LIVRR III, CHAPITRE IV
de circulation peut toujours escompter à un taux inférieur aux cours de l'intérêt qui existe au moment de sa fondation, de manière à oflfrir à ceux qui font des affaires avec elle un avantage sensible et très-positif. Dès lors elle peut choisir ceux qu'elle admet à l'escompte, et repousser les maisons douteuses ou qui ont des habitudes d'inexactitude. Ces habitudes se corrigeront bientôt, lorsqu'elles constitueront pour ceux qui en sont affligés un désavantage évident. En général, toutes les difficultés qui s'opposent au développement d'une banque de circulation peuvent être tournées au commencement et surmontées dans la suite par l'abaissement du taux de l'escompte et la rigueur apportée dans les admissions.
Les banques de circulation peuvent faire toutes les opéra- • tions de banque sans exception, aussi bien celles de troisième classe que celles de première et de seconde. Elles ont une portion de leurs dépôts qui peut être considérée comme dépôt perpétuel; une autre partie est à long terme dans les contrées où il y a des sorties périodiques de numéraire; enfin, elles ont des dépôts mobiles qui ne peuvent convenir qu'aux opérations de première classe. Les banques de circulation, une des dernières et des plus:hautes combinaisons qui aient été trouvées pour l'administration du crédit, constituent un mécanisme savant et en même temps très-simple, très-fort, et qui peut facilement être adapté par une direction habile à toutes les localités et à tous les besoins.
Je n'ignore pas que ce court exposé des lois naturelles qui régissent les banques de circulation contredit des maximes passées en force de dogme en France, et même, quoique d une manière moins absolue, en Angleterre. Mais en matière de banques, aussi bien qu'en physique et en mécanique, les faits seuls et les lois qui en résultent font autorité : les opinions individuelles les plus importantes, les théories les plus ingénieuses, les. principes de fantaisie les plus spécieux, ne peuvent prévaloir contre l'évidence des faits qu'une expérience positive a constatés.
Dans une autre partie de cet ouvrage, nous étudierons la question du privilège et de la concurrence, et toutes celles
qui se rattachent à l'influence des banques de circulation sur les intérêts sociaux et à l'action qu'elles exercent. Ici, nous avons voulu seulement énoncer les lois générales de la banque de circulation, grande ou petite, telles qu'elles résultent, non de la volonté des particuliers ou des gouvernements, mais du mouvement spontané des affaires et de la nature même des choses.