Ependy.me et liquide ventriculaire
Les cavités du cerveau sont revêtues par une membrane mince et lisse à laquelle on a donné le nom d 'épendyme. Cette membrane a une surface adhérente qui repose sur la paroi des ventricules et une surface libre qui répond à leur cavité. Partout continue à elle-même, elle passe des ventricules latéraux dans le ventricule moyen en franchissant les trous de Monro, et du ventricule moyen dans le quatrième ventricule en suivant le canal de l’aqueduc de Sylvius. Du quatrième ventricule elle passe dans le canal central de la moelle. L’épendyme forme ainsi une cavité close qui ne communique avec les espaces sous-arachnoïdiens que par le trou de Magendie et Içs trous de Luschka. — Aussi s’explique-t-on que la cavité des ventricules cérébraux renferme un liquide séreux et transparent, analogue au liquide céphalorachidien.
Mais ce liquide ventriculaire est à peine assez abondant pour lubréfier les parois des ventricules à l’état normal. 11 ne devient abondant que dans les cas pathologiques, notamment dans l’hydrocéphalie.
7. — Pie-mère interne, toile choroïdienne et plexus choroïdes.
La toile choroïdienne du ventricule moyen et les plexus choroïdes des ventricules latéraux sont formés par une invagination de la pie-mère cérébrale dans l’intérieure des cavités ventriculaires, pie-mère interne.
Fig, 155. — Disposition de la pie-mère intérieure dans le 3e ventricule et les ventricules latéraux (coupe frontale du cerveau passant par le chiasma optique)'
1, 1, écorce cérébrale; 2,2, centre blanc de l'hémisphère; 3, chiasma optique; 4, couche optique; S, ventricule moyen ; fî, corps calleux ; 7, 7, tête du noyau caudé du corps strié ; 8, veine striée . !), 9, 9, noyau lenticulaire du corps strié avec ses trois segments; 10, capsule interne; 11, lobule de l’insula; 12, avant-mur; 13, capsule externe; 14, artère de l’hémorrhagie cérébrale, artère striée externe ou artère de Charcot; 15, commissure blanche antérieure; 16, artère striée; 17, épendyme du 3* ventricule ; 18, freins de la glande pinéale ; 19, feuillet viscéral ou épithélium choroïdien de l’épendvme du ventricule latéral, et 20, son feuillet pariétal ; 21, cavité du ventricule latéral ; 22, plexus choroïdes des ventricules latéraux ; 23, toile choroïdienne du 3* ventricule; 24, plexus choroïdes du 3e ventricule; 25, voûte cérébrale.
Cette invagination de la pie-mère externe se fait par la fente cérébrale de Bichat. Avant de suivre ce prolongement intérieur de la pie-mère, il est donc nécessaire de bien connaître les voies de pénétration.
— Si l'on examine un cerveau renversé, on trouve
a. Fente de Bichat.
278 CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
à sa base une grande fente en forme de fer à cheval, à concavité dirigée en avant : c’est la grande fente cérébrale de Bichat (5, tig. 163). — Cette fente s’étend d’une scissure de Sylviusà l’autre, en contournant les pédoncules cérébraux et en passant au-dessous du bourrelet du corps calleux. — Sa partie moyenne ou médiane (7, lig. 163) est limitée en haut par ce bourrelet, et en bas par la face supérieure de l’istlnne de l’encéphale qui supporte les tubercules quadrijumeaux. — Ses parties latérales sont également limitées, en haut, par la face inférieure des pédoncules cérébraux et des couches optiques, en bas par la circonvolution de l’hippocampe. — La partie médiane de la fente résulte du mode de développement du corps calleux qui s’est avancé d’avant en arrière, de façon à recouvrir toute la toile choroïdienne ; — les parties latérales ne sont qu’un segment de la grande scissure choroïdienne, la fente marginale d’AEBY (voy. Développement du cerveau). — C’est par cette fente que se fait la pénétration de la pie-mère interne, mais ce n’est qu’en faisant abstraction de l’épithélium épendymaire que l’on peut dire que la fente de Bichat donne accès dans les cavités ventriculaires, nous l’avons dit déjà.
Fig. 136. — Ventricules latéraux.
c, c, trigone coupé et renversé ; d, d, toile choroïdienne ou vélum interpositum ; b, corps strié (noyau caudé) ; a, corne frontale ; g, corne occipitale; e, corne sphénoïdale ; f, grand hippocampe (corne d'Ammon; h, petit hippocampe (ergot de Morand).
b. — Toile choroïdienne. — La toile choroïdienne (23, fig. 135, d, d, tig. 156, 1, lig. 157, 9, tig. 158), est un repli de la pie-mère qui, parvenue au niveau du bourrelet du corps calleux, s’engage sous ce bourrelet et arrive ainsi à la face inférieure du trigone. De forme triangulaire comme ce dernier, elle présente : une face supérieure qui est recouverte par le trigone auquel elle adhère par quelques tractus vasculaires ; une face inférieure qui passe en pont sur la base du troisième ventricule, dont elle forme la paroi supérieure, tout en restant séparée du ventricule par la membrane épendymaire et repose par ses parties latérales sur la face supérieure des couches optiques.
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
En examinant cette face sons l’eau ou pac transparence, on voit qu elle est parcourue de chaque côté de la ligne médiane par deux traînées de granulations rougeâtres accolées l'une à l'autre et composées de capillaires pelotonnées : ce sont les plexus choroïdes du ventricule moyen (7, lig. 198). En avant, chacun d’eux se recourbe et franchit le trou de Monro correspondant pour se continuer avec les plexus choroïdes du ventricule latéral ; en arrière, ils convergent 1 un vers l’autre au niveau de la glande pinéale (3, lig. 137).
Fig. 137. — Coupe horizontale du cerveau, passant par le troisième ventricule.
(Le trigone est renversé en arrière avec la toile ehoroidienne).
1. trigone sectionné et rejeté en arrière avec la toile ehoroidienne, pour découvrir le troisième ventricule ; 2, veines de Galien; 3, glande pinéale; 4, pédoncules antérieurs de la glande pinéale ; S, commissure postérieure du cerveau ; 6, commissure antérieure ; 7, coupe des piliers antérieurs du trigone ; 8, troisième ventricule; 9, commissure moyenne ou grise; 10, noyau caudé du corps strié; 11, couche optique; 12, tænia semi-circularis ; 13, 14, 13, coupe des circonvolutions de l'insula de Iieil; 10, noyau caudé du corps strié; 17, insertion du corps calleux sur le centre.
Le sommet de la toile se bifurque et va se continuer de chaque côté avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux à travers les trous de Monro.
La hase occupe la partie médiane de la fente de Bichat; à ce niveau, les deux feuillets de la toile s’écartent et enveloppent la glande pinéale, puis se conlinuent, le supérieur avec la pie-mère cérébrale, I inférieur avec la pie-mère cérébelleuse.
Les bords latéraux de la toile ehoroidienne répondent au hord externe du trigone et sont garnis de pelotons vasculaires, les plexus choroïdes des ventricules latéraux (i, lig. 138).
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
La toile choroïdienne, étant une dépendance de la pie-mère, en a la structure. Comme elle, elle est formée par un pli de cette dernière, c’est dire qu’elle comporte un feuillet supérieur qui tapisse la face inférieure du trigone et un feuillet inférieur qui recouvre la lame épendymaire qui constitue le plafond du ventricule moyen. Ces deux feuillets s écartent 1 un de l'autre au niveau de la base de la toile; le supérieur se continue avec a pie-mère cérébrale, l'inférieur avec la pie-mère cérébelleuse. Entre les deux, on trouve une couche de tissu cellulaire lâche (23, fig. 135; provenant du tissu sous-arachnoïdien, au sein duquel cheminent les artères qui proviennent des cérébelleuses supérieures, des cérébrales postérieures et des artères choroïdiennes, et les veines qui se concentrent en deux troncs, les veines de Galien. (8, fig. 158).
Fig. 158. — Toile choroïdienne du troisième ventricule et plexus choroïdes des ventricules
latéraux.
1, cloison transparente; 2, noyau caudé du corps strié; 3, pilier antérieur du trigone coupé; 4, plexus choroïdes ; 5, strie cornée à travers laquelle s’échappent les rameaux de la veine striée; 6, couche optique ; 7, plexus choroïdes de la toile ; 8, veines choroïdiennes se réunissant en arrière pour former la veine de Galien ; 9, toile choroïdienne ; 10. corps bordant coupé en travers ; 11, tubercules quadrijumeaux. (Les plexus choroïdes sont en rouge).
c. Plexus choroïdes des ventricules latéraux.— Ce sont deux cordons vasculaires rougeâtres situés sur les bords latéraux du trigone, où ils se continuent avec les bords de la toile choroïdienne (22, fig. 155, et 7, fig. 158). Ils proviennent de la pie-mère, qui s’introduit dans la corne sphénoïdale du ventricule latéral par les cotés de la fente de Bichat. Situés sur le plancher des ventricules, les plexus choroïdes montent vers le trou de Monro en suivant la corne d’Ammon, puis les bords latéraux du trigone, trajet dans lequel ils décrivent une sorte d’anse qui embrasse par sa cavité l’extrémité postérieure de la couche optique et traversent les trous de Monro pour se continuer avec les plexus choroïdes du troisième ventricule. Ils ont donc un pied dans la corne sphénoïdale et l’autre dans la corne frontale.
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
La toile choroïdienne est une membrane cellulo-vasculaire formée par de très lines artérioles venues des cérébrales postérieures et des cérébelleuses supérieures. Ses veinules proviennent: 1° des veinules delà portion réfléchie du corps calleux et du septum lucidum; — 2° de la veine du corps strié ; — 3° de la veine du plexus choroïde du ventricule latéral ; — 4° de la veine du trigone et de la couche optique ; — 5° des veines de la corne d’Ammon et de l'ergot de Morand : toutes ces veines se rendent dans les veines de Galien. Celles-ci, nées de chaque côté (au niveau des trous de Monro) des veines des plexus choroïdes des ventricules latéraux, se réunissent vers la partie postérieure de la toile en un seul tronc (8, lig. 158), qui passe au-dessus de la glande pinéale et va se jeter dans le sinus droit.
Les plexus choroïdes sont formés par des prolongements villeux de la pie-mère. Leur stroma est composé de tissu connectif englobant un réseau de capillaires unciformes. — Les plexus choroïdes, comme la toile choroïdienne, du reste, sont tapissés par un épithélium (cilié chez l’embryon), qui les sépare complètement de la cavité des ventricules; c'est la membrane épendymaire. — On peut donc répéter avec Mathias Duval que ces cordons vasculaires passent, non par les trous de Monro, mais à côté d’eux.
La glande pinéale, conarium, épiphyse (10, lig. 161), est un petit corps grisrougeàtre, en forme de pomme de pin, long de 8 à 10 millimètres, situé dans l’épaisseur de la toile choroïdienne, qui forme à son niveau une sorte de gousset
1, peau de la tête; 2, paroi du crâne; 3, œil pinéal traversant le trou pariétal; 4, pédoncule pinéal ; a, racine de ce pédoncule émergeant du cerveau; O, lobe olfactif; h, hémisphère du cerveau; i, cerveau intermédiaire (3e ventricule) ; op, lobes optiques ; c, cervelet; b, protubérance annulaire; m, moelle épinière; n, nerf oculo-moteur externe ; p, glande pituitaire.
pour le contenir, entre le bourrelet du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux antérieurs, en avant du cervelet, en arrière du troisième ventricule. Grosse comme un pois, elle repose dans le sillon qui sépare les deux éminences nates, qui lui forme une sorte de lit, logette du conarium.