CHAPITRE VI
BANQURS 1TALIBNJ4ES ET ESPAGNOLES.
Les plus anciennes banques de l'Europe moderne étaient italiennes, et ce sont les Italiens qui ont inventé ou conservé et répandu dans le monde les procédés au moyen desquels s'établissent et fonctionnent la plupart des institutions de crédit. Toutefois ritalie n'est pas actuellement, sous ce rapport, plus avancée que les autres pays. Celles de ses anciennes banques de dépôt qui avaient duré jusqu'à la fin du siècle dernier périrent dans la grande transformation sociale qui suivit la révolution française. La seule qui ait survécu est une banque appliquée spécialement au crédit foncier, et dont on fait remonter l'origine au commencement du xvii** siècle, époque antérieure à la fondation de la Banque d'Angleterre. C'est le Monte dei Paschi^ de Sienne. Les autres établissements de crédit datent de ce siècle : mais les plus anciens, comme ceux des Deux-Siciles et de Toscane, reposent sur des fondations antérieures, et sont' de 1816.
La principale, à tous égards, des banques italiennes a été fondée en Piémont. C'est de là qu'est parti le mouvement de rénovation des institutions de crédit en Italie.
Le Piémont n'a eu pendant longtemps d'autre industrie que l'agriculture, et d'autre commerce qu'un trafic de consommation peu important ; mais, depuis la paix de 1815, il a fait, sous l'influence d'un gouvernement éclairé, des efforts considérables pour imprimer une activité plus grande à toutesles branches* du travail national. Dans ce pays, comme en Belgique, et plus qu'en Belgique peut-être, le mouvement est venu d'en haut, du pouvoir politique. Il ne faut donc pas s'étonner que les idées et les préjugés qui existent en France, en matière de banques publiques, se soient implantés
tout d'abord dans les États sardes et y aient pris racine. Les premières tentatives pour fonder un établissement de crédit eurent pour objet de faire revivre, à Gênes, l'ancienne et célèbre banque de Saint-Georges, qui avait péri en 1797. Ces tentatives furent sans succès, et -il n'y a pas lieu de le regretter, car la banque de Saint-Georges était appropriée à des mœurs et à des usages commerciaux qui ont cessé d'exister. Des lettres patentes du roi Charles-Albert, en date du IG mars 1844, autorisèrent la formation d'une société anonyme, au capital de 4 millions, pour l'établissement d'une banque de circulation, sous le nom de Banque de Gênes, et sous la surveillance d'un commissaire et d'un sous-commissaire royal. Cette banque reçut de l'État, en 184G et pendant les années suivantes, une subvention de 4 millions, dont elle payait l'intérêt à raison de 2 p. 100. Le IG octobre 1847, une autre banque de circulation était fondée à Turin, au capital de 4 millions. Mais les nécesssités de la grande crise de 18W ne permirent pas à celle-ci de se développer.
En 1848, les chambres ayant investi le gouvernement' du roi de pouvoirs dictatoriaux, un emprunt de 20 millions fut résolu. La banque de Gènes dût fournir à l'État cette somme, à raison de 2 p. 100, sous la garantie d'une hypothèque spéciale sur les biens de Tordre des Saints Maurice et Lazare. Le gouvernement avait donné cours forcé à ses billets; il l'autorisa à en émettre pour 20 millions de plus qu'auparavant, et à porter la plus petite coupui:e de ces billets de 250 fr. h 100 fr., h condition de ne pas émett.re des billets de 100 fr. pour une somme supérieure au cinquième de la valeur totale du papier en circulation. Les 20 millions fiaient bientôt remboursés h la banque, et le payement dos billets à vue et au porteur reprit dès la fin de Tannée 18ii).
Une ordonnance royale du 14 décembre 1 849 autorisa les deux banques de Gènes et de Turin à se fondre en une seule, sous la dénomination de Banque générale, avecbureauàGenes et à Turin. La durée de la société fut fixée à trente ans, ji l)artir du 1"' janvier 1850, et son capital à 8 millions: il tut porté plus tard à 32 millions.
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