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LIVRE IV, CHAPITRE IX

que nous avons analysée, il n'était pas rare de rencontrer des banques au capital médiocre de 100,000 dollars. Il convient donc d'étudier, ne fût-ce que comme exercice, les divers problèmes auxquels ont donné lieu les banques de circulation et les conditions générales auxquelles leurs opérations pourraient être utilement soumises.

% l. — La Banque d'État.

On a soutenu en France, en Angleterre et môme aux Etats-Unis, que le droit d'émettre des billets <à vue et au porteur n'était autre chose que le droit régalien de battre monnaie réservé à l'État : on en a conclu que l'État seul devait fonder, posséder et administrer une banque de circulation *.

Nous avons déjà combattu cette doctrine, et établi que l'émission des billets-monnaie n'est qu'un emprunt sous une forme particulière et non point une émission de monnaie. Personne n'est forcé à recevoir le billet payable au porteur, et bien moins encore à le garder, à ne pas le changer contre espèces. Les droits régaliens, dont l'utilité est déjà fort contestable en matière de monnaie métallique, n'ont rien de commun avec les émissions de billets payables à vue et au porteur.

D'autres ont proposé la banque d'État, sous prétexte que les émissions de billets-monnaie constituaient une industrie lucrative dont il serait bon de conférer à l'État le monopole. Avec de telles idées, on irait bien vite au système de la communauté absolue; car, si l'État devait prendre le monopole de toutes les industries lucratives, il absorberait, les unes après les autres, toutes les industries. Ce n'est pas ici le lieu de réfuter de pareilles doctrines : il suffit de rappeler que la communauté, établie au berceau même de la civilisation, a été détruite pièce à pièce par le mouvement naturel des idées et des intérêts, et remplacée par une responsabilité personnelle

' C'était la théorie de Napoléon I'»", de Law et ceUe d*un grand nombre i^'anteure de projets présentés dans les temps de crise, notamment en t789 et ûmiMes attiyantes, en 1830, en 1848.

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que chaque progrès social augmente. L'humanité a pensé que le travail abandonné à la liberté personnelle serait plus fécond et plus actif que sous une direction unique. « Athéniens, dit Lysias, ce que j'ai vous appartient ; mais tous n'ignorez pas, je pense, que j'administrerai mon bien mieux que ceux qui administrent les propriétés de l'État. Vous me ferez tort en me rendant pauvre, et il se trouvera des hommes qui se partageront ce que vous m'aurez enlevé, comme ils ont partagé tant d'autres choses, »

S'il est vrai que l'administration d'un propriétaire soit préférable à celle de l'État, c'est surtout en matière de banque et de crédit. Il est facile à un gouvernement d'émettre des billets-monnaie, il ne lui est pas aussi facile d'employer utilement le capital emprunté par ces émissions, de manière à posséder toujours un gage facilement réalisable de remboursement. Une administration bien conduite marche suivant un règlement, ou plutôt suivant une consigne rigide et invariable à laquelle les opérations de banque ne sauraient être astreintes, surtout s'il s'agissait de les porter dans les campagnes. Une administration mal conduite accepterait de mauvaises valeurs ou se laisserait dominer par l'esprit de parti, et sortirait de toutes les conditions commerciales. La banque d'État ne peut être qu'une fabrique de papier-monnaie ou le premier pas dans un régime communiste.

§ 2. — Une grande Compagnie.

. Le monopole d'une grande compagnie est établi de fait, sinon légalement, en France ; l'école métallique prépare à l'Angleterre les bienfaits du même régime, et Ton peut dire qu'il est accepté par l'opinion dominante de l'un et de l'autre côté du détroit. Cependant, à ne considérer les choses qu'au point de vue purement commercial, ce monopole a les mêmes inconvénients que tous les autres : il empêche de faire les affaires et ne les fait pas, car une administration qui n'est pas stimulée par la concurrence sommeille bientôt, et préfère les habitudes d'exclusion et de domination aux habitudes de travail.

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