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ÉCHELLE APPROXIMA- TIVE DES PRIX

ÉCHELLE APPROXIMA- TIVE DES POCVOIRS.

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Nous sommes maintenant en mesure de tenter la double traduction qu'exige l'interprétation de toute valeur historique.

Exemple. On nous dit que François I®% prisonnier de l'empereur Charles-Quint, s'engagea à lui verser (1526) une rançon de 3 millions d'écus d'or, soit 6 millions de livres tournois.

Première opération : les 6 millions de livres représenteraient métalliquement, d'après Wailly, plus de 28 millions de francs (à 4 fr. 73 la livre), d'après M. d'Avenel, 23 millions et demi (à 3 fr. 92 la livre). Avouons que, dans ce cas particulier, le plus sûr nous paraît être de passer directement de l'écu d'or à la pièce de 20 francs, sans faire intervenir la monnaie blanche. Nous arriverions ainsi à 34 millions.

l'interprétation des valeurs historiques. 197

Seconde opération. D'après le tableau ci-dessus, le pouvoir monétaire était, il y a 380 ans, quadruple de ce qu'il est aujourd'hui. Donc donner alors 34 millions, c'était comme si l'on donnait maintenant 136. Et nous voilà à peu près fixés sur la valeur réelle que s'attribuait le roi François P^ L'histoire disant 6, il faut entendre 136 !

Autre exemple. Henri IV, épousant Marie de Médicis (1600), lui avait constitué un budget personnel de 400.000 livres, et nous sommes informés qu'elle dépensa toujours plus, quelquefois le double. Que représentait donc cette dotation, jugée par elle insuffisante? Pouvoir monétaire, 3. Valeur métallique de la livre, 2 fr. 92 d'après Wailly, 2 fr. 39 d'après M. d'Avenel. Même en tablant sur ce dernier chiffre, voilà la reine Marie aussi opulente qu'une princesse qui, de nos jours, aurait 3 millions de francs à dépenser par an et l'ampleur d'un tel revenu nous permet de juger, sans indulgence, ses persistantes prodigalités.

Encore un exemple, ce sera le dernier. M""® de Maintenon, experte ménagère , soumettait, en 1678, à son frère le comte d'Aubigné, qui venait de prendre femme, un <c projet de dépenses », nous dirions un projet de budget, basé sur un revenu de 10 à 12.000 livres. Le chiffre paraît modeste; il le sera moins quand nous l'aurons multiplié, d'abord, par 1 fr. 48 ou 1 fr. 88, valeur métallique de la livre, puis par 3, pouvoir monétaire. L'égal du comte d'Aubigné aurait, au xx^ siècle, une cinquantaine de mille francs à dépenser, ce qui commence à compter. Et même ici, au point de vue social, comment ne pas trouver nos coefficients bien faibles quand on voit que le crédit de 1.000 livres inscrit « pour les gages et les habits des gens » promettait à la jeune femme du vieux gentilhomme dix domestiques, savoir : trois

femmes, quatre laquais, un valet de chambre et deux cochers !

Si Ton veut réunir, au moyen d'un multiplicateur unique, les deux opérations que nous avons d'abord tenu à bien séparer, voici, sous les réserves précédemment exprimées, les équivalences que l'on pourrait proposer pour des époques de plus en plus lointaines :

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