‹ La monacologie: ou Histoire naturelle des moinesChapitre 20 sur 29 · LE JACOBIN OU DOMINICAIN · texte numérisé non relu

LE JACOBIN OU DOMINICAIN

Description,

' Certain Frocard moitié blanc, moitié noir, Portant crinière en écuelle arrondie.

Au fier aspect de cet animal pie.

On dit tout bas cet homme est jacobin.

Pue, chant V.

ANS barbe; la tête rasée; la corolle garnie de poils, non interrompue; les pieds chaussés; le derrière couvert

d'une culotte ; la robe de laine, tissue, blanche ; la ceinture de cuir, large de trois travers de

HONACOLOGIE.

doigts; le capuchon versatile, relevé en bosse

vers la tête, sinuë sur les bords, tronqué; son appendice formant antérieurement un froc arrondi, et postérieurement un autre pointu ; une ceinture longitudinale partage ces deux

frocs dans leur milieu; les manches de la longueur des bras, amples, repliées; le collier

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blanc, à peine visible à l'œil nu, caché ordinairement sous un gros menton et la graisse du col , qui retombe en tout sens sur les épaules : quand il sort de son habitation, il se couvre d'un long manteau de laine , noir, cachant la robe blanche, augmenté d'un capuchon et de deux frocs, dont l'un pectoral et l'autre dorsal ; les téguments internes ordinairement blancs.; les manches de la veste étroites et dépassant les grandes manches.

Les frères lais n'ont point de manteau; ils ne se dépouillent jamais du capuchon et du scapulaire noir.

Économie animale.

La mine hypocrite; la démarche lascive; la physionomie traître; il hurle vers le milieu de la nuit ; sa voix est désagréable et rauque.

Il a un bon nez , et découvre à de trèsgrandes distances le vin et l'hérésie ; il mange de tout. La faim est une des épreuves des novices; les vétérans mettant de côté toutes les occupations et tous les soucis, font un dieu de

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leur ventre ; ils se nourrissent de viandes succulentes, se couchent sur des lits mous, reposent tranquillement, dorment beaucoup, et suivent le même genre de vie que certains animaux immondes, afin que tout ce Qu'ils prennent se convertisse en graisse : le plus grand nombre ont de gros ventres ; les vieux, qui sont les plus ventrus, sont les plus estimés; ils combattent contre l'Immaculée -Conception; aussi s'adonnent-ils par préférence aux femelles publiques.

Cette espèce e6t l'ennemie du genre humain et de la saine raison ; elle renferme moins d'individus que quelques autres; le Créateur, par une sage prévoyance, ne les a pas voulu rendre aussi communs. Il suit des yeux et de très-loin sa proie, et fond sur elle au moindre signe de ses semblables; il tâche de s'en saisir en tm* ployant tour à tour la force et la ruse; il la pousse enfin sur un bûcher enflammé; c'est alors qu'une troupe de Moines, qui ne respirent que le sang et la mort, insultent aux tourments de la misérable victime, et s'applaudissent entre eux par des hurlements affreux et épouvantables; ils se partagent ensuite les dépouilles. Le grand inquisiteur, qui est le plus terrible de

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tous, donne, comme le basilic, la mort par ses seuls regards. Ils sont très-dangereux en Espagne, en Portugal et dans l'Amérique méridionale ; ceux de nos pays ne sont pas tout à fait privés de qualités venimeuses; mais, comme ils sont dans un climat tempéré, ils sont un peu plus traitables : ils deviennent terribles dès qu'on les transporte dans un pays chaud.

Ils changent assez souvent de couleur, et sont pies; la nature les a créés ainsi, afin qu'ils eussent un air suspect et qu'ils inspirassent de la méfiance à tous ceux qui les verraient. Le Créateur a bien voulu accorder aux hommes des princes qui ont exterminé en partie cette espèce, ou qui l'ont un peu apprivoisée par des enchantements particuliers.

La femelle ne diffère du mâle que par un voile noir et des mœurs moins féroces.

Il suit les lois d'un espagnol nommé Dominique, qui, avec la sanction du Saint-Père, a le premier condamné au feu des hommes, et, pour qu'il ne manquât jamais de cette race exterminatrice, a établi dans le xiii* siècle cette espèce de Moine qui veut persuader sa doctrine par le fer et le feu.

Un chien de chasse enragé , portant dans sa

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gaeule une torche allumée, et qui semble annoncer des supplices de toute espèce, est le «gne que cette espèce cruelle a choisi pour se distinguer de toutes les autres.

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