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LIVRE IV^ CHAPITRE IX

restrictions soient supprimées, et qu'on établisse partout chez nous des banques fondées sur le système écossais, et voyons où Ton arriverait.

En 1867, l'Ecosse possédait 12 banques ayant 642 succursales, disposant d'un capital de 9,355,000 livres, d'une circulation de 4,867,000 livres et de 60 millions de dépôts. Prenons pour base la population de la France, et voyons quelles seraient en ce pays les ressources du commerce de banque, si le système écossais y était établi.

La France aurait 152 banques de circulation, et 8, 132 succursales disposant d'un capital de 2,962 millions, de 1,383 millions de billets et de 19 milliards de dépôts, c'est-à-dire en tout d'une somme de 23 milliards environ. — Remarquez que dans cette somme énorme, les billets entreraient pour une somme moindre que celle des billets circulant aujourd'hui, et seraient cautionnés par un capital 15 fois plus fort que celui delà Banque de France.

Remarquez bien plus encore l'utile activité que déploieraient 8,000 directeurs de succursales rompus aux affaires et répandus sur toute la surface du pays.

^ i. — De la séparation du crédit commercial et du crédit

foncier.

Plusieurs États de l'Europe ont établi des banques de crédit foncier. Dans le Nord surtout, en Russie, en Suède, en Danemark, en Pologne et dans toute l'Allemagne, des associations de propriétaires ont fondé, avec ou sans le concours des gouvernements, des agences pour la négociation des emprunts hypothécaires ; la France a imité cet exemple.

Vaut-il mieux séparer le crédit foncier du crédit commercial proprement dit? Vaut-il mieux que des établissements mixtes satisfassent les besoins de l'un et de l'autre ? Cette question, omise par la science, est posée par la pratique, et son importance est grande.

On peut négliger les grands centres de capitaux, d'affaires et d'aptitudes; là tout tend à .la spécialité, parce que les administrations mixtes y excèdent sensiblement les facultés

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de quiconque voudrait les embrasser, et la division du travail sV établit d'elle-même. Dans les localités isolées, dans les campagnes, il en est tout autrement ; le travail est peu divise, parce qu'il faut réunir plusieurs spécialités pour suffire k Tactivité d'un seul homme : on le voitpar ce qui se passe dans le commerce, dans l'industrie, dans l'agriculture, et ce n'eï ni la fantaisie, ni la coutume qui réunit ainsi les diverses espèces de travaux^ c'est la nécessité. .

Est-il possible à ladministration des afiaires de crédit «ie suivre Jes lois difféi entes et de se diviser sans domma«ri\ dans les campagnes, en deux branches distinctes ? On peut en douter. Les agences de crédit foncier avec des statuts inflexibles, et la nécessité où elles sont placés de ne voir que l'hypothèque, auront de la peine à pénétrer aussi loin que le crédit peut aller, car elles ne peuvent avoir rien de pt^rsonnel, et elles tiendront toujours moins compte de Thomme que de la terre. Elles laissent d'ailleurs en dehors de leurs opérations tout le crédit commercial, qui ne peut suffire à lui seul à alimenter des banques de campagne.

Il y aurait une amélioration importante à introduire dans la législation qui établit des lettres de gage. Si rémission Je ces lettres était facultative à tout citoyen, souscertainescL-nditions détermiïiées, elle pourrait donner lieu à la création de banques fondées sur une combinaison nouvelle des procédi^ anciens et éprouvés. Ces banques se livreraient à toutes les opérations qui peuvent être faites sur le crédit dans lès campagnes : elles tiendraient compte, à la fois ou tour à tour, de la personne et du gage, du cultivateur et de la terre, et, par une nouvelle organisation légale plus puissante que celle des banques d'Ecosse elles-mêmes, tenteraient sur le continent ce que celles ci ont réalisé avec tant de succès dai^s leur île.

Les crédits hypothécaire et personnel, s'ils restent isoh> l'un de l'autre dans les campagnes, ne se développeront qu'avec une extrême difficulté. Réunis Tun à Taulre et coubinés, ils se prêteraient un mutuel appui et se développeraient plus facilement. Et^ que l'on ne croie pas que !a création et la prospérité des banques agricoles soient s^uis

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