Capsule interne
On donne, depuis Burdach, le nom de capsule interne , ou d 'expansion pèdonculaire à une bande épaisse de libres blanches située entre la couche optique et le noyau caudé d’une part, et le noyau lenticulaire de l’autre. Dans une coupe frontale du cerveau, on la voit suivre un trajet oblique en haut et en dehors entre les noyaux précités, et se continuer en bas, avec le pédoncule cérébral dont elle tire la plupart de ses libres, en haut avec le centre ovale (10, fig. 172). Au moment où elle se dégage de l’espace resserré ou détroit lenticulo-strié, elle s’épanouit en gerbe pour constituer la couronne rayonnante de Reil, et ce point prend le nom de pied de la couronne rayonnante.
Si on étudie la capsule interne sur des coupes horizontales du cerveau à l’aide de la coupe de Flechsig ou la coupe de Brissaud, par exemple, on la voit se présenter sous la forme d’un angle ouvert en dehors, embrassant le noyau lenticulaire (6’, 7, 8, fig. 141 , et 1, 2, 3, 4, 5, lig. 179). On s’explique ainsi qu’on ait. encore appelé la capsule interne double centre semi-circulaire de Vieussens. On peut donc lui considérer deux parties ou segments, et un coude ou genou. Le segment antérieur, placé entre le noyau lenticulaire et le noyau caudé, porte pour cette raison le nom de bras ou segment lent iculo- strié ( 1,2, fig. 179); le segment postérieur, situé entre le noyau lenticulaire et la couche optique, prend pour la même raison Je nom de bras ou segment lenticulo-optique (4,3, fig. 179). Le point de réunion des deux segments est appelé genou de la capsule interne (3, lig. 179). Il siège exactement au centre des trois noyaux, appelés noyau caudé, noyau lenticulaire et couche optique.
Constitution de la capsule interne. La capsule interne est constituée par : 1° des fibres pédonculaires (fibres d’un fort calibre ou motrices) qui descendent des régions motrices corticales et vont aboutir aux faisceaux pyramidaux de la moelle [fibres cortico-pédonculaires directes) et après avoir suivi le pied des pédoncules ; — 2° des libres descendantes qui vont de l’écorce au corps strié ou à la couche optique ( fibres cortico-ganglionnaires ou indirectes) ; — 3° par des libres qui montent de la moelle (libres d’un petit calibre, fibres sensitives) ou viennent des pédoncules cérébelleux
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supérieurs et vont se rendre directement dans l’écorce ( fibres directes) ou après relais dans les couches optiques (fibres indirectes), et après avoir passé par la calotte des pédoncules ; — 4° par des libres qui montent du pied des pédoncules dans les ganglions centraux (fibres pédonculo-ganglionnaires ) et pénètrent le noyau caudé par sa face inférieure, le noyau lenticulaire par son sommet.
Outre les fibres pédonculo-corticales ou directes, la capsule interne contient donc des libres cortico-ganglionnaires et pédonculo-ganglionnaires ou libres indirectes. Les libres qui viennent du noyau caudé ou de la couche optique restent en dehors et au-dessus des libres directes et des fibres lenticulaires, et passent dans la calotte pédonculaire.
Fig. 178. — Fibres de l’expansion pédonculaire et anse pédonculaire.
1 , fente interhémisphérique ; *2, corps calleux ; 3, espace interpédonculaire ; 4, ventricule latéral; 5, épendyme; C. plexus choroïde ; 7, noyau caudé ; 8. trigone; 9, toile choroïdienne ; 10, ganglion de l'habénule et faisceau descendant de Meynert qui en émerge; 11 , ventricule moyen ; 13, commissure grise ; 13, épendyme ; 14, corps de Luys ; 13. noyau rouge; 16, locus niger ; 17, noyau interpédonculaire-, 18, noyau antérieur; 19, noyau interne; 20, noyau externe et 21, noyau postérieur de la couche optique; 22. putamen ; 23, avant-mur; 24, capsule externe; 23, commissure blanche antérieure dans son tunel sous-lenticulaire; 26, anse pédonculaire ; 27, queue du noyau caudé ; 28, corne sphénoïdale du ventricule latéral ; 29, couronne rayonnante ; 30, bandelette optique; 31, corps bordant ; 32, corne d’Ammon.
Les libres centrifuges ou motrices occupent le genou et la partie antérieure du segment postérieur de la capsule interne, les fibres centripètes ou sensitives, la moitié postérieure du segment postérieur.
Ce qui nous conduit à l’étude de la systématisation dans la capsule interne.
Systématisation ou groupement des faisceaux dans la capsule interne. — Etudiée à l’œil nu ou à l’aide du microscope, la capsule interne se
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présente comme homogène et composée de libres blanches dans lesquelles rien ne peut autoriser à isoler différents segments spéciaux. Mais l’anatomie pat o ogique d un cùté avec l’étude des dégénérations secondaires, l’embryologie de 1 autre avec l’étude du moment d'apparition de la myéline dans
Fig. 179. — Disposition des faisceaux moteurs et sensitifs dans les pédoncules cérébraux et la
capsule interne ou expansion pédoneulaire.
A. — Coupe horizontale du cerveau passant par les corps opto-striés.
B. — Face inférieure de l’isthme de l’encéphale.
a, chiasma optique ; b, bandelette optique; c, corps genouillés ; d. pulvinar de la couche optique ; e. pédoncule cérébral; f, pédoncule cérébelleux moyen; 1. faisceau frontal ou psychique (en bleu); 2, faisceau de l’aphasie (en blanc); 3, faisceau géniculé (en jaune); 4, faisceau pyramidal (en rouge); S, faisceau sensitif (en vert) ; 6, tête du noyau caudé ; 6’, veine striée ; 7’, noyau lenticulaire ; 7, queue du noyau caudé; 8, couche optique; 9, noyau antérieur; 10, noyau interne ; 11, noyau externe; 12, noyau postérieur de la couche optique; 13, noyau de l’habénule.
les faisceaux de fibres nerveuses, nous révèlent un certain nombre de segments parfaitement séparés au double point de vue fonctionnel et pathologique.
La capsule interne comporte donc une systématisation, et nous retrouvons dans l’ensemble de son corps les cinq faisceaux que nous avons
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rencontrés dans le pied du pédoncule cérébral. Ce sont : 1° le faisceau frontal ou psychique (1, lig. 179) qui occupe les 2/3 antérieurs environ du segment antérieur de la capsule qui cotoie la partie la plus interne du pédoncule et pénètre dans la calotte qu’il suit jusqu’à la protubérance (faisceau cortico-protubérantiei) ; — 2° le faisceau de l’aphasie (2, lig. 179) qui siège en arrière du précédent, à la partie inférieure du même segment et s’étend de F3 aux régions bulbo-protubérantielles ; — 3° le faisceau gèniculè (3, fig. 179) qui occupe le genou de la capsule et descend de l’écorce pour s’arrêter dans les noyaux bulbo-protubérantiels, et comprend lui-même, d’avant en arrière, le faisceau du facial inférieur , du nerf masticateur et le faisceau de l’hypoglosse (mouvements de la face et de la langue); — 4° le faisceau pyramidal (mouvements volontaires des membres) qui occupe les 2/3 antérieurs du segment postérieur et descend par la partie moyenne du pédoncule pour se porter dans le faisceau pyramidal de la moelle (4, fig. 179); — 5° le faisceau sensitif (5, fig. 179) qui occupe le 1/3 postérieur du bras postérieur de la capsule, et comprend le faisceau de Meynert ou faisceau occipital qui vient des régions protubérantielles, en passant par la région la plus externe du pédoncule, et le faisceau du ruban de Reil , qui contient à la fois des libres sensitives d’origine médullaire, des fibres optiques et olfactives et va se terminer dans les régions pariéto-occipitales de l’hémispbère.
En sortant de la capsule, ces cinq faisceaux passent dans la couronne rayonnante où nous les retrouverons dans un instant.
Les faisceaux irradiés qui constituent la capsule sont donc : 1° des irradiations du globulus pallidus qui longent le bras antérieur ; 2° des irradiations antérieures ou frontales et postérieures ou occipitales de la coucbe optique, qui suivent le bord interne de la capsule et s’épanouissent ensuite dans le centre ovale; 3° des irradiations optiques qui viennent des tubercules nates, des corps genouillés externes et du pulvinar, et suivent la partie la plus reculée du bras postérieur (carrefour sensitif) pour se répandre dans le lobe occipital; 4° des irradiations pédonculaires, enfin, que nous avons précédemment suivies une à une.
Il est rare que les lésions en foyer de la capsule interne soient assez limitées pour donner lieu à une localisation précise des faisceaux moteurs. Cependant quelques observations (Garel et Don, etc.), sont conformes à l’expérimentation (Horsley et Beevor) pour attester que l’échelonnement des faisceaux que nous avons admis dans le faisceau géniculé et le faisceau pyramidal sont bien réels. Il en est de même de la partie postérieure du segment postérieur. Aussi les lésions des deux tiers antérieurs de ta capsule interne déterminent-elles des troubles de la motilité. Si la lésion est destructive, il y a hémiplégie, puis dégénéralion secondaire descendante des faisceaux et de la contracture. S’il y a seulement irritation, il y a des troubles moteurs particuliers, hémichorée, hémialhétose, troubles de la coordination motrice qui succèdent le plus ordinairement à la paralysie (hémichorée post-hémiplégique), mais qui, dans certains cas, peuvent la précéder. Ces phénomènes du reste n’appartiennent pas en propre aux lésions de la capsule interne. Ils peuvent tout aussi bien résulter d’une lésion des régions correspondantes du centre ovale ou de l'écorce cérébrale.
La lésion atteint-elle le faisceau frontal ou le faisceau géniculé, la dégénérescence descendante ne dépasse jamais les régions bulbo-protubérantielles. Frappe-t-elle le faisceau pyramidal, au contraire, la dégénérescence, après être passée par la région moyenne du
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pied du pédoncule, gagne la pyramide correspondante du bulbe, et au-dessous de l’entrecroisement des pyramides se continue dans le faisceau pyramidal du coté opposé de la moelle épinière.
Cette sclérose secondaire des cordons conducteurs de la motricité (sclérose des cordons latéraux) s accompagne de contractures qu’annoncent l'exagération du réflexe tendineux (phénomène du genou, signe de Wesphal) et la trépidation épileptoïde provoquée du côté paralysé, symptomatologie qui apparaît toutes les fois au reste que sont frappés les cordons pyramidaux, primitivement comme dans le tabes dorsal spasmodique, ou secondairement comme dans les dégénérations descendantes, conséquences de lésions cérébrales.
De même, les lésions du tiers postérieur de la capsule interne donnent lieu à des troubles
sensitifs, à une hémianesthésie sensitivo-sensorielle qui, elle aussi, quand la destruction n’est pas complète, peut être remplacée, comme l’hémiplégie l’était par l’hémichorée, par une hémidysesthésie. De plus, comme les lésions de la partie externe du faisceau sensitif dans le carrefour, donnent lieu à l’hémianesthésie seule sans abolition des sensibilités spéciales, il y a lieu de penser que les fibres en rapport avec ces dernières passent par la partie la plus interne du carrefour. La lésion de cette zone détermine en effet Yamblyopie et V hémianopsie, la surdité, l’anosmie et la paralysie du goût du côté opposé.
Dans l’hémianesthésie d’origine cérébrale, il peut de plus y avoir amblyopie croisée, d’où il s’ensuit que les racines optiques subiraient un entrecroisement total dans le cerveau. Charcot a essayé de schématiser celle disposition dans la figure 180 que nous lui empruntons.