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BANQUES SUISSES

Deux villes suisses. Baie et Genève, sont renommées depuis très-longtemps pour l'habileté et la richesse de leurs banquiers, et cependant on ne peut pas encore dire que la Suisse ait un système national de banques intimement lié à toutes les affaires du pays. Les opérations de change, celles sur fonds publics et quelquefois la commandite, ont exercé l'activité des anciennes banques : mais il n'y a guère qu'une quarantaine d'années que la véritable banque, celle qui administre le crédit commercial et industriel, s'est développée sérieusement surtout le territoire de la Cîonfédération helvétique.

« L'institution des banques de circulation n'est pas ancienne en Suisse. La première en date est celle de Saint-Gall, fondée en 1836 par une réunion d'actionnaires sans aucune attache gouvernementale. Viennent ensuite celle de Zurich en 1840, celles de Vaud et de Baie en 1845. Le canton de Genève, et c'est le seul dans ce cas, à notre connaissance, vit successivement se créer chez lui deux banques de circulation : la l)anque du commerce en 1846 et la banque de Genève en

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18 i8. Dès lors, presque chaque année, une nouvelle banque tle circulatiqn est en quelque sorte éclose dans Tun des cantons qui en avaient été privés jusque-là. Le tour de Schaffhouse et des. Grisons n'est venu que cette année-ci (18()3;. Parmi les dix-huit banques existant actuellement en Suisse, il y en a onze qui sont des banques cantonales proprement dites, c'est-à-dire des établissements qui se sont créés avec la participation plus ou moins directe de l'Etat, lequel, par conséquent, n'autoriserait pas sans doute d'autres sociétés anonymes à leur faire concurrence par l'émission de papiermonnaie *. »

Ces banques, fondées les unes par l'initiative individuelle, les autres par l'initiative ou le concours des gouvernements cantonaux, avaient et ont conservé jusqu'à 1875 une existence purement locale. Leurs opérations et la circulation de leurs billets ont rarement dépassé les limites du canton dans lequel elles étaient établies. Ajoutons que la diversité des législations cantonales leur imposait des conditions diverses, et qu'un certain nombre d'entre elles, investies d'un monopole cantonal assez peu rigoureux d'ailleurs, ne songeaient guère à porter leur action au dehors.

Mais les besoins commerciaux les invitaient à s'étendre et à se concerter. Quelques-unes portèrent des succursales dans divers cantons, et d'autres arrivaient à étendre leur circulation par une convention qui assurait à leurs billets Tacceptation.en paiement par les banques voisines. Il ne restait qu'à y ajouter la compensation et l'échange des billets pour s'acheminer directement vers le système écossais.

Sur ces entrefaites, la constitution fédérale a été revisée, et la législation relative aux banques attribuée au gouvernement central ; mais fort heureusement la cause de la liberté était assurée dans certaines limites par la clause que a la législation fédérale à intervenir n'établirait ni monopole, ni cours forcé. » Cette précaution était nécessaire pour mettre fin aux prétentions de ceux qui demandaient une grande banque fédérale et l'unité de circulation, c'est-à-dire le monopole.

< Des banques de circulation en Suisse , par E. Pictet, banquier.

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