PREFACE. XVII
D'ailleurs les Indiens emploient les éléphants comme agissants dans leurs combats, les Africains des bœufs sauvages, etc. Nous pourrions bien aussi employer une espèce différente de la nôtres On pourrait aussi s'en servir pour faire faire les exécutions, en imitant les peuples si doux de l'Inde qui ne tuent jamais leurs semblables, mais qui les livrent aux éléphants, comme les anciens qui condamnaient leurs criminels aux bêtes féroces. La conduite des qualificateurs de Pinquisition, des Jésuites dans le Paraguay, des inquisiteurs, etc., sont autant de preuves pour nous persuader que les espèces de ce genre pourraient devenir très-utiles sous ce point de vue.
Si le goût des spectacles sanglants n'avait point tout à fait cessé, on pourrait encore faire combattre à la place des gladiateurs ou des taureaux^ quelques espèces les unes contre les autres; je ne doute nullement
* Je ne parle pas des chevaux, mulets, bœufs, etc., dont nous nous servons, mais point comme agissants directement.
XVni PRÉFACE.
qu'on ne pût retirer un grand profit de ces espèces.
Les climats un peu chauds conviennent surtout aux espèces de ce genre ^ et en favorisent le plus la multiplication; presque tous y ont pris naissance. Nous ne hasarderons point de dire positivement de quelle manière elles ont été produites, les naturalistes ne manqueraient pas de s'élever contre notre sentiment. Nous sommes persuadés que tous les êtres sont produits par leurs semblables, et que le hasard , qui était un mot déguisé par les anciens sous les dénominations d'esprit-de-vie, de nature plastique^ de force génératrice, etc., ne produit rien, et qu'il servait seulement à voiler leur ignorance. Depuis les découvertes d'Harvey et de Leuwenhœk sur la génération, nous ne saurions douter que les germes ne soient préexistants à chaque individu; mais il nous paraît très-prouvé en même temps que la plupart des espèces de ce genre doivent leur origine à la pourriture. Je ne me permettrai pas de faire des réflexions sur cet article; il