‹ La monnaie bimétalliqueChapitre 295 sur 343 · LIVRE VI, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE VI, CHAPITRE II

Il y a deux titres pour les ouvrages d'argent, savoir :

1« titre marqué au chiffre 1, 950/1,000. T^ titre 2, 800/1,000.

La tolérance est de 3 millièmes pour Tor et de 5 millièmes pour l'argent.

On distingue les monnaies en plusieurs catégories, et spécialement en monnaies réelles et monnaies de banque, monnaies de compte et monnaies de change.

Les monnaies réelles sont celles qui existent réellement en or ou en argent, comme le franc, et les diverses pièces qui ont cours en France et au dehors.

Les monnaies de banque n'ont pas d'existence réelle, mais elles n'ont pas pour cela une valeur arbitraire. S'il convenait, par exemple, au commerce de supposer l'existence d'une pièce d'argent de 8 grammes au titre de 900; si la Banque de France recevait en dépôt les Jingots d argent évalués en cette monnaie idéale, sou3 déduction de 1 fr . 50 par kilogramme pour frais de fabrication, et de 1/4 ou 1/5 p. 100 de frais de garde, soins pour le monnayage, etc., il est évident que tous les ayants compte de la Banque pourraient recevoir et payer, par des virements, en cette monnaie, sans qu'elle existât réellement. Il n'y aurait rien de fictif dans les opérations, soit en recette, soit en dépense. En effet, si l'on voulait transformer la monnaie de banque en monnaie réelle, on n'aurait qu'à la transporter à l'hôtel des monnaies et à la faire frapper en pièces de 5 francs : la Banque et chacun de ses ayants compte auraient aussitôt le moyen de liquider leurs engagements en monnaie courante.

La supposition que nous venons de faire gratuitement pour Paris s'est réalisée dans plusieurs villes de l'Europe, notamment à Amsterdam et à Hambourg. Dans cette dernière ville, tout ayant compte à la Banque était crédité de 27 5/8 marcs de banque contre le dépôt d'un marc de Cologne, soit gr. 233,769 d'argent fin, et débité, lorsqu'il retirait son dépôt, de 27 3/4 marcs de banque pour chaque marc de poids retiré.

On comprend assez que la monnaie de banque a été ima-

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ginée pour éviter les inconvénients du faux-monnayage officiel et les difficultés du change de diverses monnaies étrangères dans les villes dont le territoire était peu étendu. La monnaie de banque ou monnaie d'écriture a pu avoir cours par une simple convention des principaux négociants d'une ville, et bientôt l'usage s'en est répandu même au dehors, parce que cette monnaie, n'ayant point d'existence réelle, avait une fixité de titre et de poids incomparable et ne pouvait être altérée.

La livre sterling était une monnaie de banque, et elle a eu cours bien avant que la loi de 1818 lui eût donné la forme réelle du souverain d'or. Le marc banco de Hambourg est, à notre connaissance, la dernière monnaie de ce genre qui ait existé.

La monnaie de compte est celle par laquelle toutes les sommes sont exprimées dans les transactions et dans les écritures du commerce. Quel que soit le nombre des pièces de monnaie réelle données e.t reçues en payement en chaque pays, il y en a toujours une qui est préférée pour les'écritures et les transactions, et par laquelle toutes les sommes sont énoncées. Ainsi, en France, la monnaie de compte se compose de la pièce de 1 fr. et de la pièce de 1 cent., ou, comme on dit, on compte en France par francs et centimes. On voit tout d'abord que cette expression ne veut pas dire que la monnaie de compte soit la plus employée dans les payements et recettes, car en France le centime est rare et la pièce de 1 fi", n'est employée que comme appoint de la pièce de 20 fr. Celleci prévaut dans l'usage, mais non dans les écritures, parce qu'en effet, la pièce de 1 fr., qui a moins de valeur et qui se subdivise décimalement en centimes, est infiniment plus commode dans les comptes. L'Angleterre compte par livres, shillings et pence : sur les livres de commerce, chaque colonne de caisse se compose donc de trois compartiments; et comme la livre se divise en 20 shillings et chacun de ceux-ci en 12 pence, il faut souvent faire des réductions qui sont bien plus compliquées que celles qui résultent du système décimal. Ajoutons que la dernière subdivision, le dernier équivalent, le denier ou penny, de 10 centimes environ, ne

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