LIVRE V, CHAPITRE I
merce, parce que les gentlmen obtenaient facilement des . fonctions publiques; maintenant que ces fonctions sont d'un accès plus difficile, ils entrent volontiers chez le banquier. Chaque classe a ses avantages : les fils de famille ont, en général, une meilleure éducation littéraire et des manières plus polies, mais ils n*ont aucune idée des affaires et des habitudes d'affaires. Accoutumés à aller à la chasse et à la pêche avec les héritiers des familles riches, ils considèrent le travail de banque comme une corvée à laquelle ils se soumettent par nécessité, mais bien peu digne de la destinée à laquelle ils se croient appelés. Les fils de marchands, au contraire, habitués aux affaires par les entretiens du foyer paternel, et sachant qu'ils doivent gagner leur vie, considèrent leur admission dans une banque comme un événement heureux et remplissent leurs fonctions de tout cœur.
« Il convient encore de rechercher d'où vient le candidat qui se présente et s'il a déjà été employé. Ceux qui sortent de l'école ne sont encore propres à rien et doivent être pris trois ou six mois à l'essais. Ceux qui ont passé deux ou trois ans chez un marchand sont les meilleurs. Ce n'est pas une recommandation d'avoir été clerc d'avoué ou commis de courtier. Ceux qui viennent des banques de la campagne, et spécialement des banques d'Ecosse, sont considérées comme lents pour le travail de Londres.
« Il faut s'informer de la famille du candidat. Bien que ni riionneur, ni la probité ne se transmettent avec le sang, il est probable que des parents vertueux et religieux ont donné à leurs enfants une éducation vertueuse et religieuse, et l'on doit penser que le jeune homme habitué aux exemples de probité dans sa famille les reproduira dans sa vie. Une grande force morale est nécessaire pour remplir des emplois de confiance qui comportent une grande responsabilité, et cette force suppose des facultés intellectuelles d'un ordre élevé. »
Bisiribulion du travail. — « La distribution du travadl entre les commis est un objet important, mais l'expérience est le meilleur guide que l'on puisse consulter pour les arrangements de ce genre. On peut cependant formuler à ce sujet quelques
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principes^ généraux. Dans la distribution du travail, il convient de placer les employés de la comptabilité de manière qu'ils contrôlent le travail des autres divisions. Il importe surtout de séparer la comptabilité proprement dite delacaisse ; car si le même employé tenait la caisse et écrivait la compta* bilité, il lui serait facile, en cas d'erreur volontaire, de faire accorder les livres avec l'état de la caisse. Dans les grandes maisons, lorsqu'un livre sert de contrôle à un autre livre, il ne faut pas, autant que possible, les faire tenir par le' même employé. Il n'est pas nécessaire d'être défiant envers les personnes^ mais la défiance dans l'arrangement des fonctions est de là sagesse. Il convient donc que toute fraude qui serait commise par un employé puisse être constatée et révélée par le livre que tient un autre employé. Pour le même motif, il est bon que tout engagement, billet ou quittance, délivré an public, porte deux signatures, celle d'un caissier et celle d'un comptable.
« Il faut que le travail soit exactement divisé de manière que toute fonction soit dévolue à une, personne déterminée, et que jamais un commis, blâmé pour avoir négligé de faire sa besogne, ne puisse dire : « Ce n'est pas mon affitire. » C'est pourquoi il ne faut jamais remettre un travail collectif à plusieurs commis, parce qu'alors chacun en ferait aussi peu que possible, et rien ne serait bien fait. S'il s'élève entre les commis une contestation sur leurs attributions repectives, il faut qu'il y ait près d'eux quelqu'un qui puisse trancher la difficiilté sur-le-champ.
c< Il existe trois grandes divisions dans les banques de Londres : la caisse, la comptabilité générale et les recouvrements. Le caissier n'est pas seulement un compteur d'argent; il lui faut une grande mémoire pour se souvenir k peu près de l'état du compte de chaque habitué, de manière à pouvoir acquitter des mandats sans recourir trop souvent à celui qui tient les comptes courants. 11 lui faut du coup d'oeil pour pouvoir reconnaître les fausses signatures, un grand sang-froid au milieu de la foule qui se presse au guichet, et même en face des reproches les moins mérités, de la politesse et de la prévenance pour le public en tout temps et en tout cas, parce
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