golgi ( Arch . ital. de Biologie, t. I, p. 454, 1882), on y trouve : 1° une couche superficielle de fibres nerveuses provenant des fibres nasales ; 2° une couche profonde ou médullaire, composée aussi de libres nerveuses blanches qui se jettent dans la bandelette

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olfactive, et de quelques éléments cellulaires ; 3° d’une couche moyenne ou intermediaire qui comprend une zone externe ou glomérulaire (glomérules olfactifs), une zone moyenne ou intermediaire, composée de cellules fusiformes, et une zone interne constituée par une rangée de cellules géantes analogues aux cellules de Purkinje du cervelet. La couche moyenne du bulbe olfactif est donc essentiellement constituée par des cellules nerveuses qui semblent jouer le rôle d'un relai, d’un ganglion entre les fibres qui viennent de l'écorce cérébrale et celles qui vont à la muqueuse olfactive des fosses nasales. Le lobe olfactif fait partie du lobe limbique et doit définitivement lui rester attaché (Voy. Van Gehuchten et Martin, La Cellule, VII, 1892; — Conil, Mém . de la société de Biologie, 1892).

Malgré la dégradation de l’appareil olfactif chez l’homme, cet appareil est encore considérable chez lui, ce qui explique la finesse de son flair olfactif. Trolard (De l’appareil nerveux central de l'olfaction, Arch. de neurologie, t. XXll,p. 203, 1891) y fait rentrer la circonvolution godronnée, qui serait le noyau cortical de l'olfaction, les piliers du trigone, la bandelette cornée, le septum lucidum et ses pédoncules ou bandelettes diagonales et un faisceau qu’il appelle arc rachidien, qui se rendrait de la bandelette diagonale à la protubérance.

3° La scissure de Sylvius se porte en dehors et en haut, en décrivant une courbe à concavité postérieure, et remonte ainsi sur la face externe de l’hémisphère où nous la retrouverons plus tard. Elle est masquée par l’arachnoïde qui passe en pont du lobe antérieur sur le lobe postérieur du cerveau; la pie-mère, au contraire, s’enfonce dans la scissure, qui loge aussi l’artère cérébrale moyenne.

4° En arrière de la scissure de Sylvius, on aperçoit une surface réniforme, face inférieure du lobe postérieur du cerceau , subdivisée généralement en lobe moyen ou sphénoïdal reposant dans la fosse cérébrale moyenne, et en lobe postérieur ou occipital qui repose sur la fente du cervelet (Voy. lig. 98). — Ce lobe embrasse, par son bord interne, le pédoncule cérébral correspondant et forme la lèvre externe de la partie latérale de la fente de Bichat. — 11 présente, comme le reste de la surface de l'hémisphère, une série de circonvolutions, circonvolutions temporooccipitales, et se termine en avant par un sommet mousse, corne sphénoïdale, et en arrière par une extrémité analogue, corne occipitale.

§. IL — Circonvolutions cérébrales

Sous le nom de circonvolutions cérébrales, on désigne des replis épais, juxtaposés et tortueux, qui recouvrent la surface du cerveau, et sont séparés les uns des autres par des sillons plus ou moins profonds.

Le développemenl de ces plis est extrêmement variable selon les espèces et les races, et même selon les individus d’une même famille. Cependant, on peut

dire d’une façon générale avec A. Desmoulins, que leur développement est en raison directe du nombre et de la perfection des facultés intellectuelles dans les espèces comme dans les races et les individus. — C’est en se basant sur l’absence, la présence et l’abondance des circonvolutions que Richard Ovven répartit les animaux en trois groupes : les Lissmcèphales qui ont le cerveau lisse, les G ip' encéphales, qui ont un cerveau plissé, et les Archencéphales qui ont d’abondantes circonvolutions. Mais il ne faudrait pas faire de ce groupement un caractère de classification zoologique, car si on examine à ce sujet un certain nombre d’espèces animales, on est de suite frappé de voir que dans un même groupe, telle espèce a le cerveau lisse, telle autre le cerveau plissé.

C’est ainsi que parmi les Monotrèmes l’Ornitborhynque a un cerveau lisse et l’Echidné un cerveau plissé.

Le Dionyx parmi les Edentés, est tout à fait lissencéphale, l’Unau est gyrencéphale (G. Pouchet). On peut remarquer de plus que les cerveaux sans plis s’observent presque toujours dans les espèces de petite taille.

Les circonvolutions sont donc formées par le plissement de l’écorce cérébrale, dont l’action est proportionnelle à la surface du cerveau ; un cerveau lisse est donc, toutes choses égales d’ailleurs, inférieur à un cerveau plissé, puisqu'il a moins de surface. A intelligence égale et dans un même ordre zoologique, les animaux les plus grands doivent avoir les cerveaux les plus plissés. Ce fait se vérifie très bien dans l’ordre des Rongeurs, des Ruminants et des Primates. Ainsi, quoique les Rongeurs en général soient lissencépbales, le plus grand d’entre eux, le Cabiai, est gyrencéphale, tandis que le Chevrotain de Java, le plus petit des Ruminants, est presque lissencéphale; ainsi encore, bien que le type général des Primates soit gyrencéphale, les plus petites espèces de la famille des Cébiens sont lissencéphales.

Dareste a expliqué ce fait en disant que le cerveau renferme toujours une partie fondamentale ou automate en rapport avec des fonctions primitives. Ce cerveau là croît avec le corps pour ne pas rester en retard sur le reste ; son volume augmente en même temps que la taille de l’animal. Le plissement de la surface du cerveau est en relation directe, au contraire, avec le volume du cerveau (Baillarger). Rroca, d’autre part, a bien montré que ce plissement n’a pas lieu au hasard, mais qu’il est déterminé par les connexions mêmes de la partie qui s’amplifie avec les parties profondes.

Le plissement du cerveau n’est pas un phénomène primaire, puisqu’il n'existe pas chez l’embryon et qu’il ne se manifeste pas non plus dans des espèces élevées, mais de petite taille (Ouistiti, etc.); il est la conséquence de l’extension de lecorce cérébrale et, s'il est ordonné par les connexions qui s’établissent entre le manteau et le corps de 1 hémisphère, il paraît déterminé par la loi géométrique du rapport des surfaces avec les volumes. Ace titre, il est inlluencé à un haut degré par les variations de la taille parmi les genres d’une même famille, parmi les familles d’un même ordre. On sait, en effet, que dans les corps semblables les volumes croissent comme les cubes des diamètres (1 : 8), tandis que les surfaces ne croissent que comme les carrés des diamètres (l : 4). Un boulet de 12 n’a pas une surface triple de celle d’un boulet de 4, car la surface s'accroît deux fois moins que le volume. Pour que la surface des hémisphères cérébraux pût s’accroître autant que le volume du corps, il fallut donc qu'elle se plissât sur elle-même. Par cet artifice fut

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rétablie l’harmonie. En d'autres termes, un cerveau qui grandit doit se plisser sous peine de déchoir (Bkoca) (1).

Si les plis du cerveau suivent la direction où la résistance est au minimum, les dolichocéphales auront plus particulièrement des plis longitudinaux d’avant en arrière, les brachycéphales des plis transversaux. C’est, paraît-il, ce que L. Mf.yer (1876) et Rüdinger (1877) auraient, en eilet, constaté; c’est ce que Turner a démontré chez les Cétacés (Narwall, etc.)

En résumé, le plissement du cerveau n’est pas en relation avec les vaisseaux comme le pensaient Boerhaave et Reichert, mais le résultat, comme Font admis Baer, Henle, Bischoff, Hyrtl, etc., de l’agrandissement de cetoigane en présence de la résistance (pas actuelle mais ancestrale), j’ajoute que lui présente la capsule ostéo-fibreuse qui constitue le crâne à ses débuts; au fond, sa cause est purement mécanique, et dans l'ontogénie représente une transmission héréditaire d’une disposition acquise pendant l’évolution phylogénique, ainsi que l’ont soutenu avec raison assez récemment Chiarugi et G. Valent).

La fixité du type cérébral dans chacun des groupes de Vertébrés exclut, en efTet, un chitlonnement aveugle du manteau, dans l’obligation de se plisser pour trouver place dans un espace trop étroit.

Longtemps l’abondance même des circonvolutions dans le cerveau de l’homme a été un obstacle à leur étude. 11 faut arriver à Leuret pour trouver l’ébauche des lois de leur distribution. Ces lois furent développées un peu plus tard par G ratiolet, mais elles n’ont reçu toute leur précision que depuis les recherches de P. Broca, Ecker, Pansch, Bischoff, Huxley, Rüdinger. Ainsi l'on a reconnu que tout était harmoniquement ordonné là, où l'on croyait naguère que tout était variabilité et dédale inextricable. Mais pour arriver à ce résultat on a procédé du simple au compliqué ; on en a appelé à l’anatomie comparée et à l'anatomie du développement. Et, alors, le chaos a cessé, et les lois morphologiques du développement des circonvolutions du cerveau s’en sont assez vile dégagées. Dans chaque espèce, comme l’avait dit Leuuet, le type circonvolutionnaire est invariable el le type de l'Homme est le même que celui du Singe.

Examinons à cet effet un Vertébré intérieur, un Ornithorhynque, un Rat, une Taupe, un Ouistiti : leur cerveau est lisse, aucun pli n’en dérange la surface polie et à ce point de vue il est curieux de remarquer combien le cerveau du foetus humain de 3 à 4 mois rappelle le cerveau lisse du Ouistiti. Elevons-nous dans la série animale, envisageons [ ar

(1) L’épaisseur de l'écorce du cerveau, constante dans une espèce, dit G. Gelgersma (Neurol. Cenlralb. 1890), varie avec les espèces. Les trousseaux de fibres, qui, comme autant de rayons, établissent entre les divers points de la surface, la continuité entre l’écorce et les noyaux de la hase et les pédoncules, occupent le noyau du solide représenté par l’hémisphère. Or, quand un solide s’accroît, ce qui est le cas du cerveau, sa surface augmente comme le carré du rayon, et son volume comme le cube du même rayon. Si. par suite la nappe corticale grise n’augmente pas continuellement, il y aura bientôt disproportion entre la surface et le volume. C’est ce qui serait arrivé si une compensation n’était survenue. Cette compensation, c’est l’augmentation de la surface et la diminution relative et proportionnelle du volume par la genèse de plis. Les circonvolutions cérébrales et cérébelleuses n’ont pas d’autre origine. Plus la surface du cerveau est grande et plus le volume est petit, plus nombreuses et plus compliquées sont les circonvolutions. C’est affaire d’espèces.

Eh bien, la grandeur de la superficie est déterminée par deux facteurs : 1° la quantité absolue de substance grise ; 2° l’épaisseur de l’écorce. La première dépend du développement des facultés de l’espèce et de sa taille: plus la seconde est mince, plus nombreuses sont les circonvolutions. C’est pourquoi le cerveau des Cétacés est si riche en volutes; c’est pourquoi le cervelet se plisse plus tôt et acquiert plus de plis que le cerveau.

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exemple le cerveau du Castor, de l'Agouti, du Lapin, nous y voyons l’indice d’une scissure que nous appellerons bientôt la scissure de Sylvius, et l’ébauche sur la convexité du cerveau de quelques sillons à direction antéro-postérieure qui sont comme une tendance à la formation de circonvolutions longitudinales rudimentaires. Nous avons franchi la transition entre le cerveau lisse et le cerveau à plis rudimentaires. Montons un pas de plus, et envisageons le cerveau de l’Aï, du Phæscolome et nous trouverons ces circonvolutions mieux dessinées mais encore très simples, allant de la partie antérieure à la partie postérieure des hémisphères. Montons encore, et le Coati, le Kanguroo, nous montreront un progrès incontestable, principalement par l’existence d'une scissure transversale, scissure cruciale, qui caractérise les groupes plus élevés et qui siège sur le bord supérieur de l'hémisphère. En outre, la scissure de Sylvius s’est développée ; elle présente maintenant, avec beaucoup plus de netteté, une branche antérieure, sillon présylvien, que nous allons retrouver sur le cerveau des Carnassiers et qui remonte vers le bord supérieur de l’hémisphère de façon à le diviser déjà avec le sillon crucial en deux lobes, l'un antérieur, l'autre postérieur. Ce sillon présylvien est important; il représente la scissure de Rolando ainsi que l'ont établi P. Bhoca, Gjacomini et d’autres. Avec les Carnivores, le Renard, le Chien, etc., nous voyons quatre circonvolutions arquées entourant concentriquement la scissure de Sylvius, les circonvolutions fondamentales ou primitives de Lkuket. La plus élevée empiète sur la face interne de l’hémisphère, et se trouve séparée sur cette face de la circonvolution du corps calleux par un sillon, sillon sous-pariétal, qui se continue avec le sillon crucial, sauf chez quelques espèces (Chat, Léopard, Ours), et qui est représenté chez l’Homme par cette encoche que forme, sur le bord supérieur de l'hémisphère, la lin de la scissure sous-frontale en arrière du lobule paracentral. Chez les Eélins, le Lion, le Chat, la Panthère, les sillons qui séparent ces circonvolutions peuvent être interrompues, et déjà elles peuvent s’anastomoser entre elles. Au demeurant, le cerveau des Carnassiers est divisé en deux lobes, un antérieur ou frontal, et un postérieur ou pariétal.

Autour du sillon crucial, on voit une circonvolution en anse, le gyrus sigmoïde, qui est un pli de passage entre le lobe frontal et le lobe pariétal, et qui représente la zone psycho-motrice du cerveau de l’Homme et des Singes. En bas le lobe olfactif se détache très volumineux et se continue en arrière avec un lobe de l'hippocampe considérable et le grand lobe limbique.

En nous élevant encore davantage dans la série des animaux nous rencontrons dans le cerveau des Ongulés un type à part, qui se rapproche par certains côtés du cerveau des Carnassiers, mais s’en écarte par la variété, l'irrégularité, et souvent la richesse des circonvolutions. Avec les Cétacés, les Carnassiers amphibies, les Phoques, Dauphins, etc., on assiste à un développement plus grand encore des circonvolutions, et à l'autonomie plus grande du lobule de l'insula qui, déjà, chez le Tapir, s’était dégagé du reste de l’écorce. Jusqu'alors les circonvolutions du cerveau des animaux dont il a été question, se dirigeaient toutes d’avant en arrière ; elles traversaient le cerveau dans le sens longitudinal. C’est la disposition fondamentale commune aux Carnassiers terrestres et amphibies, aux Tapiridés, aux Ongulés. Entre ces circonvolutions plusieurs cerveaux ont des moyens d’union, des espèces de soudures, en un mot des plis d’anastomose, mais tous partiels ; aucun n’est placé en travers du cerveau de manière à couper les circonvolutions longitudinales en deux groupes, l’un antérieur, l’autre postérieur.

Dans tous ces types, il est encore assez difficile de dire quel est le sillon qui correspond à la scissure de Rolando. Les uns la voient dans le sillon crucial, les aut res avec plus de raison, croyons-nous, dans le sillon présylvien. Avec le cerveau de l’Eléphant, le doute cesse, et pour la première fois apparaît d'une façon nette, un sillon central ou sillon de Rolando, qui limite deux circonvolutions centrales que nous retrouverons chez l’Homme et les Singes.

Le cerveau d'un Singe non Anthropoïde, d'un Pithécien, tel que le Sapajou, le Cyno-

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céphale, le Papion, est déjà bien différent des précédents. Les quatre scissures fondamentales, scissures de Sylvius, de Rolando, pariéto-occipilale interne et pariéto-occiptale externe, ont séparé la surface de l'hémisphère en ses départements premiers ou lobes, y compris le lobe de l'insula. Le lobe occipital présente souvent déjà deux ou trois plis; les circonvolutions du lobe pariétal procèdent des plis pariétaux des Carnassiers ; le lobe frontal très agrandi porte deux circonvolutions séparées par les sillons courbes frontal et rostral dans lesquels il est facile de découvrir l'ébauche des sillons frontaux du cerveau des Anthropoïdes et de l'IIomme. Les Pithéciens n'ont que deux circonvolutions frontales antéro-postérieures; la 3e ou circonvolution de Broea ne fait son apparition qu'avec les Singes Anthropoïdes.

Le cerveau comprend deux hémisphères. Chaque hémisphère se compose de deux parties ; une partie périphérique ou corticale, le manteau cérébral ou écorce du cerceau; une partie profonde ou centrale, le corps de l'hémisphère. Le manteau recouvre de toutes parts le corps de l’hémisphère, sauf au milieu de sa face interne, où une région unit les deux hémisphères entre eux et chacun d’eux avec l’isthme de l’encéphale par l’intermédiaire des pédoncules cérébraux. A ce point de pénétration des pédoncules dans l’hémisphère on donne le nom de hile, et à l’ensemble des points qui unissent les deux hémisphères entre eux et avec les pédoncules, je réserve le nom de seuil de l’hémisphère, appelant enfin du nom de limbe le bord du manteau qui entoure et borde le seuil.

L’écorce du cerveau comprend à elle seule toutes les circonvolutions. Ces circonvolutions sont séparées les unes des aulres par des anfractuosités. Parmi ces anfractuosités, toutes n’ont pas la même valeur, les unes sont constantes dans les espèces et dans les individus, les autres ne le sont point. Aux anfractuosités constantes on a donné le nom de scissures , aux autres le nom de sillons.

Un groupe de circonvolutions limité de toutes parts par des scissures constituera une division principale du manteau cérébral : c’est un Lobe. Les plis d’un même lobe, limités par des sillons, constituent de leur côté une division secondaire de l'écorce à laquelle on réserve le nom de Circonvolutions. D’autre part, comme l’écorce du cerveau est partout continue à elle-même, il s'ensuit «pie les circonvolutions d’un même lobe communiquent entre elles, et avec les circonvolutions des lobes voisins. Les parties qui mettent en communication deux eirconvolu lions ont reçu le nom de plis de communication, le nom de plis de passage é tant réservé aux plis qui unissent un lobe à un lobe voisin, et celui de plis d’anastomose aux plis qui relient ensemble les circonvolutions d’un même lobe. Enfin, à la surface des circonvolutions elles-mêmes sont tracés de petits sillons de moindre importance qu’on appelle des Incisares.

L’étude des circonvolutions cérébrales se ramène donc à l’élude des scissures, puis des lobes, enfin des circonvolutions et des sillons.

II y a 7 scissures : celles de Sylvius, de Rolando, la sous-frontale, la souspariétale, la par iéto-ocçipi taie externe, la pariéto-occipitale interne, et la scissure calcarine qui, quoique pas interlobaire, n'en a pas moins une grande importance, comme le prouve l’anatomie comparée. Ces scissures limitent G lobes: le lobe frontal, visible sur les trois laces de l’hémisphère; le lobe pariétal, que l’on voit à la face externe et interne ; le lobe temporal, qui

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appartient aux faces externe et inférieure; le lobe occipital , visible sur les faces externe, interne et inférieure; le lobe de Vinsula , visible au fond de la scissure de Sylvius, et le lobe du corps calleux ou lobe limbique, constitué par ce que l'on appelle ordinairement la circonvolution du corps calleux et celle du grand hippocampe.

I. Scissure de Sylvius. — Cette scissure (S. S. tig. 101) qui porte le nom d’un anatomiste du XVIe siècle, est de toutes la plus importante.

Fig. 101. — Face latérale externe du cerveau (côté gauche).

R, scissure de Rolando; O, scissure occipitale; S. S, scissure de Sylvius; F), première circonvolution frontale; F2, deuxième frontale; F , troisième frontale ou circonvolution de Broca; 1, lobule operculaire ; 2, lobule triangulaire; 3, lobule orbitaire de la 3e frontale; Fa, frontale ascendante ; Pa, pariétale ascendante ; Ps, circonvolution pariétale supérieure ; I, I, sillon interpariétal; m, lobule du pli courbe ; a, pli courbe; TI, première temporale; T2, deuxième temporale; T3, troisième temporale; Oi, première circonvolution occipitale; 02, deuxième occipitale; 03, troisième occipitale.

Elle existe seule dans plusieurs espèces, les Lémuriens notamment, et paraît la première chez le fœtus humain, longtemps avant la scissure de Rolando, vers 3 mois 1/2. Elle commence à la base du cerveau, immédiatement en dehors de la racine blanche externe du nerf olfactif, en avant de la pointe du lobe temporal, par un détroit, détroit ou entrée de la scissure , qui mène en dedans dans l’espace quadrilatère ou perforé antérieur, appelé vallée de Sylvius et en dehors dans une large fente, la scissure de Sylvius proprement ri i te, qui résulte du rapprochement des bords de la fosse du cerveau fœtal qui porte le nom de fosse de Sylvius. Elle contourne ainsi la pointe du lobe temporal et apparaît à la face externe de l’hémisphère où, légèrement oblique (2o à 30°) en arrière et en liant, elle s’incurve tant soit peu en S italique pour se terminer vers le tiers postérieur de l’hémisphère par une queue simple ou bifurquée.

Au-dessus d’elle sout les lobes frontal et pariétal ; au-dessous le lobe temporal. Sa lèvre supérieure est donc constituée en avant par une circonvolution frontale. Or, celle-ci décrit deux plis d’inflexion ou méandres, et

conséquemment deux ineissures continues, qui se portent vers le lobe frontal et que l’on appelle branches antérieures de la scissure, par opposition à la branche oblique à laquelle on réserve le nom de branche postérieure. La branche antérieure de la scissure de Sylvius manque chez les Cébiens et les Pithéciens ; la branche horizontale apparaît chez le Gibbon et le Gorille, et chez le Chimpanzé et l’Orang, on commence à voir, selon Broca, observation contestée cependant, la branche ascendante, encore rudimentaire et manquant dans la moitié des cas.

Fig. 102. — Face externe du cerveau de l'homme.

S. scissure de Sylvius ; S’1, sa branche antérieure bifurquée, et S2, sa branche postérieure; F1, F2 et F3’ circonvolutions frontales; YC, frontale ascendante; HC. pariétale ascendante; R, scissure de Rolando; T*. T2, T3, les 3 premières circonvolutions temporales; P1, lobule du pli courbe ; P2, pli courbe ; P3, pli de passage pariéto-occipital inférieur ; Pr, circonvolution pariétale supérieure; O.Cunéus; O, scissure occipitale externe.

- Elle peut aussi être simplement représentée par une scissure en V ou en V dans certains cerveaux humains peu plissés, et peut même être aussi simple que chez les Singes sur les cerveaux d’imbéciles, d'idiots et de microcéphales. Quoi qu'il en soif, les deux branches antérieures de la scissure délimitent un petit lobule triangulaire que nous apprendrons bientôt à connaître sous le nom de cap de la 3e circonvolution frontale (2, fig. 101). Les bords de la scissure de Sylvius recouvrent le lobe de l’Insula de Reil que l'on ne peut voir qu’en écartant ces bords au niveau de l’excavation de Sylvius dans laquelle se loge l'Insu la. La lèvre syl vienne fronto-pariétale qui retombe par-dessus le lobe porte pour cette raison le nom d 'opercule sylcien , opercule de Reil ou de Burdach (1, fig. 101).

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La scissure de Sylvius résulte de rallongement et de l'inflexion brusque du gyrus sylvien primitif.

C’est par les deux branches antérieures de la scissure de Sylvius qu’on apprécie le mieux le perfectionnement du cerveau dans les rangs les plus élevés de la série des Primates, car leur formation est due à rallongement et au grand développement de la 3e circonvolution frontale.

C’est à tort que Meynert croit avoir retrouvé la branche ascendante de la scissure de Sylvius chez les Carnassiers, car ce qu’il a pris pour telle, siège sur le lobe pariétal et est l’analogue de la scissure de Rolando. On sait, du reste, que le lobe frontal est rudimentaire chez les Carnassiers, et il serait curieux que ces animaux possédassent ce sillon que n’ont même pas les Anthropoïdes.

Variétés. — Valenti a trouvé les branches sylviennes antérieures sous forme d’Y 23 fois sur 160; sous la forme d’un V, 71 fois, et en U, 00 fois. Une seule fois il a rencontré une sylvienne avec une seule branche antérieure, et deux fois il a vu les branches antérieures multiples et coupées. Giaçomim, de son côté, a rencontré la communication; 1° de la branche antérieure et verticale de la scissure de Sylvius avec le sillon prérolandique, dans plus des deux tiers des cas(?) ; 2° de la branche oblique avec la scissure de Rolando (18 fois sur 168), ce qui serait le résultat delà persistance du sillon transverse cl’lïberstaller, avec la posl roi indique (77 fois sur 168); avec le sillon interpariétal (13 fois sur 168); avec le premier sillon temporal, tantôt au niveau de son extrémité, comme cela a lieu normalement chez certains singes (macaque, etc.), tantôt dans son parcours (31 fois sur 168); 3° des ramifications de la branche oblique dans les circonvolutions Fa et Pn. Dans le cerveau de la Vénus hottentote de Gratiolet, dans celui de la femme Boschimane de Marshall, la branche antérieure de la scissure de Sylvius était simple et sa branche postérieure s’étendait très loin en arrière en se recourbant fortement en haut, ce qui est à la fois un caractère foetal et simiesque.

2. Scissure de Rolando. — Découverte par Vicq-d’Azyr, celte scissure, scissure centrale (R, fig. 101 et 102), a été appelée sillon de Rolando par Leuret, encore que Rolando n’ait décrit que les circonvolutions qui la bordent. Elle apparaît à la tin du b" mois de la vie fœtale; très reculée chez l'Homme, elle sépare les lobes frontal et pariétal à la surface externe de l’hémisphère. Elle commence en bas, vers le milieu de la scissure de Sylvius, dont elle reste toutefois isolée par un pont, le pli de passage fronto- pariétal inferieur , puis monte en arrière sous un angle de 65 à 70° pour se terminer sur le bord sagittal de l’hémisphère, un peu en arrière de sa partie moyenne. Avant de se terminer, elle décrit d’ordinaire un crochet qui se dirige en arrière, et ce n’est qu’exceptionnellement qu’elle empiète sur la face interne de l’hémisphère. Habituellement, elle reste séparée du bord supérieur par un pli de passage superticiel, le pli de passage fronto-pariètal supérieur. Dans son trajet, cette scissure n’est pas rectiligne, mais présente une double inflexion de façon à présenter deux genoux superposés faisant saillie en avant. Son extrémité supérieure correspond à une ligne verticale, menée par le bourrelet du corps calleux, à büO/1000 du bord sagittal de l’hémisphère.

La situation et le degré d’obliquité de la scissure de Rolando peuvent être nettement appréciés par les chiffres suivants qui sont à peu près ceux qu’ont trouvés Ch. Ferré, Giacomini, Passet, Chiarugi, Cunningham et moi-même :

Distance de son extrémité supérieure à l’extrémité antérieure de l’hémisphère 112 millim. — inférieure — — 72

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D’où il résulte que le cerveau pré-rolandique occupe en haut les 53/100e de la longueur de l’hémisphère, et en bas les 43/100“.

Plus ou moins coudée, la scissure de llolando mesure en moyenne i 18 mill. de longueur chez l’Homme, et 113 chez la femme.

La scissure de llolando, plus oblique chez le fœtus et le nouveau-né que chez l’adulte, se redresse plus tard. Tandis, en effet, que l’angle rolando-sagittal est de 52° en moyenne chez le nouveau-né, cet angle atteint 65° à 70» chez l’adulte. Ce redressement de la scissure, on l'a déjà deviné, est en relation de cause à efTel avec le développement progressif du lobe frontal, et surtout avec le développement des deuxième et troisième circonvolutions frontales qui repoussent en arrière, à mesure qu'elles s’allongent et grandissent, le pied de la frontale ascendante et le sillon rolandique. Or, ce redressement de la scissure que l'on observe dans l’ontogénie de l’Homme, on le rencontre aussi, fait important, quand on étudie cette scissure dans la série des Primates. Alors que l’angle rolando-sagittal est de 62° chez le Macaque, il atteint 7(J° chez le Singe Papion et chez les Anthropoïdes (Orang, Chimpanzé).

Fig. lOlt. — Duplicité delà scissure de Rolando. (Laboratoire d'anatomie).

S, S, scissure de Sylvius ; F*. F2, F**, les circonvolutions frontales; RR, premier sillon de Rolando; RR', deuxième sillon de Rolando; 1, 2. 3, les 3 circonvolutions rolandiques ou centrales (au lieu de 2 comme à l'ordinaire) ; I, lobule du pli courbe; P, pli courbe; O, scissure occipitale.

Selon Marshall (obs. d’un cerveau de Boschimane) et Topinard (4 obs.), le sillon de Rolando serait plus oblique dans les races inférieures que chez l’Européen, opinion contraire à celle de Huschke.

Nous avons déjà fait pressentir que plusieurs opinions se sont produites au sujet du représentant de la scissure de Rolando chez les Mammifères inférieurs aux Primates. Les uns l'ont voulu retrouver dans le sillon crucial des Carnivores. Mais ce sillon n’étant pas constant dans ce groupe d’animaux, il n’y a pas lieu de s’arrêter à cette opinion. D’autres considèrent le sillon présylvien des Mammifères ordinaires comme l’homologue du sillon de Rolando du cerveau des Singes supérieurs et de l’Homme. Contre cette homologation on a également élevé quelques doutes sous le prétexte que la y zone motrice » ou « zone des grandes cellules pyramidales de Betz » est tout entière située en arrière du sillon présylvien des Carnassiers, alors qu’elle entoure, comme on le sait, le sillon de Rolando chez les Primates.

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Variétés. — Giacomini a observé la bifurcation de la scissure de Rolando 3 fois à son extrémité supérieure et 4 fois à son extrémité inférieure sur 108 hémisphères. Dans cerlains cas, elle s'ouvre dans la scissure de Sylvius, parce que le pli de passage frontopariétal inférieur devient profond. Plusieurs fois, on l'a trouvée interrompue sur son parcours par un pli de passage fronto-pariélal moyen (Wagner, Féré, Giacomini, Heschl, ïenchini, Legge, Zernoff, Biachkoff). Une autre anomalie, la duplicité de la scissure, a également été observée (Giacomini, Valenti, Deuierre) : Giacomini a noté cette disposition 1 fois sur 108 cerveaux, et moi-même 1 fois sur 200 cerveaux. Ce fait, il est vrai, a été contesté, sous le prétexte que l’on aurait pris le sillon post-rolandique plus complet et plus profond qu'à l’ordinaire pour une deuxième scissure de Rolando ; mais j’ai en ce moment devant moi un cerveau dans lequel le doute n'est pas possible, car il présente à la fois la scissure de Rolando et le sillon post-rolandique (Voy. (ig. 103).

Giacomini a encore signalé l’interruplion de la circonvolution frontale ascendante par communication de la scissure de Rolando avec le premier sillon frontal (47 fois sur 168 hémisphères) ou le prérolandique (17 fois sur 168 hémisphères), et l’interruption de la pariétale ascendante par communication de la scissure de Rolando avec le sillon postrolandique (17 fois sur 168 hémisphères). J'ai vu l’absence de la scissure de Rolando (Fig. 104).

Dans cette anomalie on pourrait encore dire que le sillon de Rolando est interrompu par l’insertion de la De et de la 2ine circonvolution frontale sur la pariétale ascendante, et dès lors la frontale ascendante n’existerait pas. Dans ce cerveau il y a de plus une coupure de Tl.

S, S, scissure de Sylvius; F1, F2, F3, les 3 circonvolutions frontales ; Pa circonvolution pariétale ascendante ou ascendante innominée; P, circonvolution pariétale supérieure; p, pariétale inférieure; O, scissure occipitale externe (.le premier pli de passage de Gratiolet est profond) ; pi, T2, T3, les 3 premières circonvolutions temporales ; S, sillon parallèle.

3. Scissure pariéto-occipitale externe. — La scissure pariêto-occipitale, occipitale ou perpendiculaire externe (O, lig. 101), découverte par Grattolet, est réduite chez l’homme à une encoche marquée sur le bord supérieur de l’hémisphère, de telle sorte que chez nous toute démarcation apparente entre les lobes pariétal et occipifal cesse à la face externe de 1 hémisphère. Mais appelons à notre aide l'anatomie comparée, et celle-ci nous montrera chez les Singes inférieurs (Pithéciens) une scissure occipitale externe nette et bien délimitée, au fond de laquelle courent deux plis de passage profonds

pariéto-occipitaux. Que ces plis deviennent à la fois épais, superficiels et flexueux, et la scissure sera masquée au point que l’œil ne saura plus la découvrir. Or, c’est précisément ce qui est arrivé dans le cerveau de l’homme, aux circonvolutions exubérantes, et à cause même de ces exubérantes circonvolutions, sauf dans quelques cerveaux exceptionnels où, ces plis redevenus peu développés et profonds, la scissure occipilo-pariétale externe reprend sa netteté simienne.

Par suite de l’ouverture de la scissure occipitale chez les Pithéciens, le lobe occipital à sa partie supérieure la surplombe en une saillie, opercule occipitale ou de Gratiolet , dont l’accentuation constitue un caractère d’infériorité, que l’on a pu observer chez certains sujets de l’espèce humaine.

Variétés. — Giacomini a rencontré : 1°, 92 fois sur 168 hémisphères le pli de passage supérieur profond, d’où la communication de la scissure avec le sillon interpariétal et la présence d’un opercule; 2° Il a vu ce pli double; 3° U a observé le deuxième pli de passage profond dans 20 hémisphères sur 366, d’où la communication de la scissure avec le sillon parallèle (STi). Les deux plis de passage sont généralement profonds chez les Microcéphales. Ce cas était type chez Manolino étudié par Giacomini. Mais les hommes les mieux doués peuvent présenter ces particularités.

4. Scissure pariéto-occipitale interne. — La scissure occipitale ou perpendiculaire interne (qui n’est pas perpendiculaire chez l’homme, mais oblique) est une scissure profonde, ininterrompue, qui coupe la face interne de l’hémisphère en se portant obliquement en bas et en avant et sépare le lobe pariétal du lobe occipilal à la face interne de l’hémisphère. — Elle a été découverte par Malacarne en 1780, et bien décrite par Rurdacii en 1822.

Variétés. — Giacomini a vu cette scissure communiquer avec la scissure de l’hippocampe 67 fois sur 168 cerveaux ; il l’a vue envoyer des branches dans le lobule quadrilatère (2 fois), le cunéus (11 fois); il a noté qu’elle était interrompue par un pli de passage supérieur et interne, 4 fois sur 168, et par un pli inférieur et interne 1 fois sur 168, comme cela a lieu chez le Cynocéphale, et par suite de la saillie de plis ordinairement profonds et cachés (cas ordinaire qui donne lieu aux interruptions, les communications, au contraire, résultant de circonvolutions ordinairement superficielles qui deviennent accidentellement profondes).

Les scissures occipito-pariétales interne et externe peuvent être considérées comme une seule et même scissure annulaire, dont les deux branches sont respectivement situées à la face externe et à la face interne de l’hémisphère, isolant ainsi le lobe occipital du reste du cerveau.

5. Scissure sous-frontale. — La scissure sous-frontale , le sillon calloso marginal d’HuxLEv et des classiques, siège sur la face interne de l'hemispbère. Elle commence lin peu en avant du bec du corps calleux et, après un court trajet d’arrière en avant, elle contourne le genou du corps calleux pour se porter en arrière. Arrivée vers le tiers postérieur du cerveau, elle se relève en décrivant une courbe pour finir sur le bord de l'hémisphère où elle s’imprime sous la forme d’une encoche, visible sur la face externe en arrière de l’extrémité supérieure du sillon de Rolando, duquel elle reste

Debierre. — 14.

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séparée par le pli de passage fronto pariétal supérieur. Cette scissure sépare le lobe frontal à la face interne de l’hémisphère du lobe du corps calleux ou limbique et se trouve interrompue d’ordinaire par un ou deux plis de passage fronto-limbiques. Elle représente chez les Primates l’arc supérieur de la scissure limbique des autres Mammifères.

Fig. 105. — Face latérale interne de l’hémisphère droit du cerveau.

S, scissure sous-frontale; p’, scissure sous-pariétale ; O, scissure occipitale interne, Ca, scissure calcarine ; C, circonvolution du corps calleux; p, lobule ovalaire; P, précunéus; F*, circonvolution frontale interne; O®, sixième occipitale (cunéus); O®, cinquième occipitale; O b quatrième occipitale; T5, cinquième temporale (circonvolution de l'hippocampe); T4, quatrième temporale; T**, troisième temporale; U, crochet (uncus) de l’hippocampe ; T, couche optique; m, trou de Monro; 1, trigone cérébral; 2, tœnia du corps calleux; 3, genou du corps calleux ; i, septum lucidum; 5, commissure blanche antérieure; 6, scissure choroïdienne (fente de Bichat); 7, pilier postérieur du trigone (corps bordant); 8, corps godronné; 9, triangle sous-calleux; 10, fascia cinerea; 11, splénium ou bourrelet du corps calleux.

Variétés. — La scissure sous-frontale est interrompue par un pli 24 à 28 fois °/0 d’après les recherches de Giacomini et Zernoff, et par 2 plis 4 fois sur 100. — Elle communique assez souvent avec la sous-pariétale, et dans ces circonstances le lobe pariétal interne paraît mal autonomisé. Cette communication se fait par un petit sillon assez peu profond, cela 2G fois °/0 d’après Giacomini, et 37 fois °/0 selon Zernoff.

6. Scissure sous-pariétale.— Cette scissure (P’, lig. 105), réduite à une petite anfractuosité horizontale, se voit à la face interne de l’hémisphère et sépare le lobe limbique du lobe pariétal dans sa portion que l’on appelle le lobule quadrilatère.

Mais chez les Mammifères inférieurs, cette scissure est très nette et beaucoup plus considérable ; sans le secours de l’anatomie comparée, on méconnaîtrait donc l’importance morphologique de cette scissure en apparence insignifiante. Ceci tient à ce que chez l’homme le lobe pariétal a perdu beaucoup de son importance ; il se fusionne en avant et en arrière avec le lobe limbique par deux plis de passage pariéto-limbiques antérieur et postérieur.

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Pendant que la scissure sous-frontale des Primates grandit et se développe, comme le lobe frontal dont elle est solidaire, la scissure sous-pariétale prédominante comme le lobe pariétal des Mammifères inférieurs, régresse et devient de plus en plus restreinte.

Les scissures sous-frontale et sous-pariétale de l’Homme représentent l'arc supérieur de la grande scissure limbique des Mammifères inférieurs, d’où l’on conçoit que ces deux scissures soient tantôt continues (Cheval, Tapir, Eléphant), tantôt isolées (Pachydermes, Ruminants, Carnassiers, Primates).

On a considéré l’encoche de la scissure sous-fronlo-pariélale comme représentant dans le cerveau des Primates, le sillon-crucial des Mammifères ordinaires. Dans certains cas, 1 fois sur 188 cerveaux dans les observations de Giacomini, la sous-pariétale communique avec l’occipitale interne.

7. Scissure calcarine. — Cette scissure, scissure du petit hippocampe (Ca, tig. 105), baptisée par erreur, par Gratiolet, du nom de scissure des hippocampes , est une scissure horizontale, légèrement arquée, qui court entre les lobes limbique et pariétal en haut, et les lobes temporal et occipital en bas. Cette scissure s’enfonce dans la cavité de la corne occipitale du ventricule latéral et y donne naissance à celle saillie appelée petit hippocampe, ergot de Morand ou calcar avis , d’où son nom de scissure calcarine. Sur elle vient se jeter vers sa partie moyenne la scissure perpendiculaire interne et de la sorte est constituée ce que l’on a appelé vicieusement la scissure en Y (O 4- Ca, fig. 105).

La scissure calcarine est séparée de la fente de Bichat par un pli de passage, pli de passage temporo-limbique, qui résulte de l’union de la circonvolution du corps calleux (lobe limbique) avec la circonvolution de l’hippocampe en arrière du bourrelet du corps calleux (Yoy. fig. 105). Ce pli est si mince chez quelques Cébiens et les Pithéciens que Gratiolet l’a méconnue et a cru que la scissure calcarine traversait la fente de Bichat pour se continuer avec la rainure du grand hippocampe, d’où le nom de scissure des hippocampes qu’il lui avait donné.

Tous les anatomistes n’accordent pas à la scissure calcarine la valeur d’une scissure. Les classiques ne la considèrent point comme telle, et Giacomini s’est élevé contre cette assimilation, sous le prétexte que la scissure calcarine n'isole pas un lobe d’un autre, mais qu’elle est située dans l’épaisseur du lobe occipital, et aussi parce qu’elle peut exister alors que le petit hippoçampe fait défaut (cerveaux normaux du reste), ou qu’à la fois manquent et la cavité ancyroïde et le petit hippocampe (5 cerveaux de Microcéphales). Mais je répondrai à ces objections en disant que la scissure calcarine est bien une scissure primaire, une véritable scissure, de par l’embryologie et l’anatomie comparée. Elle isole du lobe occipital le cunéus qui, n’était sa petitesse, mériterait d’être élevé au rang des lobes. En elîet, cette scissure est constante dans les Mammifères, encore que ceux-ci, à part les Hominiens et les Anthropoïdes, n’aient point d’ergot de Morand. Broca lui avait donné, dans ces espèces, le nom de sillon calcarin. Nous verrons, d’autre part, que l’Embryogénie nous oblige à en faire une scissure primaire.

Variétés. — La séparation de la scissure calcarine de la scissure occipitale a été observée 1 fois sur 100 sujets ordinaires, 1 fois sur 12 nègres et 7 fois sur 112 criminels.

Par les scissures se trouvent ainsi délimités les cinq grands lobes du cerveau : le lobe frontal, en avant des scissures de Sylvius et de Rolando; le lobe pariétal, entre la scissure de Rolando et la scissure occipitale; le

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lobe temporal, au-dessous de la scissure de Sy 1 vins ; le lobe occipital, en arrière de la scissure du même nom; — le lobe limbique, situé entre le corps calleux et la circonvolution frontale interne. — Nous connaissons les frontières de ces lobes, voyons maintenant la constitution de chacun d’eux.

Avant de commencer l’étude des lobes et de leur circonvolution, je dois définir quelques-uns des termes de la nomenclature que j’emploierai.

On peut diviser les hémisphères du cerveau en deux parties : une périphérique, enveloppante, à laquelle nous donnerons le nom de manteau de l’hémisphère , et une centrale, enveloppée, le corps de l’hémisphère. D’autre part, on a justement comparé l’hémisphère à une sorte de bourse plissée dont l'ouverture représenterait le hile de l’hémisphère. A œ hile, situé sur la face interne de l’hémisphère, on donne aussi le nom de seuil, et au bord du manteau qui entoure et borde le seuil, on réserve le nom de limbe de l’hémisphère.

Enfin, je décrirai les circonvolutions du cerveau, non pas d’après un cerveau quelconque ou la moyenne d’un certain nombre de cerveaux, mais d’après un type en quelque sorte idéal qui rappelle seulement le cerveau fondamental. De ta sorte seront élagués les détails accessoires, et toutes les variétés pourront venir se grouper autour de ce type qui représente une sorte de cerveau schématique.

Lobe frontal. — Le lobe frontal occupe à lui seul près de la moitié antérieure du cerveau. 11 apparaît sur les trois faces, externe, interne et inférieure de l’hémisphère et occupe la face externe jusqu’aux scissures de Rolando et de Sylvius, la face interne dans la partie qui s’étend au-dessus de la scissure sous-frontale.

A la face inférieure, il porte le nom de lobe orbitaire et se prolonge jusqu’à la vallée de Sylvius. Ce lobe comprend 4 circonvolutions et 5 sillons. De ces circonvolutions, une est transversale et borde en avant la scissure de Rolando, c’est la frontale ascendante; 3 sont longitudinales et se continuent par leur pied avec la première, ce sont les frontales longitudinales.

Légèrement déprimé à sa face orbitaire chez l'Homme, le lobe Irontal se creuse davantage chez le Singe, au point que son extrémité prend la forme connue sous le nom de bec ethmoïdal.

A). Circonvolution frontale ascendante ou frontale transverse. — La circonvolution frontale ascendante ou prèrolandique , centrale antérieure, 4e frontale, (Fa lig.106) borde le sillon de Rolando en avant; elle communique en haut et en bas avec la circonvolution pariétale ascendante par deux plis de passage que nous avons déjà mentionnés, plis de passage f ronto-pariètaux inférieur et supérieur, et, parvenue à la face interne de l’hémisphère, elle constitue la majeure partie d’un lobule que l’on appelle le lobule paracentral, lobule quadrilatère, lobule ovalaire (p, lig. 105), lui-même nettement limité en avant par une incisure dite incisure pré-ovalaire et appartenant à la scissure sous-frontale. En avant, elle est limitée par un sillon plus ou moins accusé, sillon prèrolandique, sulcus prœcentralis (8, lig. 100), qui s’étend parallèlement au sillon de Rolando du pied de la lr* à la 3° frontale longitudinale, et que l'on pourrait confondre avec la scissure

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centrale. Mais l’absence de circonvolution transverse en avant de ce sillon et son interruption par un ou deux plis de passage le feront toujours facilement distinguer de la scissure centrale ou rolandique.

La circonvolution frontale ascendante est fixe chez les Primates et se développe de bonne heure chez l’homme.

11) Circonvolutions frontales longitudinales. — Du bord antérieur de la frontale ascendante partent trois circonvolutions à peu près horizontales, appelées de haut en bas première ou supérieure, deuxième ou moyenne et troisième ou inférieure. Leur insertion à la frontale ascendante porte le nom de pied.

La première frontale ou frontale supérieure (F1) est la plus longue et la plus large des frontales (Fl, Fig. 106).

Elle forme le bord sagittal, et appartient à la fois aux faces externe, interne et inférieure du lobe frontal. Insérée sur la frontale ascendante, elle se porte d’arrière en avant en longeant le bord supérieur, jusqu’à la pointe de l’hémisphère ; là elle contourne cette pointe en se rétrécissant, parvient sur la face orbitaire du lobe et se continue avec le gyrus reclus ou première circonvolution orbitaire qui borde en dedans le sillon olfactif, (Fl, flg. 108).

Cette grande circonvolution, dont le pied naît parfois par deux racines, est ordinairement subdivisée dans les races blanches, et quelquefois dans toute sa longueur, par une incisure antéro-postérieure. Lorsque celte incisure est longue et profonde, la circonvolution paraît comme dédoublée, et l’on a sous les yeux le type exceptionel (variété) de quatre frontales longitudinales.

Dans les races inférieures, chez les imbéciles et les idiots, elle est le plus souvent simple. A la face interne de l’hémisphère, elle surmonte la scissure sous-frontale et constitue ce que l’on a appelé la circonvolution frontale interne supérieure (F1, flg. 105).

Ses limites inférieures sont formées par le premier sillon frontal (SFi ), ordinairement indépendant, mais quelquefois abouché dans le sillon prérolandique (Voy. lig. 106). Mais il faut retenir que la première frontale est toujours unie avec le lobe limbique et avec la deuxième frontale par des plis d’anastomose superliciels et profonds qui traversent le sillon qui le sépare de ces parties.

La deuxième frontale ou frontale moyenne (F*), insérée sur la frontale ascendante par un pied, tantôt unique, tantôt plus ou moins nettement double, qui coupe en deux le sillon prérolandique, est généralement plus large que la première (F2, fig. 106), qu’elle longe et avec laquelle elle se réfléchit sur la face inférieure du lobe frontal pour s’y terminer vers l’espace perforé latéral en constituant à peu près tout ce que l'on appelle le lobule orbitaire (F2, lig. 108). La partie de cette circonvolution qui court sur la face externe de l’hémisphère est taillée de plusieurs incisures, assez souvent dédoublée en partie ou en totalité en deux plis parallèles.

Ce dédoublement de la frontale moyenne conduit, dès lors, à ce que l'on a appelé le lobe frontal à quatre étages ; autrement dit, il existe quatre circonvolutions frontales Ion-

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gitudinales. Certains auteurs, Benedikt, Hanot, Bouchard (de Bordeaux), ont voulu voir dans ce type à quatre frontales l’un des caractères du cerveau des criminels, et d’autres, en plus, un retour vers la forme du cerveau des Carnassiers. Mais, on peut dire avec Richter, Giacomini, etc., que ce caractère est sans valeur et que le type à quatre frontales existe sur un grand nombre de cerveaux normaux, et que, d’autre part, s’il a un caractère réversif, ce ne peut être vers les Carnassiers — ce qui serait contredit par la morphologie du plissement de l’écorce cérébrale dans la série des Mammifères — mais bien vers le type simien inférieur, dans lequel la deuxième frontale est normalement constituée par deux circonvolutions séparées (Hervé).

La seconde frontale est séparée des frontales supérieure et inférieure par le sillon frontal supérieur (SF1) et le sillon frontal inférieur (SF2) . Ce dernier s’étend du sillon prérolandique dans lequel il se jette perpendiculairement à la pointe du lobe frontal ; il est toujours coupé par un ou deux plis d’anastomose (Voy. fig. 106).

Au niveau du lobule orbitaire, c’est-à-dire dans son trajet à la face inférieure du lobe frontal, la circonvolution est séparée en dedans de la lr0 frontale par la continuation à la face inférieure du cerveau du sillon frontal supérieur qui porte ici le nom de sillon orbitaire interne ou olfactif , parce qu’il loge la bandelette olfactive (S, fig. 108); en dehors elle est séparée de la 3” frontale par la continuation du sillon fronlal inférieur que l’on appelle à ce niveau sillon orbitaire externe (Voy. tig. 108). Entre ces deux sillons orbitaires, la masse quadrilatère de la 2e frontale est entaillée par une incisure isolée complexe que l’on a appelée incisure en H (F2, lig. 108), à cause de sa forme la plus fréquente (60 0/0). Cette incisure, d’apparition précoce chez l'Homme, est fixe chez les Primates, chez lesquels la branche transversale de l’H, limite le centre olfactif antérieur ou orbitaire (Broca). Toutefois cette incisure est fréquemment déformée, et présente plusieurs variétés que l’on a appelées d’après leur disposition incisure en K , incisure en X , incisure étoilée, etc.

Le sillon orbito-frontal ou orbitaire externe a été regardé à tort par Benedikt comme l’homologue du présylvien des animaux, sous le prétexte que les grandes cellules pyramidales de Betz qui entourent la scissure de Rolando (zone motrice) sont groupées derrière le sillon présylvien (zone du gyrus sigmoïde).

La troisième frontale , frontale inférieure ou circonvolution de Broca (F3), porte le nom de Broca parce que Broca y a découvert le siège du langage articulé. On peut ajouter que, d’après les recherches de cet éminent anatomiste, ce rôle serait dévolu 13 fois sur 14 à la circonvolution du côté gauche, une fois à celle du côté droit, proportion curieuse si l’on se rappelle que c’est à peu près celle des droitiers et des gauchers dans la race blanche.

Etudiée d’une façon spéciale, depuis Broca, par Budinger et Hervé,, la 3‘ circonvolution frontale est limitée en haut par le sillon frontal inférieur déjà décrit, et en bas par la scissure de Sylvius.

A ce niveau, celle-ci émet ses deux branches antérieures, l’une horizontale, l’autre ascendante. Insérée sur le pied de la frontale ascendante, et parfois par un pli séparé au pli de passage fronto-pariétal inférieur, cette circonvolution, fortement infléchie et comme tassée sur elle-même, (9, lig. 100, et F3, fig. 106) se

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porte en avant en décrivant deux anses ou méandres successifs autour des deux branches antérieures de la scissure de Sylvius, et en formant au-dessus de l’insula de Heil une partie de l 'opercule de Burclach.

Les deux méandres embrassant les deux branches antérieures de la sylvienne ont assez justement fait comparer sa forme à celle d’un M majuscule, qui serait placé à cheval sur les deux branches sylviennes antérieures. On peut donc lui décrire trois portions ; celle qui se trouve située en arrière de la branche ascendante, c’est-à-dire entre celle-ci et le sillon précentral ou prérolandique, porte le nom de pli operculaire, pied de la circonvolution de Broca et siège du langage articulé (Po, lig. 106); celle qui se trouve en avant du sillon ascendant, autrement dit entre les deux branches antérieures s’appelle pli triangulaire ou cap (Pt, lig. 106); enfin à la portion placée en avant de la branche horizontale de la sylvienne est réservé le nom de pli orbitaire ou sourcilier (Por, lig. 106).

La 3e frontale n’apparaît à la face inférieure du lobe frontal que sur les confins de la partie externe du lobule orbitaire qu’elle contribue à former (Fs, fig. 108). Là elle est bordée en dedans par le sillon orbitaire externe et en dessous elle confine à la dernière circonvolution temporale avec laquelle elle est unie par le repli ou bord falciforme qui limite la vallée de la scissure de Sylvius. Cette circonvolution est toujours unie à la T frontale par quelques anastomoses, trois dans le plus grand nombre des cas, plus rarement quatre. — Il n’est pas très rare non plus de rencontrer deux caps, surtout à gauche, ce qui suppose trois branches sylviennes antérieures. — En résumé, après avoir contourné la pointe de l’hémisphère, les trois circonvolutions frontales longitudinales se réunissent en convergeant vers un centre commun, qu’HERVÉ a appelé pôle frontal, situé en avant de l’espace perforé latéral, — au point appelé par Broca le carrefour de l’hémisphère.

Si donc, l’on peut dire avec Féré que les trois frontales s’anastomosent largement à la pointe du lobe frontal, on ne saurait soutenir avec Pansch que la 3e frontale se perd dans la 2° au niveau de la pointe du lobe.

La circonvolution de Broca présente des variations que nous résumons d’après G. Hervé.

1° Le type cérébral primitif des Primates est un type à deux étages frontaux.

2° La circonvolution de Broca n’apparaît qu’avec les Anthropoïdes, en même temps que la branche horizontale antérieure de la scissure de Sylvius, — et se forme par dédoublement delà 2' frontale primitive — d’où la 3“ frontale constitue dès lors chez les Primates supérieurs une 4' frontale.

3° Le développement de la 3e circonvolution chez le fœtus reproduit le développement dans la série et n’acquiert que progressivement sa complexité.

4° Presque toujours chez les microcéphales, les imbéciles, les idiots, les sourds-muets, souvent dans les races humaines inférieures, cette circonvolution est rudimentaire ou arrêtée dans son développement, ce qui constitue un caractère réversif.

5° Chez les intellectuels, au contraire, sa complexité morphologique semble marcher de pair avec le degré même de la puissance de la faculté du langage articulé ^Rüdinger, Hervé). Elle était très développée dans le cerveau de Gambetta. Mais il est juste de remarquer avec Féré que la coïncidence d’une troisième frontale très compliquée, en W par exemple, avec des talents oratoires très développés, n’a pas la valeur qu'on lui a attribuée, au point de vue de la localisation de Broca, car l’exagération de la fonction

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d’articulation des mots est évidemment insuffisante pour caractériser l’orateur. En elïet, avant un appareil phonateur admirablement réglé, il faut des images à l'orateur, sinon ses lèvres, sa langue et son larynx auraient en vain une haute puissance de coordination des mouvements pour l’articulation des sons.

Variétés des circonvolutions du lobe frontal. — Le sillon frontal supérieur (SF1, est interrompu en son milieu par un, deux ou trois plis d’anastomose entre F1 et F2) 173 fois sur 336 hémisphères, dans les ouservations de Giacomini.

Le sillon frontal inférieur (SF2) est traversé par un pli d’anastomose antérieur entre F2 et F3, 51 fois sur 160, et par un pli postérieur 22 fois sur 160 (Giacomini). Les deux sillons frontaux sont réunis par un sillon transversal 180 fois sur 598 hémisphères d’après les observations réunies de Giacomini, Chiarugi, Valenti et celles de mon élève Vaniiersecke (1) . Le sillon frontal supérieur est séparé du prérolandique 10 fois sur 160 hémisphères (Valenti). Les trois circonvolutions frontales peuvent naître par des racines profondes, d’autres fois par des racines doubles. F1 a une racine profonde 14 fois sur 158, et une double racine 76 fois sur 158; — F2 a une racine profonde 38 fois sur 158, et une double racine 31 fois sur 158; — F3 a une racine profonde 42 fois sur 158, et une double racine 3 fois sur 116 (Vanhersecke). — F* est coupé par un sillon transversal 5 fois sur 42 (Chiarugi), — F2 par un sillon analogue 80 fois sur 160 (Giacomini), et F3 est entamé par un sillon semblable 29 fois sur 42 (Chiarugi). Les étages frontaux peuvent être réduits ou augmentés, il n’y a que deux étages 6 fois sur 560 hémisphères (Giacomini, Valenti) par suite de la fusion de F2 et F3 ; il y a quatre étages incomplels par division longitudinale : a) de F1, 9 fois sur 168 cerveaux, b) de F2. 7 fois ur 336 hémisphères, et quatre étages complets, c'est-à-dire quatre circonvolutions frontales avec autant de racines spéciales, 18 fois sur 558 hémisphères (Giacomini, Chiarugi, Vanhersecke). On sait que le lobe frontal à 4 étages a été considéré comme l’un des caractères du cerveau des criminels, mais sans beaucoup de raison. Giacomini a rencontré le lobe frontal à quatre circonvolutions longitudinales 4 fois sur 54 criminels (une seule fois quatre étages complets), Benedikt 27 fois sur 87 et Hanot 4 fois sur 11 cerveaux de criminels.

Le sillon frontal inférieur peut manquer 2 fois sur 160, ce qui est un caractère simien ; le sillon prérolandique forme un véritable sillon précentral 95 fois sur 558 hémisphères. La continuité du sillon orbito-frontal (orbitaire externe de Benedikt), a lieu de 18 à 20 fois sur 100 (Giacomini, Zernoff, Chiarugi), et plus (Vanhersecke). — F3 porte une incisure en Y (branche antérieure de la sylvienne) 25 fois sur 160, en V 71 fois, en U 60 fois, très compliquée 2 fois sur 160, et une seule incisure (br. antérieure de la sylvienne simple) également 2 fois.

Le lobe frontal peut présenter des caractères simiens. De cet ordre sort la simplicité de Fi (comme chez la Vénus hottentote de Cuvier, l’idiot de Gratiolet et celui de Giacomini) et la simplicité de F3 par suite de l’unicité de la branche antérieure de la sylvienne; l’existence du sillon d'Eberstaller, et la présence du bec elhmoïdal comme on la plusieurs fois observé sur les pauvres d’esprit. Il peut, au contraire, montrer des caractères à tendance élevée, comme l’unicité des racines de F1 et F'-, l’existence d’un sillon transversal dans F2 un sillon précental unique, la complexité de toutes les circonvolutions frontales.

Le lobe orbitaire présente une incisure en K 29 fois sur 116, en 11 69 fois sur 116, en X ou étoilé 14 fois sur 116.

Pour terminer je dois dire que l’examen des circonvolutions frontales à la suite d’anciennes amputations des membres ou d’ectromélie ne m’a fourni que des résultats négatifs, ce qui ne fait que confirmer du reste les observations antérieures de Charcot, Féré et Mayor, Giacomini.

Lore pariétal.— Le lobe pariétal circonscrit par les scissures de Rolando, de Sylvius, sous-pariétale et occipitale, par conséquent visible à la fois à la face

(I) Vanhersecke, La morphologie des circonvolutions cérébrales (Thèse de Lille, 1891).

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externe et à la lace interne de l’hémisphère, comprend trois circonvolutions : une ascendante appelée pariétale ascendante ou post-rolandique (Pn), et deux longitudinales connues sous les noms de première circonvolution pariétale (P1) ou pariétale supérieure (lobule pariétal supérieur), et de deuxième circonvolution pariétale (P'-') ou pariétale inférieure (lobule pariétal inférieur).

La pariétale ascendante ou post-rolandique borde en arrière la scissure de Rolando, (Pa, tig. 106). Son extrémité supérieure est unie à celle de la frontale ascendante par un pli de passage qui ferme en haut le sillon de Rolando, et pareillement son extrémité inférieure est unie à l’extrémité similaire de la frontale ascendante par un autre pli de passage qui ferme le sillon en bas. De telle sorte qu’on pourrait dire que les deux circonvolutions rolandiques ou centrales forment une sorte d’anneau très allongé ou de boutonnière dont l’ouverture serait représentée par la scissure de Rolando. Le pied de cette circonvolution contribue à la fois à border la scissure de Sylvius et à la constitution de l’opercule de Rurdach qui cache et voile l’insula. Il y a parallélisme exact entre les deux circonvolutions rolandiques, et, comme à la frontale ascendante, on peut décrire trois portions à la pariétale ascendante : une supérieure, convexe en avant, et répondant au genou supérieur de la scissure; une moyenneconcave en avant, où s’enfonce le pied de la 2e frontale ; une inférieure, convexe en avant et répondant au genou inférieur de la scissure. En arrière, la pariétale ascendante est limitée par le sillon post-rolandique. A la face interne de l’hémisphère, elle contribue pour une petite part à former le lobule paracentral que contourne la scissure sous-frontale et que partage une petite

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incisure centrale (p, fig. 105). Mais ce lobule, il faut le retenir, est presque ntièrement formé par la tête de la frontale ascendante.

La pariétale supérieure (P1, lig. 106), fait en arrière de la scissure de Rolando le pendant à la frontale supérieure. Comme cette dernière, elle s’insère par son pied sur la pariétale ascendante ; comme elle, elle longe le bord sagittal et empiète sur ses deux faces. A la face interne, elle forme un amas mamelonné de plis : le lobule quadrilatère , prœcuneus. (P, lig. 105), limité en avant par la scissure sous-frontale (SSF), en arrière par la scissure occipitale (0). En bas, ce lobule est séparé du lobe limbique parla scissure souspariétale (SSP), et communique avec ce lobe par les deux plis de passage pariéto-limbiques (Voy. tig. 105). A la face externe de l’hémisphère, elle a une forme générale triangulaire, et se termine en arrière par une queue qui traverse la partie supérieure de la scissure occipitale externe et vient s'unir à la 1“ circonvolution occipitale par le premier pli de passage occipito-pariétal, qui vient interrompre et masque la scissure.

S, scissure de Sylvius ; R, scissure de Rolando; F1, F^, F3, les 3 circonvolutions frontales; Fa, la frontale ascendante; Pa, la pariétale ascendante; Ps, circonvolution pariétale supérieure; Pi, circonvolution pariétale inférieure; T1, T2, T3, les 3 premières circonvolutions temporales; O , O , O , les 3 premières circonvolutions occipitales; 1, premier pli, et 2, deuxième pli de passage pariéto-occipital (plis de Gratiolet); 3, premier pli, et 4, deuxième pli de passage temporo-occipital.La flèche indique la direction de la scissure occipitale externe.

La pariétale inférieure naît par un pied, parfois deux de la pariétale ascendante ; de là, elle remonte un peu le long de la pariétale ascendante et contourne la lin de la branche postérieure ou oblique de la scissure de Sylvius, oit elle forme ce que l’on appelle le lobule du pli courbe, gyrus marginalis (Po, lig. 106), et là s’anastomose par son bord inférieur avec l’extrémité postérieure de la temporale supérieure à l’aide d’un pli, 1er pli de passage pariéto-temporal (Voy. lig. 107). Puis, elle continue son chemin

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en arrière en décrivant un long méandre tourmenté qui se met à cheval sur la queue du premier sillon temporal, la scissure parallèle des classiques, et forme là ce que l’on connaît sous le nom de pli courbe, gyrus angularis (P2, flg. 102 et 106). Par son extrémité postérieure, le pli courbe se continue à la fois avec la 2* temporale, deuxième pli de passage pariétotemporal (Voy. lig. 102 et 107), et avec la 2" occipitale, deuxième pli de passage parié to-occipital (Voy. flg. 102 et 107) de Gratiolet, pli superficiel qui masque aussi la scissure occipitale. Ces deux circonvolutions représentent les deux groupes circonvolutionnaires pariétaux des carnassiers ; la supérieure correspond au groupe sagittal, la seconde au groupe sylvien. Elles résultent donc de la fusion des 4 circonvolutions primitives des Mammifères ordinaires en deux lobules. Entre elles on voit un sillon de conformation diverse, le sillon in tr a-pariétal de Turner (II, tig. 101). Le plus généralement, il représente un sillon courbe à concavité inférieure qui commence en avant près du pied de la pariétale ascendante, monte entre celte circonvolution et le lobule du pli courbe en formant ce que l’on a appelé le sillon post-rolandique, puis s’infléchit et se porte en arrière entre le lobule pariétal supérieur et le lobule pariétal inférieur pour aller se jeter dans le lobe occipital en formant parfois un T avec ce qui représente la scissure perpendiculaire externe (Voy. lig. 102, 106 et 107). Fréquemment, dans la moitié des cas peut-être, il est interrompu en arrière par un ou même deux plis d’anastomose, plis de passage transversaux de Gromier, qui unissent les deux circonvolutions pariétales.

11 résulte de cette particularité que la partie initiale de la scissure peut être complètement interrompue par suite de l’existence d’un pli d’anastomose superficiel; isolée du reste, cette partie du sillon interpariétal constitue un sillon parallèle à la scissure de Rolando, sillon post-rolandique, limité en arrière par une troisième circonvolution centrale (RR’, tig. 103). De même, la partie postérieure de ce sillon, isolée aussi du reste dans certains cas, prend une forme en X ou en K ; c’est à ce sillon que Wilder a donné le nom de fissure par occipitale.

Le sillon intrapariétal représente le sillon pariétal en V renversé des Singes inférieurs, et si, chez l’Homme, la circonvolution pariétale inférieure ne se réduit plus à une seule circonvolution arquée (pli courbe), comme chez ces derniers animaux, mais forme un véritable lobule représenté en bloc par deux anses, c’est parce que l'anse primitive, s’allongeant, a dû s’incurver davantage pour trouver place.

Variétés du lobe pariétal. — Le sillon interpariétal est interrompu par un pli d’anastomose 154 fois sur 526 hémisphères (Giacomini, Vanhersecke), par deux plis 17 fois sur 336 hémisphères (Giacomini). Le sillon post-rolandique est indépendant et complet de 15 à 22 fois pour 100; il communique avec l’interpariétal de 44 à 51 fois pour 100 et manque de 23 à 25 fois pour 100 (Giacomini, Zkrnoff, Vaniiersecke). D’après les recherches de Cunningham, le sillon post-rolandique est : a) divisé en deux parties, séparées toutes deux du sillon interpariétal, 4 fois sur 02 hémisphères; b) il est complet et séparé du sillon interpariétal 10 fois sur 62; c ) il est complet et communique avec le sillon interpariétal 35 fois sur 62; dj le sillon interpariétal communique avec la branche inférieure du post-rolandique et la partie supérieure de ce dernier reste indépendante 10 fois sur 62; e ) le sillon interpariétal, enfin, communique avec l’extrémité inférieure du rameau supérieur du post-rolandique, et le rameau inférieur du post-rolandique en reste séparé 2 fois sur 62.

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D’autre part, le sillon interpariétal s’étend sans interruption jusque dans le lobe occipital 53 fois sur 180 hémisphères (Giacomini), communique avec la scissure de Sylvius 32 fois sur 158 hémisphères, et avec le sillon parallèle (ST1), par suite d’un deuxième pli de passage profond, 110 fois sur 558 hémisphères (Giacomini, Chiarugi, Vaniiersecke).

Très réduite chez les Cynocéphales, la circonvolution pariétale supérieure forme déjà chez l’Orang et le Chimpanzé un lobule presque aussi important que chez l’Homme. Un sillon longitudinal plus ou moins prononcé peut, dans certains cas, dédoubler les circonvolutions pariétales (P1 -f- P'2) en quatre circonvolutions pariétales.

Lobe temporal.— Le lobe temporal de l'Homme et des Singes qui procède du groupe sylvien des Mammifères ordinaires, est placé au-dessous du lobe pariétal et séparé de lui par la scissure de Sylvius. il apparaît sur les faces externe et inférieure de l’hémisphère et se prolonge vers le hile de ce dernier jusqu’à la

Fig, 108. — Face inférieure du cerveau.

I. I, grande fente interhémisphérique; S, sillon olfactif; b, nerf olfactif; S’, scissure de Sylvius, F1, F2, F3, circonvolutions frontales orbitaires; T3, T4, T5, troisième, quatrième et cinquième circonvolution temporale; 1, scissure en Y; 2, 3, 4, sillons temporo-occipitaux ; 5, lobule fusiforme; 6, lobule lingual ; O 4, O5, O6, troisième, quatrième et cinquième circonvolution occipitale.

fente de Bichat. En arrière, ses limites sont peu précises, car ses circonvolutions s’unissent directement ou par des plis de passage avec les circonvolutions des lobes voisins, mais son origine même doit le faire séparer de ces lobes. 11 est formé de cinq circonvolutions longitudinales qui sont séparées par quatre sillons et qui partent toutes d’un centre commun indivis situé à la pointe du lobe, appelé par Broca pôle temporal.

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La première temporale (T1), assez étroite, peu flexueuse, longe la scissure de Sylvius dont elle forme la lèvre inférieure (T1, tîg. 101 102, 104) et s’unit à la pariétale inférieure par un pli de passage que nous connaissons déjà (1er pli de passage pariéto- temporal).

La deuxième temporale (T2) est parallèle à la première (T-2, fig. 102); en arrière elle se continue par deux plis de passage à la fois avec la circonvolution pariétale inférieure, pli temporo pariétal (ou 2e pli de passage pariéto-temporal), et avec la seconde circonvolution occipitale, 7" pli temporo-occipital.

La troisième temporale (P) occupe le bord externe de l’hémisphère (T3,lig. 101 et 102); en arrière, elle s’unit à la 2° et à la 4e temporales par des plis d’anastomose, et se jette, ou toute entière dans la 3e occipitale, 2° pli de passage temporo-occipital, ou mi-partie dans celle-ci et mi-partie dans le gyrus prœoccipitalis. Ces trois circonvolutions temporales sont les seules que l’on voit à la face externe de l’hémisphère.

Entre la première temporale et la seconde court un sillon remarquable par sa régularité, sa profondeur, son apparition précoce chez l’Homme, son importance dans la série animale et son trajet parallèle à celui de la scissure de Sylvius (12, lig. 100) : c’est le premier sillon temporal que Gratiolet avait élevé à la dignité d’une scissure sous le nom de scissure parallèle '(ST1).

La quatrième temporale (T4), qu’on voit sur la face inférieure de l’hémisphère est coupée par des incisures multiples; elle est bien isolée en avant de la o® temporale, mais fréquemment unie à la 3e par des plis anastomotiques qui traversent le troisième sillon temporal (ST3).

La cinquième temporale (T5) est la plus remarquable des circonvolutions du lobe temporal. C’est la circonvolution du grand hippocampe, gyrus uncinatus (H, fig. 97 et T3, lig. 108), située entre la 4e circonvolution temporale en dehors et la fente de Bichàt en dedans, cette circonvolution borde le seuil de l’hémisphère. — Sa partie antérieure, lisse et renflée, se termine en crochet, c’est ïuncus ou lobule de l' hippocampe (U, lig. 103), et se continue en arrière avec le corps bordant et le corps godronné ; son extrémité postérieure, effilée, pénètre dans le lobe occipital, au-dessous de la scissure calcarine. Elle s’anastomose d’ordinaire avec la 4e temporale par un pli qui traverse la partie moyenne du 4e sillon temporal, et au-dessous du bourrelet du corps calleux, communique avec le lobe limbique ou circonvolution du corps calleux par le pli de passage temporo-limbique.

Quant au 4e sillon temporal (ST1), sillon du grand hippocampe (Yoy. Corne d’A.MMON), en s’enfonçant dans la corne sphénoïdale du ventricule latéral, il détermine la formation d’un gros bourrelet que l’on appelle le grand hippocampe ou corne d' Am mon.

Le lobe temporal communique donc : 1° avec le lobe frontal par le pli falciforme; 2° avec le lobe du corps calleux par le pli temporo-limbique; 3° avec le lobe pariétal par le pli rétro-sylvien et le pli courbe qui sont superficiels, et le temporo-pariétal profond qui appartient au lobe de l’insula.

Variétés du lobe temporal. — Le premier sillon temporal (ST|) est interrompu par un pli d’anastomose en T1 et T3, 5o fois, et par deux plis 11 fois sur 366 hémisphères ; 2 fois sur 366 il fait défaut (Giacomini). Chez beaucoup de nègres et d’idiots P. Broca), et même dans pas mal de cerveaux de sujets ordinaires, le pli temporo-limbique devient

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profond, ce qui rappelle la disposition du sillon de l’hippocampe (ST4) chez les Singes. Dans ces circonstances le lobe limbique, qui comprend à la fois la circonvolution du corps calleux et la circonvolution de l’hippocampe est à nouveau limité de toutes parts par le sillon de l'hippocampe qui n'est autre chose que le vestige dans l’espèce humaine de la grande scissure limbique des animaux osmatiques. Dans certains cas, le sillon de l’hippocampe se prolonge jusqu’à la pointe du lobe temporal et vient achever l’isolement du lobe limbique.

Lobe occipital. — Le lobe occipital n’existe que chez les Primates, et encore chez l'homme il est assez mal autonomisé. 11 est formé de 6 circonvolutions séparées par h sillons qui partent d’un centre situé à l’extrémité postérieure de l’hémisphère appelé pôle occipital. Sur la face externe il est séparé par la scissure occipitale externe du lobe pariétal avec lequel il communique par les plis de passage pariéto-occipitaux ; à la face interne il est séparé du lobe pariétal par la scissure occipitale interne, et du lobe du corps calleux par la queue de la scissure en Y ou première portion de la scissure calcarine, mais il communique avec ces lobes, par les plis de passage profonds cunéo-pariétal et cunéo-limbique. A la face inférieure ou cérébelleuse de l’hémisphère enlin, il se continue sans ligne de démarcation avec les circonvolutions du lobe temporal. Les trois premières circonvolutions occipitales visibles à la face externe de l’hémisphère ont été réunies par Broca sous le nom de lobule sus-occipital , les deux suivantes, qui occupent la face inférieure, ont reçu du même auteur le nom de lobule sous-occipital, et la dernière que l’on voit à la face interne porte le nom de lobule occipital interne , lobule triangulaire, cunéus (0e, fig. 105).

La première circonvolution occipitale (O1) est la plus élevée de la face convexe (O1, lîg. 101 et 106) ; elle se continue avec la circonvolution pariétale supérieure par le premier pli de passage. La deuxième occipitale (O2) se joint à la circonvolution pariétale inférieure par le second pli de passage de Gratiolet, mais envoie en même temps d’ordinaire une bifurcation à la seconde circonvolution temporale (O2, lig. 101 et 106). La troisième occipitale (O3) occupe le bord externe du lobe et prolonge la 3e temporale, mais assez souvent aussi elle est unie à la deuxième temporale par une bifurcation (O3, lig. 101 et 106). Les quatrième et cinquième occipitales (O1 et O5) occupent la face inférieure du lobe et sont respectivement la continuation des 4° et 5e temporales. La 4e, en s’unissant à la 4' temporale, forme avec elle une masse renflée à laquelle on a donné le nom de lobule fusiforme ou circonvolution temporo-occipitale inférieure et externe (5, lig. 108) ; la 5e occipitale, étalée sous la scissure calcarine, constitue avec la 5e temporale le lobule lingual ou circonvolution temporo-occipitale inférieure et interne (6, lig. 108). Entre ces deux dernières circonvolutions, la 4e et 5' occipitales, court le quatrième sillon occipital qui se continue avec le 4' sillon temporal ou sillon du grand hippocampe.

La sixième occipitale enfin (0,;), en forme de triangle à base tournée en arrière, d’où son nom de lobule cunéiforme, coin ou cunéus, siège à la face, interne du lobe (0e, lig. 105) ; elle est bordée en haut par la scissure occipitale interne qui la sépare du lobule quadrilatère (precuneus) appartenant au lobe pariétal, et en bas par la scissure calcarine. Par sa pointe elle est unie au lobe limbique par un pli de passage profond, le pli cunéo-limbique.

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Variétés du lobe occipital. — Lisse sur le Cynocéphale, chez le Macaque el la Guenon, où il contraste si fort avec le reste de l’écorce cérébrale qu’il a l'air de coilfer le cerveau en arrière, d’où le nom de calotte que lui a donné Gratiolet, il commence à se plisser chez quelques Semnopithèques, puis se plisse davantage chez le Gibbon et atteint presque le degré du plissement qu’il a chez l'Homme avec l’Orang et le Chimpanzé. Les deux plis de passage inférieurs ou temporo-occipitaux sont déjà bien visibles chez les Anthropoïdes, mais les deux plis de passage supérieurs ou pariéto-occipitaux restant plus profonds et non apparents encore à l’extérieur, il en résulte que la scissure occipitale externe reste plus ouverte qu’elle ne l’est chez l’IIomme. Mais que les plis de passage de Gratiolet deviennent profonds, et la scissure occipitale s’ouvre à nouveau et redevient aussi évidente que chez les Singes inférieurs. C’est ce que l’on a observé nombre de fois, non seulement chez les faibles d’esprit, les idiots, les nègres, mais même chez les hommes fort intelligents, Asseline notamment.

Benedikt, Brown, Tenchini, Willigk, Mingazzini, ont observé 5 fois sur 112 criminels un vrai opercule occipital. Lomuroso a considéré dès lors l’existence de la calotte du cerveau dans l’espèce humaine comme un des caractères du cerveau des assassins, mais si je m’en rapporte à mes propres recherches qui ont porté sur plus de 200 cerveaux, c’est presque la proportion (4 à 5 0/0) que l’on trouve chez les sujets ordinaires. — Dans 12 microcéphales on a noté quatre fois l’existence de cette particularité. Dans près de la moitié des sujets, on constate la présence du sillon occipital transverse dans lequel vient s’ouvrir le plus souvent le sillon interpariétal pour constituer le sillon en T.

Lobe du coups calleux. — Le lobe du corps calleux (C, lig. IÜ3 et 109), appelé classiquement circonvolution du corps calleux , circonvolution croire, circonvolution de l’ourlet (gyrus fornicatus ), est le vestige chez les Primates du grand lobe limbique des Mammifères ordinaires.

La plupart des Vertébrés, les Mammifères osmatiques surtout, chez lesquels Douane de l’odorat est très développé et possède les caractères d’un sens majeur, ont à la surface du cerveau un vaste lobe allecté à l’olfaction, le lobe olfactif.

Ce centre olfactif forme à la face interne de l’hémisphère un cercle complet (C, H, lig. 109) appelé grand lobe limbique, parce qu’il borde le seuil (limen) de l’hémisphère. Considérablement réduit chez les Mammifères anosmatiques, et en particulier chez l’Homme, dont le sens dominant n’est plus l’odorat, le lobe limbique décrit cependant encore un circuit presque complet autour du corps calleux, ce qui a fait appeler la circonvolution du corps calleux circonvolution annulaire ou de l’ourlet. Ce n’est, en effet, qu'en avant, au niveau de l’espace perforé antérieur (vallée de Sylvius), que cette circonvolution paraît franchement interrompue. Elle persiste donc sous la forme d’une anse ouverte en avant, qui embrasse le corps calleux. Mais, si à son arc supérieur l’usage a conservé le nom de circonvolution du corps calleux, son arc inférieur a pris le nom de cinquième circonvolution temporale ou circonvolution de l’hippocampe.

Ce grand lobe diffère du reste du manteau par sa précocité, par son absence de plissement chez les Gyrencéphales, par son atrophie lorsque le grand développement des circonvolutions antérieures donne, chez les Primates, la prééminence au lobe frontal (Broca).

Quoi qu’il en soit, la circonvolution dite du corps calleux a la valeur d’un lobe et nous la décrirons comme telle. Elle prend naissance au dessous du genou du corps calleux, dans cette région appelée carrefour de l'hémisphère par Broca (sp, lig. 97), se porte de là en avant, puis en haut et en arrière en suivant la convexité du corps calleux jusqu’au bord inférieur du bourrelet, où elle se termine en se continuant sur le bord de la fente de Bichat avec la circonvo-

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lution de J hippocampe par le pli de passage temporo-1 imbique. Son bord concave est séparé du corps calleux par une rainure linéaire, le sinus du corps calleux ; son boid convexe est séparé du lobe frontal par la scissure sous-frontale, du lobe paiiélal (lobule quadrilatère), par la scissure sous-pariétale, qui est le vestige de la scissure sous-pariétale des Mammifères ordinaires.

(. est donc par erreur que Rolando a réuni cette circonvolution avec le lobule quadi ilalère sous le nom de circonvolution crétée (paranalogieavecune crête de coq). Au niveau du genou du corps calleux elle est unie au lobe frontal par un pli qui franchit la scissure sous-frontale, le pli de passage fronto-limbique, et à peu près au milieu du corps calleux par un autre pli, le pli de passage fronto-

Fig. 109. — Face interne de l’hémisphère droit du chien montrant une partie de la face

inféro-interne.

O, lobe olfactif; C, lobe du corps calleux ; H, lobe de l’hippocampe; S F, scissure sous-frontale ; FL, pli de passage fronto-limbique, Scr, sillon crucial; SP, scissure sous-pariétale; RL, pli de passage rétro-limbique profond; F, lobe frontal; P, lobe pariétal.

Fig. 110. — Face inférieure du cerveau du chien.

Le pédoncule cérébral du côté droit a été enlevé d’un coup de scalpel pour montrer toute la scissure limbique.

O, lobe olfactif; H, lobe de l’hippocampe; D, place du pli de passage rétro-limbique, profond

chez le chien.

limbique pré-ovalaire (Voy. fig. 105); plus loin les plis de passage pariélolimbiques antérieur et postérieur l’unissent au lobe pariétal (lobule quadrilatère, precunéus), et au niveau de la rencontre de la scissure occipitale et calcarine, un pli de passage profond (superficiel chez les Singes), pli cunéo- limbique, l’unit au lobeo ccipital (cunéus).

Le lobe du corps calleux représente donc seul çhez les Primates le grand lobe limbique des Mammifères moins élevés. Mais, en réalité, on doit lui adjoindre ou plutôt lui restituer la circonvolution de l'hippocampe et les origines olfactives. En effet, chez les Mammifères à odorat bien développé, les Osmotiques de Broca, le grand lobe limbique se compose des lobes olfactifs, de l'hippocampe et du corps calleux. Chez les Primates et les Cétacés, c’est-à-dire chez les Anosmatiques, ce lobe s’atrophie parallèlement à l'amoindrissement des fonctions olfactives. Le lobe olfactif se réduit à la bandelette et au bulbe

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olfactifs, le lobe de l’hippocampe s'atrophie et n’est plus représenté que par une petite circonvolution qui se fusionne avec le lobe temporal, et le lobe du corps calleux lui-même n’est plus considéré que comme une simple circonvolution. Parallèlement, la grande ceinture limbique parait comme effondrée en plusieurs points et discontinue.

L, lobe olfactif; H. lobe de l’hippocampe; 1, scissure limbique; p, sillon présylvien (rolandique) ; F, lobe frontal; C, sillon crucial de Leuret; -| — [-, gyrus sigmoïde; S, scissure de Sylvius; I, II, III, IV, les 4 circonvolutions pariétales.

Le lobe limbique fait, chez les Mammifères inférieurs aux Primates (Chien, Cheval, Mouton, etc.), un coude sous le bourrelet du corps calleux qui contribue à former les circonvolutions sous-calleuses, en vestige encore dans certains cerveaux de l’espèce humaine. (Voy. Corps godronné).

Nous verrons un peu plus tard toutefois (voy. Corps godronné) que le lobe limbique d’après P. Broca n’est, en réalité, qu’un lobe para-limbique.

Variétés du lobe du corps calleux. — La plus importante des modifications de la circonvolution du corps calleux est sa subdivision en deux circonvolutions, par suite de l’existence d’un sillon plus ou moins profond et plus ou moins complet qui court le long de son étendue. Ce sillon, sillon intra-limbique, que j’ai observé dans la proportion d'environ 5 0/0, est comme une sorte de tendance évolutive vers la formation d’une deuxième circonvolution frontale interne dans l’espèce humaine.

C’est à cette conclusion du moins qu’est arrivé Manouvrier (Bull, de la Société d’Anlhrop. de Paris, 1892), — mais nous regrettons de ne pouvoir partager l’opinion de notre savant collègue de l'Ecole d’Anthropologie de Paris. J'ai dit pourquoi ailleurs (voy. Thèse de Bole, p. 67, Lille, 1893). Chez les Cétacés à fanons, ce pli est dédoublé au point de constituer trois circonvolutions au lobe du corps calleux.

Lobe de l’Insula. — Le lobe de l’Insula, insula de Reil, lobule du corps strié , occupe le fond de la fosse de Sylvius, dont il faut écarter les bords pour l’apercevoir (1 à G, lig. 112). Deux portions de la marge de la scissure contribuent surtout à le cacher, et portent pour cette raison le nom d 'opercule, opercule de Reil ou de Burdach. Ces deux portions qui surplombent en forme de saillie et recouvrent l’insula appartiennent, l’une au pied des deux circonvolutions rolandiques (opercule supérieur), l’autre à la lre circonvolution temporale (opercule inférieur). Le cap de la 3“ frontale vient aussi s’ajouter aux saillies précédentes et constitue un opercule accessoire (opercule orbitaire).

L’insula a la forme d’une coquille de mollusque bivalve, c’est-à-dire

Debierre.

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qu’elle a 1 aspect d’un triangle bombé et comme recouvert de vagues disposées en éventail; son sommet regarde l’entrée de la scissure de Sylvius et sa base correspond au lobe frontal et un peu au lobe pariétal en arrière. De ses trois bords, I antérieur ou frontal est séparé du lobe du même nom par une rigole, rigole frontale ou antérieure; le supérieur du lobe fronto-pariétâl par une autre rigole, rigole fronto-pariétale ou supérieure , et l’inférieur du lobe temporal par une rigole semblable, rigole temporale ou inférieure.

Linsula peut être partagé, à l’exemple d’EBERSTALLER, en deux parties par suite d’un sillon qui le traverse de sa base à son sommet, grand sillon central,

I une antérieure, insu la antérieure ou insula proprement dite, reliée au lobe frontal, 1 autre postérieure, insula postérieure ou lobule rétro-insulaire, rattachée au lobe temporo-pariétal (Voy. lig. 112).

Fig. 112. — Vue de l'insula après écartement des lèvres de la scissure de Sylyius.

(Pièce du Laboratoire d'anatomie).

S, scissure de Sylvius ; R, scissure de Rolando ; Fa et Pa, circonvolutions rolandiques; Tl, première circonvolution temporale; 1,2, 3, plis profonds temporaux pariétaux; 1, 2, insula postérieure; 3, 4, o, 0, insula antérieure.

L 'insula antérieure présente trois circonvolutions confluentes au pôle de l’insula séparées par deux sillons. La plus postérieure {g y rus tertius d’Eberstaller), appelée par Cunningham (1) gyrus centralis anterior , relie l'insula à Fa; les deux autres (gyrus primus et secondus ) le rattachent à F3.

L'insula postérieure est séparée en deux circonvolutions par un sillon qui la parcourt en suivant sa longueur. La première est appelée gyrus centralis posterior par Cunningham. Ces deux circonvolutions se fusionnent en bas, et vont se rendre dans l’extrémité du lobe temporal, comme le disent Eberstaller, Hefftler et Guldberg, etc. , mais en réalité au grand lobe limbique (Cunningham). En liant elles se jettent sur Pa et la circonvolution pariétale inférieure.

Il résulte de cette description qu’il y a analogie et concordance entre les

(1) J. Cunningham, The Sylvian fissure and the island of Reil on tlie Primate brain (. Journ . of. Anat., Vol. XXV, p. 286 et 338, 1891).

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plis el sillons de Reil et les plis et sillons de Rolando. L'insula antérieure correspond à un pli temporo-frontal, l'insula postérieure à un pli tempopariétal.

En arrière, l’insula postérieure est limitée par la rigole postéro-inférieure au-delà de laquelle on voit un contrefort jeté entre Tl et R2, le pli de passage temporo-pariétal profond de Rroca, circonvolution temporale transverse de Hêschl, composé d’un ou de deux plis.

Enfin, à l’entrée de la scissure de Sylvius ( région pré-insulaire ou seuil de l’insula), le pôle de l’insula est bordé par un pont arrondi et curviligne qui s’étend de la première temporale à la racine de la 3e frontale : c’est le ph falci forme de Rroca.

La face profonde du lobe de l’insula repose sur le noyau caudé du corps strié; sa surface superficielle est recouverte d’une couche de substance grise qui se continue de toutes parts avec l'écorce des trois lobes circonvoisins.

L’occultation du lobe de l’insula chez l’IIomme n’indique pas qu’il soit en régression dans l’espèce humaine. Loin de là, car c’est le contraire qui est vrai. — L’insula de l’Homme est en effet plus considérable, plus plissé que celui des Singes. A part les Anthropoïdes, ces animaux l’ont ordinairement petit, lisse et plus ou moins découvert. Celui de l’Orang et du Gorille a trois plis, celui du Chimpanzé quatre et dans l’insula de l’Homme on peut rencontrer plus de cinq plis.

Si donc chez nous, l'insula s’est enfoncé et est devenu une sorte de lobe central, c’est en raison du grand développement des circonvolutions de la surface de l’hémisphère et en particulier du lobe frontal.

Cette extension de tout le manteau a entraîné l’enveloppement du lobe de l’insula autour duquel l’écorce semble avoir gravité dans son agrandissement comme autour d’un pôle.

Jusqu’au milieu du cinquième mois, la surface de l’insula est lisse. Toutefois, la division en partie frontale et en partie temporo-pariétale est depuis longtemps établie déjà. Successivement apparaissent les sillons, en commençant par le sillon central. Du septième au huitième mois, l’insula a achevé sa forme extérieure, mais celle du côté droit est en avance sur la gauche, et les deux côtés sont relativement en retard chez les foetus 9 (Cunningham), ainsi que cela se passe, du reste, pour toutes les circonvolutions (Rüdinger).

Relativement à son origine ancestrale, l’insula dérive du lobule sous-sy Ivien (écorce qui recouvre le noyau lenticulaire du corps strié) des animaux osmatiques ; l’insula antérieure provient du pli temporo-frontal de ce lobule, tandis que l'insula postérieure dérive du pli temporo-pariétal, déjà ébauchés chez le tapir et le cheval.

Pouvons-nous tenter, en terminant l’étude des circonvolutions, l’esquisse de l’évolution progressive que l’écorce cérébrale a suivie chez les Mammifères avant d'avoir acquis les caractères de spécialisation si marquée qui la distingue chez l’homme?

Pris en bloc, dans l’ordre des Primates, l’hémisphère se dédouble en deux régions séparées par la scissure de Sylvius : un étage fronto-pariétal et un étage occipitotemporal. Du dernier des Cébiens aux Pithéciens, on voit apparaître la trace de la scissure de Rolando qui subdivise l’étage antéro-postérieur. En même temps, l’étage postéro-inférieur se décompose en deux lobes, par suite de la formation de la scissure occipitale.

Le type cérébral des Primates est bien dillérent de celui des autres Mammifères. En passant de ces derniers aux Singes, on voit le type se modifier tout à coup. H n’y a plus de lobe olfactif, le lobe de l’hippocampe est fusionné avec le lobe temporal, alors qu’il en est séparé, au-dessous des Singes, par une scissure profonde, la scissure limbique, et fait partie du lobe limbique.

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L’agrandissement du lobe frontal chez les Primates et l’évolution inverse ou rétrograde du lobe limbique sont les deux faits corrélatifs qui expliquent la transformation du cerveau dans cet ordre supérieur des Mammifères. 11 y a, pour ainsi dire, chez les Singes et chez 1 llomme surtout, substitution du cerveau mental au cerveau brutal. L’agrandissement du cerveau frontal, que l’on observe aussi bien en s’élevant du Macaque au Papion qu’en montant du fœtus humain à l’homme adulte, tient sous sa dépendance la majeure partie des caractères qui distinguent le cerveau des Primates gyrencéphales.

Ces caractères sont :

1° Le développement considérable du lobe frontal qui refoule en arrière le lobé pariétal et oblige la scissure de llolando à reculer et à se renverser en arrière.

Fig. 113. — Vue latérale du cerveau du chien.

Mo, moelle allongée; C, cervelet; S, scissure de Sylvius; ob, lobe olfactif; P, sillon présylvien (homologue au Rolando) ; Gf, lobe frontal; H, lobe de l'hippocampe; o, nerf optique; I, II, III, première, deuxième et troisième circonvolutions pariétales.

2° La subdivision du lobe pariétal en trois lobes secondaires, le lobe pariétal, le lobe occipital et le lobe temporal. Refoulé vers l’occiput, le lobe pariétal subit un plissement transversal, qui détermine la formation de la scissure pariéto-occipilale, et dès lors sa séparation en deux lobes : le lobe pariétal en avant de la scissure, le lobe occipital en arrière. La séparation du lobe occipital du lobe pariétal résulte donc du plissement transversal des circonvolutions longitudinales primitives d’où naît la scissure pariétooccipitale. Cette extension de l’hémisphère en arrière explique le recouvrement du cervelet par les lobes occipitaux du cerveau. Le lobe temporal lui-même résulte du refoulement vers le bas du lobe pariétal par suite de la poussée qu’exerce sur lui le lobe frontal.

Quant au lobe pariétal, il représente ce qui reste du lobe pariétal primitif après la formation du lobe occipital et du lobe temporal; il a subi ainsi une réduction, tandis que le lobe frontal grandissait.

« Celui-ci, dirons-nous avec P. Broca, si petit et si simple chez les autres Mammifères, où il était manifestement primé par le lobe pariétal, s’est en quelque sorte, chez les Primates, emparé de l'hégémonie cérébrale, et l’importance croissante de ses fonctions est attestée par le plissement longitudinal qui le subdivise d'abord en deux, puis en trois circonvolutions. Le lobe pariétal se comporte tout autrement : loin de se compliquer, il se simplifie, au contraire, et les circonvolutions qui le composent tendent à se fusionner. Il y avait chez les Gyrencéphales osmatiques de trois à cinq circonvolutions pariétales, il n’y en a plus que deux chez les Primates. »

Le lobe temporal résulte donc du refoulement en arrière et en bas de la circonvolution

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sylvienne du lobe pariétal qui descend vers la base du cerveau, où elle trouve place grâce à l'atrophie du lobe de l’hippocampe, avec le reste duquel elle se fusionne.

Pendant ce temps, le grand lobe pariétal, qui formait chez les Mammifères presque toute la surface extei-ne de l'hémisphère qui vient de se démembrer pour fournir les lobes occipital et temporal des Primates, s’est réduit: le groupe des circonvolutions sagittales a fourni le lobule pariétal supérieur, et le groupe sylvien le lobule pariétal inférieur par fusion des quatre circonvolutions primitives, dont on retrouve cependant encore les traces.

En d’autres termes, du groupe sagittal des circonvolutions des Carnassiers résulte la circonvolution pariétale supérieure (fusion de deux circonvolutions), et du groupe sylvien dérivent la pariétale inférieure en avant (fusion des deux sylvicnnes) et les deux premières temporales en arrière (les deux circonvolutions sont ici restées séparées).

3° Le développement considérable de la scissure sous-frontale, enfin, parallèlement à l’agrandissement du lobe frontal, et la réduction de la scissure sous-pariétale parallèlement à l’amoindrissement du lobe pariétal, achèvent la transformation. Il en résulte que chez les Primates la scissure sous-frontale a pris la place de la scissure sous-pariétale et que celle-ci n’occupe plus qu'une très petite étendue de la scissure limbiquo.

Fig. 111. — Face interne de l’hémisphère gauche du cerveau de chien.

Gf, lobe du corps calleux; ol, lobe olfactif; H, lobe de l’hippocampe; bk, corps calleux;

fx, voûte; ca, commissure antérieure.

Si l'on poursuit le plan fondamental des circonvolutions à travers la série des Primates, on voit ce plan se compliquer graduellement et se perfectionner, sans que jamais l’esquisse principale soit foncièrement modifiée. Depuis le cerveau lisse des Jlapaliens, qui, pour toute anfractuosité, ne présente à sa surface que la scissure de Sylvius (genre Jacchus) et le sillon parallèle (genre Midas), jusqu’au cerveau de l’Orang et de l'Homme, dont la surface est si tourmentée, c’est le même plan morphologique qui déroule ses aspects secondaires et successifs. Chez les Cébiens gyrencèphales, il n’y a encore que des scissures interlobaires et des lobes, que presque aucun sillon ne vient subdiviser en plis ou circonvolutions. Avec les Pithéciens, la décomposition des lobes en circonvolutions se complète. A part le lobe le l’insula, qui ne présente point de plis, sauf l’absence de F3 et de T5; à part la présence de la calotte et de l’opercule occipital, le cerveau des Cynocéphales nous présente l'esquisse schématique des circonvolutions fondamentales ou primaires du cerveau de l’Homme. Avec les Anthropoïdes, les plis s'allongent, s’enroulent sur eux-mêmes, décrivent les sinuosités les plus variées et se subdivisent en plis secondaires par des incisures.

De plus, et comme cela se voit encore davantage chez l’Homme, tandis que jusque-là les circonvolutions étaient très ressemblantes sur les deux hémisphères, elles sont main-

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tenant très variables d un côté à l'autre, à tel point qu’on pourrait dire que l'asymétrie du plissement du manteau grandit avec la supériorité de l’espèce à laquelle il appartient.

De la complication croissante découlent d’autres caractères morphologiques. Le développement en largeur du lobe frontal détermine la formation d'une troisième circonvolution frontale; son développement en longueur détermine un plissement de son bord externe (F,!)> (lui forment les 2 rameaux sylviens antérieurs. Ce grand développement épaissit et arrondit ce lobe qui, au lieu de se terminer en pointe, bec du cerveau, bec ethmoïdal, comme chez les Pitréciens, se termine maintenant par une extrémité arrondie, disposition qu’on rencontre déjà chez le Gorille et le Chimpanzé. L’insula, devenue plus large, se recouvre de plis; le lobe temporal, qui ne comprenait jusqu’alors que quatre circonvolutions,en compte maintenant cinq. Le lobe occipital à peu près lisse jusqu’au Gibbon parmi les Anthropoïdes, acquiert des circonvolutions et se détache moins du reste du cerveau. La calotte qui existe encore chez le Chimpanzé, quoique atténuée, s’efface, en effet, chez l’Orang.

Gf, lobe du corps calleux; H, lobe de l’hippocampe; 01, lobe olfactif; bh, corps calleux; fx, voûte; ca, commissure antérieure; O, scissure occipitale interne; Pr, précunéus; Cn, cunéus; O’, scissure calcarine.

Gratiolet avait voulu faire des plis de passage pariéto-occipitaux une caractéristique du cerveau humain. Le Gorille, l'Orang, le Semmopithèque même, disait-il, peuvent bien avoir comme l’IIomme le premier pli de passage superficiel, mais le second n’est superficiel que chez l'Homme. Or, un examen plus complet de la question est venu démontrer que ce caractère de perfectionnement se retrouve sur le cerveau de l’Atèle, et que d’autre part, il peut se perdre chez certains sujets des groupes humains. P. Broca a en etTet rencontré 2 fois sur 100 des plis de passage profonds, par conséquent une scissure perpendiculaire externe largement ouverte, sur le cerveau de l’Européen, cela presque toujours sur des cerveaux d’imbéciles, mais dans certains cas, cependant, sur ceux d’hommes remarquables par l’intelligence, notablement le médecin Fucus et le publiciste Asseline.

J’ajoute enfin en terminant que le mécanisme de formation des lobes et des circonvolutions est tout entier compris dans l'enroulement, des hémisphères du cerveau autour de l’espace perforé latéral, qui sert pour ainsi dire de pivot à l’enroulement progressif en longueur et d’avant en arrière, et à l'enroulement graduel aussi en largeur et de haut en bas et de dedans en dehors de chaque hémisphère.

En résumé, les caractères qui distinguent le type cérébral des Primates de celui des

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autres Mammifères se rattachent tous à un double fait fondamental : l’atrophie de 1 appareil olfactif et l’agrandissement du lobe frontal. Le développement considérable de ce dernier en longueur, refoule les circonvolutions pariétales et amène la formation du lobe occipital et du lobe temporal qui emprisonnent le lobe del’insula dans la fosse de Sylvius par suite de leur épanouissement en largeur; l'atrophie de l'appareil olfactif modifie profondément le grand lobe limbique : chez les Mammifères amphibies celte atrophie est due à leur genre de vie; chez les Primates au développement intellectuel dont le sens de l’olfaction n’est plus que l’un des vassaux les plus humbles. Ainsi 1 étude des connexions anatomiques permet de suivre dans toute la série des Mammifères la formation, l’évolution, les modifications des diverses parties du manteau cérébral, de retrouver toutes ces parties dans le cerveau des Primates, de reconnaître la raison d’ôtre des caractères qui le distinguent, et d'en déterminer en quelque sorte la filiation (Broca).

Fig. 116. — Cerveau de l’Orang.

SS, scissure de Sylvius; RR, scissure de Rolando; O, scissure occipitale; C, cervelet; Fi, F2, F3. les 3 circonvolutions frontales; F», la frontale ascendante, et P», la pariétale ascendante; I, sillon interpariétal; P, circonvolution pariétale supérieure, et p, pariétale inférieure; Tt, T2, les 2 premières circonvolutions temporales.

Quelle valeur doit-on attribuer aux variétés ou anomalies des circonvolutions ?

Jusqu’ici aucune anomalie de l’écorce, dont les nuances sont innombrables, n’est venue détruire le schéma fondamental que nous avons donné des circonvolutions cérébrales. Les scissures, quelque modifiées qu’elles soient, et les lobes qu'elles limitent, sont toujours faciles à reconnaître. Ce qui varie essentiellement ce n’est, pas le plan fondamental, ce sont les plis secondaires de l’écorce. Ici F1 ou F2 se dédoublera et fournira un lobe frontal à quatre étages; là les trois frontales se réuniront, plus ou moins de façon à réduire le lobe à deux circonvolutions longitudinales ; ailleurs le sillon précentral sera assez complet pour paraître constituer une deuxième scissure centrale, mais cela n’empêchera pas les circonvolutions frontales de persister dans ce qu’elles ont de fondamental. Sur d’autres cerveaux, voire même sur deux hémisphères d’un même cerveau, vous trouverez un pli qui traversera la scissure de Rolando et semblera interrompre complètement Fa et Pa; mais écartez la scissure et vous verrez dans son fond un pli de passage profond qui vient rétablir la continuité des deux circonvolutions rolandiques qui n’étaient ainsi interrompues qu’en apparence seulement. En effet, il y a constamment entre Ftt et Pa des arcs-boutants ou plis profonds qui peuvent exceptionnellement devenir superficiels et interrompre la scissure de Rolando. De même encore, et par un phénomène inverse, les plis de passage pariéto-occipitaux (plis de Gratiolet), ordinairement superficiels dans l’espèce humaine, pourront être moins exubérants et devenir profonds.

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C’est alors que vous verrez la scissure occipitale externe reprendre la forme simienne,

Fig. 117. — Face latérale du cerveau de l’Orang (Topinard).

R, scissure de Rolando ; S, scissure de Sylvius ; O, scissure occipitale externe ; fl, premier sillon frontal , f*. deuxième sillon frontal ; f, sillon prérolandique ; S', branche antérieure ascendante de la scissure de Sylvius (il n’y a point de branche horizontale et conséquemment il n’y a point de cap); E, sillon orbitaire externe; I, sillon orbitaire interne ; P, sillon interpariétal; Po, sillon post-rolandique ; K, scissure calcarine ; U premier sillon temporal; fi, deuxième sillon temporal; t3, troisième sillon temporal.

P'ig. 118. — Face interne de l’hémisphère droit d’un Orang (Topinard).

A, bourrelet du corps calleux ; B, genou du même corps; C, circonvolution du corps calleux; D, couche optique; M, chiasma optique; F, F, circonvolution frontale interne; J, pli de passage pré-limbique ; P, scissure sous-frontale; S, lobule triangulaire; O, scissure occipitale interne ; N, cunéus ; K, scissure calcarine ; T3 circonvolution de l’hippocampe.

et le lobe occipital se détacher du reste du cerveau sous la forme d’une calotte, comme chez les Singes. Ici encore, la mise à jour des plis de passage entre les deux lobes vous convaincra

1*', lobe frontal ; P, lobe pariétal ; O, lobe occipital; T, lobe temporal ; C, cervelet; S, scissure de Sylvius; R, sillon de Rolando; a', a2, a3, circonvolutions frontales supérieure, moyenne et inférieure ; A, A, circonvolution frontale ascendante; B, B, circonvolution pariétale ascendante; bi, b2, b3, circonvolutions pariétales supérieure, moyenne et inférieure; d, c-, c3, circonvolutions temporales supérieure, moyenne et inférieure ; d * , d-, d3, circonvolutions occipitales supérieure, moyenne et inférieure.

Fig. 120. — Face supérieure du cerveau de Gauss (d'après Wagner).

1,1, grande scissure interhémisphérique; r, scissure de Rolando; p, scissure pariéto-occipitale ; A, A, circonvolution frontale ascendante; B, B, circonvolution pariétale ascendante; a, première frontale; a', deuxième frontale ; a”, troisième frontale; b, b, circonvolutions du lobe pariétal; d, d, lobe occipital.

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que la morphologie générale de ces lobes n’est nullement altérée : seuls, les plis de passage qui, de superficiels, sont devenus profonds, ont changé l'aspect extérieur de la région. Suivant que les plis de passage ou d'anastomose restent superficiels ou deviennent pro* fonds, la forme de l’écorce cérébrale se modifie donc considérablement. Pour en citer un dernier exemple, supposez, — ce qui arrive effectivement dans certains cas, — un pli d’anastomose superficiel entre les deux lobules pariétaux et vous pouvez avoir un sillon parallèle à la scissure de Rolando, qui est limité en arrière par une circonvolution qui donne l’illusion d'une 3' centrale; — que le pli courbe devienne profond et la scissure occipitale externe pourra communiquer avec le sillon parallèle (ST1).

Fig. 121. — Cerveau de la Vénus hottentote, vue latérale (Gratiolet).

F, lobe frontal ; P, lobe pariétal; O, lobe occipital; T. lobe temporal; C, cervelet; Po, protubérance ; VM, bulbe ; 3, scissure de Sylvius ; R, sillon de Rolando; PS, scissure parallèle ; al, a2, a3, circonvolutions frontales supérieure, moyenne et inférieure ; A, A, circonvolution frontale ascendante; B, B, circonvolution pariétale ascendante; bl, b*, r>3, circonvolutions pariétales supérieure, moyenne et inférieure; ci, ci, c3, circonvolutions temporales supérieure, moyenne et inférieure ; dt, d2, ds, circonvolutions occipitales supérieure, moyenne et inférieure.

Les sillons les plus précoces répondent dans la profondeur de l’hémisphère aux faisceaux les plus précoces. L’attache des corps opto-striés est donc le point de départ et la cause du plissement. Chaque pli rentrant correspond à une sorte de bride qui relie la périphérie aux masses opto-striées. Ainsi se forme à la surface de l’écorce à mesure qu’elle s’étend, des ondes qui interfèrent entre elles et déterminent le plissement typique pour chaque espèce. Mais si les scissures et les sillons sont constants, leur forme, leur direction, leur profondeur ne le sont pas. Tout dépend du volume des circonvolutions adjacentes. Voilà pourquoi il ne faut pas regarder les centres de l’écorce commune, invariablement fixés à la surface de l’écorce. La plupart des variétés des plis s’expliquent par des compensations qui s’établissent dans les régions voisines. Car, comme le disait Geoffroy Saint-Hilaire, il n’y a pas d'anomalie isolée, une anomalie en entraînant d’autres dans les rapports des parties adjacentes (Brissaud).

Toutes ces modifications de l’écorce sont donc secondaires et n’ont point d’importance au point de vue morphologique ou physiologique. Parmi elles, les unes ont un caractère alavistique incontestable, — je citerai pour exemple la réapparition de la scissure perpendiculaire externe complète, — les autres relèvent d’un arrêt de développement, et comme exemple, je citerai la persistance de la fosse de Sylvius fœtale.

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Etendue de l’écorce du cerveau.

On a essayé d’évaluer l'étendue de la surface corticale du cerveau, c’est-à-dire la superficie occupée par les circonvolutions. L’on est arrivé en moyenne à 700 c. carrés sans tenir compte des plis (gyri), à 2000 c. carrés en comprenant les circonvolutions.

L, grande scissure interhémisphériquo ; R, scissuro de Rolando; V, scissure occipitale ", O, lobe occipital ; a, a’, a", circonvolutions frontales; A, A, circonvolution frontale ascendante ; B, B, circonvolution pariétale ascendante ; b1, b2, b3> circonvolutions pariétales.

Mais malgré les procédés ingénieux qu’ont employés à cet effet Baillarger, Wagner, Calobi, etc., ces procédés ne peuvent nous donner que des renseignements approximatifs. Néanmoins, voici encore les chiffres qu’ont obtenus Calori et Wagner.

Cerveaux de Brachycéphales

Cerveaux de Dolichocéphales

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Fig. 123. — Cerveau de Boschimane (face latérale).

F, lobe frontal; P, lobe pariétal ; O, lobe occipital; T, lobe temporal; C, lobe del’insula; d, d, scissure de Bolando; e. e, scissure de Sylvius; 1, 1, circonvolution de Broca ; 2, 2, frontale moyenne; 3, 3, frontale supérieure; 4, 4, frontale ascendante ; S, 5, pariétale ascendante; A, A, pariétale inférieure ; 5', 6, pariétale supérieure ; 7, 7, première temporale ; 8. deuxième temporale ; 9, troisième temporale ; 10, scissure perpendiculaire externe ; 11, 12, première et deuxième occipitale.

Fig. 124. Cerveau de Boschimane (face supérieure), d’après Marshall.

F, lobe frontal ; P, lobe pariétal ; O, lobe occipital ; d, d, scissure de Rolando ; 2, 2, 3, 3. deuxième et première circonvolution frontale ; 4, frontale ascendante ; 5, pariétale ascendante ; 5’, pli courbe; 6, lobule du pli courbe; h, scissure occpitale externe; a, B, plis de passago pariéto-occipitaux.

Ces chiffres sont ceux de Calori et ils représentent la superficie totale de l’écorce, cest-à-dire comme si on avait mesuré celle-ci après l’avoir

déplissée. Les suivants, chiffres de H. Wagner, décomposent la superficie en surface libre et surface cachée, et de plus en superficie propre à chacun

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des lobes, chez quatre personnes, deux hommes supérieurs, les professeurs Gauss et Fucus, et deux personnes ordinaires, une femme du peuple et un ouvrier.

Fig. 125. — Cerveau du microcéphale Manolino (Giacomini).

S, scissure de Sylvius ; R, scissure de Rolando ; O. scissure occipitale ; F*. F^, F;5, les 3 circonvolutions frontales ; Fa, frontale ascendante; pa, la pariétale ascendante; I, sillon interpariétal ; T1, T2, les 2 premières circonvolutions temporales; I’, lobe de l'insula ; a, lobule du pli courbe.

Surface de

CHAQUE I.OBE

Faces du

CERVEAU

Surface

totale

du

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