LIVRE V, CHAPITRE I
effets Tabsent^ est remplacé par celui qui le suit immédiatement en grade, et lorsque tous les employés se sont absentés, il 7 a dans la banque deux personnes au moins familiarisées avec chaque emploi, de telle sorte qu'en cas d'absence forcée d'un employé, pour cause de maladie ou autrement, le service est moins empêché. Ces absences rendent la banque plus in* dépendante des services de qui que ce soit, tandis qu'autrement, si Ton est surpris par l'absence accidentelle d'un employé supérieur, l'embarras qui en résulte rend les services de cet employé plus apparents et ajoute même à leur importance effective. Les vacances qui le reposent et le rendent capable d'un meilleur service réel, lui font sentir en même temps qu'il n'est pas indispensable.
« Ce n'est pas tout : l'absence temporaire des employés est une garantie de plus de leur probité. Je connais des cas dans lesquels un employé supérieur a pu continuer durant plusieurs années des fraudes qu'une. absence d'un jour aurait mises à découvert. Lorsqu'un commis a des vacances, et qu'il sait qu'à une époque déterminée les valejirs dont il est dépositaire seront confiées à d'autres mains, cette prévision suffît pour l'éloigner d'une carrière dans laquelle son improbité ne pourrait tarder à être connue et punie. »
Déficit de caisse. — « 11 ne faut pas s'attendre à ce qu'un caissier reçoive et paye durant des journées entières sans jamais commettrq une erreur. Il y en aura toujours quelqu'une dont le caissier est responsable. Pour couvrir ces déficit, quelques banques accordent une indemnité, soit 20 ou 30 1. par an. D'autres supportent les déficit, et se contentent d'un avertissement au caissier, lorsque l'erreur est grosse. Une exactitude supérieure sous ce rapport est considérée comme un mérite. Partout il est bien convenu que le caissier ne doit jamais se servir des fonds de la caisse, même temporairement, pour son usage personnel, ni avancer aucune somme, quelque faible qu'elle puisse être, aux autres commis, sans encourir un renvoi immédiat.
« Quelques banquiers renvoient ceux de leurs employés qui jouent à la bourse. Les effets de cette espèce de jeu sont très-facheux, et il est impossible que des engagements de
spéculation ne distraient pas un commis de ses devoirs. S'il perd^ le voilà dans les dettes.... il ne s'appartient plus. »
Imiruciion. — « Quelle que soit l'aptitude naturelle d'un jeune homme qui débute dans la carrière, il ne faut pas attendre un bon service de sa part tant qu'il n'a pas acquis rinstruction pratique. Il 7 a une méthode bonne et une méthode mauvaise pour faire la plus simple opération : des habitudes d'incorrection ou de relâchement une fois acquises ne se perdent pas facilement. Lors donc qu'un jeune homme entre dans une banque, il convient de le mettre sous la direction d'un commis plus expérimenté, capable de lui enseigner les détails de la besogne dont il est chargé. H est bon également que le chef dei comptabilité ne soit pas trop surchargé de travail manuel, afin qu'il ait le temps de parcourir les bureaux, d'observer le travail de chacun et de donner les instructions qu'il pourra juger convenables et utiles. Les employés anciens et supérieurs doivent aussi être prêts à donner poliment et obligeamment aux débutants tous les conseils que ceux-ci pourront leur demander.
« n y a plusieurs manières de s'assurer du mérite d'un employé : la plus directe est l'examen des livres qu'il tient. On verra d'un coup d'œil s'ils sont ^pres, si récriture est bonne, s'il n*y a ni taches ni grattages, et s'ils indiquent du soin ou de la négligence. La promptitude est un signe d'habileté; le commis qui compte vite, qui additionne en un instant une longue colonne de chiffres, est presque toujours un bon commis. La promptitude de la main prouve la lucidité du cerveau. Je ne dis pas qu'elle atteste un bon jugemeut, mais elle n'atteste pas non plus que le sujet en manque, et chez un commis elle est toujours un grand titre à la considération.
« L'opininion d'un confrère fournit aussi un bon moyen de constater la capacité d'un commis. Lorsque des hommes sont associés jour par jour, durant des années, au même travail, ils se connaissent bien les uns les autres. £n général, Topinion exprimée par un commis sur le mérite relatif de ses confrères est exacte.
^( Pour que les commis acquièrent de bonnes habitudes, il
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