L. Napoléon Bona
parte (1832-1883)..
Napoléon III (pièces
à 900 millièmes)..
Napoléon lïl (pièces
à 835 millièmes)..
Déesse (pièces à 900
millièmes)
Déesse (pièces à 835
millièmes)
Hercule (pièces à
900 millièmes)....
Semeuse (1897-1905).
Totaux
A déduire (pièces
démonétisées)....
Reste
A ces frappes d'or et d'argent s'ajoutent 73.9 millions de monnaies de bronze émises depuis la refonte des anciens billons ordonnée par la loi du 6 mai 1852 et 10 millions en pièces de nickel frappées en 1903, 1904 et 1905.
Tout compris, or, argent, nickel et bronze, on
ou VONT l'or et l'argent. 133
arrive à un chiffre brut de 15.916 millions et à un chiffre net (déduction faite des pièces démonétisées) de 15.283 millions.
Les démonétisations ont porté sur 632.9 millions, dont 285.7 millions d'or (pièces de 20 fr., 107.2; pièces de 10 fr., 56.6; pièces de 5 fr., 121.9) et 347.2 millions d'argent (pièces de 5 fr., 118.8 millions; le reste en monnaies divisionnaires).
De cette masse énorme de monnaies françaises, une partie a péri, une autre a émigré. Par contre, notre circulation s'est ouverte à de nombreuses monnaies étrangères. Cela étant, quel peut être le stock monétaire de la France actuelle ?
M. Ottomar Haupt et d'autres avaient cru pouvoir répondre à cette question en combinant numériquement les frappes, les refontes, la consommation industrielle, les importations et les exportations. Il n'y a point à s'étonner qu'ils aient fait fausse route, car de ces cinq éléments quatre se dérobent à toute précision et la douane, en particulier, sait mal ce qui entre et surtout ce qui sort, en fait de métaux précieux.
J'ai cherché et trouvé la base d'un calcul moins aléatoire dans les « recensements monétaires » auxquels notre administration des finances a pris l'excellente habitude de procéder tous les six ou sept ans. Un premier essai avait été tenté en 1868. Cinq autres de ces enquêtes ont eu lieu en août 1878, mai 1885, avril 1891, septembre 1897 et octobre 1903. Il ne s'agit, bien entendu, que de recensements partiels ; mais le contenu de nos 30.000 caisses publiques et des autres caisses qui veulent bien s'associer à l'opération donne une image suffisamment exacte de la circulation totale du pays^ Le programme est
1. On pourrait même, sans inconvénient, réduire l'ampleur des xecensemenls, ce qui permettrait de les répéter plus souvent. Un
partout le même : compter les billets de banque et les classer par coupures ; compter les pièces d'or et les écus, les classer par quotités, par pays d'origine et aussi par millésimes ou dates d'émission; etc.. C'est ce classement chronologique qui, rapproché de la statistique des frappes annuelles, dit à qui sait l'interroger dans quelle mesure les pertes subies par les émissions successives en ont réduit l'effectif. Les plus récentes émissions ont chance d'être encore au complet; des plus anciennes il ne reste pas grand'chose, surtout quand la spéculation a trouvé, comme autrefois pour nos écus, intérêt à les refondre ^ Tout cela peut se calculer, au moins approximativement.
Pour 1903, j'arrive par cette méthode aux évaluations suivantes : 4.800 millions d'or monnayé (dont 600 d'or étranger), 1.800 millions d'écus (dont 550 d'écus étrangers) et 330 millions d'argent divisionnaire ; plus une soixantaine de millions de monnaie de bronze. Total : 7 milliards de francs, en chiffre rond.
Depuis 1903, notre stock d'or a dû s'augmenter encore très sensiblement. C'est à peine cependant s'il arrive ainsi à moitié du chiffre total des émissions.
fonctionnaire de l'Inde anglaise, M. F. G. Harrisson, a mené à bien, à lui seul, il y a quelques années, une opération du même genre. Il s'était fait autoriser, chaque fois qu'arriverait des provinces un convoi d'argent, à prélever au hasard deux sacs de roupies pour les trier ; et il ne lui en a pas fallu davantage pour formuler des appréciations très pertinentes sur les taux de déperdition applicables aux émissions successives.
1. À Londres, le monnayage est gratuit, l'administration prenant à sa charge les frais qu'il implique : par suite les sovreigns neufs n'ont rien à perdre à changer de forme et c'est une raison de plus pour qu'il s'en refonde beaucoup.
ou VONT L OR ET L ARGENT.
Le monnayage et les stocks monétaires dans le monde. — Les statistiques américaines, pour les dix dernières années connues, totalisent comme suit le monnayage, or et argent, de toutes les nations européennes et autres :