QCART. 2« QUART. 3» QUART. 4« QUART
XIII« siècle 4 i- 4 4 4
xiy« siècle 3^^ 3^ 3 4
XV« siècle 4| 4 -i- 6 6
xvi« siècle 5 4 3 2^
XVII* siècle 3 2l 3 2 1.
xvill* siècle 2| 3 2-i. 2
Qu'il y ait encore là, malgré l'extrême abondance
186 ul vie économique des monnaies.
des matériaux mis en œuvre, d'expresses réserves à formuler, c'est ce dont Tautenr lui-même serait le premier à convenir.
Plus de précision devient exigible quand on arrive aux temps actuels. Les prix de gros, dans les divers pays, sont devenus faciles à suivre, car les mercuriales et les cotes, officielles ou non, s'étalent maintenant jusque dans les colonnes des journaux politiques. Il reste, il est vrai, à les grouper, à les combiner, à les synthétiser méthodiquement : mais c'est à quoi se sont appliqués, depuis un demi-siècle, nombre de statisticiens *. Les tables chronologiques par lesquelles la plupart arrivent à représenter les variations du niveau général des prix sont qualifiées, en Angleterre et même en France, index-numbers (nombres indicateurs) et Tusage en est maintenant très répandu. Toutefois la construction de ces tables ne laisse pas que de soulever des questions délicates et il convient d'entrer à cet égard dans quelques développements.
Indez-numbers. — Pour pouvoir enregistrer sous cette forme les variations des prix, dans un pays, on choisit comme point de repère, comme terme général de comparaison, une époque déterminée. Les prix de cette époque-là sont ramenés à
4. Il serait long de les nommer tous et plus long encore de détailler leurs ouvrages. Les principales sources à mentionner, en ce qui concerne l'histoire des prix depuis cent ans, nous semblent être les suivantes : en Angleterre, Tooke et Newmarch, Stanley Jevons, Bourne, Inglis Palgrave, Robert Giffen, Edgeworth, Mulhall, Sauerbeck... ; en Allemagne, Laspeyres, Paasche, R. van der Borght, le D' Conrad et ses disciples; Franz Kral, Soetbeer, Heinz, les Bureaux de statistique de Berlin (bureau impérial et bureau royal); en Autriche, le ministère des ûnances; en France, Husson, E. Levasseur, Juglar, A. de Koville, G. Bienaymé, Bourguin, Daniel ZoUa...; en Italie, Bodio et Nitti; en Suisse, Walras; en Amérique, Burchard, Padan, Walsch^ Aldrich et Falkner, Mac Lean Hardy, Laughlin...
100 et leur moyenne, par suite, sera également représentée par 100.
Relativement à ce point de départ, fixé une fois pour toutes, les prix d'une année quelconque, 1906 par exemple, se trouveront représentés, selon qu'il y aura eu hausse ou baisse, par 110, par 112, par 98, par 90, etc.. Que si la moyenne de ces chiffres ressort à 105, l'année 1906 aura 105 pour index^number et cela reviendra à dire que, dans l'intervalle considéré, les prix, dans, leur ensemble, ont monté de 5 p. 100.
Mais, pour établir ces moyennes successives, quels sont les prix dont on se servira? En prendra-t-on 50, ou 100, ou 1.000? Et comment les choisira-t-on?
Deux méthodes différentes peuvent être recommandées selon qu'on se place au point de vue commercial ou au point de vue historique.
Index commerciaux. — Le procédé qui tend à prévaloir en Angleterre est médiocrement scientifique, h' Economist de Londres, dont les tables remontent au delà de 1850, se contente, pour les construire, de 22 prix de gros. Stanley Jevons en prenait 39. M. Sauerbeck en prend 45 et, en France, le Bureau de la statistique générale opère comme lui, au moyen de 43 prix dont V Annuaire statistique de France enregistre les variations ^
De telles sélections sont forcément entachées d'arbitraire. Elles pèchent par omission. Elles pèchent aussi par l'assimilation qu'elles établissent entre des éléments d'importance fort inégale. Jevons ne tenait pas plus de compte des cours du fer ou du charbon que de ceux de l'indigo, du bois de campêche
1. A Hambourg, le D' Soetbeer combinait 114 prix. Aux Étals-Unis, le sénateur Aldrich a été jusqu'à 223.
OU du poivre. M. Sauerbeck a des principes non moins égalitaires. D'autres, sentant bien le vice de cette sorte de suffrage universel, ont substitué aux simples moyennes arithmétiques des moyennes graduées (weighted ai^erage) : les divers prix mis en œuvre ne sont alors totalisés qu'après avoir été multipliés, respectivement, par des coefficients qui correspondent à l'ampleur de chaque commerce. Si les coefficients sont bons, on ne peut qu'approuver cette judicieuse correction. D'autres encore, oubliant qu'à un moment donné le mieux devient l'ennemi du bien, ont préconisé les moyennes géométriques, les moyennes harmoniques, les médianes et que sais-je? Défions-nous de ces complications inutiles. Lorsque la question fut, il y a déjà vingt ans, discutée entre spécialistes, au sein de la British Association for the advancement of science et de l'Institut international de statistique, sir R. Giffen, chargé de conclure, donna, comme nous, la préférence aux moyennes graduées; mais, constatant la concordance au moins relative des courbes obtenues par les diverses méthodes, il semblait assez disposé à donner raison à tout le monde. Cet éclectisme s'expliquait de la part de l'éminent statisticien du Board oftrade qui, comme la plupart de ses compatriotes, voyait surtout dans les index-numbers des sortes de baromètres commerciaux. Étant donné ces fluctuations alternatives dont il a été parlé précédemment, les hommes d'affaires ont intérêt à voir venir tantôt la hausse, tantôt la baisse et à apprécier l'intensité de ces revirements. Pour cela, on a raison de faire parler les prix de gros, qui sont les plus sensibles aux influences ambiantes, et la façon dont on les interroge importe assez peu.
Nous avons dit comment s'y prend M. Sauerbeck, dont les tables, remises à jour de mois en mois, reçoi-
vent par les soins de l'auteur une grande publicité.
En France, j'ai montré, il y a déjà longtemps (1879), que l'on peut construire à peu de frais un bon baromètre commercial au moyen des publications annuelles de la Direction générale des douanes. Rappelons que, pour convertir en argent et totaliser ainsi les quantités de marchandises (nombres, poids, volumes...) dont ses agents ont constaté l'entrée ou la sortie, la Douane applique d'abord les derniers prix connus, c'est-à-dire ceux de la précédente année et que plus tard, aussitôt après la session de la Commission permanente des valeurs, elle substitue les prix vrais aux prix antérieurs. Exemple : nos importations et exportations de 1905 (commerce spécial) ont d'abord été évaluées à 4.674 et 4.762 millions de francs, au moyen des prix de 1904; puis à 4.779 et 4.867 millions avec les prix de 1905 ; soit en plus 105 millions à l'importation et 105 aussi à l'exportation. Gela revient à dire que les prix de toutes les marchandises, pris collectivement et en tenant compte du rôle inégal qui leur échoit dans nos échanges internationaux, avaient, de 1904 à 1905, augmenté de 2.25 p. 100 d'un côté et 2.2 p. 100 de l'autre.
L'échelle des prix se construit ainsi d'elle-même, échelon par échelon. La large base et la formation quasi automatique de notre double index, ainsi organisé, expliquent le regret qu'ont plus d'une fois exprimé les statisticiens allemands et anglais de ne pouvoir nous emprunter une si complaisante formule.
Un mode de comparaison non moins rapide, mais moins sûr, consisterait à calculer, chaque année, au moyen des statistiques douanières, la valeur moyenne de la tonne de marchandise, soit importée, soit exportée. J'ai autrefois (1879) appliqué ce procédé à la France. Plus récemment (1890), sir Rawson Rawson en a fait l'application au Royaume-Uni.
Le lecteur va trouver réunis, ci-après, sous forme numérique et sous forme graphique : 1° Tindex français de M. Lucien March, chef du bureau de la statistique générale au ministère du Commerce et de l'Industrie (43 marchandises) ; 2° et 3^ mes deux index, importation et exportation; 4^ l'index anglais de M. Sauerbeck (45 marchandises).