‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 272 sur 343 · LIVRE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE III

exprimée. Puis, au jour de Téchéance, si l'effet est payé, on en reporte le montant dans la seconde colonne; et s'il n'est pas payé, dans la troisième. L'effet impayé est retourné le jour même du protêt ou de la présentation, s'il est sans frais, au cédant, qui en doit rembourser le montant ou reprendre Teffet et en donner récépissé, s'il a un compte créditeur. Dans le premier cas, il n'y a pas lieu de passer de nouvelles écritures ailleurs que sur le livret de service de caisse ; dans le second, l'eflfet et les frais, s'il y en a, sont passés au débit du compte du cédant. Si Teffet reste à la banque, il passe sur un livre spécial d'effets en souffrance ou au remboursement.

Le livre d'effets à payer est un journal sur lequel on inscrit, à la date de leur échànce, les billets souscrits par la maison le jour même de leur création, les lettres acceptées, le jour de l'acceptation. On n'est pas dans l'usage d'y inscrire les avis de correspondants, qui, en effet, n'engagent pas la maison d'une manière formelle. Ils sont inscrits sommairement par sommes, avec les effets à payer proprement dits, sur un livre d'échéances réglé comme le livre d'échéances actives.

Par une exception remarquable, le livre d'effets à payer est tenu presque toujours à l'inverse des autres; le crédit est insent à gauche et le débit à droite, parce que ce livre est effectivement la reproduction de ceux des porteurs d'engagements de la maison, dont le crédit constitue le débit de la maison, et réciproquement.

Enfin l'on sépare ordinairement le compte profits et pertes en frais généraux de commerce et agios actifs ou passifs, changes et commissions. De là deux livres spéciaux, sur le premier desquels sont portés les appointements des employés, les réparations ou le loyer, les frais de bureau, d'entretien Ju mobilier, etc. Sur le second viennent se placer les escomptes, commissions et changes perçus ou payés par la maison. Il n'y aurait aucune irrégularité à considérer les effets à recevoir comme une marchandise et à se dispenser de passer jour par jour écriture des escomptes et agios. Si l'on suivait ce système, on insérerait, lors de l'inventaire, le inontant des effets existants au crédit du compte, et l'on

balancerait par profits et pertes. Cette balance donnerait le montant des intérêts et agios, comme le solde du compte marchandises présente dans le commerce la somme perçue pour différence de prix ; mais il vaut mieux, selon l'usage, relever jour par jour les intérêts et agios.

On comprend qu'il est facile de subdiviser en un très-grand nombre de livres, selon les matières et les besoins du service, tous les livres que nous avons énumérés. Le journal d'effets à recevoir peut être scindé, par exemple, par la distinction des effets sur place et des effets sur le dehors ou sur l'étranger, des effets sur nantissement de marchandises ou sur dépôt de titres, soit de rentes, d'actions ou autres valeurs.

En réduisant les livres auxiliaires à leur expression la plus simple , on trouve quatre journaux , correspondant aux quatre grands comptes généraux : Caisse, Effets à recevoir ou Portefeuille, Effets à payer et Profits et Pertes. Ces livres sont plus ou moins divisés, selon que la maison passe un nombre d'articles plus ou moins considérable ; mais ces subdivisions ne changent point le caractère de ces livres et n'altèrent en rien l'exactitude de la comptabilité.

Le livre d'entrée des effets ou des numéros, celui de sortie, les deux livres d'échéances actives ou passives, le livçp de5 risques, ne sont que des livres d'ordre ou de renseignements généraux. Le livre d'entrée se subdivise, pour la facilité du travail, par ordre alphabétique. Ainsi on ihscrit sur un même volume les effets sur lesquels le nom du cédant commence par les lettres de A à K, et dans un autre les effets où le nom du cédant commence par les lettres de L à Z; et, s'il le faut, rien n'est plus facile que de subdiviser encore ces deux volumes. Les mains courantes des quatre grands comptes peuvent être divisées en deux volumes : sur le premier sont inscrites les opérations des lundis, mercredis et vendredis; l'autre reçoit les opérations des mardis, jeudis et samedis. Par ce moyen, on a l'avantage de pouvoir relever à la comptabilité générale les opérations de la veille, sans embarrasser les employés qui tiennent les mains courantes et qui travaillent sur un des deux volumes, lorsque la comptabilité relève les écritures de l'autre, et réciproquement.

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