‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 164 sur 343 · LIVRE III, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IX

responsabilité ; font, en concurrence avec les grandes compagnies, les affaires de placement d'une importance secondaire.

Entre les grands établissements par actions qui s'occupent de placement, nous devons signaler la « Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l'industrie en France, » fondée en mai 1864 par de gros capitalistes qui désiraient se soustraire à la dictature exercée dans le monde financier de cette époque par le Crédit mobilier et s'établir en concurrence. Cette société, dont le capital nominal est de 120 millions et le capital versé de 60 millions seulement, a offert au public sur une l'arge échelle les services que le banquier rend comme caissier. Elle a établi dans divers quartiers de Paris des agences dont le nombre s'élevait à 25 au commencement de 1875. D'autres agences, au nombre de 88, fonctionnaient dans les départements et en Alsace, en même temps qu'une agence à Londres. Ainsi cette société hardie abordait à la fois les difficultés très-sérieuses d une banque de placement et celles, jusqu'à présent invincibles en France, de l'établissement d'un grand nombre de succursales.

Par ce moyen, la Société générale s'est procuré à un intérêt modique une somme de dépôts qui dépassait 128 millions de francs au 31 décembre 1874. Sur cette somme, 117 millions et demi environ étaient exigibles à vue.

Il reste à savoir quelle sera l'issue de cette tentative. Bornons-nous à la signaler, et à constater qu'elle a obtenu la confiance du public.

Quant à entrer dans le détail des opérations de cet établissement et de ceux qui font en concurrence avec lui des opératinos de placement, nous ne le pouvons, à cause de l'obscurité dont ils aiment à s'environner. Les comptes rendus annuels de toutes nos sociétés banquières, à commencer par la Banque de France, donnent volontiers des sommes, des moyennes et autres chiffres dont il est difficile de tirer des conclusions, faute de détails suffisants. Hors de là, on n'y trouve que des éloges du personnel et l'oraison funèbre des morts.

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Il est difficile de prévoir le succès des Crédits mobiliers qui se sont établis en Autriche, en Italie, en Espagne, en HoUande/en Angleterre. Ceux d'Ecosse ont péri; d'autres sont menacés du même sort, et tous semblent voués à une existence très accidentée. La meilleure, la plus classique et en même temps la plus ancienne des banques de placement par actions est en Belgique : c'est la Société générale de Bruxelles, la seule, à notre connaissance, qui rende véritablement compte de ses opérations, qui publie le bordereau de son portefeuille industriel, et montre qu'on peut faire de beaux bénéfices par le placement des titres, sans agiotage et sans jeu sur les difiërences.

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