CHAPITRE III
Journal. — Ce livre est réglé, comme dans le commerce, par une ou deux colonnes simples à gauche de la feuille, sur lesquelles on inscrit en regard de chaque article le numéro de la feuille de la main courante à laquelle il se rapporte et le folio du livre des comptes courants ; le premier de ces chifies est inscrit au moment où on fait le journal ; le second, lorsqu'on le relève au livre des comptes courants. A droite de la page sont deux Colonnes de caisse. Dans la première on inscrit en détail les sommes entrées ou sorties, et on reporte le total en un seul article par jour, à la seconde. Dans les grandes maisons, on inscrit au journal successivement les articles du crédit et ceux du débit que Ton totalise, de manière à voir, jour par jour, si les sommes sont égales, ce qui donne lieu à une vérification quotidienne.
Les articles inscrits sur le journal sont destinés à une double classification; au livre des comptes courants, ils sont détaillés quant aux personnes ; au grand-livre ils sont résumés dans leurs résultats sous le chef des comptes généraux. DansTinscription des articles on peut donc négliger les détails qui ne se rapportent pas directement aux personnes, et porter en résumé et par groupe tout ce qui se rapporte à la comptabilité intérieure, sur laquelle les mains courantes fournissent toujours, au besoin, tous les renseignements désh^bles. Ainsi, pour Tinscription des effets d'un bordereau, ilsuffit d'indiquer le nom du cédant, l'échéance et le lieu de payement, c'est-à-dire la base des calculs relatifs au change ou à l'escompte. Encore peut-on se passer de ces détails si, comme plusieurs maisons bien tenues, on a une main courante pour les bordereaux, sur laquelle sont établis les changes, commissions, etc., et si on aie soin de rapporter • chaque fois sur le livret de l'ayant compte, ou sur une feuille volante qu'on lui remet, le résultat détaillé de la négociation. En ce cas, il suffit d'inscrire le nom et la somme, comme s'il s'avait d'un article de caisse.
Il est évident que le journal d'une maison importante ne peut pas être tenu par un seul comptable, à moins qu'on ne la réduise au résumé très-succinct des opérations de chaque jour. On divise ce livre, selon les besoins, en quatre jour-
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naux correspondant aux quatre grand comptes^ ou en un plus grand nombre s'il le faut. Une fois la division admise, elle n'a plus de limites fixes. Sur chacun de ces démembrements du journal^ on classe les articles des mains courantes en autant de chefs qu'il y a de comptes au grand-livre, c'està-dire en concordance avec la subdivision déjà introduite dans la comptabilité^ Quelques maisons même n'ont point d'autre journal que les mains courantes, sur lesquelles les articles sont indiqués et classés sommairement sur une feuille volante, au fur et à mesure des inscriptions, par l'employé même qui tient la main courante. Lorsqu'il s'agit ensuite de relever ces premières écritures, soit au livre des comptes courants, soit au grand-livre, on coUationne et on pointe la feuille de classement avec la main courante. On recherche la cause des discordances, s'il y en a; on s'assure qu'aucun article n'a été omis, puis on passe écriture.
Les journaux ou mains courantes sont toujours tenus en deux volumes, afin de rendre le travail plus facile -et de permettre à tous les commis de travailler en même temps.
Livre des Comptes courants. — C'est un grand-livre sur lequel chaque ayant- compte a une tête séparée sous laquelle on relève, d'après le journal, soit à son crédit, soit à son débit, chaque article entré ou sorti pour son compte.
Dans plusieurs maisons, le livre des comptes courants, au lieu d'être réglé par débit et crédit séparés, selon la méthode ordinaire, n'a que deux colonnes à gauche, l'une de dates pour les articles du crédit et du débit, l'autre pour l'inscription du folio du journal d'après lequel l'article est rapporté, et, à droite, une colonne d'échéances, une colonne indiquant le nombre des jours pendant lesquels l'intérêt a couru, puis deux colonnes de caisse destinées à recevoir les sommes qui expriment l'intérêt produit, soit au crédit, soit au débit'. Le compte ainsi tenu présente cet avantage, qu'à tout instant il offre à l'œil et à l'esprit un résultat net, clair qui permet d'arrêter et de régler à volonté et sur-le-champ. — Dans les comptes courants sans intérêt réciproque, les trois pre-
♦ Voii' aussi les modèles ci-a[irês, liv. V, chap. iv.