CHANGES
On distingue, dans la pratique, les changes en deux classes, changes intérieurs et changes étrangers.
Les changes intérieurs portant sur des sommes exprimées en même monnaie sont formulés ou peuvent toujours être formulés en tant pour cent. Ainsi on dira que le change sur Lyon est à un quart de bénéfice ou de perte, c'est-à-dire que 100 fr. payables à Lyon se négocient à Paris à 100 fr. 25 c. ouàOQfr.Tôc.
Les calculs relatifs à cette espèce de change sont toujours très-faciles, soit qu'on les fasse mentalement ou à la plume, grâce aux décimales et à ce que le change, exprimé en tant pour cent, se calcule comme une commission ou un courtage de banque, c'est-à-dire de la manière la plus connue de quiconque a travaillé, en quelque emploi que ce soit, dans une maison de banque.
Les changes intérieurs ne fournissent aujourd'hui matière qu'àunpetit nombre de négociations. En effet, il est bien rare que leur taux diffère du chiffre de la commission de recouvrement, tel qu'il est fixé par le tarif des diverses maisons de banque. En général, ces variations oscillent entre le chiffre de cette commission, lequel, pour les grandes places de France, est fixé à 1 pour 1,000, et le pair simple. Encore les négociations ne portent-elles que sur les effets à moins de dix jours ou à long terme, parce que la Banque de France prend au pair ceux qui lui sont remis dix jours avant échéance sur les villes où elle a des succursales.
Dans les opérations sur les changes extérieurs, les sommes sont exprimées en monnaies autres que celles du pays dans lequel on opère. Il faut donc nécessairement, pour s'y livrer, connaître le rapport de la valeur qui existe entre les diverses monnaies et les bases sur lesquelles sont établis les divers
systèmes monétaires; car, bien que le cours des changes varie
sous l'influence des causes commerciales précédemment indi-
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quées, il a toujours un régulateur dans le pair intrinsèque des diverses monnaies et dans les frais que leur transport pourrait coûter.
On appelle pflt'r intrinsèque, ou simplement pair, Tégalité de valeur entre deux monnaies. Cette égalité se déduit de la comparaison que Ton fait et de la quantité de métal fin contenu dans chaque espèce de monnaie et dans celle à laquelle on la compare.
Veut-on, par exemple, avoir là valeur au pair du souverain d'or d'Angleterre comparé à la pièce de 20 fr. de France? On sait que ce souverain est au titre de 22 carats ou 11/1'2 (916 2/3 millièmes), c'est-à-dire que sur 1,000 parties dont il se compose, il y en a 916 2/3 d'or fin et 83 1/3 de cuivre, et que 1,869 souverains pèsent au poids droit exactement 40 livres troy de 373,24105 grammes. Par conséquent, le souverain pèse en grammes 7,9880567 et contient gr. 7,322385 de fin.
La monnaie d'or de France est de fr. 3,100 par kilogramme au titre de 900, soit fr. 3,444 par gramme d'or fin. Par conséquent, le souverain d'or vaut en monnaie d'or de France fr. 25,221549.
Le shilling qui pèse en grammes 5,65518 au titre de 925, contient en argent pur gr. 5,23104; le franc, au titre de 900, pèse 5 gr. et contient 4,5 gr. de fin. On obtient facilement l'évaluation du shilling anglais ou le pair par la règle de trois qui résulte de la proportion suivante :
4,5 : 1 fr. :: 5,23104 : a?==l fr. 16,245.
On remarque que 1 fr. 16 est moindre que le vingtième de 25 fr., 2215, valeur du souverain au pair de l'or, quoique le change légal du souverain et du shilling soit fixé par les lois anglaises dans le rapport de 1 à 20. Cette différence tient à ce que le change légal de l'or contre l'argent n'est pas établi au même rapport de valeur en France et en Angleterre.
Les monnaies ont un titre légal et un titre réel, d'après lequel on les change à Thôtel des monnaies et dans le commerce des métaux précieux. Ce titre commercial est fondé sur la différence inévitable qui existe entre le titre légal et le
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