‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 120 sur 343 · LIVRE III, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IV

moins, jusqu'à ce que les échéances de son portefeuille, réduisant la circulation, aient ramené les espèces dans sa caisse. I Nous avons supposé, pour rendre la démonstration plus i sensible, que la banque grossissait ses escomptes par masses de 15 et de propos délibéré. Dans la pratique, les choses ne se passent point ainsi : les émissions sont lentes, successives, j faites sans aucun égard à la circulation, par le seul désir d'utiliser un capital dont on dispose : de même, elles s'ar- i rêtent lorsque la banque reconnaît, sous l'influence du senti- j ment de sa propre conservation, qu'elle a atteint les limites j des émissions et qu'elle ne peut aller plus loin sans compro- î mettre son existence. Ici encore l'intérêt privé se trouve gar- i dien constitué de l'intérêt public. L'un et l'autre sont d'accord , à exiger que la valeur de toute la portion disponible de la circulation monétaire soit employée, et en même temps que I la somme et les proportions de la circulation monétaire, en billets et en papier, varient aussi peu que possible.

§ 4. — Du rapport de Vencaisse aux émissions.

On trouve dans l'histoire des banques de circulation des exemples d'extrême hardiesse et d'extrême prudence. La première utilise le plus de capital qu'elle peut, et n'arrête les escomptes et les émissions que lorsque la nécessité l'y oblige ; la seconde est inquiète dès que l'encaisse commence à tomber au-dessous du chiffre des émissions, et s'empresse bien vite de ralentir les escomptes. Entre ces deux extrémités, on trouve une infinité de degrés que l'on peut mesurer par le rapport qui existe entre la moyenne commune des encaisses et la moyenne commune des billets en circulation. Ici le rapport est : billets 100, caisse 110; ailleurs, billets 100, caisse 50; ailleurs encore, billets 100, caisse 25, et ainsi de suite jusqu'à zéro caisse, idéal dont on peut se rapprocher sans jamais l'atteindre. A l'état normal, le rapport de l'encaisse aux émissions se règle par le développement accordé ou refusé aux escomptes.

Quel est le chiffre le plus convenable, le meilleur, auquel il convienne de fixer ce rapport? Faut-il porter l'encaisse,

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que Ton règle presque à volonté lorsqu'on use du crédit que donne la faculté d'émettre des billets à vue et au porteur, ii 5, à 10, à 15, à 30, à 40 p. Vo de la somme des billets en circulation? Dans les enquêtes parlementaires, les directeurs de la Banque d'Angleterre ont répondu que le chiflre normal en principe était 33 p. Vo. La Banque de France a adopté, en théorie du m'oins, le ineme chiffre, qui était régulièrement inscrit dans les statuts des banques départementales, lorsqu'il y avait des banques départementales. Mais jamais on n'a dit en quoi et pourquoi ce rapport de 33 p. 7© était plus convenable qu'un autre.

Interrogeons l'expérience, et cherchons au hasard sur le tableau suivant :

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